DES ESPÈCES VIVANTES, ET DE LEUR OSTÉOLOGIE
Tout le monde sait aujourd'hui que les céta-ces ressemblent aux quadrupèdes vivipares dans tous les détails de leur structure interne tiii, 2* part* 1
et de leur économie ^ quoiqu'ils n'aient que les deux pieds de devant, que leur corps ressemble à celui d'un poisson par sa configuration générale, et que leur peau soit entièrement dénuée de poils. Cependant ih ont ausii dans cette structure interne des formes et de» combinaisons d'organes si particulières, qu'il serait presque impossible de les rapprocher d'une famillq de quadrupèdes plutôt que d'une autre. Leurs dents toutes uniformes, leurs estomacs multipliés, Fabseoce du cœcum , des gros intestins, celle du nerf olfactif et des organes ordinaires de l'odorat; Tappareil singulier qui leur permet de lancer des jets d'eau d'une grande hauteur , et qui leur a valu le nom de soujfleurs , sont autant de caractères qui ont obligé ceux même des naturalistes qui ont mis les cétacc's dans la classe des quadru[)èdcs vivipares ou niaininifères , à les laisser dans un ordre à part à la fin de cette classe.
I^ lamantin et le dugong avaient des titres presque aussi marqués à une pareille distinction , puisqu'ils partagent presque toutes les singularités d'organisation des cétacés, et notamment l'absence totale de pieds de derrière et la multiplicité des estomacs. Cependant les
KT DUGONGS. ?>
naturalistes ne les ont pas si bien trait«»| ils les ont toujOUi*s rapprochés du morse ^ lequel e»t tout aussi quadrupède que \t% phoques, et les gjU fait courir avec lui de famille en famille ^ le plus souvent sansmême les séparer de geare.
IClusius paraît les avoir induits le premier à ce rapprochement ^ en rapportant le lamantin au gepre des phoques (i) ; et comme ^ après les notices abrégées cft sans figures d'Oviedo (2) , de Gomara (5) et de Rondelet (4) , Clusius eut rava&tage de donner le premier , d'après na-» ture^ une figure et une description de cet animal , son opinion était faite pour obtenir dn crédit.
Gesner (5) n'avait fait^ comme à son ordî-* naire , que copier Rondelet; Aldrovande (6) et
(1) Exotic. , lib. VI , cap. xvni , p. 134.
(2) Hist. gen.et nat. Ind. , lib. XIII, cap. x.
(3) Hût. gea. , cap. xxxi.
(4) D« PUcib. , lib. XVI, cap. xnn , p. 490. Voyez aussi Thevet , Singul. de la Fr. antarct. , feuill. 138.
(5) De Aquatil. , p. 213.
(6) De Piscib. et Getis , p. 278«
■f . ^- i\-v ; i^iii
A LAMAimmt
Jonstoa (i) copièrent Getner etOiuiiii;'!! m fiit de même de Laét (a), de Dotertre^^él Roofaefort (4) , et même de Labat (5)» «i moins pour la figure ; et l'ouTrage d'HomaiH dés t^) , que Ton publia dans rintenralie, n V jouta ri^i à ce qae Ton pouvait trouver dans les auteurs imprimés avant lui.
. Par un hasard singulier, quoique le lamat^ tm soit assez commun dans les Indes occidentales, que sa chair soit un mets agréable, que ses mœurs singulières Faienf rendu intéffèÉ» saut, que les os de ses oreilles aient même élé pendant longtemps un article renommé de pharmacie, les naturalistes d€^profession n*evh rent point d'occasion d'observer Tanimal en*tier et adulte^ et employèrent chacun^ suivant
(1) De Pisdb. , lib. Y, art. vu.
(2) Hist. des Indes occid. , p. 6.
(8) Hist. nat. des Antilles franc. , t. II, p. 199. (4) Hist» nat. des Antilles , chap. zvii > art. 5.
(6) Voyage aux îles de l'Amer., t. II, p. 200; et Relat. de TAfr. occid. , II , 338.
(6) Mexic. y p. 323.
KT DUGONGS. 5
ses systèmes , les faits qu'ils empruntaient des premiers descripteurs.
Ainsi Rai (i) le laisse avec \e%plioques et le niorse à la suite du genre des chiens ; Klein (a) est tellement entraîné par l'analogie^ qu'il va j usqu'à dire qu'on doit s'être trompé en lui refusant les pieds de derrière.
Linnœus^ qui l'avait laissé d'abord dans sa quatrième et sa sixième édition , à l'exemple d'Artedi (3), avec les cétacés , dans la classe des poissons , pendant qu'il mettait le morse avec les phoques , le transporta ensuite seul dans l'ordre des briUa (dixième édition), et y remit enfin le morse avec lui ( douzième édition ), en avertissant toutefois de FafBnitédu lamantin avec les cétacés.
C'était Brisson qui lui avait indiqué ce double transport (4) , et qui avait été lui-même
(1) Syn.'aniin. Quadr. ^p. 193.
(2) Quadr. disposit. , p. 94.
(3) Gêner. Pisc., p. 79.
(4} Règne animal , p, 48 et 4^.
6 LAMAinriMI
p«rM|«éé ptr Klein , eu poiat à'aàgpUÊf'MÊi ^ son doute sur Tabsenoe det j^edft do é)MMM|| .,
Bofin DftqllQtoft ayant «Msnqcrf dH flJMM | de 2BiMiiim (i), ecmftiptt^ ^
mités po»lérieiira»9 et diftpria lai ^^ j
veid^ apt anioid imniiédiatetoMt EMitC^^ taeés, mais imiiiiédianiiiebt sprè» les pH^^lÊL j
plaçapt le ii^rf#'6.Tai)t ceuxrci. i
Cependant eomme Baobenton n'avait aMHBda dugong que sa téte« sana renuLrqotr m rapports ntao celle on iamnàiimf Peontft lÊàÊM mÊ90te It diêgwig weQ ]m morg0 ÇS). -
|1 y «▼ûl toutefois un perfectioiiiiieniQBt
dans, cette dispositioi^; mais Erxlebeo (4)» Schreber (5) , Gmelin (6) et $](iaw (7) w JV
(l> Hkt. nftt. , XIH , in-^^" ^ p. 496 et soir.
(2) Bi9t. pf Quadr. , p. 536.
(3) Ibid. , 617.
(4) Mammal. , p. 593 et suiv.
(5) Sœuge-Thiere y part. II , p. 262 et suiv.
(6) Syst nat. Lin. , I , p. 59 et 60.
(7) Gêner. Zool. , vol. I , part. I, p. 239 et mif*
BT DUGONGS. 7
doptérent point : ils mirent toujours les trois animaux dans un même genre, quoique le dernier auteur surtout n'eût , pour ainsi dire, plus d'excuse, depuis que Camper (i) avait fait connaître le diigong entier, qu'il avait donné les moyens de le trouver dans les écrivains plus anciens qui Tavaient décrit ou figuré sans qu'on y edt fait attention , et qu'il avait montré^ son extrême ressemblance avec le lamantin.
M. de Lacépède est, je crois , 1c seul naturaliste qui ait fait trois genres différens du morse, du dugong et du lamantin. On verra que le résultat de mes recherches tend à adopter ces trois genres, à y ea ajouter un quatrième, l'animal de Steller, à rapprocher le morse des phoques , et les trois autres des cé^ tacés.
Le dugong et le lamantin ont tant de rapports entre eux, qu'ils ont été désignés par le même nom de vache ou de bœuf marin , et que plusieurs navigateurs, observant le dugong
(1) Opuscules, ëdit. all«ni. , t. III, p. 20.; ëdit. franc. , t. II, p. 479.
dans la mer des Indes , Tont confondu avee le lamantin des Antilles (i% en quoi ib ont été suivis par un aussi savant naturaliste qu'Artedi (a),
Steller (3), qui a décrit un troisième genre distinct du dugong et du lamantin , l'a encore tellement confondu avec celui-ci, que Gmelin s'est cru autorisé à regarder cet animal de Steller comme une simple variété du lamaa^ tin, quoique Schreber eût déjà averti du contraire (4)*
Il n'y a cependant nulle apparence que la
(1) Dampier, Voyage autour du monde, trad. £r.| 1. 1 , p. 46 ; Gumilla , Hist. de l'Orénoque , trad. fir. , 1. 1, p. 49, pi. de la p. 304 ; La Condamine , Voyage à la rivière des Amazones, p. 154 , décrivent le vrai lamantin. Mais Léguât, t. I , p. 93 , décrit et représente manifestement le dugong sous le nom de lamantin ; et c'est sans doute aussi le dugong qui a fait dire à Dampier, loc. cit, qu'il y a des lamantins à Mindanao et à la Nouvellfr- Hollande.
(2) Gêner. Fisc. , p. 80.
(3) Novi Con^ment. PetropoL, %, II , p. 294,
(4) Sceuge-Tbiçre , t. II, p. 277.
ET DUGONGS. ^ Q
même espèce puisse vivre aux Antilles et au Kamtchatka; il n'y en a même aucune que dans ce genre une même espèce puisse avoir traversé de grands espaces de mer, et se trouve à la fois sur les côtes de l'ancien et du nouveau monde. <
En effet ^ les noms de bœuf, de vache et de veau marin, ont été donnés aux dugongs et aux lamantins, principalement parce qu'ils paissent l'herbe comme les ruminans. Leur estomac multiplié aura peut-être aussi contribué à ces dénominations; mais la figure de leur tête^ que quelques voyageurs alléguenty doit y être pour fort peu de chose: car sa ressemblance avec celle d'un bœuf est au moins équivoque.
La forme de leurs dents n'est réellement appropriée qu'au régime végétal , et les mâchelières du lamantin ressemblent même, à s'y méprendre , à celles du tapir.
Or il résulte de là que ces animaux ne peuvent guère s'éloigner des rivages , et l'on rapporte aussi que le lamantin ne va point à la haute mer, qu'il remonte plutôt les fleuves, et qu'il peut très-bien vivre dans des lacs d'eau douce.
10 LAMiNTlNS
Le nom cte lamantin , que quelques-uns ont voulu dériver des cris que cet animal faisait entendre ^ n'est qu'une corruption de celui de manati ou de manalej les nègres , et d'après eux les cok»ns^ ont dit long-temps la manate^ la manati f d'où ils sont aisément venus à dire lamantin et le lamantin.
Quant au nom de m^^/ar/ lui-même , on n'est pas d'accord sur son origine. Hernandès le tire de la langue de Haïti ; La Condamine^ de celle des Galibis et des Caraïbes (i); tandis que la plupart des auteurs assurent qu'il a été imaginé par les Espagnols pour exprimer qae les pieds de devant de cet animal ressemblent à des mains y ou plutôt qu'il n'a que des pieds de devant seulement, attendu que le mot de mano, en espagnol, signifie également la main et l'extrémité antérieure tout entière.
On peut adopter cette étymologie dans le premier sens comme dans le second : car le lamantin et le dugong se servent , avec beaucoup d'adresse et de force, de leurs pieds pour s'accrocher à la terre et pour porter
(1) Apud Buffon, Hist. nat. , XIII, p. 378.
BT DUGONGâ. It
leurs petits; et l'on y distingue aisément /au travers des membranes, cinq doigts , dont quatre sont terminés comme les nôtres par des ongles plats et arrondis , ce qui a pu faire donner à juste titre à ces membres le nom de mains , par comparaison avec les nageoires des poissons ordinaires.
Comme ces animaux ont leurs mamelles lur la poitrine , et qu'ils élèvent souvent la partie antérieure de leurs corps au-dessus de Veau } comme le nom de main , donné à leurs nageoires , a fait exagérer l'idée de la ressemblance de ces membres avec les nôtres ; comme enfin leur mufle est entouré de poils (i), qui deloîn peuvent faire Teffet d'une sorte de chevelure , on leur a donné des noms plus singuliers , qui ont conduit ensuite à des récits extrêmes et entièrement fabuleux. Les Portugais et les Espagnols ont appelé le lamantin , pesce mulher, pesce dona {poisson femme) ; les
(1) Ce sont ces poils qui lui ont valu le nom de triche^ cuSf de 5piÇ et ix^«) parce que, tant qu'on les rangeait parmi les poissons » il était le seul de sa classe qui eût du poil (Artedi, Philos, icluliyol. , p. 74) ; mais ce nom , transporte au morse , qui est un quadrupède , devient ridicule.
Hollandais ont nommé le dugong, baart maur net je (homme barbu). De ces noms à l'idée d'un éire demi-homme et demi-poisson , il n'y apis loin ; il suffit d'un voyageur peu scrupuleux ou de peu de mémoire pour compléter la m^ tamorphose.
Chacun peut s'assurer, en lisant les descriptions données par les modernes de prétendus tritons ou sirènes, qu'elles doivent leur origine à nos animaux : les unes, faites raisonnablement et d'après nature , comme celles que rapportent Dapper (i) et Merolia, en présentent clairement tous les caractères; les autres, écrites sur des oui-dire ou d'après le souvenir confus d'un objet vu de loin , comme celles de Chrétien (2) , de Debes (3) , de Kircher (4)y sont aisés à ramener à leur véritable type. Pour peu que l'on ait l'habitude du petit art de la caricature , on sait com-
(1) Afrique de Dapper, p. 366.
(2) Journ. des Savans , TI , avril 1671 > suppl.
(3) AcuMedica, Hafuiens. 1671 et 1672, p. 101.
(4) Ars magiict. , p. 675; et apud Ruisch, Tbeat anim. de Piscib. , pi. XL y p. 146.
Et DUGONGS. iS
lûen il est facile de changer, au mojen des altérations les plus légères , la figure d'un être dans celle d'un autre ; et il est certainement tout aussi aisé de faire d'un dugong, tel qu'il est rendu dans l'ouvrage de Renard (i), oa d'un lamantin, comme l'a figuré Gumilla (2)^ une sirène comme celle que représente Kircher 9 que de changer une raie en basilic, tel que celui qu'ont gravé Aldrovande , Jonston, etc., et que l'on voit tous les jours dans les cabinets des curieux ou dans les boutiques des charlatans.
Quant à celle de Paw et de Laêt, dont Bar* tholin a représenté les os de l'avant-bras et de la main, son espèce est d'autant plus certaine , que ces parties osseuses sont manifestement celles d'un jeune lamantin (3).
Voilà pourtant à quoi se réduisent ces récits d'iiommes et de femmes de mer, accumulés
(1) Poissons des Moluques , pi. 34, fig. 180.
(2) Orénoque, trad. fr. , in-12, t. I, pi. de la p. 304.
(3) Th. Bartholin, Hist. anat. centnv. ^ I. p. 171.
l4 LAMANTINS
par Maillet (i)^ p:irLache6naye-des<*Bois(s)9 par Sachs (5), et par d'autre» auteurs piM érudit» que judicieux.
Je sais que Valentyn prétend distinguer Ui fiommes marins des dugongs (4) ; iQais il ne dît point avoir vu des premiers : il ne donne que la figure ridicule déjà publiée par Re« nard^ à qui elle était suspecte; et quand il décrit le dugong (5), il lui attribue tant de caractères humains qu'il se réfute en quelque sorte lui-même (6),
(1) TeUiamedi t. II, îa»12,p. 18U
(î) Dict. des Animaux , articles homme marin et si^ rêne,
(3) EpLemer. nat. curios. , ann. dec. , I , obs< 23.
(4) Oud en Nieuw-Oostindie , t. III , p. 330«
(6) Ibid.,p. 341.
(6) Je n*ai pas besoin sans doute de réfuter l'existence de la prétendue jillc de mer dont on a rcoeuiment donné la description dans quelques journaux anglais. Il est étident par ces descriptions mêmes que c'était un pfodait artificiel fabrique en adaptant le corps d'un poisson an bas du tronc d'unsij»ge.
KT DUOONGSé t5
^Cet abus manifeste d'observations impar^ laites ou altérées ^ joint à toutes les singularités déjà remarquées dans ces animaux, étaient des motift plus que suffisans pour ^hjief à éclaircir leur histoire > en y ajou-^ Mit quelques (kits nouveaux : j'y ai été tou4^ i-fait déterminé quand j'ai aperçu des vesiges de ces animaux parmi les ossemens fosileâ.
Je n'aurais pu cependant rien dire de bien mportant qui ne fût déjà dans quelque aueur précédent; sans l'attention qu'a eue mon avant confrère, M. Geoffroy, de rapporter de jisbonne un beau squelette de lamantin du trésil , très-bien préparé, qui m'a mis à même ['en étudier et d'en décrire toute l'ostéologie , t si MM. Diard et Duvaucel ne m'eussent dressé de Sumatra le squelette d'un dugong, yec beaucoup de notes sur l'anatomie de ce ingulier animal. Il est juste que je témoigne Dcore ici ma reconnaissance à des amis à qui ai dû tant d'autres services.
Après avoir décrit l'ostéologie du lamantin 'Amérique et rappelé quelques autres détails e son anatomie, je les comparerai avec ce que on possède de celui du Sénégal et du CSoDgo,
t6 LAMANTINS
pour faiontrôr qu'il y a entre eux des dîffi»l'ences spécifiques.
Décrivant ensuite le dugong , je montrerai que ce n'est point un morse , mais un genre aussi voisin du lamantin qu'un genre peat l'être d'un autre.
Je ferai voir alors que l'animal décrit par Steller forme un troisième genre distinct du dugong et du lamantin.
Je terminerai par cette conclusion , que ces trois genres doivent constituer une famille séparée , très-différente des phoques, et qui est à''peu près aux ce faces ce que les pachydermes sont aux carnassiers.
Enfin je réduirai en passant à deux les quatre espèces nominales de lamantin établies par Buffon.
ARTICLE PREMIER
Du lamantin d'Amérique et de son ostéologie.
Il parait vivre également dans la rivière des Amazones, d$ins TOrénoque, à Surinam i à
BT DUGONGS. I7
Gayenne et aux Antilles ; mais il est devenu rare dans les endroits fréquentés. Je n'oserais a^mer que celui que quelques auteurs placent sur les côtes du Pérou soit le même. Hernandès a Tair de le supposer (educat uterque Oceanus). Molina n'en parle point pour le Chili.
Sa taille va quelquefois à plus de vingt pieds f et son poids à huit milliers.
La description que nous en allons donner a été faite d'après un individu de i ,9 de longueur , envoyé de Cayenne au Muséum d'histoire naturelle.
U a été assez justement comparé à une outre ; car il représente un ellipsoïde allongé , dont la tête forme la pointe antérieure, et dont l'extrémité postérieure , après un léger étranglement, s'aplatit et s'élargit pour for^ mer la queue , dont la forme est oblongue , et le bout large , mince et comme tronqué.
La queue forme à peu près le quart de la longueur totale.
U y a un peu moins du quart entre l'insertion des nageoires et le museau.
yiiiy 2* part. 8
j8 LAMAHTiro
Aucun rétrécissement ne fait remarquer It plaeeducol.
La tête parait un simple cône tronqué. Le museau est gros et charnu. Son extrémité présente un demi-cercle y dans le haut duquel sont percées deux petites narines semi-lunaires dirigées en avant. Le bas , qui forme la lévf e supérieure , est renflé , échancré dans soq milieu , et garni de poils gros et raides.
La lèvre inférieure est plus courte et plus étroite que la supérieure.
La bouche est peu fendue; Fœil est petite placé vers le haut de la tête, à la même distance du museau que Tangle des lèvres.
L'oreille n'est qu'un trou presque imperceptible; elle est autant distante de l'œil que l'œil du bout du museau.
La nageoire est portée sur un avant-bras plus dégagé que celle du dauphin; on sent mieux les doigts au travers de la peau, et Ton conçoit qu'elle doit avoir plus de force et de mouvement.
Son bord est garni de quatre ongles plats
et arrétidis, qtii n'en dépassent |[)diht Ik nlërhbrariid. C'est le pouce qui n'en a pbiiit; celui de l'index est au bord radial ^ et celui du inédius à l'extrémité de la nageoire. Le qua- Irièméy qui répond au petit doigt ^ est-fort petit ; il est possible qu'il manque quelquefois.
Un individu plus jeune ne montre même deS traceis que dé deux ôhgleô ; et l'on n'en voit dans un fœtus que trois d'un côté , et de l'autre seulement un quatrième fort petit.
Eh dessous , avant la naissance de la qûène , l'on aper'çoit deux trous ^ dont l'un est celui de l'anus y et l'autre celui delà génération, soit vulve, soit fourreau. Je ne sais, en efiet, si l'individu que j'ai observé était une femelle, car je n'ai pu y trouver le moindre vestige dfe mamelle ; au reste , la vulve du lamantin est placée comme dans les autres animaux , et Je ne sais ce que BufFon a voulu dire en annon^ çant qu'elle est au-dessus de l'anus (i).
Toute la peau est grise, légèrement chagrinée f portant çà et là qùelqties poils isolés. Ih
(1) Supplém. , în-^*» , t. VI , p* 183.
StO LÀMANTINB
sont UD peu plus nombreux vers la commissure des lèvres et à la face palmaire des nageoires.
Le fœtus en a un plus grand nombre sur tout le corps que les grands individus (i).
Tableau des dimensions du grand indii^idu.
Longueur totale • 1,9
Largeur du museau 0,12
Distance du museau à la commissure des
lèvres 0,084
Id à l'œil 0,114
Distance de l'œil à la commissure des lèvres. 0 ,074
(1) Depuis ma première édition, sirEverard Iloinea donné (dans les Transact. philos, de 1821 , p. 390) une bonne figure et une description du lamantin d'Amérique d'après un individu qui lui a été adressé par le duc de Manchester, gouverneur de la Jamaïque. On y voit que Festomac est divisé comme celui du dugong en deux parties et en deux petites poches aveugles , mais les dernières plus courtes et plus rondes , et la partie gauche où entre le cardia plus rétrécie vers sa pointe que dans le dugong, et que le cœcum y a sa pointe profondément fourchue.
m DUGONG^* 9t
Distance du museau à la racine inférieure de
la nageoire 0,21
Longueur de la nageoire 0,245
Plus grande largeur de la main. . . « ,. . 0,082 Longueur de la queue à compter de l'étranglement • . 0,46
Plus grande largeur 0,37 '
Contour de la tète à Tendroit des yeux. • • 0,53
■ du corps aux aisselles. ...... 1,01
—— à l'endroit le plus gros. ...... 1,23
àl'ctranglementdelaqueue. . . . 0,62
Distance du bord postérieur de la queue à
l'anus 0,66
De Tanus à la Tulve ou à Forifice du fom^
reau. . . .' 0,1
La tête osseuse du lamantin , pL sac , fig. 2 et 3 , se distingue aisément de celle des autres animaux par sa forme générale.
Ses principaux caractères distinctifs sont les suivans :
Elle n'a que de très-petits os propres du nez; semblables à des amandes^ séparés Tun de l'autre et enchâssés de chaque côté dans une échancrure du frontal. Il résulte de là que Touverture de ses narines osseuses est trèsgrande. Néanmoins le reste des os du nez est remplacé par des cartilages | et dans Iç vivant
j^2 LAHiVVTlNS
Touverture des narines eH comme à Vordi^ naire au bout du museau.
Les os inter-maxillaires ^ a, a^ ne portent point de dents dans l'adulte , et n'en ont que dans les premiers jours de la vie; cependant ils sont très-étendus en longueur ; ils remontent le long du bord des narines jusqu'au-dessus de la région de Tceil.
Les orbites sont très^avancés et très-saillans.
Le trou sous-orbitaire , b,b, se trouve percé dans Tangle rentrant que fait le cadre saillant de l'orbite avec la partie antérieure de l'os ^laxillaire^» ç , de manière qu'on ne l'aperçoit point quand on regarde la tête de prpfil.
Ççtte ^^f^U^ de l'orbite fs^t encore que la distance entre le bord inférieur externe de la
partie zygomatique de l'os maxillaire et les dents çst plus grande que la largeur du palais.
Les frontaux^ d, d, qui écartent beaucoup leurs branches antérieures , d\ d^ , pour embrasser l'ouverture des narines ^ et former les plafonds des orbites ^ donnent chacun une apophyse post-oirbitaire obtuse d\ fig. 2,
KT DUGONGS. ^5
L'os de la pommette^ Cy s'étend en e dans toute la moitié inférieure de Tôrbite sur l'apophyse orbiiaire du maxillaire ^ et borde ainsi tout le plancher de l'orbite en avant; il donne Tapophyse post-orbitaire inférieure.
Un très-petit lacrymal sans aucun trou est enchâssé dans l'angle antérieur , entre le frontal^ le jugal et le maxillaire^ qui intervient dans cet endroit entre le lacrymal et le jugal.
Un peu plus bas^ dans un enfoncement, est percé le large trou sous-orbitaire , qui se trouve ainsi plus reculé que le bord dç l'orbite et ne peut donner lieu à aucun canal.
La partie dentaire du maxillaire se trouve plus en dedans que l'orbite | en sorte que la partie intérieure du plancher de cette cavité est formée par une avance plane du maxillaire qui n'a pas d'autre objet.
L'apophyse zygomatique du temporal ^ f, est plus épaisse que dans aucun autre animal ; le reste de l'os est médiocre ; il contribue à former les côtés de la crête occipitale ^ et laisse dans le haut , entre lui et les occipitaux supérieur et latéral ; un vide qui laisse voir le rocher.
a4 LÂMANTiro
Les deux crêtes qui limitent dans le haut la fosse temporale marchent presque parallèle^ ment y et ne se réunissent point en une seule ligne comme dans la plupart des camassien.
Il n'y a dans Tadulte qu'un seul pariétal impair g , qui entre largement dans la tempe; dans le fœtus il y en a deux, complètement séparés par un double inter-pariétal ; mais ces quatre os se soudent promptement, non-seulement entre eux , mais, ce qui est plus singulier, avec l'occipital supérieur, avant même que les trois autres parties de l'occipital soient unies.
Le plan de l'occipital est incliné d'avant en arrière et de haut en bas , et la crête occipitale fait un angle obtus; il n'y a qu'un vestige d'apophyse mastoïde.
En dessous, les inter-maxillaires forment la pointe du museau, prenant à peu près le quart du palais, et entourant un large trou incisif, qui est unique parce qu'ils n'ont pas d'apophyse interne.
Une chose très-remarquable et qui complète bien l'analogie du lamantin avec le dugong, c'est que les très-jeunes lamantins ont
ET DUGONGS. 25"
une petite dent dans chacun de leurs intermaxillaires. Je Tai observée dans notre fœtus de lamantin , mais il parait qu'elle disparait de très-bonne heure.
Les mâchelières conmiencent un peu .en arrière du trou sous-orbitaire^ qui, par la disposition des orbites, se trouve presque à leur niveau.
Les palatins s'avancent en pointe étroite et obtuse j usque vis-à-vis de la troisième, et prennent ainsi à peu près le quart du palais. Leur échancrure postérieure avance jusque devant la pénultième. Ils contribuent à la formation de deux grosses ailes ptérygoïdes, dont le corps est d'ailleurs presque en entier sphénoidal , et ne se sépare pas du corps du sphénoïde postérieur, même dans le fœtus. Les ailes temporales du sphénoïde restent plus long-temps distinctes.
Le palatin se montre dans la tempe par une languette étroite entre le maxillaire, d'une part, le sphénoïde antérieur et le frontal, de l'autre; mais sa continuité est en partie cachée par la portion dentaire du maxillaire , qui se porte en arrière jusqu'à l'aile du sphénoïde, à laquelle elle touche sans s'y articuler.
presque à rien les os du nez , ouvrir ainsi de grandes narines extérieures dans un pbu presque horizontal, faire descendre les orbîlei à côté de cette ouverture / agrandir énormément les jugaux derrière l'orbite ^ et enoore plus l'apophyse zygomatique du temporal ; r^' culer les ailes ptérygoîdes jusque entre kl , apophyses glénoïdes. suspendre légèrement dans une large ouverture du crâne le rocher et la caisse , etc.
Je crois devoir donner une description particulière de l'os de l'oreille dans le lamantin.
C'est véritablement lui que l'on a longtemps vanté contre les maladies des voies urinaires et contre les hémorrhagies y et dont do* sius représente une partie (a/?, monardem sintpi. medic.^ cap. xxxii); mais il parait que l'on a donné depuis, sous le nom d'o^ manaa\ celui de la caisse de la baleine (i). Au reste, l'un doit valoir l'autre pour les vertus.
Cet os est distinct du crâne comme celui des cétacés; mais il y est enchâssé , et non pas
(1) Voyez Blumenbach, Manuel d'Hist. nat., art. Trichecus.
L ht DUGONGS. ag
/ simplertiént suspendu dans une grande cavité [■ interceptée entre le temporal, l'occipital laté-
* rml , le basilaire et le sphénoïde postérieur. Je [ le^résente , fig. 8 , par dehors ; fig. g, du côté I de rintérîeur du crâne; fig. lo, par dessous.
^ *> Sa masse^ qui est irrégulièrement globu- ; leuse , peut se diviser en trois parties : le dôme . .de la caisse » A ; le cadre du tympan, B ; le la-
• byrinthe ou rocher proprement dit , . G.
j. Le dôme de la caisse est un segment de j sphère très-épais, arrondi de toute part, ex- "l cepté du côté inférieur, où le marteau et l'en- * clume sont placés sous sa concavité.
^ • Le cadre du tympan est un demi-cercle ir- ^^ régulier; sa partie antérieure , b, est beaucoup r plus large et plus épaisse que la postérieure , d. ': La première se joint au dôme en f, par un ^ petit isthme qui laisse un sillon profond par où passe le premier muscle du marteau.
^ La partie postérieure , d^, se joint au rocher - en gf par un isthme moins étranglé, sous lequel est en avant une petite apophyse pour Fautre muscle du marteau , et en arrière une fossette.
L'une et l'autre sont exprimées dans la
Se LAHAirriifS
fig* lo y mais trop petites pour qu*0n ait ^ y placer des lettres.
Le dôme s'attache par son bord ioterne à tout le bbrd supérieur du rocher^ et y cldt k caisse en dessus ; mais en dessous il reste on §rand intervalle entre les boi^ds inférièùrtf da rocher et du cadre y et toute Cette partie doit n'être fermée dans le vivant que par leâ meittbranes. C'est par cis vaste intervalle que la fig. lo nous montre l'intérieur de la caisse et ses trois osselets m^ n, o.hà, partie d'os en forme de coquille y qui rend l'oreille des cétacés si remarquable , sert précisément à fermer cette ouverture inférieure ; elle n'a donc point d'analogue dans le lamantin.
La partie postérieure du rocher^ h^ est trèsépaisse et solide; c'est dans sa partie antérieurei ky qui est plus comprimée, que sont creusées les cavités du labyrinthe.
La 6g. g nous montre sa face interne, et les deux trous;? et q qui servent de passage aux nerfs.
À sa face inférieure, lîg. lo, se vbit la fenêtre ronde s, qui est fort grande, et au travers de laquelle s aperçoit une partie de la
ET DUGONGS. 3l
rampe externe et de la cloison osseuse du limaçon.
Le limaçon est lui-même très-considérable par le grand diamètre de ses rampes^ quoique le nombre de ses tours ne soit que d'un et demi.
En t est le promontoire qui sépare la fenêtre ronde de Tovale.
Cene-ci ne peut s'apercevoir dans notre {îg. 10 , mais on peut se la représenter d'après la position de Tétrier o , qui la ferme avec sa |ilatine. On la voit d'ailleurs en fig. 8^ où nous n^àvons laissé que le marteau en place.
L'étrier du lamantin ne mérité presque pas ce nom , car ce n'est qu'un cylindre irrégulier percé d'un très-petit trou; le marteau est très^ros et très-épais ^ mais ne s'attache à la membrane du tympan que par uii manche fort court et comprimé ; il s'articule avec le bord du cadre du tympan , près du petit sillon creusé sur l'isthme qui joint ce cadre au dôme. L'enclume s'articule sous le dôme même ; de sorte que la réunion des deux os tourne sur ces deux points comme sur deux pivots, et rétrier, ayant une direction presque perpendiculaire à un plan qui pas^rait par cette
.ligne fixe , frappe à chaque mouveinent sur la fenêtre ovale d'une manière très-sensible.
Camper avait nié Texistence des cananx semi-circulaires dans le lamantin comme dini les cétacés, mais avec aussi peu de fondement} seulement ils y sont aussi excessivement minces.
On n'est pas d'accord sur le nombre des dents du lamantin : le véritable est de trentesix, neuf de chaque côté; les supérieures car^ rées y les inférieures plus longues que larges , surtout en arrière , toutes présentant deux collines transversales et un talon qui devient plus considérable dans les postérieures d'en bas.
Ces deux collines, avant d'être entaméeSi offrent chacune deux ou trois petites pointes mousses; ensuite, à mesure qu'elles s'usent par la mastication, elles montrent deux lignes bordées d'émail, qui s'élargissent jusqu'à ce qu'elles se confondent en une surface aussi étendue que la dent , qui est alors entièrement usée.
J'ai. lieu de croire qu'indépendamment des dents de lait^ une ou deux des molaires anté-
8T DUGONGS. SS
rieares tombent , comme dans beaucoup d'autres Herbivores , à mesure que les postërieuretf le développent.
Nous représentons une de ces dents, fig. 1 1 : elle est tirée de la mâchoire supérieure.
L'omoplate est presque demi-elliptique ; sa ligne inférieure étant presque droite et répon* dant au grand axe de Tellipse, l'épine n'occupe )ue la moitié antérieure de Tos. Sa plus grande Miillie est prés de sa racine : elle se prolonge en avant en un acromion point^^ui monte un peu oMiquement , et qui a Tair de se terminer par une facette articulaire. Cependant le squelette que j*ai sous les yeux ne présente point de clavicules. Un fort tubercule mousse tient la place du bec coracoide. La &oe humérale est un ptu plus haute que lai^e , et fort concave.
La) tête supérieure de l'humérus, fig. 17 et 18, est aussi fort convexe; sa tilbérosité exté^ rieure est très-saillante. La rainfure bicipitale »t peu profonde, mais il reste Un canal profond entre la tubérosité interne et la tête articulaire; la crête deltoidienneestpeu marquée. La tête inférieure est en simple pouUe un peu
wtii, V part. 3
44 LAMAl^Tlîf^
oblique 1^ montant davantage aw bQF4i{i^ipA. Sa largeur ne surpasse point son diamà(f)p4l%téro- postérieur. Le condyle intpriiq tt^ïSf beaucoup plus que l'autre en arrière.
Le cubitus et le radius , assçz courts p(m| leur grosseur et encore plus pour là taille de ranimai, sont soudés ensemb^ par lean dèiix extrémités. Leur articulation supérieure correspond à la poulie de l'humérus ; la tête du radius y est plus large que haute, et même quand elle ne serait pas ^soudée , cet os ne pourrait exécuter sa rotation ; en quoi le lamantin différé encore beaucoup de» i^i^ues pour se rapprocher des herbivores. Le rauiqs a vers le bas , à sa face externe , deux crêtes aigués.
Nous avons représenté Tavant-feras par trois' fooes, %• i4, i5 et i6. : ***
Le carpe n'a que six os, parce que le pisiforme BAapque , et que le trapèie et le^toapé-* MÎde sont rétuûa eu un seul , qui s'articule à la, fQ^ àvflo la métacarpien du pouce et de i'ipden. L'aaakfgue du grand os râpond à cem de l'index et du médius. L'unctforme répond à la foi$ auaiédius, à l'annulaire et au petit doigt; Mbiierçi s'articule en même temps avet
HT DUGONGS. 3S
le cunéiforme <le la première rangée. Çha,ci}i;^ âe ces os $l aussi dans le lamantin soi^ caractère particulier, qu'il serait beaucoup trop long d'exposer ; il suffît de rappeler ici que le pisîforme manque également aux dauphins, et qu'4 i^t Ibrt petit dans les phoques et les parç^eif^^j» tandis qu'il est très-long dans les api? |pai)f qui se servent beaucoup de leurs pieds ffp d^vs^nf pour MMsir ou pour marcher.
Les os du métacarpe sont plats en dessus ^^ en carène en dessous ; celui du pouce, qui n*a 9f4nl^ 4ç^ pl»s4fDg^ ^ porter, se teroûne eu pfHn(e j les autres s'^rgissent à leur extrér^ mité ÎEifiérieure. Celui du petit doigt est le plus long et le plus élargi de tous. Le doigt aiH nulaire est au contraire celui qui a les plds longues phalanges ; mais celles du petit doigt •ont plus plates et plus larges.
' Toutes les faces iU:ticulaîres des pbfil^nga^ sont assez pleines , et ces os doivent jouir de peu de mobîHté.
Le CQU n'a quesi^i vertèbres # comn^e Dau^ beaton l'avait déjà obseryéj^ toutes ti^ cKmrtes.
La partie annulaire de la troisième , de 1^
S6 ULXAlfTlHS
quatrième et de la cinquième n'est pas (pomplète. Les apophyses transversos de la qu^ trième , de la cinquième et de la sixième sgbI percées d'un trou : elles sont toutes simples.
II y a seize c^tes et seize vertèbres dorsales; les apophyses épineuses de celles-ci sont médiocrement élevées et inclinées en arrière. A compter de la sixième dorsale , il y a, i la face ventrale de leur corps » une petite crête aigué.
Les deux vertèbres suivantes peuvent porter le nom de lombaires ^ et il y en aurait alors vingt-deux pour la queue :ol y a donc en tooC quarante-six vertèbres.
Sous les jointures des onze premières vertèbres caudales sont articulés de petits os en chevron y comme il y en a dans la plupart des quadrupèdes à forte queue.
Les apophyses transverses des vertèbres de la queue sont fort grandes , surtout dans les premières, mais les épineuses sont peu considérables, ce qui s'accorde avec la forme déprimée de la nageoire, pour prouver que le" lamantin nage par un mouvement de s^ queue dans le sens vertical.
£T DUGOtrGS* 57
■ bes côtes sont singulièrement grosses et
■ épaisses ; leurs deux bords sont arrondis , et > . dlles^ sont aussi convexes en dedans qu'au de« I hors. Je ne connais aucun autre animal qui
ait des côtes de cette forme.
Les deux premières paires de ces côtes seu-* lement s'unissent au sternum par des cartilages ; les quatorze autres sont de fausses côtes. ^ ha, dernière paire est fort petite.
Le squelette que j'ai sons les yeux n'offre aucun vestige de bassin, et Daubenton n'en a point trouvé non plus dans le fœtus qu'il a disséqué. J'ai fuit un nouvel examen de ce fœtus, sans pouvoir y en découvrir de trace , et ce qui pourrait , malgré l'induction contraire à laquelle conduit l'analogie , hive croire que cet as manque en effet à l'animal, c'est que dlr Gérard Home' ne le représente pas non plus dans la figure qu'il vient de donner d'un squelette de lamantin préparé sous ses yeux.
3& LAMÀISTINS
Dimensions du Sifuedùtte de lamanim qui m de sujet pour ceUe descr^fflion.
Longueur totale depuis le boni du muteav
jusqu'à rextrémité de U queue. S|3
■ de la tête. • 0,3$
Sa plus grande largeur.. 0|lfl5
Longueur du cou. 0,13
' du dos. . * 0,87
« ' des lombes 0|181
" '■' ■■ ' de la queue. . ^ • , 0,76
■ ■ " '■ ' àé romoplate. 0,Î5
Sa plus grande liirgeifr 0,14B
Longueur de Thumërus • . 0,178
— ^. ■■-., du cubitus • • • • 0,143
'. — du vadius 0,ia4
-— — — -* de la main 0.25
^— du carpe 0|MS
■^ ^' dû plus grand os dii thëtàcaipe
. i^ûi test celui qtii porte le petit dbîgt. . . 0,lf)9
IHaihèttt du corps entre tes septièknes cAtes.' ^K
Longueur de la plus grande côte, qui est la •
neuyième , en suivant sa courbure. • • • 0,47 Largeur de la onzième, qui est la plus large. 0,043 Longueur des' plus longues vertèbres dorsales 0,06
■■■ des vertèbres lombaires. .... - 0,06
N— « des plus Ipngues vertèbres de la
queue 0,055
BT DUGONGS* « ^
tibngueur dès apophyses ëpiheiise's des Ter lè«
Mies dii dos. 0,t)3é
: u* M.» d<sap<|iIiyieêtmtwnifMMidrtT<8r^
tèfam lomtMâresi ; i .4 • • Oil66
AAÏICLS Ili
Des espèbes nôminaieè da petit lamantin des Antilles et du lafanAtih des Graiidês-Itades.
C'est Biiffon qui a établi ces deux espèces dans ses Supplémens (édlc« in-4''f tome VI, p. 383 et suiv. ).
U ne donné pblht d^aùtf^ motifs pour distinguer le lamantin des Grandes - Indes , sinon que les ly^antins ne pouvant traverser la haute mej^ il &ut bien que l'espèce deB Indes soit /ifférente de celle d'Amérique; mais la yaté est, comme nous l'avons dit« qu'il nV a dans les Indes de lamantia d'au-* cune /yrte , et que les voyageurs qui en pla-* cent dans les mers orientales ne paraissent j avoir vu que le dugong : tel est surtout et évi« demraent Léguât;
Quant au petit lamantin des Antilles j, on ne
^O LiMAKTlAS
peut concevoir par quel arrangement singalkr d'idéesBuflbn s'est composé cette espèoeimaginaire. Il lui donne pour caractère demaaqitfr tout-à-fait de dents (x)^ mais hii- même nV vait point vu de lamantin sans dents; les voyageurs qui refusent des dents aux lam|Mitiiii les leur refusent ^ en général, parce jfi'ib n'ont examiné que la partie antérieure des mâchoires ; mais aucun d'eux n'a prétenda faire de ce défaut de dents un caractère spécifique*
▲ KTICLS 111*
Da Umaatia do Sénégal,
Les voyageurs ont observé de^ lamantins dans presque toutes les rivières de la côte occidentale de l'Afrique, et les ont décrits , tantdt sous ce nom-là, tantôt sous celui de vache marine, de sirène, de poisson -femme, etc.; mais ils ne nous ont donné aucun moyen de les distinguer de ceux d'Amérique*
(1) SuppL, YI, p. 403.
ET DUGONGS. 4<
C'est fort gratuitement que Buffon les diffé* rencie (r) , en ce qu'ils ont des dents molaires et quelques poils sur le corps , tandis que les prétendus petits lamantins des Antilles n'auraient ni les uns ni les autres ; nous venons de voir qu'il n'existe point aux Antilles de la-
mantin dépourvu de ç/^ deux caractères.
M. Shaw a fort exagéré la première de ces diflerences (a), en appelant le lamantin du Sénégal Trichecus pilosus f et celui de la Guyane Trichecus subpilosus. Adanson dit au contraire expressément de celui du Sénégal , ce les poils « sont ires-rares sur tout le corps (5). » Quant à la figure de M. Shaw, qui est empruntée de Pennant (édit. de lyg?, 11^ ^96), et faite d'après un individu du muséum de Lever, elle offre à la vérité une queue fort diflPérente de celle des autres lamantins, et comme divisée par des stries, à la manière de celles des poissons; mais je ne doute pas qu'une organisation aussi singulière ne résulte du mauvais état
(1) Suppl., yi,p. 405.
(2) Gcner. Zool. , I, part. I, p. 244 et 245.
(3) Apud BuffoD, XIII, iii*4% p. 390.
4^ LAiMA^TiNS
àe réchanlillon; autrement elle nVuraitpa manquer de frapper ^çnnafot , et il eh aurait dit quelque chose dans sa description.
Je ne vois dono de différence i«iwible euM le lamantin de rAhiërique et celui de l'A^ frique qtie dans k forme de le tête t et eDinnHi Daubenton n'avait eu qu'une tête dUéSén^Ii il n'avait pu la comparer à Tautre.
Nous Ift dëssinens de deux côtés ^ fig. 4 ^ ^i et nous ht plaçons auprès de celle d'Amérique > fig. a et SvU est aisé de voir que ces deuat têtes diffèrent par les points suivans :
I» La tête d'Amérique est plus allongée i proportion de sa largeur;
2^ Get allongement appartient principale» ment au museau et aux narines ;
S"" La fosse nasale est trois fois plus longue que large dans le lamantin d'Amérique. Si largeur fait les trois quarts de sa longueur dans celui du Sénégal ;
4"" Les orbites de ce dernier sont plos écartées;
5*" Les fosses temporales sont plus larges et plus courtes ;
Et DUCi^Nlps. 1(5
' & Les apophyses zygomatiques du temporal dont beaucoup plds retifléé6|
7® En revanche elles ont moins de hauteur;
&" La partie antérieure de la mâchoire infé^ rieure est courbée; dans Tespëce d'Amérique,
die est droite.
Tabk compûpativie det dirhensioM dé ïM
deux têtes.
T£U d'AaiérifiM. T<Ce d« Sén^&h
Longueur totale* . . . , . 0,370 . . . 0,320 — -" depuis la crête 00-
dpitale ju8qu*aubord sup.
dés liérities. ••••,•• 0^137 •
-— de rouYèrlttre del narines. • . • 0,164 .
Longueur du bord jnf . des ^ narines jusqu'au tK>ut du
museau* • 0,057 ..
Lar^fëur de Toecipùt. . . ; 0,170 ^ Moindre dîstahce des crètés
temporales. • » O9O88 •
Plot grand écartemeni des
arcades zygomatiques. • 0,1% Id. des orbites à
leur bord inférieur. ... 0,148 • Dislancé des apophyses post-
orbitaires du frontal. • • 0,129 •
AITICLB IV.
Do prétendu kinantin du Rord de Stcller (1).
Il suffisait de la plus Ugere attention pom juger que ranimai décrit par Steller estd*an autre genre que le lamantin d'Amérique.
i** Au lieu d'épidermc il porte une espèce d^écorce ou de croûte, épaisse d'un pouce, composée de fibres ou de tubes serrés , perpendiculaires sur la peau. Cette éoorce singulière est si dure que Tacier peut à peine Tentamer ; et quand on est parvenu à la couper, elle ressemble à rébène par son tissu compacte , aussi bien -que par sa couleur. Ces fibres s'implantent dans la véritable peau par autant de petits bulbes ; en sorte que lorsqu'on airrache récorce, la surface qui tenait à la peau est toute chagrinée, et celle de la peau ellemême est réticulée par autant de fossettes que récorce oiïre de tubercules. La surface
(1) Acad. Petrop. novi Commentarii, t. II, p. SM et auÎT.
!xt^rieure de Tëcorce est inégale , raboteuse , Tendlllée , et ne porte aucuns poils , comme il ^lait aisé de s'y attendre ; car on conçoit quô les fibres qui la composant ne sont que des [>oiis soudés ensemble'pour former cette es- [>ëce de cuirasse. On peut dire en un mot que 2et animal est complètement armé d'une sub« itance semblable à celle des sabots du cheval ou du bœuf, ou de la semelle de l'éléphant et du chameau; armure qu'on voit aussi dans la 3;rande baleine, mais qui n'a jamais, eusté
Jâns le lamantin véritable;
21^ La lèvre supérieure est double aussi bien ^ue l'inférieure, et se divise en externe et en
j > S"" Les mâchoires nWt pas des dents sim^ gjjes , nçmbreuses , pourvues de racines , comme df^ns le vrai lamantin; mais. .elles portent chacune ,"^4^ chaque côté , une plaque ou dept eomposéë , que l'on peut coBoJjparer aa. palais ^e la raie-aigle , qui ne s'enfonce point par des racines, mais Rapplique et s'u-» nit par une intinité d^ vaisseaux et de nerfs , lesquels pénètrent de la mâchoire dans cette plaque dentaire par une quantité de petits trous y quten font paraître la surfoee contiguê
48 LAUAKtllfS
13* Cet animal ne mange point dlierlMs terrestres comme le vrai lamantin , miîs seulement des fucus.*
On vûit| par cet extrait de la description de Steller^ qu'il n'est guère possible que deux animaux d'une même famille se distinguent par un plus grand pqmbre de caractères que les lamantins de TÂtlantiquc et ce prétenda lamantin de File Behring. Aussi M. liligeri bientôt après la première publication du présent chapitre (i)y en a-t-il fait un genre i part sous le nom d^rjrtîna (a).
Steller avait observé cet animal dans le nord de la mer Pacifique.
Pènhant , et d'après lui Shaw , y rapportent les lamantins vus par Dampier à la Mouvelle- HoUànde et àMindanao^ ainsi qu'un dessin fait à Diqgo-Ruiz et conservé chez M. BanLs; mais cette assertion est plus que gratuite, et il est probable qu'il ne s'agit dans tout cela que du dugong.
(1) Ann. du Mus. , t. XIII , ann. 1808.
(2) Dans son Prodromus 078t. Mammal. et Aviuni ; Berlin, 1811 pp. 141.
BT DUGONGS. ^g
Fabricius (i) assure avoir trouvé au Groén* land un crftne avec des os dentaires semblables à ceux qu'a décrits Steller. L'espèce passeraitelle dans la mer Glaciale au nord du continent de TÂmérique ou dans le canal que les Anglais ont récemment découvert i et pourquoi alors ne Taurait-on jamais vue en Islande ni enNorwége?
Une bonne figure et une description de cet animal et de son ostéologie seraient le plus grand service que les Russes ou les Anglais qui vont pêcher dans les parages où il habite pourraient rendre à l'histoire naturelle.
▲ RTICLB v.
Da dngODg.
Les naturalistes n'ont eu long-temps, touchant le dugong, que quelques indications légères ou fautives des voyageurs, et une figure de sa tête donnée par Daubenton.
(1) Faun.Groënl.,p. 6.
vm, S* part.
50 LAMAlITfffS
Qiiokpie ses défenses fussent tmiplaMtées CMBUM celles de l'éléphaot dans les os int»» ntoxiUsires , on donnait alors trop peu >d'at» tetotion aux caractères anatomiquea, fom îtt^giner de doater que le dfigsiig ne dAt avoir de grands rapports ame le morse, et c'est sons le genre 4e ce dernier •f«*bB le geait il y a encore bien peu d'années ^(i).
dson^^ (a) ayant insisté sur (cettesdiffér de position des défenses et donné une bonne iigure du «dugongs ayant aussi rappels cette qui avait fnru depuis long-temps dan l'ouvrage publié par Renard.(S) 9 on put voir enfin que le dugong est bipède comme le Ish roantin; qu'il a de même les pieds de devant presque en forme de nageoires^ et les mamelles sous la poitrine ; que la forme de son corps est celle d'un poisson ; qu'il se termine par une nageoire horizontale et en forme de
(1) Gmelin et Shin^,iibi supra.
(2) Dans ses Œuvres , trad. £r. ^ t. II , p. 479^ et pi. VII,fig.2,3et4.
(3) Poissons des Moluques , première part. , pi. 34 , »• 180;
ET pUGp?iGS. bl
f^rpIssaiU^ dans les brs^nches de jaqu^Ue JJ n'y a point de charpente osseuse; .et Ton put se rappeler qail vient de même paître Thçrbe 9U rivage , et qu'il a reçu dans la m,er des Indes les mêmes nojms comparatifs qui oAt été donnés au lamantin dans la mer Âtlan-
Si Ton eût été un peu plus hardi , l'on aurait pu présumer tout cela d'après la forme de sa t^te , qui est aussi difierente de cellis du morse qu'elle ressemble à celle du lanaantin.
Le lecteur peut s'en convaincre en comparant les figures que nous donnons de cette tête, pi. 220, fig. 6 et 7, et pi. 221 , fig. i , 2 , 5 et 4 (i) 9 avec celles des têtes de lainantin. Les connexions des os, leur coupe générale , etc. , sont à peu près les menées ; etjl'pn
voit que pour changer une tête de ,}amfmtia en une tête de dugong il suffirait dç renfler et d'allonger ses os inter-maxillaires pour y placer les défenses , et de courber vers le bas
(1) ^. B. Nos figures de la pi. 220 étaient faites d'après l'échantillon mutilé qui avait servi à Daubenton. Nous en donnons de meilleures, pi. 221 , d'aprèalo ^u s^lette envoyé par MM. .Duvaucel et Diardf
5a LÀMAtlTlNâ
la symphyse de la mâchoire inférieure pottf la conformer à l'inflexion de la supérieure. Le museau alors prendrait la forme qn^il t dans le dugong , et les narines se relèveraient comme elles le sont dans cet animal.
En un mot^ on dirait que le lamantin n'est qu'un dugong dont les défenses ne sont pu développées.
Il pourrait sembler que Linnseus a eu quel^ que soupçon de cette analogie, quand il a nommé le lamantin trichecus dentibus iam'arus tectisj mais il est plus probable que cette phrase tenait à Tidce que lui avait laissée la figure du dugong de Léguât, qu'il confondait avec celle du lamantin.
Au reste, la phrase de Gmelin pour le AùQOïiQ {dentibus laniariis exsertis) n'est pas exacte non plus ; ce ne sont pas des canines, mais des incisives, et l'on pouvait déjà savoir par les figures de Camper et de Renard que dans l'animal vivant elles ne sortent pas de la bouche.
Quant à l'extérieur il est presque le même , excepté que le mufle est plus gros à cause des défenses qu'il renferme , que la queue est plus
fir DU60MG8. 53
longue I et qu'elle se termine par une nageoire d'une tout autre figure.
Le nom de vache marine ayant été donné par les Hollandais et par quelques autres peuples à l'hippopotame aussi bien qu'au dugong, certains voyageurs, trompés par cette homo* nymie, ont placé des hippopotames dans quelques pays où ils avaient entendu dire qu'il y avait des vaches marines, tandis qu'on ne voulait leur parler que de dugongs.
J'ai une preuve récente de ce genre de méprise. Feu Pérou , assurément l'un des voyageurs les plus instruits qui aient fait des collections, me soutenait avoir apporté des dents d'hippopotames des Moluques; quand il me les montra , je vis que c'étaient des dents de dugong. J'ai cru pendant quelque temps que c'était une erreur de ce genre qui avait déterminé M. Marsden à placer des hippopotames dans l'ile de Sumatra; mais, d'après les explications données récemment par ce savant voyageur, et d'après ce qui m'a été écrit de cette ile par MM. Diard et Duvaucel, je dois plutôt croire qu« M. Walfeld, sur l'autorité duquel M. Marsden avait parlé, aura pris le tapir des Indes ou le rlunoçéros de Jaya , pQU
L'énorme développement des os mteiHOsaxit laires du dugong reporte rouvertore de sel narines osseuses beaucoup plus haut que dans le lamantin. Elle se trouve ainsi à la partis supérieure de la tête , au milieu de sa Ioih gueur^ et dirigée vers le ciel. Sa forme est un large ovale , comme dans le lamantin du Séné* gah Tout le crâne et particulièrement les os
mth' fc— ^— — yy^i^"^^^i^wii^w^i^»^PM<n^
nie de chaque côt({ de sa base d'une glande à calice saillante et pointue. Les yeux sont petits , couverts , et munis d'une -troisième paupière. Le trou de roreille est fort petit; les bords des nageoires sont calleux. Il y a une mamelle de chaque côté de la poitrine ; la yerge , longue et grosse, se termine par un gland bilobé du miliea duquel sort une pointe où est percé rui'ètre.
Le larynx ne ressemble point à celui des cétacés , et ne forme point un tube donnant dans les arrière-narines.
L'estomac est fort singulier. L'œsophage donne dans le milieu d'une partie ovale , terminée à gauche par un court cul-de-sac conique , et séparée par un léger étranglement d'une partie oblongue qui se termine au pylore. Sur l'étranglement sont deux espèces de cœcuma cylindriques , plus longs et plus minces que ceux du lamantin , et dont l'un est un peu plus court que l'autre. A l'intérieur, on voit dans la partie ovale deux groupes arrondis de glandes stomacales.
Le duodénum est réticulé à l'intérieur par des plis dans
ET DUGONGS. 67
du front se trouvent par la même raison plus courts à proportion que dans le lamantin. Les branches du frontal qui viennent former le dessus de l'orbite sont plus minces et plus rugueuses. La portion du maxillaire qui sert de plancher à Torbite est plus étroite; l'os jugal , en se contournant pour former le bord antérieur et inférieur de l'orbite ^ est plus comprimé et descend davantage vers le bas. Il y a aussi un os lacrymal dans l'angle antérieur.
les deux sens. Il y a un gros cœcutn à parois épaisses , conique, et non pas fourchu comme celui du lamantiu.
Tout le canal a quatorze fois la longueur de l'animal; savoiri le grêle cinq fois , et le gros neuf.
Les poumons sont très-élastiques, les anneaux des bronches s'unissent les uns aux autres.
Une particularité fort remarquable , c'est que les deux ventricules du cœur sont détachés l'un de l'autre , ce qui fait paraître le cœur profondement bilobé par sa pointe; du reste « la circulation est la même que dans les autres mammifères.
Les dugongs sont plus communs dans le détroit de Sincapour que dans aucun autre lieu de l'archipel des Indes. Leur chair passe chez les Malais pour un manger délicieux 9 et on la réserve pour les princes : clic ressemble ji cçUe du bœuf.
58 LAMAMTINf
plus considérable qu'au lamantin , mais égi* lement sans trou. L'apophyse zygomatiqne éi temporal est plus mince et plus comprink Les connexions des os du crâne sont les ■!» mes. On observe cette même union préoiatiréc des quatre parties du pariétal avec To» pital supérieur; mais^ à la face inférieure, k basilaire s'unit avec les occipitaux lalénn plutôt qu'avec le sphénoïde postérieur* Use très-grandQ solution de continuité se voitditt le fond de l'orbite et de la tempe , et établit dans le squelette une vaste communication entre ces deux fosses et celle des narines ; elk est interceptée entre le maxillaire , le frontal, le sphénoïde antérieur et le palatin. La coatinuité de la portion temporale du palatin a?ec le reste de l'os n'est point ici cachée , comme dans le lamantin, par une production du maxillaire. L'occiput est plus étroit et sa crête est moins marquée qu'au lamantin ; le cadre da tympan est aussi plus étroit et plus minoe, mais l'os de l'oreille est disposé à peu près de même et enchâssé entre les mêmes os. Il reste également dans le squelette un grand espace vide entre cet os , le basilaire et le sphénoïde antérieur. Au dedans du crâne il n'y a point de tente osseuse; la fosse cribleuse se réduit i deux enfoncemens simples; très-écartés l'un de
ET DUGOISGS. Sq
l'autre ^let qtr! se terminent en avant par deui ob trois petits trous. Il n'y a point de sdtle. Le trou optique est un long canal étroit. La inâchoire inférieure prend une hauteur correspondante à la courbure et à là longueur dëÉf os ititer-maxillaires. Cette partie, aiiïsi tronquée et déclive , montre de chaque côté dans Tadulte les restes de trois ou de quatre ftWéoIës, et sirEverard Home a découvert entore dans son individu deux petites dents pointues dans deux de ces alvéoles. Il est donc probable que le dugong porte à sa mâchoire hifêriiEîure des espèces de dents incisives. D'après une jeune mâchoire qui vient d'être rapportée par le^ compagnons du capitaine Freydnet^ je juge que le nombre normal des inâchelières du dugdng est dé cinq partout ; mais, avec l'âge , il se réduit à trois et même £ deux. Biles ont d'abord des pointés divisées irrégulièrement en plusieurs petits mamelons , fjnais elles s'usent bientôt de manière A ne imontrer qu'une couronne plate et lisse. Leur forme est celle de cône tronqué; mais la ^plus grande, qui dans le jednè est la quatrième, se compose de deux cônes adossés et Unis l'un derrière l'autre.
X'atlas;pl. 2I2X ; fig. i5; est très-semblable à
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celui du lamantin; Taxis de même* Les ûnq autres vertèbres cervicales sont trè^mincei, mais non pas soudées ensemble. Il y a dix-buit vertèbres dorsales^ dont les apophyses épineuses sont rangées à peu près en ligne.droite. A compter de la neuvième^ les côtes n'attachent plus leur tête entre deux vertèbres ^ mais seulement à la même vertèbre, à Tapophyse tran»verse de laquelle elles s'articulent. Les cota ne sont pas , à beaucoup près, aussi grossesque dans le lamantin, et cependant les premières sont encore très-épaisses et ont leurs bords émoussés. Après les dix-huit vertèbres dorsales , il en vient vingt-sept et peut-être davantage dont les apophyses épineuses vont en diminuant et s'annullent presque sur les dernières. Dans les lombes, les apophyses transverses sont fort longues ; ensuite elles diminuent par degrés sur les côtés de la queue et redeviennent un peu plus longues à son extrémité, apparemment pour porter la nageoire. Il paraît que les trois premières seulement appar^ tiennent aux lombes. La quatrième a , vers son extrémité, une facette qui est probablement destinée à l'attache des os du bassin. Ceux-ci sont très-marqués dans le dugong. Ce sont deux os longs et grêles, qui ont quelque rapport pour la forme avec les clavicules humai-
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nés. Il y à dés os en Y articulés sous Tinter-* 'valle de deux vertèbres^ depuis celle qui vient après le bassin. Ils diminuent par degrés de grandeur , et paraissent finir tout-à-fait sous le dernier quart de la queue.
L*omoplate a, comme dans le lamantin, son angle antérieur arrondi, le postérieur aigu et porté fort en arrière, le bord posté-» rieur très -oblique et un peu concave. Son épine est saillante , son aeromion pointu , mais beaucoup moins allongé que dans le lamantin. Le bec coracoïde est beaucoup plus pointa qu'au lamantin, et dirigé en avant et un peu en dedans.
L'humérus, fig. 5, G, 7 et 8, est beauxoup plus gros et plus court qu'au lamantin; sa crête deltoïdale est plus saillante, et elle forme, avec la grande tubérosité, une protubérance rhomboîdale.
Les os de Tavant-bras, fig. 9, 10 et 1 1 , sont un peu plus longs à proportion qu'au lamantin , mais leur forme est la même , et ils sont également soudés à leurs deux extrémités.
Il n'y a que quatre os au carpe, dont deux au premier rang, un pour le radius et un pour le cubitus; et deux au second , dont le premier
porte les métajcarpieps du pouce.et de Vindeii ^ lie second ceux du médius et i^e ranuiilaîfi^ failli du petit doigt porte à la jbis sur le »? Çpnd os du second ran^ et sur celui du premier. Le pouce, comme ds^s jie lamantip , fsf, réduit à un métacarpien pointu. Les autres doigts ont le notiftbre ordinaire de phalangeSy dont les dernières sont comprimées et obtuses.
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DEUXIÈME SECTION