‹ Recherches Sur Les Ossemens Fossiles (volume 3)Chapitre 52 sur 73 · OSSF.MENS FOSSILES DE LAMANTIN · texte numérisé non relu

OSSF.MENS FOSSILES DE LAMANTIN

Le lamantin se rapproche souvent des animaux qui vivent dans l'eau douce et sur ses bords, puisqu'il ne fréquente guère que les côtes, et qu'il remonte assez avant dans les rivières et dans les lacs; il n'y aurait donc rien 9'étonnant à ce que l'on déterrât de ces os dans les mêmes couches que ceux des quadrupèdes terrestres , comme on y déterre ceux des crocodiles et des trionyx; mais, en fait, il n'en est pas ainsi , et il paraît qu'on n'en a trouvé encore que dans des couches marines.

J'en dois la première connaissance à M. Re- Bou , savant professeur d'histoire naturelle à Angers, qui m'a communiqué en même temps

un fragment d'une carte miné a dessinée du département de A où il représente les lieus qui li os&emens.

II parait, d'après cette carte de ce département située au s et aux deux côtés de la petite rii présente plusieurs plateaux d'i quillier grossier, assez sembla environs de Paris, et tantôt i pour former de belles pierres t!

composé de petits fragmens de corps marins assez durs, que ment agglutinés , pouvant sen ritable falun.

On distingue dans ces pierrei peignes, de cardiums, des rété] lépores , des grains de quart!

rien d'absolument entier ; en ont tout l'air d'un dépôt form rans ou par le flux dans quelq agitée que le reste de cette pai mais non par la précipitation tr mer où les animaux que cetU aurait enveloppils auraient véi morts paisiblement.

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(Test en cola que les échantillons que j*âi vus de. ces carrières m'oi^; paru diflférer le plus de nos pierres dps environs de Paris. Quant aux espèces des cociuilles, je n'en ai point vu d*assez entières pour en hasarder la détermination.

•Des veines de charbon de terre se dirigent sous ce sol calcaire du sud-est au nord-ouest, avec une inclinaison de yS degrés à Thorizon , et dans une profondeur connue de six cents pieds au moins.

Les intervalles des plateaux calcaires sont remplis d'une terre argileuse, dont on fait des briques et des tuiles.

Cest dans les couches de calcaire coquillier des deux côtés du Layon , et surtout près .de Doué y de Chavagne, de Favcraye, d'Aubignc et de Gonor, que se sont rencontrés des os, mai& toujours isolés et en petit nombre.

M. Renoii ayant eu la complaisance d'erivoyer à notre Muséum plusieurs de ces os encore en partie incrustés dans leur gangue, j*ai recounu qu'ils appartenaient tous à des animaux marins : savoir, à des pho([ues, à des lamantins et à des cétacés. La plupart étaient

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nmtîlés, quelques-uns même! un peu toulés; ils paraissent clon« avoir appartenu à là ûkètat met que les coquilles dont l'amlàs les eùTeloppe^ et avoir subi la même action qu'elles.

Les os longs , toujours plus ou moins fifltnleux dans les quadrupèdes ordinaires, sont ici pleins et solides comtne dans tous les mammifàres et reptiles aquatiques.

On y voit seulement quelques pores qui attestent que ce sont de vraies pétrifications , et non pas des moules remplis après coup de matière pierreuse.

Leur substance est changée tout entière en un calcaire ferrugineux assez dur, d'un brun roussâtre. Leur surface seule est du méine blanc jaun&tre que la gangue qui les enveloppe.

La partie supérieure du crâne, pi. âaO| fig. 22 et 25, ne peut avoir son type, que dans ta famille des lamaifitins. Les deux longues lignes , a, b, qui limitent les fosses temporale en dessus; l'écartement des brsftiches antérieures des frontaux, bf b, pour laisser Tin* tervalle nécessaire à la grande ouverture des narines , la petitesse des os du nez ,CfC, pla-

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feés dans Tangle rentrant de ces brahchés , la forine de l'arcade occipitale , «, /i , et des proé^ fninences, rf, e, e, situées derrière, le prouyent suffisamment; il suffira d'ailleurs au lecteur^ pour s'en convaincre, de comparer tette portion de tête avec les parties corres- (londântes des têtes de lamantin , fig. 3, 4 et 5.

Cependant cette tête ne vient pas des deut lamantins dont nous connaissons Tostéologie , et encore moins du dugong.

j[Sroportion de la longueur à la largeur tst plus grande même que dans le lamantin du Brésil ; la partie frontale est plus bombée v la partie pariétale , au contraire , est plus cbn-^ cave ; les os du nez sont plus considérables ; l'occiput est plus inégal , etc. Ces différences de proportion peuvent sejuger en comparant la table suivante avec celle que nous avons donnée ci-dessus pour les lamantins vivans.

Longueur depuis le bord supérieur des narines jusqu'à Tocciput 0,22

Largeur de l'occiput 0,095

Distance des deux crêtes temporales. . . . 0,026

des apophyses post-orWlaires du

froatal 0,145

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11 faudrait savoir maintenant si ranimai de Stcllcr, ou quelqu'une des espèces de lamantins qui peuvent encore exister dans les men sans avoir été distinguées par les nataralisteSi n'auraient point fourni cette tête. Le tempi nous rapprendra. Tout ce que nous pouvom dire aujourd'hui , c'est qu'elle vient d'un lamantin , et d'un lamantin différent de ceux que nous connaissons.

Nous pouvons en dire autant de Tavantbras représenté fig. ig^ 30 et 21. .Qu'on le compare avec celui du lamantin du Brésil, dessiné fig. i4f i5 et 16, et l'on dira aussitôt qu'il est du même genre , mais d'une autre espèce.

La grande brièveté à proportion de la gro3seur^ la forme transversale de la tête du radius, la toudure des deux os à des points semblables^ sont des caractères communs; mais la grosseur supérieure du cubitus , le plus grand aplatissement du radius, surtout à sa partie inférieure, une proéminence du cubitus vers son articulation supérieure, sont des caractères distinctifs de l'avant-bras fossile.

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Dimensions de cet avani^bras.

Longuenr du radius. 0,152

Largeur de sa tête supérieure • • 0,054

Sa plus grande épaisseur, 0,027

Largeur du j'adius à Tendroit le plus étroit. 0,035

Longueur du cubitus 0,183

deroiéciAne 0,047

— — de la facette sygtnoïde. . i . . . 0,036

Largeur de l'arliculation radiale 0,058

— -■■' de la tète inférieure 0,039

Il y a aussi, parmi los os envoyés par M. Renon^ trois côtes faciles à reconnaître ponr des cotes de lamantin , attendu qu'elles sont ar« rondies de toute part, et non aplaties sur leur longueur comme celles de tous les autres animaux connus.

Si l'on a souvent trouvé au lamantin femelle des rapports extérieurs avep là femme , la vertèbre fossile que nous représentons, fig. 12 , A, et fig. 12, B, aurait bien pu être prise pour un atlas humain , surtout dans les temps où l'on prétendait toujours que les os fossiles venaient de géans.Ëlle ne différerait presque de notre atla;^ que par la grandeur,

Ifù . LAMANTINS

si ses apophyses transverses étaient percées; mais ce premier caractère une fois aperçu , on en découvre bientôt quelques autres ; et notamment^ que Fouverture est plus étroite dans le haut , tandis que dans Thomme elle y est plus lai^é , et que les facettes qui répondent a,ux condyles occipitaux remontent un peu plus que dans l'homme.

)e n'ai pu d'abord m'assurer que c'était une vertèbre de lamantin , parce qu'un mal« heureux hasard a voulu que cet os se perdit dans le transport de notre squelette; mais ayant fait enlever les vertèbres du col d'un foe(us , j'ai trouvé son atlas aussi semblable au fossile qu'il était possible de l'espérer dans une telle diflerence d'âge et de grandeur.

Je ne doute donc pas que ce soit ici un os de la même espèce d'animal qui a fourni la tête , l'avant - bras et les côtes décrites cidessus.

Dimensions de cette vertèbre.

Distance entre les apopliy ses transverses. . 0,128

des facettes articulaires antérieures. 0,1 05

W postérieures. 0,082

Hauteur verticale du troue 0,0^4

Largeur en haut ^ 0,043

— au milieu 0,039

— en bas • . 0,048

Voilà, parmi lés os du département dp Maine-et-Lbire que j'ai pu déchiiFrer, tpuç ceux que j'ai reconnus pour être de lamantins; mais j'en ai aussi reçu de quelque^ autres cantons, qui portent des marques tout aus^i certaines que les précédens de la m'êffie qti;;r

M. Dargelas, naturaliste fort instruit 4.^ Cordeaux , m'a envoyé entre autres p§ ^ji^U'iT fiés , trois de ces cotes presque cylindrique^ . PiareUles à celles des environs d'Angers.

Elles ont été trouvées dans la commune de Capians, à dix lieues de Bordeaux; quelques restes de gangue qui y sont encore it^ttadiés Qiontrent qu'elles étaient, comme auprès 4'Âi|r gers , dans un calcaire marin grossier, et leur propre substance est elle-même changée ep un calcaire compacte rougeâtre.

On en trouve de semblables en plusieurs autres lieux de France*

-2 HM4MÏ5i$

M. cie Rasterot m'en a donné une des environs de Blave.

M. Narcisse Ser*;-?!:! \i\i: a fait voir des environs du château t!e Jcurre , près dXtampes. Gl"S dernières avcîirrî.t ciê trouvées sous des couches diverses de sable, dobt plusieun étaient mêlées de co^:{uiî!es de nier.

M. Fleuriau de Be!!evue , savant r.aii:r2li>ie de La Rochtik et i:.eu.bîO Ce \j. CLa.bre des Députés, m'en a communique qui avaient été recueillies à Tîte d'Aix. tiar.« ririérieur de roches calcaire-s siliceiist^ . p ij\::? au-dessus d*une fv^rèt co îî^nit st'Ur? M. Je txrlieTue a découverte dans et autour de Cîîtte île .cl où il a recuiilli uu s-jcoin. E'I-i >: :r:uv'iiest parmi beaucoup J-r co tuîIÎis .îe :r. :r. ie «Zer-ts de squales et de venebres e: i-iris Jebnsde poisêODS.

M. de Belierue m'a donné e::-Jen:enr un frai^ment de côte de !ia:ir.t:n tr^'uve i La Senardiere prés de Monta: :u. ■■ loartecneat de la Vendre, n.ir M. 'e rrarr: s D-jchaiîaud.

J'ai encore .!:s ••!'.:7 .!-" *;• v :: Jis e:" îrons de l^a\ ; d"au:;-e< d-. Li R.i-i.ai.^. ^.iii :e des euviroui de ^I.i:::.i M. r-(ui.:. L:.;ti:.-:ir

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hargé des travaux de la nouvelle machine fe Marly , eh a donné une au Muséum , qui été trouvée en creusant un dés puits nécessaires à cet ouvragé.

Enfin nous en avons trouvé près de Longiméau y dans la formation marine supéieure aux gypses de nos environs.

Tous ces morceaux, indépendamment de !ur forme , sont remarquables par leur tissu bsoliiment compacte ; caractère très-remaruabledes côtes du lamantin.

Ceux qui ont conservé quelque reste de angue montrent tous des fragmens de couilles ou de coraux appartenant au falun u au calcaire grossier.

Il est donc bien certain qu'un animal du lenre des lamantins , genre aujourd'hui propre à la zone torride^ habitait Tancienne mer ;ui a couvert TEurope de ses coquillages à ine époque postérieure à la formation de la raie , mais antérieure à celle où se sont déosés nos gypses ^ et où vivaient sur notre sol 3S palœotheriums et les genres leurs conennporains.

Les os de ce genre recueillis à Lobgjumeau

pj^raii^irfdeAt seuls faire ejLçaption à celte ç^^pp^teoir à cette ^^rqière époque | aï tèJM^ iM f>vaiept été 9rigiDairein«nt d4pQlft dans le terrain où on les a découverCs. Oa p^ iparque , en effet , qu'ils sont un peu roidâ et accompagnés de plusieurs des fossiles th calcaire grossier^ et notamment dliuttrai Hà l'espèce que Ton trouve àGrignon (i).

(1) ifoTç^npto^. qmtvjillmf !w4-i p. 457.

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