MEGATHERIUM
phant, par sa forme déprimée et sa poulie presque plane.
Le mégatherium ayant un large astragale , articulé avec un tibia également large, et assuré encore par la position latérale du péroné, avait beaucoup plus d'aplomb que les paresseux f et devait ressembler en ce point aux grands quadrupèdes.
La proéminence postérieure du calcanéum , a, fig. ao, est grosse, pointue et assez longue.
Le scaphoîde du tarse , & , est en partie conveu du côté de Tastragale, comme dans les paresseuaL, et les fourmiliers.
Au-dessous de lui est un cunéiforme f dy k peu près de même largeur pour le grand &Mgt du pied.
n y a de plus au côté externe un cuboide, e, qui n'a rien de particulier, et au côté interne on os, y) qui , s'il était seul, comme on peut le croire d'après les figures , doit représenter à la fois les deux autres cunéiformes et les deax premiers doigts dans leur totalité ; mais M. Pander soupçonne qu'il pourrait y avoir à cet endroit quelques petits os de perdus.
S6â MÉGÀTHBllIUlf.
Quant aux doigte p il n'y en a que trois de développés , comme dans les paresseux ; mail ce ne sont pas les trois mêmes. Dans les paresseux il y a le deuxième , le troisième et le'^QStrième , et tous les trois à peu près également complets. Ici ce sont le troisième , le quatrième et le cinquième , et le troisième seul avait on ongle , lequel , à en juger par sa phalange, ^i était tout aussi développé que ceux du pied de devant. L'os du métatarse de ce doigt f h^ esi excessivement court , autant à peu près qu les premières phalanges de la main .
Quant aux deux autres doigts, ils ont des métatarsiens moins raccourcis; mais leurs philanges , au nombre de deux seulement , 80B( très -courtes, et ils ne portent point d'oDguéaux.
Ainsi le pied de derrière du mégatheriim ne devait avoir qu'^n seul ongle, ou plotft qu'une seule griffe, car cet ongle unique devait être aussi fort et aussi pointu que le pliR grand des trois du pied de devant.
Et cependant , malgré tout ce qu'il y a dlié* téroclite, c'est encore, comme on voit, daf pied de derrière des paresseux qu'il se nfi k proche le plus , et il porte dans toute sa strm ti
MEGATABBIUM. ^ {MB
ture des caractères ineffaçables de là iamilte des édentés.
ARTICLE IV
Réffoné.
L'inspeotion d'un squelette aussi complet et aussi heureusement conservé nous permet de former des conjectures assez plausibles sur la nature de l'animal auquel il a appartenu.
Ses dents prouvent qiy 'il vivait de vég^tau^^ et ses pieds de devant, robustes et ,arm^ d^ongles tranchans , nous font croire qvie c'é-r talent principalen^ent leurs racines qi^'iJl at(i^« quait.
. Sa grandeur et ses griffes devaient lui fbur-^
nir assez de moyens de défense. Il n'était pas
|. prompt à la course, mais cela ne lui était pas
nécessaire, n'ayant besoin ni de poursuivre
ni de fair.
i 11 serait donc bien difficile de trouver dans
. son organisation même les causes de sa des-
t traction} cependant, s'il existait encore, où
S64 mégathbrium:
seraitril ? où aurait-il pu échapper à toutes les recherches des chasseurs et des naturalistes?
Ses analogies le rapprochent des divers genres de la famille des édentés. U a la tête et l'épaule d'un paresseux , et ses jambes et ses pieds offrent un singulier mélange de caractères propres aux fourmiliers et aux tatous.
Je ne m'arrêterai point à la comparaison du mégatherium avec le genre des chats. J'ai fait cette comparaison pour le mégalonyx^ parce que^ comme on n'a trouvé que des portions de son bras et de sa main, les personnes peu au fait de l'anatomie comparée ont pu avoir des doutes qu*il était juste de dissiper; mais j'ose dire qu'aucun naturaliste raisonnable n'en j^eut conserver par rapport au mégatherium, dont on a tout le squelette , et dont la tête seule est faite pour porter la conviction dans tous les esprits.
Quanta la comparaison entre le mégatherium et le piégalonjrx , elle donne pour résultat des rapports assez marqués , et cependant des caractères de distinction au moins spécifiques. D'abord la grandeur est différente : les os du mégatherium sont d'un tiers plus grands que
mbgatbbriuh; S65
ceux du mégalonyx f et comme 6ed derniers portent d'ailleurs tous les caractères de Tétat adulte , on ne peut attribuer cette différence à l'âge. Ensuite chaque ^os pris à part présente d'autres formes.
Le radius du mégalonyx est plus comprimé à proportion dans sa moitié inférieure; il manque de cette apophyse que le mégatherium a vers le haut de sa crête antérieure ; le crochet antérieur de sa tête inférieure n'est pas si saillant.
Le cubitus du mégalonyx est aussi pluscom* primé , les deux côtés de sa facette sigmoîde sont moins ér^aux : l'externe ne s'y relève pas au niveau de l'interne comme dans le mégatherium; sa facette inférieure est concave et non convexe ; son olécrâne n'est pas si pointu , et sa tête supérieure n'est pas si large transversalement.
La main du mégalonyx est tout autrement composée. Sans prétendre qu'à Madrid on ait moins bien attaché les doigts du mégatherium que nous supposons qu ils doivent Têtre dans le mégalonyx, le premier a toujours un métacarpien qui porte un vestige d'autre doigt adhérant à sa tête comme une apophyse, et ce
566 MROATHBRIUlr.
métacarpien est singulièrement tortu ^ ce qui B^a pas lieu dans le mégalonyx.
La métacarpien plus grêle qui se troate dans l'une comme dans l'autre main , et qa'4 Madrid on donne à l'annulaire , tandis que je eriM drvoir le donner à l'indejt, est autrement £ût dans le mégatherium , plus renflé dans le hM, moins élai^i dans le haut.
Les avant-dernières phalanges sont plus courtes dans le mégatherium , et les dernières tout autrement faites , ayant d'énormes gaines qui les enveloppent presque jusqu'à kar pointe y et celle du mégaïonyx n'en ayant que des vestiges , etc., etc.
D'après toutes oes différences, on doit penser que c'est faute d'avoir eu ces échantiUons du mégalonyx sous les yeux, lorsqu'ils décrivaient le mégatherium , que MM. d'Alton et Fander ont cru pouvoir avancer que ces deux animaux étaient de la même espèce.
U nous resterait à donner les dimensioBS exactes de toutes les parties de cet énorûoe squelette; mais ni Bru , ni Garriga , ni Pander n^ayant pris la peine de les exprimer, nous SMasies obligé de les estimer d'après letr pr<H
M£GATU£IUUM. $67
portions de leurs planches, et c'est ce que nous allons faire dans la table suivante (i).
(1 ) Arinstant où Ton achève Timpression de cette sectioiii M. Auguste de Saint-Hilaire , savant botaniste , qui vient de faire au Brésil le voyage le plus intéressant et d'y rassembler les collections les plus riches , me communique l'extrait suivant de la lettre d'un savant Brésilien , qui annonce que le mégatherium aurait poussé son analogie avec les tatous jusqu'à être comme eux revêtu de cuirasses écailleuses. Nous devons attendre avec impa^ tience le mémoire important que cette lettre nous pro^ met.
Extrait d'une lettre de D. DAMfSlo LARRAftACA» curé de Montevideo^ à M. Auguste de Saint-Hilaibe.
« Je ne vous écris point sur mon dasypus (Mégathe^ « rium Cuv.)j parce que je me propose d'en faire l'objet flc d'un mémoire qui , je l'espère , ne sera pas indigne « de l'intérêt des savans européens qui s'occupent des « fossiles. Je vous dirai seulement que j'ai obtenu un « féiavar qui a été trouvé dana le Rio del Sauce , branche « du Saulis-Grande. Il pèse environ sept livres et est « court ; il peut avoir six à huit ponces de large. Il res- « semble cm tous points à un fémur de tatou. Je vous « enverrai une de ses écailles. La queue, comme vous « l'avez vu , est très-courte et très-grosse; elle a égale- M meut des écus£K>ns , mais ils ne sont point en forme tt d*anneaux ou de verticilles. Ces fossiles se rencontrent « presque à la surface de la terre , dans des terrains d'al- K Ittvion ou de transport qui indiquent une époque des
S68 BIEGATHEAIUH.
Principales dimensions du Mégatiterium^ prises sur les dessins.
TÊTE
Longueur depuis les condyles occipitaux jusqu'au bord antérieur des os maxillaires supérieurs 0,S25
Id, jusqu'au bord antérieur de
l'apophyse descendante du ju(;al 0,546
Largeur de la tête, prise de la partie la plus saillante d'une apophyse zygoinatique à l'autre 0,438
« plus récentes. Il paraît qu'il en existe de semblables « dans des terrains analogues près du lac Mirrini| sur la « frontière des colonies portugaises '*'. »
* Il serait fort possible que le mégatberinm fût en effet recoQYcrt de entrasses écaillenses ; cependant il ne faudrait pas se hâter de lui attribuer les grands fragmens qu'on en a trouvés , car les plâtres envoyés de Londres démontrent qu^an taton de taille gigantesque existe, avec le mégalhei-ium , dans les plaines de Buenos- Ajres. Ces morceaux caractéristiques consistent dans un calcanéum , un astragale et un scapliuïde qai ne sVloignent de ceux des tatous vivans que par la grandeur et par des différences purement spécîGques.
(Laui.)
ME6ATHBR1UM. S6g
Moindre largeur da crâne 0,140
M. • • • t . . . des OB du net 0)126
Longueur de la mâchoire inférieure depuis l'angle postérieur jusqu'à la pointe antérieure 0,630
Sa hauteur y compris la branche montante. 0,534
EXTRÉMITÉ ANTÉRIEUAE.
Longueur du bord spinal de l'omoplate. . 0,636
■■ ■- ■— ■ de son bord postérieur jusqu'à la
cavité glénoide 0,474
■ ■■ ■■ — ^ de son bord antérieur 0,408
Hauteur de la cavité glénoide et de l'acro-
mion 0,240
Longueur de la clavicule 0,414
.^ — — — de l'humérus depuis le sommet de sa tcte articulaire jusqu'au bas de sa
poulie radiale ^ 0,672
Largeur inférieure de l'os prise d'un condyle
à l'autre 0,336
— — de l'os à sa partie moyenne. ... 0,102
Longueur du radius 0,624
Lirgrur de sa tcte supérieure . 0,108
Id inférieure 0,16S
Longueur du cubitus 0,630
-r~ — — de son olécrâne* 0,1 G2
Largeur de la tête supérieure de l'os, . . • 0,246