‹ Recherches Sur Les Ossemens Fossiles (volume 3)Chapitre 40 sur 73 · PH0QU · texte numérisé non relu

PH0QU

m^QCjS sur le miKeu des orbiteS; et va ^[«jaiadfpa une prête occipitale également trèsr-m ^quéic | qui échancre rarrière du crâne par on aDg[f| rentrant. Il y a aussi une échancrure ^u l|0|ît postérifsnr du palais, et les inter^maxillaires s'articulent très-distinctement aux Of da nei. Au bord antérieur de l'orbite est une pointe s^lUatû fiormée par le maxillaire; une créfe longitudinale obtuse saille sous la région faibsilaire, etc.

Il n'y a dans le baut que quatre incisives pointues , les externes très-peu plus grosses ; en bas il y en a quatre aussi 9 plus petites ; par* tout cinq mâchelières moins tranchantes et i pointes latérales , beaucoup moins marquées qu'au phoque vulgaire (i).

Les auteurs qui se sont occupés des animaux du Nord parlent d'un phoque qu'ils

(1) M. l'abbé Ranzani a décrit en détail ces dents d'après un phoque à Tentre blanc de sept à huit pieds de long, dans le XDi? cahier Jes Opuêcoli scîeniifici de Qs^o^^y. 58.

VIVANS. 4o5

nomment k/np^mûtz ou bonnet rabattu^ parce qu'il a, disent-ils, une espèce de bonnet qu'il fait revenir sur les yeux quand on veut le frapper (i).

J'en ai trouvé , en 'i8i i , sous ce nom ^ une tête dans le cabinet de feu Camper , qui lui avait imposé la dénomination méthodique de Phoca mitrata (2).

(1) Il est reprt'senté clans Ellis (Voyage à la baie d'Hudson y trad. fr. > t. II , p. 24 , fig. 2), et dans Ëgcde (Descr. du Groenland , p. C2) ; c'est aussi le blandrn-^se-' lurotiphoque à ?'e^5zed*01afsen (Voyage en Islande , trad. fr. , III , 215), le cache-miiscaii de Crantz(Hisl. des Voy., in-4**, XIX, p. 61); mais on ne sait par quelle erreur Linnacus, dans sa 12* édition, avait confondu l'animal d'Ellis avec le lion de mer d'Auson ou son Phoca leonina; Gmelin l'a distingué avec raison sous le nom de cristata; Buffon, Suppl. VI, p. 324 , le womuic phoque à capii^ chon; Boddaert, Phoca cucullata,

(2) N. B, Tout ce qui à été dit de cet animal , de la personne qui lui aurait imposé son nom et du nombre de ses dents , dans le Journ. de Pliys. , XCI , p. 800 , et d'après lui dans la Mammalogie, p. 241, note, et par M. Vrolik, Spcc. de Phocis, p. 27, ne résulte que de rapports inexacts , et ne doit point prévaloir contre le texte ci-dessus.

4o4 PHOQUES

Cette tête avait été achetée à HàmbôDurg, et venait de la mer du Nord.

J'ai reçu depuis de M. Milbert^ correspondant du Muséum à New- York, un individu entier dont j'ai fait faire le squelette. Un peu plus jeune que la tête de Camper, il avait la crête occipitale moins prononcée ; mais, du reste, il offrait absolument les mêmes caractères.

Cet individu , encore assez jeune , était long de trois pieds et demi. Son pelage, au sortir de la liqueur , était blanchâtre , excepté sur le dos et les cuisses, où il était brun d'ardoise avec un reflet blanchâtre produit par la pointe des poils; mais leur base est brune, ainsi que la laine qui en revêt les racines; aujourd'hui qu'il est desséché , la graisse lui a donné une teinte jaunâtre fort prononcée. Ses ongles sont grands et blanchâtres au bout ; ses moustaches minces , courtes et simples.

La tête de ce phoque de M. Milbert, pi. 319, fig. 3, comparée à celle d'un phoque vulgaire un peu plus longue, est beaucoup plus large, surtout de la partie du crâne ; l'intervalle des orbites est plus large et plus aplati; à l'angle antérieur de l'orbite est une

saillie comprimée. Le museau est beaucoup plus court. Les inter-maxillaires sont loin d'atteindre aux os du nez 9 et ceux-ci ont leur bord antérieur saillant au-dessus de l'ouverture externe des narines. Ce bord forme une pointe au milieu. Le bord postérieur du palais est coupé transversalement , et les caisses forment des saillies encore plus grosses et plus bombées qu'à l'espèce commune.

Il y a en haut quatre incisives , dont les mitoyennes très-petites; en bas , deux seulement, petites. Les molaires, au nombre de cinq partout, sont un peu comprimées, striées, et ont leur tranchant divisé en trois lobes et en plusieurs petites dentelures.

Sur le crâne et sur la nuque de cet animal est un appareil assez singulier , et qui pourrait expliquer ce que l'on dit de l'espèce de capuchon qu'il relève et renfle à volonté. Ce sont des vaisseaux nombreux , formant un réseau ass(ez épais et renfermant beaucoup de sang, qui faisaient même paraître la région du cou et du dessus des épaules plus renflée que dans la plupart des phoques ; mais je dois dire que la peau ne montrait pas de disposition à se plisser ni à prendre de forme extraordinaire.

4o6 PHOQUES

Fabricius, qui^ avec la légèreté trop corn* mune dans les premiers élèves de Linnaeus , prétendait tout reconnaître au moyen dei phrases abrégées de son maître , ayant vu au Groenland un phoque avec cette espèce de vessie ou de capuchon dont nous venons de parler ^4'appela Phoca leonina.

Il lui donne sept à huit pieds de longueur; une couleur foncée dans l'aduhe , tachetée de gris sur les flancs, plus noire à la tête, aux pieds et à la queue; et dans le jeune une couleur blanche avec du brun ou du livide sur le dos.

Ces caractères se rapporteraient assez à notre animal d'Amérique; mais Fabricius attribue au sien des moustaches annelées , quatre incisives à chaque mâchoire (i), et je ne sais quelles ouvertures à sa crête, au nombre d'une ou de deux, qu'il appelle de fausses narines. S'il y a dans ces indications quelque chose

-«il-

(1) Voyez le Fauna (urocnlandica de Fabricius, p. 7; remarquez cependant qu'il dit positivement n'avoir jamais vu six incisives en haut , mais que l'assertion qu'9 y en a quati-e en bas n'est pas répétée.

d'exact , elles sembleraient annoncer une autre espèce (î).

L'un des plus grands phoques et des plus célèbres est celui que l'amiral Anson obserni à l'île de Juan Fernandés , et qu'il représenta

sous le nom de lion de mer (2) , et dont feu - Péron a donné récemment une histoire détaillée sous celui A^ éléphant marin Ou de pho^ que à trompe (5).

La taille va à vingt-cinq et trente pieds. Il parait qu'il est entièrement brun. Le ihâle se distingue par le renflement dont son museau est susceptible dans les momens de passion >

ii) To^fèz TaddltioD à ce § , page 416.

(2) Toy. de Georges Anson , trad. fr. , p. lOi ^ figure reproduite par dom Pernetty, dans son Yoy. aux Malouines, II , pi. IX"^. U parait, d'après tous les témoins oculaires , que là trompe est fort exagérée dans cette figure , et y représente mal à propos une espèce de crête jAotftt qu'une véritable trompe.

(S) Voyage aux terres Australes, t. II , p. Sa, et ^a?/ pi. XXXII. Péron remarque avec raison que les Hollandâis et Wood Rogers avaietît dé)ft vu cet anim«I, et dans la même île qu'AnjBon.

4o8 PHOQUBS

et qui lui donne alors une espèce de trompe comparable au moins à celle du tapir; maïs, d'après les rapports des observateurs ^ ce renflement cesse dans l'état de repos , et le nés est alors élargi et court. Cet animal, trèsnombreux sur certaines iles des mer» Antarotiques , y est l'objet d'une pêche abondante.

Nous en possédons au Muséum une tête, pi. 219, fig. 1, venue de la Terre de la Désolation , achetée chez le sieur Hauville , marchand du Havre (i), et nous en avons va d'autres dans le cabinet de feu Camper , aujourd'hui à l'université de Groningue; dans celui de feu Brugmans, à présent à l'université de Leyde , et dans celui du collège des chirurgiens de Londres.

C'est du phoque à ventre blanc qu'elle se rapproche le plus, mais encore avec de grandes différences.

La région d'entre les orbites y est énormément bombée ; et la région pariétale s'y enfonce au contraire en courbe concave. L'occi-

mm

(1) C'est celle que décrit M. de Blainville , Journ. de Phys. , XGI , p. 289.

vivÀiss. 4^9

pul y est échancré en demi-cercle ; l'apophyse post-orbitaire de l'arcade est énorme ; à l'angle antérieur de l'orbite est une saillie comprimée comme au Ph. mitrataj les os du nez sont très-courts et triangulaires , et les in ter-maxillaires, loin de les atteindre pour s'y articuler, n'ont pas même d'apophyse montante ; l'ouverture extérieure des narines se trouve ainsi très-grande et fort oblique , disposition probablement relative au développement de la trompe. La branche montante de la mâchoire inférieure est aussi beaucoup plus grande à proportion que dans les autres espèces , ce qui doit contribuer à donner à celle-ci cette tête grosse et ronde qui la distingue en effet. Les palatin&sont échancrés en demi-cercle. La région basilaire est fort concave entre des caisses médiocrement saillantes.

Cette tête a quatre incisives pointues en haut, dont les externes plus fortes; en bas, deux qui tombent aisément; d'énormes canines , et partout cinq mâchelières comprimées, sans divisions et très*petites, mais portées sur des racines beaucoup plus grosses qu'elles et en partie sorties de l'alvéole. Ces dents doivent presque infailliblement tomber à un certain âge, comme dans beaucoup de dauphins.

Le Muséum a reçu de M. Dubuisson , conservateur du cabinet d'histoire naturelle de Nantes, un phoque des îles Malouiues, dont la tête osseuse ressemble à celle du phoque à trompe par beaucoup de caractères , et notamment en ce point , que ses os du nez sont trèscourts : ce qui pourrait faire croire que son museau est aussi capable de quelque extension ; cependant il n'en reste point de trace à la peau y telle qu'elle nous est parvenue.

Il est long de quatre pieds huit pouces. Tout le dessus est d'un gris foncé , un peu argenté; 8es flancs gri9-blanc, et le dessous blanchâtre, le tout un peu teint de jaunâtre. Ses ongles dé devant sont très-forts ; ses moustaches bien noires et légèrement gaufrées.

En comparant cette tête avec celle qne nous venons de décrire , on y trouve les mêmes os du nez, les mêmes inter-maxiltaires , les mêmes saillies comprimées aux angles des orbites, les mêmes grandes apophyses aux arcades, les mêmes nombres de dents , les mêmes formes de mâchelières , excepté que leurs racines ne sont pas encore formées ; la même échancrare au palais , la même concavité de la ré-

VIVANS. i^ll

gion basilaire ; mais le crâne y est tr^large f bombé uniformément, sans enfoncement à la région pariétale ; le frontal y est peu bombé entre les orbites ; la crête sagittale ne s'y voit nullement 9 et l'occipitale y est peu marquée.

Cet animal ne serait-il pas une jeune femelle du phoque à trompe ? Les différences da orane sont fortes à la vérité, mais elles rentrent dans celles que Tâge produit ^ et tous les autres caractères sont presque identiques.

Ce sont là tou» les phoques proprement dits dont j'ai pu observer quelque partie , et sur lesquels j'ai quelques rensei^emens positifs à donner; mais il reste encore dans les ouvrages des voyageurs et des naturalistes un assez grand nombre d'indications trop peu développées pour servir de base à l'ëtablisMment d'espèces certaines.

Ainsi il parait exister dans le Nord un phoque plus grand que ceux que nous y connaissons j puisque Grautz, qui le nomme urmc, lui doAne douze pieds de long.

Buffon croit que c'est le même que Parsons a décrit dans les Transactions philosophiques , n° 469 y p. 383 — 386 , attendu que très-jeune encore il était long de sept pieds , et par conséquent presque double en grandeur du phoque commun ; mai3 la figm-e et la description de Parsons ne nous fournissent aiiam arulvecanctèlre^et

4i:i piioqi;hs

cet auteur ne dit pas même de quelle couleur il était, dî Bur quelle côte on Tavait pris.

On croit assez gratuitement qu'il venait des mers sqitentrionales , et Pennant dit qû*un de ses amis a tué «a nord de l'Ecosse un phoque long de douze pieds.

Fahricius rapporte à Vursuc de Crants, sons le aoiÀde Phoca bai-baia (1 ), un phoque à forte moustache et A eair épais , comme le leponna de Lepechiu , et lui attribac les dents du phoque commun ; mais il assure que sa tadlk est quelquefois de dix pieds , que ses poils sont mous et peu garnis de laine, et que, livide dessus et blanc dessous pondant la jeunesse, il devient presque noir avec l'âge. Il se distinguerait des auti-es par la brièveté du pouce.

Il y en a un petit qui doit avoir une laine pins abondante et des soies plus hérissées que les autres. Crantz le nomme neitsec; il est brun dessus avec des flammes pâles , blanc dessous avec quehjiies taches brunes ; les jeunes ont le dessus cendré , le dessous blanc ; dans les vieux le museau devient presque nu. Fabricius le nomme /a>* tida à cause de son odeur, et lui attribue les mêmes dents qu'au phoque commun (î) ; Schrebery qui, d'après Peunant, l'appelle /izjr/jiWa (3), prétend lui rapporter une figure dont il ne nous apprend pas l'origine , et qui res-

(1) Fann. groënl. , p. 16.

(î) iW£/.,p. 13.

(S) Mtiam. , pi. LXXXVI.

VIVANS. 4l5

semble au phoque commun , mais ddUt 1^ t^ittes de cfovant paraissent courtes et tronquées.

Le phoque pris auprès de GhesCer en 1766 , et représenté par Pennant (Hist. of Quadr. , II9 p. 276) comme une yarictë du phoque à ventre blanc (1), est loin d'appancnir k cette espèce , puisqu'il a des ongles bien prononcés aux pieds de derrière. Il était noir, avec un collier blanc et une tache blanche sous chaque aisselle.

Les phoquea de la mer Baltique , indiques plutôt que' déci'its par Thunberg , Tun {hispida) à corps pâle tacheté de brun , le second {sericea) tout blanc, le troisième (cont'na) tout gris , le quatrième {vitulina) tout brun , le cinquième {variegata) gris tacheté de noir ('2) ; les pho-ques de la mer Caspienne et ceux du lac Baikal , le landselur d'Islande d'Ola&cn, le cauigîae de Grantz, rappoi-tés pèle-méle au Phoca vUulina, ne pourront aussi £tre classés que sur des descriptions et des figures précises.

L'unifie du Chili, deMolina {Phoca lupina) (3), ù Fon

(1) Pennant et Shaw nomment cette réanion de dcax animaux diflerens , pied seul, Phoca bicolor, tandis qu'ils fout une espèce à part du Phoca monachus d'Hermann, qui est le même individu que le phoque à ventre blanc de BufTon.

(2) Description d'animaux suédois (en suéd.}, Upsal, 1798, in-8* 9 et par extrait dans les Archives zootomiques de Wiedemann, t. I,p. 302.

(3) Uiat. nat. du Cliili , trad. fr., p. 255.

4l4 PHdQUES

peut ea juger par sa description incomplète , serait ùé espèce de pboque proprement dit ; mus il eerait né»* saire que Ton vérifiât l'assertion de cet auteur, que cette espèce ji'a que quatre doigts aux pieds de devant.

U est bien inutile de parler ^nphoq^te à tête de tortm de Parsons (1), décrit d'après une vieille peau mal bourrée et niai conservée, probablement du phoque

Il y a aux îles Kouriles un phoque dont on ne connaît que la peau du dos , où des rubans jauDAtrea arqués d«sinent une figure quadrangulaire sur un fond noiiâtrei c'est b phoque à rubans de Pennant , maù oa ne peut pas même affirmer qu'il appartienne aux phoques proprement dits plutôt qu'aux otaries (2).

J'en dis presque autant de la tète représentée par âr Everard Home (Transact. pbil. de 1822, pi. 27), sans autre renseignement , si ce n'est qu'elle est depuis longtemps au Muséum britannique , et qu'elle provient d'an grand phoque de la mer du Sud.

Cependant , bien que ses incisives lui manquent , le défaut d'apophyses post-orbitaires du frontal peut nous faire conjecturer que c'est plutôt un phoque proprement dit.

Ses maxillaires et ses inter-maxillaires sont extraordi-

(0 Trans. phil. , t. XLVflI, pi. VI, fig. 2.

(2) Pennant, Hist. cf. Quadr. , au titre de sa tfoisième division.

ViVANS. 4xfp

nalrement hauts ^ en sorte que son museau ne descend point, mais est plus élevé , plus gros dans le sens veïti-< cal que la partie du crdne; ce qui fait aussi que l'ouver** tare des narines , peu inclinée en arrière , est plus grande qu'aux autres espèces y sans que pour cela les os du nez soient raccourcis. Ils sont écbancrés au bout. Les intermaxillaires s'élèvent jusqu'à eux comme dans les phoques ordinaires. La ligne du profil est presque droite. Il y a une crcte temporale assez prononcée qui se bifurque pour former la crête occipitale. L'arcade zygomatique est courte et haute. Sou apophyse post-orbitaire est large ^ arrondie et formée parles deux os. Les caisses sont moinsgrandes qu'au phoque commun. Les canines sont petites, et il y a partout ciuq molaires ; les supérieures presque coniques; une partie des inférieures aussi; les autres ù trois pointes , dont les latérales beaur.oup plus petites.

Cette description est faite d'après la figure , et annonce certainement une espèce inconnue. La longueur de cette tête est de onze pouces , et sa hauteur de six dans son milieut

Addition a tout ce paragraphe.

Nous devons des renseignemens précieux sur les phoques à deux envois de peaux et de squelettes de ces animaux venus du Groenland 9 faits au Muséum par M. Reinhardt , professeur d'histoire naturelle à Lieyde, à la

M^ l»ROQtJES ,^

♦ecommfludation de S. A. R. le prlftdehft^ udîtaire de Danemark, t[ui accorde aux sciences , et à ceux qui les cultivent dans tous les pays, une protection {jénéreusc digne de son esprit élevé et de son profond savoir.

Ce que noas avions conjecturé sur l'tdentitÉ des Phoca groênlandtca et ocennica , s'est cooi- ■ plètement confirmé; des peaux et des têtes de

' ^ifférens âges et de différcns sexes, formattf une série complète , ne nous ont laîâsé aucuB

* doute à cet égard.

Elles nous ont prouve en même temps qw ■• Je phoc]ue de New-York , envoyé par M. Milbert, et décrit p. 5ga , et la tète leprésentéc par sir Everard Home, et citée p. 593 , appar* tiennent à cette espèce et à déjeunes indi- Tidus.

Une série semblable de tètes du Phnca ai' slala , le prétendu leoiiina de Fabricius, nous a confirmé également l'identité de celte espèce avec le mitrata de Camper et avec noti-e indt* vidu de New-York, pi. 319, fig. 3, décrit p. 404 et suiv. A mesure qu'elle Tieillît, ses crêtes, et surtout les stUrcîlières , deviennent nh yeuses et uignleuBes,

TivANs; 4^7

' Ces envois nous ont aussi fait connaître les crânes du Phoca barhata et du Phoca hispida que nous n'avions pas vus. Le Phoca hispida ressemble au groënlandica et au vitidina , mais il a le crâne un peu plus large, le museau un peu plus court, et surtout l'intervalle des yeux beaucoup plus étroit et plus comprimé. Ses dents sont comme au groënlandica, et même les supérieures, excepté la dernière, manquent du petit lobe en avant. Sa taille doit être un peu moindre qu'au vitulina. Le Phoca harbata a a peu prés les dents du vitu-^ lina, un peu moins larges cependant; mais son crâne est plus large, plus bombé; son museau aussi plus bombé par les côtés et à la racine du nez, et l'intervalle de ses orbites plus large , et formant de chaque côté une crête surcilièrê plus marquée : il doit devenir bien plus grand que le vituUna. Ces détails s'accordent très-bien avec ce que Fabricius dit de ces deux espèces , dont l'existence est par là complètement établie.

Au reste , mon frère a aussi profité de ces envois pour le mémoire qu'il vient de publier sur les phoques (dans les mémoires du Muséum, t. XI, p. i74)> où l'on trouvera les figures des têtes de ces différentes espèces.

THI. 27

^ ifi PIIOQURS

On voit une bonne fig;ure du Phoea cristata dans le journal du Lycée de New-York, mti

§ II. Des Otaries.

Les phoques à oreilles que BufTon avait déjà bien distingués, mais que les nomenc]ateurs laissaient pêle-mêle avec les autres, jusqu'à ce que Pérou les ait désignés par le nom d'otaries, diflRerentsur plusieurs points des phoques proprement dits , indépendamment des petites conques de leurs oreilles.

Leurs bras , plus exclusivement destinés à la natation , sont placés plus en arrière , ce qui fait paraître leur cou plus long. Les doigts en sont mieux cachés par la peau , et manquent d'ongles. Leurs pieds de derrière ont la membrane divisée, au-delà de Tongle, en autant de lanières allongées que de doigts.

Elles ont six incisives supérieures et quatre inférieures, comme le phoque vulgaire; mais, dans la jeunesse , les quatre mitoyennes à la mfichoire d'en haut sont divisées par un sillon transversal , tandis que les quatre ii

VlVAlfS. 4t9

3Qnt échancrées d'a%'ant en arrière. Les externes d'en haut sont grosses et pointues comme des canines. Les molaires, au nombre de six en haut et de cinq en bas , sont coniques et pointues, avec une petite ppinte à la base en avant, et une en arrière.

Le caractère particulier à leurs incisives s'efface avec Tâge par la détrition , et Ton pourrait se tromper si l'on prétendait le retrouver dans les vieux individus.

Gmelin ne cite que trois phoques qui doi*vent être rapportés aux otaries, lesFh. ursùia etjubata décrits par Steller (i), et Ip pu^illa décrit par Daubenton. Si l'on en croyait Pennant et son copiste Shaw, il faudrait en compter bien davantage; car le Phoca langicoUis donné d'après Grew (2) et Parsons (3), Iq falklandica , d'après un autre individu de la collection de la société royale (4) y le porcina

(1) Novi Comment. Petrop. , IL

(2) Mus. Soc. reg. , p. 95.

(3) Trans. phil. , t. XLVII , pi. VI , fig. 1 .

(4) Pennant , Hist. of. Quadr. , t. II , p. 275 de la troisième édit.

de Molina (i) » lefiauescens représenté d'apiér un individu de la collection de Lever (a), m sont ni plus ni moins de ce sou»-genlpe qoi les trois premiers; mais si Ton lait abstraotioD des fausses idées que de maàpr^ises figures on des descriptions incomplètes ont pu donner^ on les trouve réduits à un bien nôioindre nombre.

Tout ce que Von peut démêler dans kl longs articles des voyageurs <^ ont paroonra la mer Pacifique, c'est qu'on y voit des oian'ei rousses, dont le cou est hérissé de poils eré* fUB , fit des otaries brunes f où 4e poil du oott n'est pas plus long que sur le reste du corps. Steller; naufragé dans les îles llleutiennes en 174a y a décrit exactement celles-ci sous le nom d^ours marin (3), et les autres sous celui de Uon marin (4), noms sous lesquels elles

(1) Hist. nat. du Chili, trad. fr. , II, p. 274.

(2) Shaw I Gêner. Zool. , vol. I , part. II , pi. 73 , fig. min.

(3) Noyi Gomment Petrop. , II 1 p. 331.

(4) Ibid. , p. 360.

sont connues des Russes , et avaient été indiquées par quelques navigateurs. Il a de plus passablement représenté les premières.

Fernetty , qui ne connaissait guère ni Stel- 1er f ni aucun naturaliste systématique , se trouve cependant aussi avoir vu et représenté des individus de ces deux sortes aux îles Malouines (i). Ce n'est même que d'après lui qu'on a représenté le lion marin dans l'ouvrage de Schreber (2).

Reinhold Forster en a dessiné qui avaient les mêmes caractères à l'île des États, près de ]a terre de feu, et ses figures sont gravées dans les supplémens de Bufibn (3). Il ne paraît pas avoir douté que ses espèces ne fussent les mêmes que celles de Steller (4)*

(1) Yoy. aux tles Malouines, i. II, pi. YIII, fig. 1, Tours qu'il nomme petit loup marin y et pL X le lion marin.

(2) PI. Lxxxni.

(3) Tome VI, in-4». , pi. XLYII, Tours marin; pi. XLYIII , le lion marin.

(4) Deuidème Voy. de Cook , trad. fr. , in-8*., t. IV i p. 205 et suiy.

4ir2 PHOQUES

Plus récemment, Péron a avancé qu'aueuta des phoques de Thémisphère antarctique n'est de même espèce que ceux du nord; mais il n'a essayé de prouver cette assertion dans le détail , qu'en établissant que le Phoca leonina de Pabricius n*est pas le même que le lion de mer de Steller, ce qu'assurément tout le monde savait bien avant Pérou , et ce qui, de plus, ne ferait rien à la question, puisque tous les deux sont du nord. Quant à Voiirs marin f il s'est borné à dire que plus de vingt espèces ont été confondues sous ce nom ; mais le travail qu'il promettait à ce sujet n'a jamais paru (i); et ce qui est certain, c'est que lui qui a été si soigneux de recueillir tout ce qu'il a rencontré , n'a rapporté au cabinet du roi qu'un seul individu d'otarie.

Cette question est au reste assez difficile à résoudre à cause des changemens que l'âge apporte dans la couleur de ces animaux , non moins que dans leur grandeur.

Steller nous dit que son ours marin a sur

(1) Voyez son mémoire sur riiabilation des animaux marins, Ann. du Mus. , t. XV, p. 293, et dans le Voy. aux Terres Australes, t. II, p> 347.

VIVAMS. 4^3

la peau un duvet trè9--fin de couleur rousse , et que ses poils sont noirs ^ mais que leurs pointes blanchissent avec Tâge dans les vieux mâles ; que dans les femelles ils sont cendrés ; que beaucoup dHndividus les ont en partie roux, en partie cendrés (i). L'individu qu'il a mesuré était long, depuis le museau jus^ qu'au bout de la queue, de soixante-dix-neuf pouces anglais ou 2f i (2).

M. de Pages (3) assure qu'au Cap les plus grands individus n'ont que quatre pieds , et que la plupart n'en ont que deux et demi ; que le poil des jeunes est noirâtre , et qu'avec l'âge il devient d'un gris argenté à la pointe.

Le lion marin est long de dix à douze pieds ^ et d'un fauve plus foncé dans It mâle, plus clair dans la femelle. Les viçux mâles sont plus clairs, et prennent du blanc au cou et à la tête ; parmi les jeunes il en est d'un brun presque noir (4).

mmm0mim

(1) No¥i Comment. Petrop. , II » p. 340.

(2) Ibid. , 331.

(3) Ap. Biiffon , Supplém. YI, p. 357.

(4) Forster, ap. Bufifon, Supplém. VI, p. 372; et Stel- 1er, loc. cit. , p. 360.

QuaAt aux descriptions faites dâQ^desoifai* nets , ellessont d'orcÛnaire peu propres à édw cir les doutes.

Que faire, par exemple , de cette maunise peau du musée de la Société royale , grtiie par Parsons (i) , nommée par Pennant Phoc$ longicoUis (2)?

Et de ce Phoca porcina auquel on ne donnâ^ que des caractères communs à toutes les oisries (S)?

Et de cette jeune otarie jaunâtre , si IM placée , dit-on , dans les griffes d'un condor «t muséum de Parkinson (4)1

Et de cette otarie des Malouines^ cendrési tachetée de blanc sale (5)? '

(1) Trans. phil. , t. XLVII , pi. VI.

(2) Hist. Nat. of Quadr. , II , p. 274.

(3) Ibid. j p. 278 ; et Molina , Hist. nat. du Chili , trad. fr. , p. 260.

(4) Pennant, ib.,p. 279^ Phoca flavescens ^ Shaw.

(5) Phoca falklandica, Penn. , ib. > p. 275.

VlVAIfS. 4^5

Sont -ce des âges des variétés de Tours de mer; sont-ce des espèces? On ne pourra le savoir que lorsque des individus bien entiers seront décrits en détail , à l'extérieur , et au moins pour les parties osseuses de la tête.

En attendant que ceux qui les auront a leur disposition remplissent ce devoir, je vais m'en acquitter à l'égard des échantillons que j'ai sous les yeux. Mes données serviront au moins de première base à une énumération plus précise.

Le cabinet du roi possède depuis très-longtemps une petite otarie noire, qui a été décrite et représentée dans le XIII' vol. de l'Hiçt. Nat. , pi. LIII , sous le nom de petit phoque , et qui est devenue le Phoca pusilla des nomenclateurs.

Daubenton dit (p. 41 3) qu'elle venait des Indes ; mais comme il n'y a point de phoques aux Indes (i), on doit plutôt croire qu'un

(1) Pennant, Hist. ofQuadr. 1 II, p. 281 , nie formellement , et d'après des témoignages authentiques , l'existence d'aucun phoque sur les côtes des Iodes orientales.

navigateur qui venait de ce pays l'avait pris sur quelque autre point de sa route ^ peut-être 1 au Cap f dont les jeunes otaries sont noires ta rapport de Pages. On ne comprend pas com* ment Buffon a pu dire (p. 340) que c'était k phoque de la Méditerranée.

Cet animal a deux pieds de long. Ses oreilles sont grandes et pointues ; son pelage ert fourré, luisant^ d'un brun noir très-foncé et a sa racine blanchâtre. Le ventre seul est brun-jaunâtre.

H ofire tous les caractères génériques des otaries, et ses dents marquent sa jeunesse; les deux tranchans des incisives supérieures, les deux pointes des inférieures y sont encore parfaitement intactes.

Plus récemment nous avons reçu par Mv Delalande une otarie du Cap , longue de de trois pieds six pouces.

Son pelage est fourré , doux, laineux à sa base. Sa pointe, annelée de gris et de noirâtre, donne une teinte générale d'un gris brun roussâtre. Le ventre est plus pâle et les pattes sont noirâtres. Les moustaches sont fortes et simples , mais noires.

VIVÀNS. 4^7

At. Delalande nous a apporté deuk sqiielét-^ tes de jeune à^e, et une tête adulte de cette espèce.

Le crâne encore jeune de ces squelettes ^ où les crêtes ne sont pas développées ^ eomparé à celui d'un phoque vulgaire à peu près de même grandeur , a ses côtés moins bombés. La région interorbi taire est large, et les frontaux y produisent de véritables crêtes sutcrlières.

Les os du nez admettent entre eux une pointe des frontaux , ce qui est le éoi^traire du phoque. Il y a une pointe saillante à Tangle antérieur de Torbite. Les inter-inatillaires s'articulent largement avec les os du nez; L'apophyse zygomatique du temporal ne s'avance point assez pôiir entirer dans la composition de Tapophyse poslôrbitàirè de Tarcadé. Le palais est plus étroit, se porte plus en arrière, et est échancré par un angle plus aigu. Les caisses sont beaucoup moins saillantes.

Dans la tête adulte, pi. ^iig, fig. 5, les arcades surcilières donnent de véritables apophyses postorbitaires assez pointues; il se fbï'me une forte crête sagittale ; la crête occipitale, également forte , échancré le crâhé ;

438 PHOQUBS

.on iroit une crête obtuse sous la r^ôn liiftliûre, et il saille de chacjfue côté, 4 Tw^ externe de l'occiput et en dehors de la mmb, une espèce de crête mastoïdienne descenduit plus qu'aux autres phoques. Dans tomei tm otaries, l'espace vide où devrait être l'oi ilehrymal est énorme (i)«

Le cabinet du roi possède trois autres oAh ries I assez semblables à celle-là , et en mène temps assez différentes pour qu'on ne poiM savoir au juste si elles sont de même espéœ;

L'une d'elles vient :de Pérou (c'est la sêiib qu^il ait rapportée (2)), elle n'a que^dcôi pieds neuf pouces de long , et est un peu plus blanchâtre que celle du Cap.

Une autre avait été prise par un vaisseaa qui faisait la pêche de la baleine dans le sud;

(1) Ces descriptions sont prises de trois crânes dedif* féreus âges de Y otarie rapportée du Cap par M. Delà' lande.

(2) C'est probablement celle dont il parle sous le BO0 i! otarie cendrée de Tile Deaès ; Yoy • aux Terres Austif les; t. II| p. 54.

VlTANS., 4^9

^t portée à New-York , d'où M. Mîlbert nous en a envoyé la peau.

Elle est longue de trois pieds huit pouces , plus cendrée en dessus et plus blanche en dessous que celle du Cap.

Enfin l'on en a acheté une chez M. Hauville du Havre , qui l'avait reçue des îles Malouines (i). Elle est longue de quatre pieds deux pouces; d'un cendré foncé en dessus, blanchâtre aux flancs et sous la poitrine; une bande d'un brun roux règne le long du dessous du ventre, et une bande noirâtre va transversale* ment d'une nageoire à l'autre.

Le cabinet d'anatoniie du Muséum possède deux têtes d'otarie , plus grandes que la têle adulte du Cap, et qui , dans le cas où celle-ci viendrait de l'ours marin, pourraient bien appartenir au lion marin.

L'une, pi. 2ig, fig. 4> & ^^ mâchoire inférieure , et vient du cabinet de feu M. Faujas.

La partie du crâne y est beaucoup plus

(1) C'est rindividu indiqué par M. de Blainville, Joum. de Phys. , XCI, p. 295 (sous son otarie de Pérou).

43o PHOQUBS

courte à proportion du museau , et la léte toute entière à proportion de sa hauteur; l'arcade zygomatique y est plus courte et pins haute y et son apophyse zygomatique moins aiguë ; la mâchoire inférieure y est plus courte, plus haute y et a son angle postérieur beaucoup plus marqué; elle doit donner au total une forme extérieure plus arrondie ; sou apophyse ou plutôt sa crête mastoïdienne est plus grosse et plus saillante. La crête sagittale se prononce jusqu'entre les apophyses postorbitaires du frontal.

L'autre , sans mâchoire inférieure (i), a été rapportée par M. Gaymard , l'un des officiers de santé du capitaine Freycinet. Le crâne y est plus long à proportion de la longueur totale, mais on y remarque du reste les mêmes caractères.

C'est, autant qu'on en peut juger par la description, une tête du même genre, et probablement de la même espèce , qui a été donnée par le commodore Byron au muséum des

(1) C'est cette dernière que M. de Blainville indique» loc. cit. , p. 300 , en supposant mal à propos que Toi'i" Çiue en était inconnue.

ViVANS. 45 1

chirurgiens de Londres ^ sous le nom de lion marin de Tile de Tinian , et dont M. de Blainville a publié la description (Journ. de Phys., Xa, p. 287, n" i).

La tête de lion marin des Iles Malouines de la même collection (de Blainville , ib. ^ n* 2) est fort probablement aussi de ce genre; mais comme la description lui donne six molaires et seulement deux incisives à la mâchoire d'en bas , il est difficile d'établir si c'est de 1 âge ou de l'espèce qu'elle tient ces différences.

Ce qui est certain , c'est qu'avec l'âge il tombe des incisives et que leur alvéole s'efface. Nous en avons la preuve sous les yeux dans un de nos échantillons^ où cette chute et cette disparition de l'alvéole se sont opé* rées d'un côté et non de l'autre.

La détrition des incisives est sans doute ce qui a empêché M. de Blainville de reconnaître ces crânes pour des crânes d'otaries (i); mais

(1) Il a nomme le premier PAc?cfl hyronia, le second PJioca ansoniana , et dit qu'il faut leur joindre celui du cabinet d'anatomie, qu'a rapporté M. Gaymard, qui est en effet une otarie \ ensuite il les rapproche tous du Pho^

4$ 2 PH0QUB8

nous nous sommes assuré aussi , par l'inspection des têtes conserrées au cabinet d'anie tomie^ que cette détrition a lieu avec Tâgeet fait disparaître le caractère , qui est si remarquable dans les dents des jeunes individus.

Nous ne pouvons rien dire de particulier ni sur l'otarie noire tachetée de jaune que M. DesmarestSy d'après M. dé Blainville, a nommée otarie couronnée (i) , à cause d'une bande de jaune qu'elle a sur la tête , ni sur celle qae Pérou nomme albicollis (2) , à cause d'une tache blanche qu'elle a sur le cou. Si cette dernière est une vraie otarie , la position de ses

ca mitrata, qui est un phoque proprement dit. M. Desmarcsts a fait , d'après M. de Blainville y la même tran»posilion dans sa Manimalogiey où il nomme l'un Phoca ansoniiy et l'autre Phoca bjrronii, et leur donne une synonymie qui tombe d'elle-même d'après l'observation que ce ne sont pas des phoques proprement dits. De plus ces MM. leur donnent à tous six molaires en bns, quoique Ton n'ait pas vu la mâchoire du byronia , et que les otaries en général n'en aient que cinq, la sixième d*en haut ne repondant à rien.

(1) Mammalogie,p. 251.

(2) Yoy. aux Terres Australes, t. II, p. 118.

bras p plas en avant que dans les autres phoques , la ferait beaucoup différer du reste du sousrgenre , où les bras sont au contraire pla« oés fort en arrière.

ARTICLE II

Caractères pris da reste da squelette.

Nous n'avons eu à notre disposition que les squelettes du phoque commun , tel que Daubenton Ta représenté (Hist. Naturelle , XIII , pi. LU), du phoque à ventre blanc , que nous donnons pi. aiS, du j^oque à capuchon.

{Phoca cristata) et de l'otarie du Cap.

Cest le phoque à ventre blanc qui nous servira de type principal.

Vomoplate, fig. t, est très- lai^e d'avant en arrière; sa fosse antépineuse est beaucoup plus large que l'autre; leJ>ord antérieur est très-convexe , et l'angle antérieur se confond dans cette convexité/ Le postérieur est un peu concave , et l'angle postérieur un peu aigu ; l'épine est peu saillante et se termine par un petit acromion déprimé , qui n'avance pas au-

Tiii. 28

434 PHOQPES

tant que le bord de la face articulaifre. La tor bérosité acroiniale se réduit pre^qpç à n^ Pftns le phoque vulgaire et le pfioyife à, çof^ choTiy la fosse antépineuse çt rpqaop^i^ tp|if entière sont beaucoup moins larges; on ne peut pas dire qu'il y ait un angle antérieur.

Dans \ otarie y au contraire , la fosse antépineuse est encore plus large à proportion que dans le phoque à ventre blanc; elle est divisée longitudinalement par une arête moins ^aiUantp que l'épipiç et çans ^rpiniqn.

\J humérus y fig. 6, 7 et 8, est remarquable par sa brièveté relative, par la grande sail)ie de sa tubérosité interne et de sa crête deltojfdienne ; sa poulie inférieure est creusée par une gorge obtuse et divisée en deux parties; une e%\j^rp,^ plus large , l>o|iibée dans lies dpax sens pour la tête du radius; uae io(erne pl^s étroite pour le cubitus.

Le phoque cpmijnun et le pbpque 41 chon ont le condyle intense per^ d'im trou pour Tartère cubitale , qoais ce txa^ manque ai^ phoque à ventre blanc et à Totarîe.

La tête supérieure du radius^ fig. 10^ est ronde et à concavité simple; cet qs^ fig. 9,

est court , ^rès-comprimé et dilaté verticajeqnent dans ses deux tiers inférieur^.

Le cubitus^ fig. g, lo et ii, est trèsHsom^ primé ^ans sa parj;ie supérieure^ où Tolécrâne ^st beaucoup plus haut que long, et donne upe apophyse pointqe vers le bas. Sa facette sygmoide.dai^s le phoque à ventre blanc est cour^ et peu concave dans le sens longitudinal ^ et plus large et convexç dans le sens transversal ; la facette radiale est au-dessous d'elle j, mais dans le phoque commun et le phoque à capuchon , la facette sygmoîde est plus longue et a la radiale de côté.

Le carpe , Qg. i a , n'a qu'un seul os | <i ^ pour l'articulation avec le radius , et l'on voit' enpore dans Y otarie dea traces de la s^ture qui le divi&wt apparemment dans la gran4e j^u^ nesfe eu scaphoïde et en semîlunaire. Le pu*néiforme , b , donne attache au métacarpien du petit doigt.

l4d tmpèze, c, et le trapézoide, à, dans le phoque ^ ventre blanc y sont placés presque l'un au-dessus de l'autre , en sorte qu'il seiqble qu'il y ait trois rangs d'osselets au bord radial du carpe ; mais dans l'Qtarie ils sont comme à l'ordinaire.

4S6 pHo(iUEs

L'o8 nommé le grand dans Thomme est presque réduit à rien ; le cunéiforme estaufltt fort petit.

La main du phoque, fig. la et fig. i, destinée principalement à la natation , est coupée obliquement, de manière que le pouce forme sa pointé et son bord le plm puissant ; néanmoins il n'a , comme à For^ dinaire, que deux phalanges, mais son mé^ tacarpien et ses deux «phalanges sont plus longs et plus gros que leurs analogues dans les autres doigts.

Les .articulations des phalanges sont peu prononcées. *

Les onguéales ont cela de remarquable dana^ \es phoques f t\ue la pointe qui engaine dans l'ongle, sort en quelque sorte de la face supé<« rieure de l'os ^ et que le reste de l'os lui forme comme deux petites ailes.

Dans les otaries , qui n'ont pas d'ongles devant, cette phalange onguéale est simplement déprimée et obtuse.

Les phoques ont le bassin, fig. i3, et surtout leur os des iles , réduits à de très-petites dimensions. Cet os des iles est excessi-

vement court. Son bord antérieur, dans le phoque vulgaire et le phoque à capuchon , se recourbe en dehors et est tronqué presque carrément ; dans le phoque à ventre blanc , il est moins réfléchi et plus arrondi ; dans l'otorie, il est moins large que long, par conséquent de forme oblongue , et presque pas recourbé.

Le bord du petit bassin est plus étroit, plus aigu en arrière , et plus parallèle à l'épine dans le phoque vulgaire et le phoque à capu^ clion que dans le phoque à ventre blanc. Leurs trous ovalaires sont aussi plus allongés et plus étroits, et la partie postérieure ^ soit du pubis ^ soit deTischion, plus dilatée.

On ne peut pas dire qu'il y ait d'échancrure ischiatique, en sorte que l'ischion est trèsrapprodié du sacrum et de la queue ^ mais sans s'y réunir.

De tous les os des phoques, le fémur, fig. 14^ i5 çt 16, est le plus extraordinaire par sa brièveté ; à peine est-il plus long que lai^e : c'est surtout dans le bas qu'il est aplati et dilaté latéralement, ayant une crête au bord interne et une tubérosité à l'externe. Sa poulie rotulienne est pls^te et presque vertid^ç*

Ses faces articulaires pour le tii)ia sont plus larges que longues.

Le tibia^ fig. 17 ^ 18 et ig^ à dedx fois ftt demi la longueur du fémur, et est asseas fort> surtout dans le haut, où il se soude àâ pérotlé avec rage; mais il en reste distinct diUMlfr bas. Leur intervalle est assez large. Le pëhni^ lui-même est assez fort.

L'astriagale des phoques, fig. 20, a, et figures tki et aa , est très-extraordinaire , en ek qu'au lieu d'Unë poulie plus ou ihoins crensfe dans sdn tnilien, il offre à la jambe une poolib ûùTïWXe formée de deux fkces, qui font eiir semble un angle saillant conime un toit, et dont l'une répond au tibia, et l'autre, qui est plus grande, au péroné. Cet os n'a pas seulement une apophyse en avant pour le scapnoïde, mais il en a une autre en arrière, terminée par une tubérosité et formant une sorte de talon interne, de manière qu'en voyant l'astragale isolé on croirait que c'est le calcanéum. C'est sur cette tubérosité de l'astragale que passe dans une coulisse le long fléchisseur des doigts.

Le vrai calcanéum , fig. 20 , b, et fig* aî et 24 , est placé sur le côté externe de l'astra-

gale y et ne porte pas sa tubertisitë plus rà arrière que la sienne.

Le teaphôide , le ctiboïde et les trois cuiléiformes n'ont rien de bieh remarquable , mais il ^ a un petit os surnuméraire au bord interne, entre le scaphoide et le grand cunéi- Ibrme.

Au pied de derrière , le pouce et le doigt externe sont les plus gros et les plus longs , et le mitoyen est le plus court/ ce qui leur donne leur forme fourchue ; cependant le pouce n'a tOttjoiim que deux phalanges; Toutes les arilbûlatidns de ces phalanges sont nussi peu prononcées qu'aux pieds de devant.

Dans le pUoque Vulgaire et dans l'otarïe , léft bi^ëales déterminent, commëHiiix pieds de devant du premier^ par des pointes garnies de petites ailes osseuses à leur base.

Dans le phoque a ventre blanc, qui n'a point aongles, elles sont au contraire creiisées d'aune petite fossette ii^régulière.

Ce que le phoque perd de facilité à se mouvoir sur la terre par le raccourcissement de ses membres , il le regagne par la force que

44o PHOQU£S

lui donne pour la natation la mobilité de son épine; aussi' toutes ses vertèbres sont-elles bien distinctes ^ bien mobiles les unes sur les autres^ et munies d'apophyses très-écartées et ne se gênant point entre elles.

Tous mes squelettes en ont sept au C9a, sans aucune soudure ; quinze au dos et cinq aux lombes. Nous avons représenté la première du cou ou l'atlas^ fig. 25 et 26.

J'en trouve quatre au sacrum et douze àU queue du phoque à ventre blanc.

J'ai lieu de croire qu'il y en aurait aussi quatre au sacrum de mes autres phoques s'ib étaient adultes.

Quant à l'otarie je doute qu'elle en ait plus de trois. Les queues ont généralement de dix à douze vertèbres.

Les apophyses épineuses sont fort relevées dans le phoque a ventre blanc , médiocres et plus couchées dans l'otarie et le phoque vulgaire, presque effacées dans le phoque à capuchon.

Les côtes sont anguleuses plutôt que plates, et minces en comparaison de ce que nous les

VI VAN s. 44 1

verrons dans les lamantins. Il y en a dans les phoques dîx^ dont les cartilages s'attachent immédiatement au sternum , et neuf seulement dans l'otarie.

La neuvième dans les phoques s'attache au côté du huitième os du sternum , et la dixième^ comme à l'ordinaire , à l'intervalle de ce huitième et du neuvième. Celui-ci est cylindrique, plus long que les autres ^ et terminé par une dilatation cartilagineuse* Les autres sont déprimés. En avant du premier et de la première paire de côtes est^ dans les phoques, une proéminence cartilagineuse pointue , qui, dans l'otarie, s'ossifie et fait corps avec le premier os.

DhnensioM iPun squelette de phoque

à ventre blanc.

TBTE.

Diepuîs le sommei de la ûréte occipitale jusqu'au bord aniér. de Fos incisif. • . • . 0|S88 Id, • • .jusqu'au bord antér. des os dunes. 0|Î19 ï)e la partie la plus saillante aune arcade

zygomatiqué à l'autre D,2t5

Mbtiidfè Uir^eiiir dd ctine eiitte les brbiCés. 6fiSli Largeur de Ik face prise à la partie saillante

qui ccMteqmnd aiix rannès des incisives. b,078 Hauteur depuis le bord inférieur des condy-

les jusqu'à la crête occipitale 0,096

■^ ■■■- depuis le boi-d alvéolaire jusqu'à la partie supérieure et antérieure des os frontaux 0,091

- du trou occipital 0,023

Largeur id. 0,027

Du trou occipital au bord postérieur de la

voûte palatine - 0,148

De ce bord postérieur de la voûte palatine

au bord antér. des os incisifs 0,126

Longueur du bord alvéolaire des molaires. 0,065 Distance entre les bords externes de la dernière molaire 0,084

Id. . ... de la première molaire. . . . 0,048 Longueur de la mâchoire infér. depuis le

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