‹ Recherches Sur Les Ossemens Fossiles (volume 2)Chapitre 7 sur 43 · RESTITUTION DSS PIEDS DE DERRIERE · texte numérisé non relu

RESTITUTION DSS PIEDS DE DERRIERE

§ II. Des pieds de derrière à deux doigts.

i^ J/un pied de derrière à deux doigts plus petit que P ordinaire ^ et dont les phalanges unguéales sont plus étroites et plus poinfM5(i).

Je n'ai qu'un seul indice de Texistence de C6 piâ4 ; ô'é3t le beau morceau dé la pL 1 09 , %• 9« On y voit ensemble un fémur, un tibia, un péroné, un astragale et deux phalanges unguéales.

L'is^agftlë ne différé en rien par la forme (toéenidl} Tespèce Gommiine, mais il n'a que d^o4 diÉlôtig«eur et o,o55 de laideur.

C'eM Hti tiers de moin^ que dans ceux de l'ite^èoe comtntine, de grandeur ordinaire; le flmiir èC le tibia qni l'accompagnent ont des. proportlens semblables avec les os analogues , que nous avons ôra déVolr rapporter à l'espèëe cotnnrane^^t on en a retrouvé plusieurs feîs^es mc^fceauit de mêmes dimerf^ions;- enfin les phalanges tinguéaléà soùt d'ane àûfre

(1) Nous veiTons que c'est celui de \ artoplotherium se^ cundarium.

l8o FOSSILES DE FAHIS.

forme , allongée , étroite et presque crochue ; on les voit de grandeur naturelle, pL io5,' fig. 9 ; et il suffit de les comparer à celle de la fig. j, même pi. , qui est de l'espèce commune^ pour en saisir la différence.

Longueur d'ime de ces phalanges 0»0S1

Lai*geur. ^ 0,015

2® D^un pied de derrière d deux doigts àingurlièrement remarquable par ses formes grêles et légères (i).

La composition de celui-*ci, bien qu'aussi extraordinaire pour le moins que toutes celles i des pieds précédens, n'a cependant rien de douteux ni d'équivoque : mon imagination ni ma main n'y sont entrées pour rien ; je Faî trouvé dans la pierre tel qu'il y est encore et dans son état complet, à quelques parties près de l'astragale et du calcanéum.

Ce précieux morceau , représenté pL 96 ^ fig. I, appartient au Muséum national d'his-; toire naturelle ; il y était depuis lopg - temps dans les magasins sans qu'on en connût l'im-

(1) C'est le pied de Vanoplotherium gracile^ pi. 133.

RESTITUTION DES PIEDS DE DERRIERE. l8l

portance, qui ne s*est découverte que lorsqu'on a creusé la pierre qui le contenait/

On y voit un pied gauche presque entier et une grande partie du droit. Le calcanéum a et la poulie tibiale de l'astragale b ont été brisés; mais on voit très-bien sa poulie farsienne f c c^ divisée en deux gorges, comme dans l'espèce précédente, l'une pour le scaphoîde f l'autre pour le cuboîde. Celui-ci, d ^ a sa face antérieure également en équerre. A la suite du scaphoîdee vient un cunéiforme y" plus épais à proportion que dans l'autre espèce; et enfin deux os du métatarse gh^ distincts, singulièrement grêles et allohgés. Les premières phalanges i k s'articulent sur eux comme dans la grande espèce ; elles participent à la forme grêle des os du métatarse. Les dernières, / nij sont presque semblables à celles des petits ruminans, par leur forme comprimée. Le pied droit, tout mutilé qu'il est, nous est cependant utile , en nous montrant le petit cunéiforme et l'osselet surnuméraire 0 qui s'y rattache, deux circonstances que nous n'avions pu observer dans la grande espèce, mais que l'analogie nous y avait fait présumer d'avance , et qu'elle nous confirme par la structure de cette espèce-ci.

Ce même pied droit nous montre la face ex-

r82 FOSSILES DE PARIS.

terne du scaphoïde ^, que nous n'avions pas vueen e. La fig, 4 nous fait voir sa face înf&irieure avec les deux fkcettes y r, pour le grand et le petit cunéiforme.

Voilà donc encore bien certainement , et même plus certainement, s'il est possible^ que dans l'espèce précédente , un pied fourchu et deux os dans le mêtatafSe, c'est-à-dire un pied tel qu'aucun animal aujourd'hui conna ne nous en offre. ;

La longueur de ce pied, à compter dti bas de l'astragale, est de 0,2; sa largeur, en coin-* prenant les deux os, de o,pi5. Les os du métatarse, en particulier, ont 0,06.

C'est la longueur du pied d'un mouton de moyenne taille ; et comme l'identité de composition ne laisse aucun doute que l'animal à qui ce pied a appartenu ne fôt du même genre que le précédent, il en feudra conclure que cette petite espèce était d'une stature beau-coup plus élancée et plus légère que la grande. Cette différence entre deux espèces d'un même genre né doit pas surprendre; nous en avons un autre exemple dans un genre voisin , cehii des cochon*. Le babiroussa ou cochon-cerf des Indes, comparé au sanglier dt Ethiopie y né fiiîl pas un 'contraste moins marqué.

Outre ce beau morceau, j'ai encore un as-

RESTITUTION DES PIEDS DE DEURIÈRE. i85

tragale presque entier de la même espèce, fig. 5, et trois os du métatarse isolés, semblables à ceux que je viens de décrire.

j'ai trouvé de plus avec le tibia, pi. io8, fig. I, ce même astragale plus complet, a^ ces mêmes trois os du tarse, cuboîde d ^ scaphoîde e, et cunéiformey, et un calcanéum, h (?, presque entier; outre la confirmation de tout ce que le premier morceau m'avait appris, j'y vois que le calcanéum avait les mêmes caractères génériques que ceux des espèces plus grosses, et nommément cette proémioencç c qui correspond au péroné.

5* Pied de derrière de la même famille que les prêcêdens y mais où se troussent sur le côté deux doigts accessoires y beaucoup plus grêles et plus courts que les autres (i).

Je n'avais eu d'abord de ce pied que l'astra- Çale^ mais cet astragale, pi. 96, fig. 7, était si semblable à celui du pied précédent, que je ne doutais pas qu'il ne portât également deux doigts parfaits; j'ignorais cependant ce

■^iJai

( J) Nous venons qjie c'est probablement le pied du dichobune ou anoplolherium îeporinurn.

ld4 FOSSILES DE PARIS.

qui pouvait concerner les doigts accessoires.

Un morceau d'une rare conservation^ que je reçus au bout de quelque temps , me donna des lumières toutes nouvelles; j'en ai eu les deux empreintes. On voit la plus complète^ pL 1049 fig. II. En a est l'astragale, parfaitement semblable à celui dont je viens de faire mention , et portant tous les caractères de ceux dé nos pieds didactylçs , ainsi que la même ressemblance avec ceux des ruminans et surtout du cochon. Il en est de même du calcanéum, h.

Je n^ai pu bien nettement représenter les autres os du tarse, y, fj parce qu'ils étaient fracturés; mais ceux du métatarse n'ont laissé aucune équivoque. Les deux grands se voieat dans toute leur longueur, en i et en c, avec les deux premières phalanges qui leur appartiennent, V et c \ la deuxième du doigt interne c' se voit aussi très-bien ; mais la troisième manque , et il n'y a qu'un fragment de la deuxième et de la troisième de l'externe h" et V .

L'os d est le métatarsien du doigt surnumé' raire externe : son origine d se cache dans cette pierre, sous celle des deux doigts parfaits. On voit combien il est plus court et plus grêle qu'eux. La pierre opposée, que }e n'ai pas jugé à propos de représenter, parce qu'elle n'offre guère que des empreintes des os qui

RESTITUTION DES PIEDS DE DERRIERE. l85

sont en entier sur celle-ci, contient cependant en entier l'os métatarsien du doigt surnuméraire interne : il est à peu près de la mêihe longueur et de la même grosseur que celui-ci. On y voit aussi ses première et deuxième phalanges, qui ont laissé sur cette pierre-ci des empreintes marquées^ et g\ Les phalanges de son surnuméraire externe sont apparemment cachées vers k. Je ne sais si ces deux doigts avaient une troisième phalange, et je ne puis juger s'ils se manifestaient en dehors de la peau ; mais il est bien visible qu'ils ne touchaient pas à terre.

Dans ce pied , le calcancum a de longueur. 0,029

L'astragale 0,015

Le scaphoide et les cunéiformes ensemble. 0,009

Les grands métatarsiens 0,06

Les premières phalanges des grands doigts. 0,02

Les secondes 0,01

Et en ajoutant quelques millimètres pour les tix>isièmes , nous aurons pour la longueur du pied , à compter du bas de Tas-

tragale 0,105 ou environ.

Le tibia est de 0,093

Longueur des deux ensemble 0,198

Dans un autre morceau , pi. i45 , fig. 5 , qui contenait le tibia ^ le péroné^ et une grande

l86 FOSSILES DE PARIS.

partie du pied, j'ai trouvé un calcanéum bien conservé, un astragale et un cuboîde.

Le calcanéum est un peu plus comprimé, à proportion, que dans les pieds précédens, et sa facette astragalienne est portée sur une apophyse moins saillante; mais il a une proéminence péronienne bien marquée. Le cuboîde est long et comprimé , en sorte que cette espèce paraît avoir eu le tarse plus étroit qu*on ne le jugerait d'après le développement de son métatarse.

Ce morceau venait d'un individu encore épiphysé en partie : aussi les os y sont-ils un peu plus petits qu'au précédent.

Longueur du calcanéum à son bord sup^

rieur 0/)S7

Longueur de sa proéminence postérieure. . 0,015 Hauteur de cette proéminence derrière la

facette astragalienne 0,01

Largeur de cette proéminence derrièi*e la

facette astragalienne 0,006

Hauteur de l'os à sa proéminence péro*-

nienne , 0,012

Sa largeur à l'endroit de la proéminence

transverse 0,007

Longueur de l'astragale 0,01d

Largeur de sa poulie tarsienne 0,008

Longueur d'un métatarsien , . 0,062

Page 1