CHAPITRE IV
SUR LOSTKOLOGIE Ï>ES MOJYOTMiiâfES , CEST-A-DII^E DES ORmTnVRlirAQUKS ET DES ÉCHJDJYÉS.
Lhs détails où nous sommes entré dans les chapitres précédens sur l'ostéologie des trois petites tribus qui divisent la famille des mam-* mifèresédentésynoussuffîraientpourrexplica* tion des os fossiles de cette famille découverts jusqu'à présent ; mais comme Tostéologie des monotrèmes , qui se lient par plusieurs rapports aux édentés^ les rapproche à certains égards des quadrupèdes ovipares ; comme elle nous sera très-nécessaire pour l'explication des ossemens fossiles de reptiles, et qu'elle forme par elle-^nême an sujet de recherches aussi intéressant que peu connu, il nous a paru convenable dé donner ici à nos lecteurs ce que nous en avons observé^
itj^ OSTKOLOGIE
Vônnlhorhyhquc y rapporté clelaNouvclle"^ Hollande en 179g ou 1800^ fut ainsi nomme par M. Bhunenbach dans ses AhbUdangen^ n^ 4^ (1)' d'après un individu que M. Banks lui avait adressé. Le docteur Shaw le décrivit à peu près en même temps sous le nom de Platypus ariatinits » dans son Natundist MU* cellanjTy p. 385, et dans sa Zoologie gênéraie, vol. I, part. I, p. 229, d'après un individu du cabinet de M. Dobson (2), et avec tant de crainte que ce ne fût un produit de Fart, qu'il indiqua lui-même quelque temps après la possibilité que ce fût une déformation du desman {Sorex moschaUis) ou de quelque animal analogue.
Cependant des observations et des envois réitérés n'ont bientôt laissé aucun doute sur l'authenticité de l'animal.
(1) Ce savant professeur en a aussi donné la description dans le n" G2 des Annonces littéraires, de Gœtiiii(«cn de 1800, et dans le deuxième volume, pi'emier cahier, du Nouveau Magasin de Yoigt.
(2) La figure de Shaw a été reproduite par Wîedeinann« dans ses Aixhives zoologiqucs, t. I, p. 176 et pi. III, et cet auteur propose pour ce quadrupède k nom de dermipus.
DE6 MONOTRÈMES. !àj5
Cest aussi au docteur Shaw que Ton doit la première description de Véchidhé, Il l'avait reçu, de là Nouvelle-Hollande , et le donna MUS le nom de Myrfnecopkaga acideataf dans son n® 109(1), bien avant de connaître For nithorhynque; etPeniiant le reproduisit sous ce même nom dans la troisième édition de son Histoire des Quadrupèdes ^ qui est de 1795^ t. n, p. 263.
Cest sir ^verard Home qui a montré (dans les Trans. phil. de 1802) l'analogie de cet animal avec l'ornithorhy nque , et qui en a dépérit une seconde espèce plus vçlue et moins épÎQeuse que la première.
Les recherches de ce savant anatomiste (a)^ celles de M. de Sfainville (3), de M. Geof-
(1) n a recopie son article et sa figure dans son General Zoology , Tol. I , part. I , p. 175.
(3) Dans les Transactions philos, de 1800 ^ de 1802 et de 1818.
(3) Dissertation sur la place <}ue la famille des Oini-thoiiiyriqueset desËdiidnés doit occuper dans l(*s M.'rirs naturelles . Paris ^ 1 81 2 » in -"f ^'é
vni. 18
274 OSTEOLQGIE
froy (i) et le$ païennes (a) ont cnoniré ^Qoees^ siyçinefU toii)t ce qu'ont d'anomal ces G(i*e4 singuliers, ies plus extraordinaires que pro-* dui$e la Nouvel le-HoIlande; pays lui-inémç si (extraordinaire dans toutes ses productions.
Avec les formes extérieures et le poil des mammifères, avec leur circulation , leurcer^ veau , leurs organes des sens et une grande partie de leurs organes du mouvement , avec le bassin des didclphes, ils ressemblent à beaucoup d'égards aux oiseaux et aux reptiles par leur épaule et par leurs organes de la génératioi, manquent de mamelles, .et paraissenjt assez vraisemblablement produire des œufs ou quelque chose d'équivalent, au lieu de mettre ^u jour de^ petitsi vivons.
(1) Pliiloaopbilianatonûque , t. I,|i. 114, etc.
(2) En diftiérens endroits de mes Leçons d'Anatomie romparce.
DB9 MOlVOTRiMES. ^5
A-RTICLB PREMIER.
Oitte&ogîe date têt».
Il» ^Bib\ep< vouloir écbl^pper à nos ebusificatûw^ pjur Iqar pHéologie eomme par tous leurs autres rapports. On Ae peut comparer celle de leur tête à aucun des autres ordres ée mamttiHeres. Cependant c*est une yraie
tifedfc mammifère et non pas d*ovipa're d^au- '«mhe dasse. '
L'écHiDVE (i) est moins extraordinaire, |[ue rôrnithorhy nque .
On pourrait' dire c|ue sa tête ( ph at4» fig. ^^ 5, 4 et 5)l ressemble à îa moitié 4*une poirQ» ; le crâne eat . bombé et ar-* de toute part; il s'amincit en ayant
(1) iV. B. Ge que j*ai à dire èe Véchidné conTÎent k peu près également aux deux espèces de ce genre , IVy^rneitx et le demi^sojreux. Quant à Vorniihorhjrnqtte , je nTai disséqué que Vespèce k poîl ordînairet
^76 OSTEOLOGIÉ
poar donner naissance à un museap grêle, allongé et pointu; le dessous, est plane; les areades sont rectilignes et dans le même plan que tout le dessous de la tête; les orbites, à peine marqués Sur le ciràne par un l^er * enfoncement, sont cependant bien cernés en . arrière par la forme de lame que prend Tapophyse zygomatique du temporal; lame qui couvre la tempe et cache presque toute la
place du musclé crotaphyte.
Les échantillons dont j'ai pu disposer n*^ vaieut plus à beaucoup près toittes leun sutures, en sorte que je ne puis ep.âûre une description complète.
Lès os inter-maxillaires présentent d'abord une grande singularité.
Chacun a en dessous une longue branche grêle qui s'insère dans une fissure correspondante du maxillaire. Us se touchent par leur bord antérieur à l'extrémité du museau , laissant ainsi entre eux un très-grand trou incisif. En dessus ils sont beaucoup plus larges, entourent l'ouverture des narines, qui n'est ainsi enveloppée que par ces deux os seulement, et ils se touchent au-dessus pendant un assez long espace , jusqu'à ce qu'ils
DBS MONOTBEMBS. ^77
rencontrent les nasaux^ qui recouvrent le museau jusques entre les orbites. Les côtés de ce même museau et sa face inférieure sont formés par les maxillaires , lesquels donnent une apophyse zygomatîque grêle qui occupe le dessous de l'arcade jusque sous la tempe. Le temporal donne une apophyse semblable, mais qui fin dessus forme, comme nous l'avons dit, une lame verticale haute et mince. Entre ces deux apophyses est un très-petit filet qui représente le jugeai. Latéralement les maxillaires finissent à l'orbite. En dessous ils se prolongent de chaque ùàté en pointe jusqu'à l'extrémité postérieure de Torbile. Les palatins pénètrent entre eux dans le palais jusque vis-à-vis la naissance des arcades. Une échancrure aiguë, et profonde sépare les palatins en arrière. Le plan de chacun d'eux est contifiué en dessous par une apophyse ptérygoïde, qui ici, chose bien remarquaÛe, est horizontale ou à peu près : elle contribue à former la cavité de la caisse. J'ai bien vu les quatre parties de l'occipital, mais je ne puis décrire aucune autre suture avec certi« tude.
Les os tympaniques étaient tombes dans mes échantillons. On y voit çepen^an^ ^^
i^S 6STÉ0L0tiIB
demi-canal dirigé transversalement^ qui parait être la trdmpe d'Eustache.
On volt au bard antérieur de l'orbite un petit trou lacrymal^ et au-dessous un petit trou qui est "l'orifice postérieur du canal sous-orbitaire. En avant, ce canal est subdivisé en plusieurs très-petits trous. En arrière de l'orbite y près du bord de l'arrière-palais^ est le trou qui répond au sphéno-palatin et au ptérygo-palatin. U communique en des* sous avec un petit trou du palatin dirigé en arrière. Un peu plus loin sont, séparés par. une légère cloison osseuse, le trou optique et le sphéno-orbi taire, qui comprend aussi le rond. Encore un peu plus loin est l'ovale , qui ici est très-allongé.
Il n'y a point de sinus frontaux. Intérieurement la région de la selle est médibcréniént élétéè , et le dessus de cette colline prend la forme d'un canal longitudinal. Les rochers sont aplatis; mais la région du crible ethmoïdal est- horizontale et élevée comme un théâtre au-dessus des fosses moyennes. Le crible ethmoidal est très-considérable, et d'après sa position les anfractuosités ethmoidales qfti en naissent dans la cavité nasale ont une direction verticale.
D£S BlOiNOTRUMES. 2JQ
Il n'y a ni crête de coq ni tente osseuse (i).
On ne pourra aussi parfaitement décrire la Céte de Tornithorrynque , tant que Ton n'aura pas ded individus assez jeunes pour en laisser ^ôir les sutures. Cependant on peut assurer qâe, tout éloignée qu'elle est dés autres têtes d6 mammifères, elle s'en rapproche plus que d'aucune autre classe (pi. !ii5, fig. i, ^a, 4 et 5).
Le crâne est arrondi, plus large que haut, sans crête sagittale ni occipitale. Il se rétrécit éls^aplatit entre les orbites, qui sont petits et dirigés vçrs le haut. Ensuite le museau s'aplaUt et s'élargit encore; il donne de chaque càïê un petit crochet au-dessus du trou sous-' orbitaire; puis il se bifurque^ et ses deux brancheSb aplaties et s'écartant un peu finissent chacune par un crochet rentrant.
lies arcades sont rectilignes et hautes verticalement. A leur bord supérieur est une apophyse post-orbi taire marquée. Sous leur base I, le maxillaire forme un aplatisse-
(1) Fig. de tète dVchidné , Spix , Gepbalogeiiesis , pi. TII y fig. 15. Figure incomplète et peu correcte.
2Bo OSTHGLOGIE
ment presque horizontal auquel adhèrent les deux molaires. Leur base postérieure aa-des* sus de la facette glénoide est percée d'an trou qui communique de la tempe à roccipiiL Tout le palais est plane , et se continue en se rétrécissant subitement derrière lés molaires jusqu'aux trous ovales; la. cloison des narines reste osseuse jusque-là. Les cavités des caisses sont très-petites , et comme cachées sous une apophyse mastoide en forme de petite crête.
Je ne vois dans mes échantillons que deux sutures nettes; celle qui distingue les crochets antérieurs^ et celle qui sépare les maxillaires du palatin. La position, l'implantation- des dents, et le trajet du canal sous-orhitaire
donnent bien l'os maxillaire. Les os en cro-
chet qui s'y enchâssent en avant semblent les os inter-maxiHaires.U y a entre eux, suspenda dans le milieu des cartilages du bec supérieur, un petit os qui a un plan supérieur divisé en deux par un sillon , un plan inférieur échancrc de chaque côté comme un violon , et un plan vertical réunissant les deux autres. C'est dans son voisinage que sont percées les narines. On peut croire qu'il représente les nasaux et la partie palatine des os inter-maxillaires.
Dans l'angfle antérieur de rorl>ite est un V^
Des monotremes. 281
dit trou lacrymal et un grand sous-orbilire. Celui-ci donne naissance à un canal qui ouvre en avant du petit crochet que nous ^ons indiqué sur le côté du museau ; il y^ est ivisë" en deux par le cartilage latéral du bec.
Il vient en outre de ce éanal un trou qui s'oure dans le palais sous le précédent , et un atre qui , après avoir formé un long canal , ouvre au côté de Tos inter-maxillaire, et par >nséquent dans le boi'd du bec osseux.
Entre fe premfer de ces trois trous sous-oritaires antérieurs et Torbite, un peu plus 3rs le haut , est un petit trou qui commuique au trou de l'orbite, percé au-devant de iptique , et que je crois Fanalogue de Forbiire antérieur. Le premier doit répondre au is-orbitaire de l'homme.
Le trou- unique analogue au sphéno et au lérygo-palatin est percé dans le bas de Forte, un peu en arrière ducanalsous-orbitaire. donne aussitôt dans le canal nasal et dans palais près de la première molaire.
Le trou optique est fort grand ; le sphéno- 'bitaire, qui Fégale, embrasse aussi le rond ; >vale est fort grand et distinct. Entre les deux
â8a 0ST£0L0G1£
trous ovales sont deux espaces membraneux. Il y a en arrière deux très-grands trous à la place dés condyloîdiens , mais je suppose qu'ils coniprennent aussi les jugulaires. Intérieurementles inégalités sont peu marquées. Laselle, peu éleyée, est creusée dans son milieu d'un canal longitudinal et terminée en arrière par une lame clinoïde très-relevée.
Ge que cet intérieur la de plus curieux, c'est la fossette ethmoîdale , qui est petite ^ et n'a qu'un seul trou un peu grand pour le nerf olfactif, et peut-être un autre très-petit; de chaque côté sont des espaces purement membraneux pour la séparer du canal du nerf susorbitâiqe. Les trois canaux semi-circulaires saillentfort en dedans et interceptent un creux très-marqué. Ce sont là autant de caractères par lesquels la tête de rornithorhynque se rapproche de celles des oiseaux.
La tente osseuse est à peine sensible; mai^ ce qui est fort remarquable, il y a une grandes faux longitudinale osseuse (i).
(1) Figures de têtes d'ornithorhynque , Everard Ilom^, Trans. phil., 1800, pi. XIX, fig. 3 : figure incocnplite dtt dessous de la tête. Bluiuenbacli ^ Anat. comp.^
DES MOiNOTRÈMES. iSS
ARTICLE II
De l'eitrémicé àntérlearc.
}e que les monotrèmes ont peut-être de pluit aarquable dans leur ostéologie , c'est Torgaation de leur épaule , qui réfiond à celle k oiseaux et encore plus à celle des lézards.
(dus la décrirons d'abord dans Téchidné.
L'omoplate a sa face externe concave, en te qu'elle est loio de. s'adapter aux côtes.
Son côté postérieur, a b , fig. 6 , est en ligne acave et le plus long des trois. L'angle posleur supérieur, a c, est tronqué ; le bord spi- I peu courbé est renflé en avant; l'angle anieur, d, est obtus. Le bord antérieur descend isque droit jusqu'à l'endroit où il se courbe
1 9 fig. de profil, d*iiiie tête incomplètement dëbar- ^ des cartilages. Spix, Gephalogenesis , pi. YII9 14 : figure ou il n'y a de suture que rinler-maxile.