CHAPITRE IL
SOI LX)STiX)LOGlE DES FOURMILIERS PROPREMENT DTra, ET SUR CELLE DES PANGOLINS OU FOUfU HUEES iCAILLEUX.
DAirBEirroif a décrit Tostéologie du petit fourmilier à deux doigts apparens aux pieds de devant {Mjrrmecophaga dîdactjrla, L.) (i), et la tête et le pied de devant du pangolin à queue courte {Manis braohjura) (2). M. Wie* demano a représente, d'après un échantillon de notre Muséum, la tête du fourmilier de moyenne taille ou tamandua, nommé mal à propos par Linnaeus Mjrmecophaga teiradac^
(1) Hist. nat. ,x.%, pi. XXXII et XXXIII. (î) Ibid. , pi. XXXVI.
l86 OSTEÛLOGIË
tjla (i\ et M. Spix en a figuré une autre dans sa Géphalogénésie ^ pK VII ^ fig. i6
et 17.
Je ne connais pas d'autres documens sur œ sujet curieux y qui m'a long- temps occupé parce que je pressentais l'analogie de forme des pieds des fourmiliers avec ceux du megé' lohix et du megatherium.
Mes recherches, en me procurant toutes les richesses ostéologiques que je pouvais désirer^ ne m'ont fait connaître aucune espèce qui ne fût connue avant moi.
Le grand fourmilier ou tamanoir (^Mjrrme^ cophaga fubata, Gm. ) et le petit ( M. didac' tyla ) avaient été parfaitement bien décrits et représentés par Daubenton (2) ; quant au tomandua , ni Daubenton ni Buffon ne l'avaient vu ; Buffon n'en parla d'abord que d'après Marcgrave (3) et Séba , et dans ses Sapplé-
MHil*
(1) Archives de Zoologie et de Zootomie, t. III, deuxième cahier, pi. II.
(2) Hist. nat. , t. X , pi. XXIX et XXX.
(3) Lafig. du tamandua de Maicgirave , firasil. , 226f
DBS FOURMIUERg. 1^
mens il commit l'erreur, j'oaeraig presque dire ridicule , de donner pour un tamandua un animal fabriqué avec une peau de coati que l'on avait recouverte de bandes alterna*tives à poils jaunes et noirs (i), erreur que ses éditeurs et ses copistes n'ont pas manqué de répéter (2).
Je n'ai pu en découvrir jusqu'à présent de
copiée par Séba, t. II , pi. XLYII , n^ 2 , représente biea Tadulte , si ce n'est que les ongles n*y sont pas parfaitement rendus. Ils sont encore plus mal dans celle de Schreber, Mammif. , pi. LXTIII. Une autre figure de Séba y t. I9.pl. XL, n* 2, montre un peu mieux la grosseur des ongles y mais non leur nombre. Aussi a*t-eU^ ierri à établir la prétendue espèce de Myrmecophaga ^rldac^yla, et Shaw la copie même comme telle (Greneral zool. , vol. I, part. I, pi. 51, fig; 2). La tète en sst trop grosse; mais celle de sa pi. XX^YII, fig. 2, représente fort bien un jeune individu , si ce n'est qu'il ne lui donne aussi que trois ongles devant.
(1) Suppl. , t. m , pL LYI.
(2) C'est le seul fondement du striped^ant^ater de Pennant , Quadr. , t. Il , p. 259 , et Shaw, Gêner, zool. , r<^. I, part. I , pi. 51 , fig. 1 . Sonnini , copiant Buffon , l'a domié purement et Amplement comme le tamandua , ;. YI de son édition, pi. XVI, fig. 2.
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quatrième espèce, car toutes les variétés de couleur du tamandua , tantôt d'un gris jaunâtre, tantôt marqué d'une bande brune oa noire sur l'épaule, tantôt tout noir sur le dos, enfin quelquefois entièrement noir, ne m'ont offert aucune différence sensible dans les proportions, ni dans aucune partie du squelettCi bien que j'en aie surtout comparé les têtes osseuses avec le plus grand soin.
Quant aux Pangolins (Manis, L. ) , qui re- . présentent les fourmiliers dans l'ancien continent, je ne pense pas que l'on en connaisse plus de deux espèces , savoir : le pangolin des Indes , à queue moins longue que le corps, fort clairement indiqué par Élien , lib. XVI| cap. VI , sous le nom de pkattage;
Et le pangolin d'Afrique , à queue deux fois longue comme le corps, auquel Buffon a transporté ce nom dephatagin.
Je n'aperçois aucun caractère spécifique dans le pangolin de Bahar^ qu'a décrit et représenté M. Leslie , dans le i""" vol. des Mémoires de Calcutta , art. XX , non plus que dans celui de Tmmfuebar qui est représenté dans les Transactions philosophiques, tome LX , pi. XI.
m» FomfemRs: i^
10 ces animaiix sont tellement iemblables
leur charpente osseuse , ils offrent dans uittujparties des analogieft' si grandes, convient de les décrire ensemkle et d'une re comparative.
ABTICLS 1»RB1IIEX«
De la têtCé
tété des PAHGOLiNS (Manîs, L.)(pl. âog^
,3, 4» ^0 ^ ^^ ^!^^^ plus ou moipa al-- /à base arrondie de toute part* Les or« sont petits ^ ronds, à peu près à moitié de l^etir, vers le bas de ses côtés , par con- !nt ' très-eloignés Tun de Tautre , et ses es incomplètes^ en ligne droite et presse reau de son palais. . '
( .osjchi nez, a a, sont échancrés à leur bot^d leur et entrent par 1q haut dans une icinre commune des os du front, b b. L'arfction de ceux-ci avec les maxillaires, c c, ndobliqûement j usqu'à l'orbite, et se coudans la même direction avec le palatin ii«
tgo OStéoUMÎIË
L'os maxillaire n'entre pas dans l'orbite ; il finit au moment où il donne son apôphjte zygomatique^ qui est courte et pointue. Le palatin garnit même un peu la base de cette apophyse. U n'y a pas d'os lacrymal^ ou, s'il y en a un ^ il est extrêmement petit et caché dans le trou de ce nom 2 , percé dans l'angle de l'orbite en dedans entre le frontal et le palatin. J'ai observé la même chose dans les plus jeunes sujets. La suture fronto-pariétale esta ]>eine anguleuse en arrière , mais l'occipitale forme un angle en avant très-sensible entre les bords postérieurs des pariétaux d d. Je n'ai ])as vu d'inter-pariétal.Le sphénoïde antérieur^ dans la tempe est loin d'atteindre le pariétal. Le frontal s'articule avec lui et le temporal. Le sphénoïde postérieur f n'atteint pas même au frontal; il se termine vis-à-vis de la naissance de l'apophyse zygomatique du temporal. Il contribue en cet endroit à la facette glénoide qui est enfoncée au-devant de la caisse. U n'y a point d'os jugal^ et les deux apophyses zygo^ matiques ne se joignent que par un ligament. La caisse ne doit s'ossifier que fort tard; je ne l'ai jamais vue qu'en anneau vésiculeox. Qp yoit beaucoup du ^rodher en arriére d'éffé' ttais à la face ififëriekre de la tête sefdenx^ iOt^àmm ' ii^e; te temporal 6 «^
DES tÔùKMtUERS. Igt
goDflé; et contient une grande cellule qui communiqne avec la caisse par un trou percé audeteus des osselets.
l4jB iûter-fnaxillaires / / sont assez étroits et montent obliquement jusqu'à moitié de la hauteur des os du nez.
U n'y a pas de dents ^ mais le maxillaire et le palatin, sont renflés le long de leurs côtés , en sorte que le milieu du palais forme un long demi-canal.
Les palatins finissent obliquement vi&-à-vis de la facette glénoide, et sont continués de là par une aile ptérygoîde du sphénoïde^ terminée en crochet iien dedans du côté interne de la caisse. Il n'y a point d'apophyse ptérygoîde externe. L'interne ne se sépare pas du sphénoïde.
Le trou sous-orbitaire i est petite et son canal fort court s'ouvre sous l'origine de l'arcade. Le trou lacrymal 2 dans l'angle interne de l'arcade est aussi gros. U y a ensuite dans le palatin deux trous 3 répondant au sphéno-palatin. L'orbi taire antérieur 4 ^st entre le frontal et le sphénoïde antérieur. Le trou optique 5 est médiocre. Le sphéno-orbitaire 6;
iga ÔST£OU)GIE
rond et grand» embrasse aussi je, ^rond , excepte dans le tamanoir^ où ce deiiijer est séparé du premier. L*ovale 7 est distinct et entièrement dans le sphénoïde. Le trou condyloidien 8 est grande mais le déchiré postérieur 9 et le carotidien sont petits.
Intérieurement, la selle est médioerement élevée. Le crible ethmoidien est très-grand et divisé par une crête de coq très-gnmde et trésossôuse , séparé même du reste du crâne par un anneau osseux saillant. Sur chaque rocher s'élève une demi-tente verticale très-ossense appartenant au pariétal et ne laissant entre elle et sa congénère qu'une arcade en forme d*ogive, de la hauteur du crâne , mais n'ayant que le tiers de sa largeur (i).
Le pH/iTAGiN diffère du pangolin par une tête plus grêlej mais ce qu'elle offre de trèssingulier, c'est qu'à la place où devrait être Tos lacrymal il y a une grande pièce ovale, mais sans aucun trou , que je crois appartenir
(1) Fig. de têtes de pangolin, Daubentoâ après Buffon, t. X, pi. XXXYI, fig. 1; de phatagiu, FLicbery os inter-maxiU. 9 pi. I ^ fig. 2 , fig. très-iucori ecte.
DBS POURIIILIERS. IQ?
à Tethmoide. Il n'y a nulle part de trou lacrymal.
Le FOURMILIER tamondua a la tête encore plus allongée et plus égale sur sa longueur que les pangolins,
La fosse, à la fois orbitaire et temporale, occupe plus du quart de la longueur totale , et est creusée de chaque côté un peu après le milieu.
Ses osinter-maxillaires sont trés-mincesi ses nasaux fort étroits ; le frontal , dont les deux pièces se soudent de bonne heure, s'avance un peu pour les atteindre entre les maxillaires; ceux-ci finissent à la base de l'arcade, à laquelle ils ne donnent qu'une très-courte apophyse zygomatique^ qui porte un osjugal, mais trop court pour qu'il atteigne l'apophyse zygomatique du temporal.
L'angle de l'orbite est occupé par un grand os lacrymal anguleux, percé de deux trous. Le canal sous-orbitaire est assez long, mais étroit. La suture fronto-pariétale et l'occipitale ou