‹ Recherches Sur Les Ossemens Fossiles (volume 3)Chapitre 18 sur 73 · DES PARESSEUX · texte numérisé non relu

DES PARESSEUX

Je représente cet appareil extraordinaire, pi. 208, fig. 6. A y est l'omoplate, b le bec coracoide , C l'acromion , D la clavicule.

Cette connexion si notable existe dans Tunau comme dans l'aï, autant que j'en puis juger sur de jeunes individus de la première espèce ; mais la clavicule de l'unau diffère de celle de Faî parce qu'elle est plus complète et va s'articuler au sternum. Celle de l'ai n'a guère que la moitié de la longueur qu'il faudrait pour l'atteindre (1) et n'y tient que par un ligament.

(1) Je ne sait pas m'expliquer comment le bord antérieur n'était pas entièrement ossifié dans le squelette d'ài donné par feu Richard, et que je représente pi. 205 , car cet individu est d'ailleurs parfaitement adulte; mais j'ai constaté tout ce que je viens de décrire sur deux autres individus adultes , dont j'ai moi-même préparé un.

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II. jéutres particularités qui distinguent le squelette des Paresseux.

1** Composition du tronc.

Les animaux de même genre ont ordinallement des nombres de côtes et de vertèbres à peu près semblables; ici^ dans un même genre, différence complète.

On compte seize côtes, dont sept fausses, dans Vaî de M. Richard , et il n'y en a que cinq fausses, quatorze en tout, dans mon jeune squelette et dans celui de Daubenton , qui a indiqué ce nombre ;. mais il y a une vertèbre lombaire de plus : probablement il y avait là. une côte restée encore cartilagineuse. On compte vingt-trois côtes, dont onze fausses, dans Vunau.

Il faut remarquer que ce nombre de vingttrois est le plus considérable qu'il y ait parmi les quadrupèdes.

DES PARBSSfibX. iS^f

Trois VcHèbres lombaires dans Vaï, quatre dans Vimnu.

Une queue de onze vertèbres dans Vaï, un petit tubercule de trois dans Vunau.

LWa six fausses vertèbres sacrées; Dau- Denton n'en a compté que quatre, parce que son squelette n'était pas assez ossifié. Je crois que Vunau en a sept; mais comme mon squelette est jtjune, je ne suis pas bien sûr de ces trois derniers nombres dans cette espèce.

'Vunau , comme tous les quadrupèdes , n'a que sept vertèbres cervicales. Vaï en a neuf; et c'est la singularité la plus frappante que cet animal nous offre.

La règle des sept vertèbres cervicales établie par Daubcnton est si générale , que les cétacés même y qui n'ont presque pas de cou, y ont néanmoins ce nombre de sept vertèbres, quoiqu'elles y soient en partie d'une minceur extrême ; et le chameau et la girafe n'en ont pas davantage dans leur cou, d'une longueur presque monstrueuse.

On doutait si peu de cette généralité , que Daubenton , qui avait un squelette d'aï ,

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négligea d'en tômpter les vertèbres da oôii. M. Rousseau , mon aide , fut le premier qui s'aperçut de cette exception en montant le squelette de Vaï rapporté par M. Richard; mais comme celui-ci nous avait donné les o8 séparés^ il pouvait s'y être glissé deux vertèbres de trop. Pour ne rien laisser de douteux à cet égard, je lis disséquer sous mes yeux un jeune aï conservé dans l'esprit de vin , dont on fit le squelette naturel avec toutes ses vertèbres unies par leurs ligamens. Je m'empressai de consigner ce fait nouveau dans le Bulletin des Sciences. Il se trouva ensuite que M. Wiedemann avait fait de son côté la même observation avant de connaître la nôtre; et feu Herman, professeur à Strasbourg, m'écrivit qu'il avait aussi remarqué depuis plusieurs années, et démontré dans ses cours, ce nombre sur un individu d'^ï de son cabinet. Enfin , le petit squelette £adt par Daubenton, et que Ton n'avait plus au cabinet d*aaalomie, s'étant retrouvé dans un des magasins, on y rit neuf vertèbres au cou, comme dans les deux que nous avions préparés.

Trois ou quatre autres que Yen a faits depub les ont montrés é^akuiLni. II ue leste

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ÀàÛd fttlciin dôiite que ce ne soit un caractère propre à toute Fespèce^ et non pas une circonstance accidentelle ou monstrueuse.

Ces deux vertèbres surnuméraires sont d'ailtant plus singulières , que le cou de l'aï n'est psfts très-long^ qu'il est même beaucoup moins long qu'il ne faudrait qu'il fût pour la longueur de ses pieds de devant^ si Tanimal devait paître à terre; mais il porte tout a sa bouche avec la main^ ou bien il dévore les feuilles des branches auxquelles il se cramponne.

Le corps <le chaque vertèbre cervicale a en dessous et en arrière une pointe qui se porte sous le corps de la vertèbre suivante, de manière que l'animal ne peut point fléchir son cou vers le bas. Cela l'aide à soutenir sa fête , qui doit l'être faiblement par les mus- 'des de l'épine et par le ligament cervical ; car toutes les apophyses épineuses sont fort totines.

L'atlas n'a qu'un tubercule mousse, l'axis une apophyse carrée inclinée en avant, les quatre cervicales suivantes des apophyses pointues; toutes les autres en ont de carrées,

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inclinées en arrière, qui s'eflPacent presque sur les lombes > et disparaissent tout-à-fait sur le sacrum et la queue.

Les apophyses transverses du cou sont courtes , larges au bout , qui est oblique , se baissant un peu en avant et y rentrant un peu en dedans; la huitième a la sienne un peu fourchue ; la neuvième Ta prolongée en une petite pointe qui se porte en avant et en dehors. Dans le jeune individu, cette partie n'est pas soudée à la vertèbre : serait-ce un petit vestige de côte?

Les apophyses transverscs du dos sont fort courtes, et leurs facettes, pour les tubérosités des côtes, rejjardent presque directement en dehors : celles des lombes ne sont guère plus longues.

Les facettes des apophyses articulaires du cou sont dans un plan presque vertical, regardant un peu en bas et en arrière. Il se fléchit de plus en plus en arrière dans le dos, et y devient presque horizontal; puis il se redresse subitement dans les lombes, mais dans un autre sens que dans le cou. Ici c'est la vertèbre antérieure qui place son apophyse articulaire en dedans; aux lombes, c'est la postérieure.

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.Les oôtes sont larges, plates ^t fortes; le stemom parait être composé de neuf pièces dbtînetes.

2® Dents.

On sait que les pares^ux n'ont point d'incisives, mais des canines et des molaires seulement aux deux mâchoires , et que par là ils diffèrent de tous les autres animaux , au point que nous ayons cru devoir en faire un ordre à part, celui des tardigrades. Ils n'ont qu'une canine de chaque côté, à laquelle même on pourrait contester cette qualité dans Vaïj car elle n'y reste pas pointue, mais s'use obliquement, la supérieure en arrière, l'inférieure des deux côtés , parce qu'elle répond , lors de la mastication, entre la canine et la première molaire d'en haut. Sa détrition est plus forte en arrière qu'en avant. La supérieure est comprimée par les côtés; l'inférieure Test d'avant en arrière et fortement.

Dans les jeunes aïSj la canine supérieure est encore très-petite et tout-à-fait {X)intuq, que l'inférieure est déjà grande, mousse et comprimée comrtie je viens de le dire.

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