‹ Recherches Sur Les Ossemens Fossiles (volume 3)Chapitre 53 sur 73 · DES DAUPHINS VIVANS · texte numérisé non relu

DES DAUPHINS VIVANS

flous avons déjà eu dans cet ouvrage beauup d'occasions de remarquer que c'est sur ( grands animaux qu'il règne le plus d'erurs et de confusion^ par la raison qu'il n'est •ssible de connaître et de distinguer que les peces que l'on a pu voir de près et compa- Kr soigneusement les unes avec tes autres, ^^tte remarque s'applique spécialement aux 'mnds cétacés. Us ont frappé tout le monde -T l'immensité de leurs dimensions, et leur ^!che a donné lieu depuis des siècLçs à des Ebrts inouïs d'activité et de courage; oi^i^ 4

moins d'un heureux hasard qui en ail fait échouer sur une côte où se trouvait quelque homme instruit 9 ils n'ont presque jamais été décrits avec exactitude et encore moins comparés avec détail (i).

Des milliers de marins ont pris et dépecé des baleines, qui peut-être n'en ont jamaii contemplé une dans son ensemble; et cependant c'est d'après leurs descriptions vagueSp d'après les figures grossières qu'ils en ont tncéçsy que les naturalistes ont cru pouvoir composer l'histoire de ces animaux. La plupart n'ont pu même faire présider la critique à leurs compilations , faute de faits assez bien constatés [)()ur servir de base à leurs raisonnemens. Voilà pourquoi cette histoire esta la fois si pauvre et si remplie de contradictions et de doubles emplois.

■ ■ ■ Il II » ■■ ■ I ■ ■ ■

(1) Les prciiiicrcs cnuinrrations un peu d(»taillros que Ton on ait sont celles dllartenius , danssaChronifiuede Bivnie, rapportrepar Scbœnefeld, Ichthyol. , p. 2^, et celle de Gaspard IJartludifi , d'après un curé d'Irlande (llistor. anatomic. , cent. IV, hist. WIT); mais les indications en ?îont tellement vajjues qu'elles n'ont à p« \n\'^ aucune utilité aujourd'hui , et mcnie on y remarque déjà de doubles cni]>lois , car le narval au moins est sous deux noms dans celle de BartLoliu.

^ VlVAKS. 9^

Ici , comme dans nos chapitres précédens , ms tacherons de lui fournir quelques-unes is bases qui lui manquent , en décrivant avec "ëcision les faits observés par nous-même^ L les comparant à ceux qu'ont publiés des servateurs exacts ^ et en cherchant, d'après \ données , à démêler ce que signifient les Lications vaguqs des pêcheurs et des navitcursi mais en nous gardant bien d'accorr jamais assez d*importance à ces indica-> ns |>oûr établir sur elles seules des espèces, Etncore moins deà genres et des sous-genres, 3nme l'ont fait des naturalistes plus hardis e noua ne le serons jamais.

n nous sertit en effet bien facile , en profi-

it de figures grossières faites d'imagination

de souvenir, et de descriptions confuses

tronquées, et en accumulant des synonyîs qui ne sont que des copies les uns des trcs, de faire paraître de longues listes d'esces qui n'auraient aucune réalité, et que le oindre soufQe de la critique renverserait ou sttrait en désordre; mais c'est précisément

conduite contraire qu'il est, selon nous, tcessaire de tenir, si l'on veut tirer l'histoire Ltnrellc du chaos où elle est encore.

Une des causes qui opt le plus contribué à

embrouiller l'histoire des cétacéï^ vient de ce que les peuples du Nord , chez qui on a dâei t^ecueillir le plus de notions , attendu que c'eÉ dans leurs parages qu'ils sont le plus jhidfipliés , les désignent tous par un même hoÉ générique , wall en allemand , whale eh Higlais , hui^al en suédois et en danois ,■ qualtst norvégien , hwalure en islandais. Ce mot, qm n'est probablement pas sans quelque rapport arec ceux «aXaiva et de balœna , a presque toujours été rendu dans les traductions français par celui de baleine, même lorsqu'il ne signifiait que de simples dàuphitis^ et à induit dans les plus graves erreurs les naturah'slei qui n'ont pas connu toute l'élpndue de Ses acceptions (i).

(1) Ce mot de wal, apporte par les Normands, lil usité sur nos côtes dans le moyen âge. M. Tabbé de h Rue , profeiseur dliistoii*e a la faculté des lettres de Cart, et Tmi de nos savans les'plus profonds dans les antiqâlii nationales, m*a communiqué des extraits de difieicnto chartes du onzième siècle , où il est question d'nneaN^ dation de pêcheurs de baleines qui se nommait »• de tas ou communio walmannonim.

Les cétacés sont aussi désignés dans ces chartes parle» nottmdcerassus pfscis , degrassuspesius, gnupetsiuS)

VlVANS. jiQ

Après cette observation préUininaii*e ho«s- {mssons à l'histoire des cî^tachs ou des walis innnis de dents aul deux mâchoires , c'est-àdire du genre auquel le3 naturalistes modei^^ Aés appliquent particulièrement- le nom de dauphins.

ARTICLE PREMIER

Détermination des espèces de dauphins.

La tête osseuse des dauphins tarie par le plus ou moins de longueur et de largeur du

et en général de pisces ad lardum. Il parait y d'après l'importance que l'on y mettait et les prix qui en sont fapportés , que la valeur en était plus élevée alors qu'aujouid'hui; la chair s*en mangeait communément , ets'ainieiiait en quantité jusqu'à Paris. Voyez à ce sujet PHist. de la vie privée des Français par Le(][rand d'Aussy , t. If, p. 68, et l'Hist. des Pèches de Noël de la Morinière, p. 228 et suiv. ; mais on ne sait pourquoi Noël veut réduire les walmans à la pêche des marsouins.

De crassus piscis sont venus le français gras pois et Fanglais grampus; graspois a long-temps signifié le lard de céiacé en g%éral.

6o DÀUI^HINS

museau y et ceux dont le museau est large ont la tête ronde ou ^ comme on a dit, en fitm de chaloupe (bien entendu de chaloupe ratversée) f c*est-à-dire que la ligne du profil descend par une convexité uniforme juscja'u bout du museau ; ceux à museau grêle ont an contraire au bas de eette convexité une pàirtîe plane qui forme comme une espèce de lec. On a tiré de cette conformation des caractères propres à divisel* ce genre en deux petites tribus ou sous-genres.

§ I. Les dauphin S' à bec.

L'espèce de daupJUn à bec,, la plus com^ mune le long de nos côtes ( Delphinus deU phis^ L. )y a été nommée oie de mer par dos matelots, précisément à cause de cette forme de museau; et c'est celle que les naturalistes ont cru reconnaître [K>ur le dauphin des anciens. En effet, elle ressemble assez aux fip-iires de dauphin qu'offrent les médailleset les auîri.'i monumens ; mais les anciens eux-mcmcs doivent avoir donné ce nom à des animaux trcsdifférens , car ils parlent en plusieurs endit)i«

Vivant. gi

A'épines que les dauphins auraient sur le dos (i).

(1) Pline (lib. YIII , cap. xxiii), dans une description . delà guerre vraie ou faussequelesdauphins auraient dans le Nil avec les crocodiles , dit {delphinorum) dono cul~ iellata inest spîna, et subeuntes alveum {crocodilî) iUd sécant spind. Sénèque (Natur. Quœst. , lib. lY, cap. ii), dans le récit des mêmes combats , dit {infcriorem croco^ dili partent) delphini, spinis quas dorso eminentes ge^ runt submersi vulnerabant , et in adversum enixi divi-' debant. Pline (lib. IX, cap. viii), dans son histoire de Tamitié d'un dauphin du lac Lucrin pour un pauvre enfant de Baies , a soin de remarquer que le dauphin , pour prendre Fenfant sur son dos , abaissait , cachait les aiguillons de sa nageoire dorsale {pinnœ aculeos ve^ lut vagina condens).

Je crob avoir reconnu le poisson que Sénèque , Pline

et même Aristote ont quelquefois confondu avec le vrai

dauphin , apparemment parce qu'il en recevait aussi le

nom de certains pécheurs , et voici ce qui m'y a conduit.

Dans le même Uv. IX,chap. vu, Pline mêle à beaucoup de

choses qui appartiennent au dauphin véritable un trait

qui lui est étranger ; nisi multum injra rostrum os iUi

foret, mcilio pêne in ventre, nullits piscium celeritaiern

ejus evuderet; et plus loin : nisi resupini at(jiie con\>ersi

non corripiunt; et ce n'est point là un de ces traits ({ue

Ton pourrait mettre sur le compte du peu de jugement

de Pline y car Aristote , qui a si parfaitement connu et dr-

viUy 2* part. 6

8a DAUPHINS

Le dauphin vulgaire des naturalistes dW jourdhui est long de six ou sept pieds. Son museau , à compter du front , égale en lon-

criftkdanpbmoidmaLre^aàtribueCdeBart. AsUyIikITi cafLxui) une bouche inférieure aa ^^«ipliBw et auxcnlklaipneuz. Il est naturel de croire que cette cirooootnGe, tfiiaiement fausse pour le dauphin vol^raîre , est priie jb cet autre dauphin dont le dos était armé d'épines. Or je ne trouve ces trois caractères, d'une bouche en desson, d'épine sur le dos et d'assez de force pour combattre k crocodslc y que dans certains squales , tels que IciS;. €»• irmm et le Sq. spinaaa, Lu

Yoici un passage qui confirme singulièrement ma conjectuM. Pline (lib. IX, cap. xi), après avoir ditqueceu qu'on nommer tiirsio ressemblent aux dauphins , ajou&e: maxime tamcn rostris canicularum malcficentiœ assi" miUui; phrase sans doute un peu obscure , mais quifait porter hi ressemblance sur le bec Ininméme non mois quo'sar ht malignité : ainsi ce Itirrio, q«i aurait ressemiié au dauphin, aurait aussi ressemblé aasquale. Enfin Adv^ iiée'(lU>. yil) dit encore plus expressément : LesKamsiB nomment Tuasioun» morceau salé de poisson que lesGito appellent CAacHàaiAi. Or carcharias est ua squale , à no pas douter.

En yoilÀ plus qu'il n'en faut pour prouver que les anciens donnaient le nom de dauphin à deux animaux di^ CérenSy ce qui doit d'autant moins nous étonner qu'3 a

ViVANS. 85

gnéût le reste de sa tête. Il porte à cfiàqtle mâchoire de qnarante-denx à qtiarahte-^épt dent? dé chaque côté ^ et en a par conséquent en tout de cent soixante-huit à cent quatrevingt-huit. Ses pectorales sont médiocres^ taillées en faux; sa dorsale pointue et assez élevée; sa caudale en forme de croissant, éohancrée dans sCm milietr, à cornés pen aigués et peu prolongées; et la queue avaùt Al base est un peu eomprimée latératérMrif , et oarénée eti* dessus et en dessous. Son dds ëêt noirftiirâ, et ce^ncfir fait un angle des6eiidi(tit vers le flanc. Les flancs sont grisâtres et le ventre blanchâtre.

Cette espèce est commune à l'Océati et â'ik Méditerranée, mais on n'a jamais bien déter* miné dans quelles limites elle se renferme, et il est possible que les navigateurs en aient pris d'autres pour elles. Doit--on en distinguef.

est encore ainsi de nos jours , car la grande dorade (CorypJuena hippuris, L.) s'appelle aussi dauphin.

Je pfense ainsi avoir découvert le moyen de terminer les' longues querelles des commentateurs sur lé daupbÎQ des anciens.

84 1 HAoniiMs

pcreninple, le dauphin de Peroeity (Voyage aux Um Bhloniiwi , I» 99, pi. II, flg. 1), qni a ^ Ta préi dei ilw du Cap-Vert et doDt le TCnIre pântt avoir étd tacheié ?

Mpèee à bas, de taille plu gnade qoeled phÎB prapnmtDt dit, à kqndle 1 de Nuranadie Mit attaché plu ipédalaaul la BOB de MHigUmr. Sa loagnau tat da urf 1 dix piedi; die porte de chaqae cdlé à A^ que mAchoire ai à aS dent*, eoniqaea, éaoo»- •êei par le boaL On la reeonnait bien dam VautÙK de DeloQ (i)» qne cet aatear cronit

(1) Des itna^ Poùiem Burim, p. 30, et b fi{p. S3 ; et lie AqoatiL , p. 18. Il dit que son ondic a fit' dsMBoit KMNiiè dn nocnlwe do drats do danptiîa iit-

iV. £. limucttsarâuii, mussoaZV^A. iTivti, cet «m de BeloB et cdiû de RocMUet on l'^nolud , ipâ «t ni*- ^flncnt . et a'a qae lingt-deiu Stmtt k doqve miAim avec ane tète nmde. L'ona de Fxfandati est le ^^atrar on rp de mer, c'ot-à-diic ttù-pntnUeneit le lo<ww qae rrpanlard.

VIVAN8. 85

Vorca des Latins , et qu'il confond mal à propos avec le capidolio des Italiens ^ qui est un cachalot. Cet oudre de Selon est aussi le nesai^ nak ou Delplùnus tursio de Fabrlcius (i), de Bonnaterre et de Lacépède, ainsi que le cétacé que John Hunter (2) nommait boule nose wliale et prenait pour le Delphinus delpJUs de Linnaeus.

C'est également celui dont Camper a donné la tcie osseuse , pi. XXXV et XXXVI, XXXIX

et XL, sous le nom impropre de dauphin vul" gait'e.

Une espèce de dauphin moins connue que les précédens a la chute de sa convexité frontale plus rapide, le bec plus prononcé et plus comprimé. Ses dents ne sont dan$ les têtes osseuses qu'au nombre de 2 1 ^ 32 ou ^3 de chaque côté à chaque mâchoire, de 84 à ga en tout^ plus grosses qu'au dauphin commun. Ce sont les nombres à peu près du tursio, mais les dents

(1) Faun. groenl. , p. 49«

(2) Trans. phil. de 1787 , pi. XVIII.

^ DAUPHIUiS

t^ 4p,ot pas usées par le bout, et la forme da museau est assez différent^.

On en a au Muséum un individu entier venii de Lisbonne et plusieurs têtes d'origine inconnue (i). L'animal entier a !i4 ou a5 dents pa^ tout. Il est long de sept pieds, et son bec, de huit à dix pouces. Il est peint de gris sur le dos , et de blanc sous le ventre et autour des ^eux; on a donné aux nageoires une teinte d*iin blanc roussâtre : on peut croire que c'étaient Içs couleurs de l'animal frais. Les pectorales sont taillées en faux comme au dauphin et au marsouin commun. Je nommerai maintenant cette espèce Jrontatus, pour éviter toute équivoque (3).

rw^

(1) li'individu entier et les têtes n'appartiennent pu à la mètfie espèce. Le premier forme Tespèce que moa frère déc|ît ici sous le nom àefrontatus^ d'après un indi- Y^u empaillé. Les secondes se rapportent à une espèce npuvdle, envoyée par M. van Breda, et qui a reçn le nom de D. rostratus *. Voyez plus bas p. 121 et suît. ( Aéd. Cuv.)

(2) C'est le dauphin que M. Desmarets (Mammalogiei p. 512) nomme dauphin de Geoffroy. Il ne serait pas im-

* Voyez Histoire des Cétacés, par M. Fréd. Gavier, p. 151, 1 vol. in-8«. Paris, 1836. Roret.

VIVANS. ft*r

M. de Freminville^ officier de marine distinf gué et naturaliste instruit^ a décrit en 1806 dans la mer Glaciale un dauphin qu'il a nommé D. coronatus, à bec grêle, à mâchoire supérieure plus courte que l'autre, entièrement noir et marqué de deux cercles jaunes concentriques sur la convexité du front. La mâchoire supérieure a i5 dents de chaque côté et Finférieure 24, toutes très-aiguês. La dorsale en forme de demi-croissant est plus prés de la queue que de la tête ; la caudale est en croissant, et les pectorales de grandeur ttiédiocre. Il y en a des individus de trente à trëfite^

poasiUe que la fig. 4 de Duhamel (Pêches , part. II, sect. X, pi. X) fût une représentation grossière de la tête de cet animal. Cet auteur dit , p. 41 , que cette figure lui fût envoyée du Canada sous le nom de marsouin btàne. Pavais aussi soupçonné que ce pouvait être cAvk que SliaW (Gêner, xool. , vol. II, part. II» p. 514) indique d'une manière fort abrégée sous le nom de Deîphinus rostrùtus^ et qu'il croit de l'Inde ; mais il se pourrait aussi que ce dernier fût un vieil individu de gangelicus t toutes ces indications incomplètes ne servent qu'àr mettre les naturalistes à la torture.

88 DAUPII1N9

six pieds de longueur. Nous ne connaissoni point sa léle osseuse.

M. de Freminville a commencé à rencontrer cette espèce vers le 74"' degré; mais c*est surtout entre les îles de glaces qui avoisinent le Spitzbergi par les 77* et 8o*, qu'il Ta trouvée en troupes nombreuses. Il est singulier qu'aucun autre auteur n'en ait {>arlc. Cetlc description est prise d'une note que M. «le FiTmînville a bien voulu me remettre dans le temps.

De tous les dauphins à bec, le plus extraordinaire, celui qui mériterait peut-elreleplusde faire un genre à part, c'est le Dauphin du Gange.

Il a été décrit en iSoi par M. Lebeck, missionnaire danois à Tranquebar, dans les Nouveaux mémoires de la Société des Naturalistes de Berlin, t. III, p. a8o, et pi. II , et par le docteur Roxburgh , dans les Mémoires de la Société asiatique de Calcutta, t. VII, n"* IV (édit. in-8<^, p. 170), et pi. III. Notre Muséum en doit deux beaux individus à MM. Diard et Duvaucel , et un squelette entier à M. Wallich. Il remonte en grand nombre daps le Gange,

aassi haut que ce fleuve est navigable, mais se plait particulicrement dans les nombreuses branches qui arrosent le delta du Bengale; on le nomme clans ce pays sousou : c'est probablement le plataniMa de Pline (i).

Son bec est long, mince, comprimé latéralement, et plus gros au bout que vers le mi* lieu. Sa dorsale est extrêmement courte et pea saillante; et ses pectorales, élargies et troor» quées au bout, ont à peu près la forme d'éventails. Il porte environ 3o dents de chaque côté, 130 en tout, qui pendant la jeunesse sont toutes longues, droites, comprimées et très-aiguês, et les antérieures plus longues que les postérieures , mais qui avec l'âge s'usent par la pointe, s'élargissent .par la base^ y prennent une forme striée, comprimée, et des espèces de très-petites racines, et se pré^ parent ainsi à leur chute lorsque leur cavité est remplie (2). Son évent n'est ni en crois-

(1) Pline, Hîst. nat. , lib. IX, cap. xt : In Gange Indiœ platanislas vacant y rostro delphini et cauda^ wnagnitudine autem XV cubitorum. Cette longaeur est probablement exagérée.

(2)' Voyez sur ces dents le mémoire de sir Everard Borne, Transact. pliilosoph de 18J8, p. 419, pi. XX.

sant^ ni transversal , mais forme nne figue droite et longitudinale.

Le plus grand individu , envoyé seulement depuis quelques jours par M. Duvauoel, est long de sept pieds trois pouces ; son museau a qtfalorze pouces jusqu'à la chute du froot et dix-sept jusqu'à la commissure* Sa pectorale est longue d'un pied et large au bout de sept à huit pouces.

§ 2. Les dauphins à tête obtuse.

Le plus connu des dauphins à tête ronde^ çt celui que nous voyons le plus souvent sur aos côtes et dans nos marchés , c'est le marsouin^ meer schwein des Allemands (ce qui signifie coekon de mer)^ pourpois du moyeu âge, pw' pess des Anglais (ce qui vient de porcus pitcis] ÇDelphinus phocœna , L.). Il a partout 21, 22 ou 25 dents, droites , comprimées et arroiH diesaubout. Dans certains individus, elIessoDt striées longitudinalement à l'extérieur; dans d'autres y elles sont lisses. Je ne sais si ce soBt des différences d'âge , de sexe ou d'espèce.

L'animal n'atteint guère plus de quatre à

VI VANS • C)l

ijiaq ;pîe<l8 ; && dorsale est plus basse qu'au 4wq^a vulgaire^ et sa tête ronde et même ^!f^ peu plate; du reste , ses formes eqnt sem« MpiWpff , et ses couleurs aussi.

Mais il existe un certain nombre de daupl^ns .^ tête ropde et à dents coniques , dont ]|j^^S|i/w^| ^Pt d'une très-grande taille » et dans rjbi&toî^ desquels il règne autant de confusion que dans celle des baleines*

On leur a donné assez indistinctemept le nom de butskopf ou booiskopf, selon les uns

■ parce ^e leur tête bombée resseml^le 4 unç I dialoupe {both en allemand, boat en anglais)^

■ selon d'autres parœ qu'on lui a trouvé des i rapports avec celle d'un pleuronecte (but ou M èûtie en allemand et en hollandais) , mais plus « probablement, selon moi, du mot but, qui en

:' bas-saxon signifie obtus , ou butz , qui dans 1 le même dialecte s'applique à tout ce qui est I }x>mbé, et d'où viennent nos mots français i; butte, bosse et bouton (i).

(1) Yoyez Adelung aux mots lothy but et butz,

iV. B. n y a si ]>ett de fixité dans tqup qm noms de

ga DAUPHINS

C'est dans le même sens restreint que ks Anglais paraissent user aujourd'hui du nom de grampus^ qui est corrompu du françaii grand poisson ou gras poisson , que dans k moyen âge les Normands prononçaient gnh pois, et qui originairement s'appliquait itou les cétacés (i).

Le nom français à'épaulard , indiqué pv Rondelet comme celui que les Saintongeob de son temps donnaient à un très-grand daaphin ennemi de la baleine , parait s'appliquer également à quelqu'un de ces animaux, Uen que la figure de Rondelet ne leur ressembk pas du tout ; mais la plupart de celles qu*il t données des cétacés sont fausses. Peut-être ce motn'est'il au reste qu'une altération Atpeii au lard (ptscis ad Inrdam ), comme on nommait fréquemment aussi dans le moyeu âge tous les cétacés.

pèclieurs, que les Hollandais du Cap nomment butslioff la baleine à ventre plissé de leurs parages; un marin français Ta donne aussi à Fhyperoodon i comme nous le verrons plus bas.

(1) Voyez la note de la p. 78 d-dessus.

VlVANS, 95

Une espèce de ces butzkopf se reconnaît à la nageoire dorsale pointue et élevée.

Nous en donnerons comme exemple indi- TÎduel celui de vingt-quatre pieds de long qui fat pris dans la Tamise, et que John Hunter a représenté dans les Trans. phil. de 1787 , pL XVL Son corps est noir en dessus, blanc en dessous; une pointe noire dirigée en avant entre dans le blanc vers la base de la queue ; il y a une tache blanche au sourcil et derrière rœil.

Quiconque a l'habitude de discerner un ani^ mal dans un dessin peu soigné reconnaîtra^ ce même grampus dans le dauphin gladiateur^. de trente pieds de long , pris dans la Tamise en 1795, etdoDt sir Joseph Banks avait envoyé la figure à M. de Lacépède (i)^ et dans celui de dix-huit pieds pris à Tembouchure de la Loire, dont Desforges-Maillard en avait é une à Duhamel (a).

(i) Lacép. , Cet. , p. 304 , et pi. V, fig. 126.

(2) Duhamel , Pcclics , II* part. , sect. X , chap. 11 ,

On le reconnaît très-bi^n aussi dans la 6-1 gure du swerdt/iack d'aède, pi. de la p. 48, mais non pas dans la description , qui est ceik

Cest flIïiU^tement'Ia deuxième espèce de MkMk^fémMmtBnsji), A dofsale, dit-it,troii 'iMt>|riitehaM»que les autres.

Ciestienooreï'e^jtie de nierd'Anderson,biai (tiM Ml; 49tenr croie t^e peraonne ne Pavait jiopt aDwt Iw (3).

Aï&it^teÎTë' et deM. de Lacépcde.

Si qneli^ue cëtacé offre les caractères qoelèi anciens attribuaient à leur bélier de mer, c'est bien sûrement celui-ci, par la tacbe

]^;3fP,etpt. tS.,ÉQj 1 , sous le nom Je cde&oJcrf . Col todKOfihfB Ddftanïel , Lacép. -, p. 31 4;

(1) Voyage m Spitzbei^, toad. te., dàns'la Tsf. ai Noid,t. II,p. 144.

(2) Hist. du GroëuL. , tiad. fr., p. 165^.

(3) Fam» gio^. , p. 48.

vivANs. gÔ

blanche et arquée qu'il a au-dessus de l'œil (i).

Nous possédons au Muséum beaucoup de parties d'un squelette que l'on considère comme celui de cebntzkopjou grampus, et qui ressemblenten efîetaux partiesanalogues du squelette du grampus de Hunter, que nous avons examiné au Muséum des chirurgiens de Londres. M. deLacépède a fait graver la tête, pi. XVI de son Ht st. des Cétacésj on y compte onze dents partout, vingt-deux à chaque mâchoire, toutes grosses, coniques et un peu arquées.

■m^hMi

(1) InSaniOFium littorc — Arietes candore tantum cor^ nibus assimilatis , dit Pline , lib. IX, cap. v. Elien commente en quelque sorte ce passage , Ilist. An. , lib. XV, cap. II : Mas ariesfrontem sic alba vitta redimitam Aahet, ut hanc vel Ljsimachi , vel Antigoni , velalterius cujuspiam regum Macedoniœ diadeina dixeris. Or Ly«simaque , ainsi qu'Alexandre , est représente sur ses médailles avec un ornement en forme de corne de bélier attaché de chaque cote à son diadème. J'avais déjà indiqué cette espèce à feu M. Yisconti , comme la seule qui i^ pondit à ces passages. Voyez son Iconographie grecque , t. II , p. 254.

A la vérité, Elicn, qui place ces béliers marins entre la Corse et la Sardaigne , ajoute à ce trait fondé plusieurs fables qui ne le sont point du tout.

QÔ DAUPHINS

Martens et Ânderson admettent qa'ily t des butzkopf i nageoire moins élevée que ce gladiateur, mais ils ne leur assignent point d'autre caractère extérieur.

Martens ne dit même rien des dents de ee butzkopf à nageoire moins élevée; Andersen, qui n'en parle que sur ouï-dire, s'exprime ainsi : a On m'a assuré qu'il a quatre dents de ic chaque côté dans la mâchoire de dessous, et w quelques dents màchelières , et que celles (c d'en haut sont fort petites (i). » Mais cette indication peut convenir à plusieurs espèces; car la plupart de ces grands dauphins à tête ronde perdent successivement une grande partie de leurs dents.

La différence de la dorsale peut elle-même n'être pas caractéristique , car plusieurs dauphins la perdent en toutou en partie, par divers accidens , comme nous allons en avoir la preuve.

(1) Hist. du Groënl. et deTlsl., trad. fr. , II, 151.

VIVAN9. ^

Serait-ce un de ces butzkopfk dorsftle basse, que le deuxième grampiis de Hunier (i), pris dans la Tamise en 177a , et long de dix-huit pieds. La figure montre une nageoire plus basse et un ventre plus gros que dans le premier grampus du même auteur, bien que la description (2) ne parle pas de ces difFërences, et dise seulement que le blanc du ventre était moins marqué et se nuançait davantage avec le noir du dos que dans le précédent (5).

La figura ne montre aussi des dents qu'à la mâchoire inférieure ; mais l'auteur ne dit pas un mot dans son mémoire du nombre ni de la

forme dés dents.

Ainsi dans une circonstance où les témoignages précis nous abandonnent, an lieu de nous livrera des conjectures qui ne feraient peut-être que reproduire une confusion nouyelle, nous nous bornerons à décrire positi-

(1) Traiw. phil. de 1787, pi. XVII.

(3) Ibid. , p. 373.

(3) C'est l'épaulard ventru de Bonnaterre , le dauphin ventru de M. de Lacépède.

▼m, 2* part. 7

gS DAUPHINS

Yemiait les objets sur lescfaels nmi» tfrOM des dations certaines et intuitives.

f<e premier sera un dauphin de nos eôln, qui nous a été connu d'abord par boa sq«Blette envoyé de Brest par M. Dunaéril (i), et dont jil est échoué quatre l'année demiéie (t 8aa) à TÂiguillon, bourg des côtes de la Vendée. M. d'Orbigny, correspondant du Muséum d'histoire naturelle à La Rochelle, wuoas en a en^^yé la tète et un bon dessin»

trîndi vidu de Brest était long de once pifidii et n'avait que quatre dents fort usées en avant de ht mâchoire inférieure ; la supérieure n'en avait aucune.

Trois des individus de l'Aiguillon avaient environ dix pieds ; le quatrième n'en avait que

(1) On avait joint à ce squelette un dessin mal (ait, gravé y Ann. du Mus. , XK 9 pi. 1 1 fig. 1, d'après bqnel j'avais àru pouvoir le nommer Delphinus griseus; JBSm les nouveaux renseignemens de M. d*Orbigny me |Koiivent qu'il est noir en dessus; que sa nageoire dorsale est fias en arrière^ et ses pectorales plus tongues qae dans ce dessin.

V1VAN8. pQ

aeyi. I4»delits de ce dernier étftieftt M «mabrèl de Imit i el encore entières à leur poiete. Lw aQIres d'en avaient qne six ou sepl^ émottAiéei^ et canéës. Tous les quatre en manqutfifeiiiC à la Hiftehmre supérieure.

lièitr tête était nïousse et bombée obmme ita mài^uin ; leur dorsale pointue et arquée ffAè¥6 de (jporatbr» pducës sur une base de quinze ; mais deux des individus Tataiènt detruite en tput ou en partie. Leurs pectorales pointues sont longues de trois pieds wr un pied^ de largeur à leur base^ moins qu'au glfK biceps 9 mais plus qu'à la figura de d^upbâii ventru de Hunter.

Le dos et les nagesûres sont d^tHi ttok' Mràâ?^ tve, k dessous du corjps blanchfttrè sM fànS' BUT les càtéir avec le noir dri dod ; ii n'y A péMié de tache sur l'œil.

M. Risso a envoyé de Nice; en i8t i , le des^ sin, la description et Textrémité de la mâchoire inférieure d'un dauphin^ ppisdaito la nadMa-

Suéde cette ville^ et long de aeuf pieds^ ffA evait fort ressembler aux dieux précédeiia(i)é

(i) Ijc âtBsia ie M. tûiuo est grayë, Ann. da Itfus. , }UK y pi* 1 9 fig- 4 j sous le àùàL de Pe^lmui ^rte4.

II manquait aussi de dents à la mâchoire sn-^ périeure , et ii*en avait à l'inférieure que cinq de chaque côlé , encore assez aiguës. Dans Fêtât où M. Risso Ta vu, l'individu était ea dessus d'un gris de plomb traversé par des traits et des raies inégales, droites et flexoeoses , blanchâtres ; le dessous était d*un blanc mat. Les formes différent peu du dessin de M. d'Orbigny.

Au reste I je ne prétends pas qu*une disposition pareille des dents doive toujours être une preuve de l'identité d'espèce; je me suis même assuré qu'elle est un effet de l'âge dans plusieurs espèces de dauphins à tête ronde et même qu'elle se répète dans une espèce bien sûi*ement différente des trois ou quatre dauphins dont nous venons de parler.

Il y a en effet heureusement une de ces grandes espèces aujourd'hui bien déterminée, c'est le grand dauphin que nous avons appelé globiceps à cause de sa tête tellement renflée et bombée qu'elle en est globuleuse, et représente un casque antique.

VIVAN8. ICI

On en avait anciennement une mauvaise figure dans Duhamel ( Pèches, part. II, sect. X, pi. 1X9 fig. 5), d'après un individu pris au Havre; mais le 7 janvier 181 a il en échoua soixante-dix sur la côte de Bretagne , près de Paimpol , qui furent observés, décrits et représentés par M. Le Maout, pharmacien de Saint-Brieux , et dont on apporta un à Paris que je disséquai. On y apporta aussi plusieurs têtes et autres parties de squelette, d'après lesquelles je rédigeai un rapport accompagné de figures, et imprimé dans le t. XIX des Annales du Muséum, p. i.

En i8o5 on en avait poussé , dit--on , jusqu'à (rois cent dix sur le rivage de File de Schetland ; et en décembre 1806 , il en échoua quatre-vingt-douze dans la baie 'de Scapay , dans rilede Pomona , l'une des Orcades. C'est d'après ces derniers que le docteur Traill de Li- .verpool en a donné dans le journal de Nicholson, t. XXII, p. 81 (février 1809), un dessin et une description sous le nom de DeJphinus mêlas y et M. Scoresby vient de reproduire la même espèce sous celui de Delphinus deducîor^ parce qu'elle va en troupes nombreuses qui semblent conduites par un des grands indiividus.

Cet ftutettr cite plusieurs eiemplet de «et eninaux vus ou pris en gfrand noaibre diM les Iles de Fsroë, de Schetknd , des Oreadei, et sur plusieurs des côtes de la Gfmnde-4M»gne. On dit eu a^oir tu jusqu'à mille eu uae eenle troupe.

L'espèce égale le grampus ou qm^âlardjA atteint vîugt pieds et plus. Sa dorsale est bea» «oup plus courte , et ses pectorales beaucoup plus longues et plus pointues qu a Tépaalard; Je saîHie excessive de son frontkii dowae une physionomie tout-à-faîc extraordinaire. Sa peau est noire, excepté un ruban blanchâtre qui régne sous le corps depuis la gorge jusqu'à l'anus, et qui sous la gorge s'élargit chM quelques individus en une bande crans versaie blanche.

Les dents sont sujettes à de grandes Tariétés; les très-jeune» n'en montrent point : un peu plus âgés, on leur en voit dix à chaque mi* cboire ; j'en ai un jeuneencore qui en a Tin;^!, et mes plus adulte:> r/en ont pas davantage. U. de Li Fru.^!aye, dans une lettre particulière, ne leur en donne .lue vir:;;t-deux. Cependant, sel.Mi >IM. Le Miout. TraiU et Wnson . dans ceux cù eKes scr.t !^ dItis ccni

VIVANS. loS

on en compte TÎngt^quatre, vingt«§ix^ etmimt vingt-huit, à chaque mâchoire ; oequi estoer* tain^ c'est qu'ensuite elles se perdent. Les vieux n*en ont plus aucune à la mâchoire supérieure^ et en cônserveot à peine huit ou dix à Tinfer rieure.

Une remarque très-essentielle de M. Le Maout, et qui se répète dans beaucoup d'autres animaux de cette famille, c'est qu'il y avait des individus où la dorsale était rongée ou enlevée en tout ou en partie*

Il est incontestable que la tête gravée dans Bonnaterre(Gétologie,pl. 6, fig. 2)^ et dans Lacépède (pi. IX, fig. 2) sous le nom de cachalot swinewal, et dans Camper (Cétacés, pi. Sa^ SS et 54) wms celui de tmrwàlédeiàé ^ eA celle Jua vieux gloiioeps.

Je ne doute guère que l'animal représenté par Aldrovande (dePiscib., p. 68i)80u8lenom de bufalina^ et où l'on voit au lieu de dorsale im certain nombre de tubercules ou de déchi* rores', se «oit un de nos dauphînsàtâteobMvfey

I04 DAUPHl.XS

dont la dorsale était déUuite, comme on ïi observé quelquefois sur le globiceps.

J*ignorc entièrement ce que c*est que le (laupJiia fèves , dont la description &ite en Provence a été publiée sans figure dans la Cétologie de Bonnaterre , p. 27; mais, autant que Ton i^eut comprendre cette description, il ressemblerait beaucoup au {][lobiceps, excepté que ses dents seraient divisées en deux lobes par une rainure.

Nous avons vu que le nom d'orra a été donné assez arbitrairement à divers grands dauphins ]>ar les nomenclatcnrs; Linnœus rapplique au souffleur nommé depuis iursio^ Fabricius au grampus.

Il reste à déterminer ce qu était Vorca des anciens ; mais ce sera un problème bien difficile, pour ne pas dire insoluble, tant que Ton ne connaîtra pas d'une manière plus positive les rctncés de la Méditerranée, et surtout aussi loiif^-temps que Ton ne découvrira pas dans les anciens de description plus précise que celle de Festus , qui le compare à un vase à mettre des fifjuos on du vin ; ou que celle de Pline , qui dit seulement qu'on ne peut se Je représenter que connue une chair immense

VIVARS« 105

hérissée de dmts ( eu jus imago nulla reprœsen" tntior.e ejrpriuu possît aii'a, quam carnis ùnmensœ deniibus truculentœ ).

D'après ce qu'il rapporte du combat livré MUS ses propres yeux à un orca à Ostie, par ^ ordre de l'empereur Claude, dans lequel il I vit sombrer un bateau que Torque avait rempli de l'eau jetée par ses narines {quorum unum mergi vidimus reflatu belluœ oppletum unda)f il semble, ainsi que l'a pensé M. de Liacépàde , que ce devait être un cachalot : c'est aussi 1 opinion des Italiens, car leurs dictionnaires traduisent orca par capidoglio(\\ qui est le cachalot, comme nous le verrons.

§ 3. Les dauphins sans dorsale ou delphi^ naptères de M. de Lacépède*

Il exi^e dans le Nord un dauphin à tète ronde , sans nageoire dorsale , auquel sa couleur blanche ou jaunâtre a fait donner le nom de poisson blanc, weiss Jischy huilijisch, be^ luga, etc., {Delphinus leucas, Pall. ).

(1) Yoyci La Gruaca au mot capidogUo.

106 DAUPHINS 4F5Hv

Pallas a bien représenté soA crâne (i), «I M. Scoresby vient de nous donner ane bonne figure de tout Tanimal (a) , d'après un inéh vida de treize pieds de long échoué dans le Forth en juin 18 15. On en avait déjà de pasp* sables dans Martens (3) et dans Égède (4)1 mais la convexité de la tête n'y est pas sutBr samment rendue.

Elle est en effet aussi courte et aussi conveie qu'au globiceps ; du reste , elle est petite i proportion , le milieu du tronc est assez gros; les nageoires pectorales sont courtes et ovaks; la caudale est légèrement échancrée et aîgai* sée en pointe de chaque eôté. Les dents sont dans les sujets d'âge moyen , qui les ont toutes, au nombre de neuf partout, vingt-huit en totalité , droites, légèrement comprimées eu coin , et à pointe obtuse.

Gomme le béluga perd aussi très-vite ses

(1) Voyage en Russie, etc. , Irail. fr. , pi. LXIX.

(2) Account of the arctic Régions , II , pi. XIV.

(3) Trad. fr. dans les Voyages au Nord , t. II, p. 125'

(4) Descr. du Grocnl. , p. 56 , fig. 2.

yirkm. «07

étaU Mpérieurefl, Anderson Fa Miigé à iâ Milte des cachalots ^ et il n'en a pu fallu éa* Ratage pour que Brisson le reproduisit «ons dfr genre et fut imité par ses sueeessemu; iMkhi les fi^nonymes de Martens^ de Eorgdnbl^et d'Êgède, que l'on cite soitS le Ph^êeier tUSeans^n cachaht Manchâtrey se rapportent llisolanient au même cétacé que cens d'An«derson et de Crantz , cités sous le nom ée Delphinus leucas.

La mer des Indes et les mers Australes pro» Attisent lin delphtnaptère, dont te capitaine Soussard; officier de marine très-instruit ^ ^ouB avait apporté une tête Tanaée {der-nâère ^ et dont nous venons de recevoir la peau par M. Dussumier, jeune négociant et armateur de Bordeaux , qui a déjà &it pluneuft. voyages IMU Indes et à la Chine , pendant lesquels tl a feeueilli beaucoup d'otijets précieux d'histoire «Miturelle.

Ce cétacé a le museau obtus , mais déprimé bout et sur les bords , ce qui lui fait une de oommencement de bec; «es peoto^ ndèi woDk taîUées en faux comme dans le daa«

Io8 DAUPHINS

phin commun et le marsouin. Sa caudale cit grande , pointue aux deux bouts et échancrée au milieu. Le dessus de son corps est d'un noir bleuâtre foncé. Le dessus de son museaa, tout le dessous de son corps et ses pectorala sont d'un blanc éclatant, excepté le bord tranchant des pectorales, qui est noir comme le dos. Partout le noir et le blanc sont netlAment séparés Tua de Tautre.

La tête osseuse est assez semblable à celle du dauphin vulgaire , et encore plus à celle du dubius ; mais elle a le museau un peu plus plat et plus large, et porte partout trente-huit ou quarante dents, aussi grêles et aussi poiu* tues qu'à ces deux espèces.

Notre individu est long de cinq pieds et demi.

Nous ne doutons point que ce ne soit l'animal indiqué par Pérou dans une de ses lettres , et d après lequel M. de Lacépède (Cétacés , p. 3 16) a établi son espèce du Delphîriiis Peroju'i.

Péron le rappelle sous le nom de Delphinus leucoramphus (à museau blanc) dans l'histoire de son Voyage, 1. 1, p. 217, mais n ajoute à

VlVANS« lO^

son sujtît aucune partieularité , et ne dit pas même s'il a ou n*a pas une dorsale.

Je ne m'étonnerais pas que le dauphin vu par Commerson près du cap Horn , à corps blanc, à extrémités noires, et dont il n'est pas dit non plus qu'il ait eu une dorsale , fût une Tariété de notre delphinaptère ; et il y a grande apparence que les dauphins blancs vus de loin par Osbeck dans la mer de la Chine ( i ) n'étaient pas autre chose.

Je ne pourrai, jusqu'à des preuves ulté-* rieures, joindre au catalogue des dauphins sans .dorsales la senedctte de Rondelet, p. éfiS^ Tout ce qu'il en dit me parait se rapporter au cachalot^ et ses figures de cétacés sont en général tellement controuvées à plaisir, qu'il me parait impossible d établir une espèce sur celle qu'il donne de sa senedette.

(1) Osbeck, Yoy. à la Chine en 1751 , trad. allem. , p. 337.

r<4>M fuhroM eMQîte de odla

VlVANS. 1 1 1

§ 1. Têtes de dauphins.

j Dans les dauphins (i) le crâne est très-élevé , trës-court, Irès-bombé en arrière. La crête odcipitale entoure le Iiaut de la tête et descend il dé chaque côté sur le milieu des crêtes tempo- I raies ^ qui se portent beaucoup plus en ari Tfière qu^ellie. Cette face occipitale, si grande i M si' bombée, est ibrmée par l'os xla méitte 3 nom , f, par Tinter-pariétal et par les psh ![ riétaux , g, qui s'unissent tous , de très^ L bonne heure , en une seule pièce. Les pariéu tans, g, descendent de chaque côté dans la t tempe , entre le temporal, n, et le frontal^ c , k et; ib y atteignent au sphénoïde postérieuri-i. é Sd' avant et en dessus , ces pariétaux se tei^ K Binent derrière la crête occipitale; et les i maxillaires , b, b, s'en rapprochant' beaucoup \ de leurçôté , ce qui parait du frontal à Texterieur^ CpC, ne repr^pte qja'un bandeau fort

(1) JTai fait représenter par ses trois fieiGes, pi. 323, fig. 1 1 y 13, lS,-la tête du Delphinus glol^iceps , débarrassée de sa mâchoire inférieure , et c'est suf elle que je fais porter les indications des os particuliers ; mais ils seront aisés à retrouver dans les figures des autres espèces,

Il si DAUPHINS

éU'olt qui traverse sur la têle de droite à gauche, et parait se dilater à chaque extrémité pour former le plafond de chaque orbite en c\ c; mais quand on a enlevé le maxillaire qui double en dessus , et ce plafond et presque toute la face antérieure du crâne, on voit que le frontal est en réalité beaucoup plus lai]ge qu'il ne parait à Textérieur.

Les deux os du nez, d, d^ sont deux tubercules arrondis, enchâssés dans deux fosses du milieu du frontal , et au-deyant desquels les narines s'enfoncent verticalement.

La surface postérieure et verticale de ces narines est la lame cribleuse de rethmolde, Cf mais qui a peu de trous : trois ou quatre, quelquefois moins. Le reste du contour intérieur des narines appartient aux maxillaires. Leur cloison est le z^omer qui tient à l'ethmoide comme à l'ordinaire.

Les maxillaires, b^b, en effet, après avoir formé le long museau, arrivés au voisinage des orbites, s'élargissent, co.uvrent d'une lame large et dilatée, b\ b\ le plafond, c', c', que le frontal donne à ces cavités , et toute la face antérieure du frontal , excepté ce petit bandeau qu'ifs laissent paraître le long de la crête occipitale. Ils viennent ainsi toucher aux os

VI VA jto« 1 1 3

du nez , d, d. Les deux inter-maxillaires , a, a^ forment le bord externe et antérieur de ronverture nasale, et descendent sur et entre les deux maxillaires jusqu'à la pointe du museau , où ils se remontrent même en des- ^sous, a\ mais les maxillaires s'y montrent un peu entre eux, dans le haut, près des narines en V\

. ilependant ce n'est pas le frontal qui forme .en entier la face inférieure du plafond de Tor^ bîte ; la partie antérieure est faite par un os plat et irr^ulier, A, recouvert en dessus comme le frontal par le maxillaire; cet os , A, qui est le jugal , donne de son angle antérieur une apophyse grêle et longue, h\ qui se dirige en arrière et va s'articuler à l'apophyse zygomatique du temporal, nj ce filet mince est la seule limite osseuse de l'orbite en dessous.

L'apophyse zygomatique du temporal s*unit à l'apophyse post-orbitaire du frontal , c\ pour limiter l'orbite en arrière , d'où il arrive que toute l'arcade zygomatique proprement dite appartient au temporal. Ce dernier os, /», est peu étendu dans la tempe , et se termine à la crête temporale, en sorte qu'il ne parait point dans l'occiput.

tiii, 2* part. R

4 <4 DAoniiNs

EndessouB^ rocdpilfid lateriJi ^/^ /^ et le bi- «îlaire , f, produiseiit des lames saillantes qm Mollissant i la continuatioD de l'aile ptérjg^ dienne, l, et à une lame du temporal, composent une sorte de voâte sous laquelle sont SBspeadus , par des ligamens , le rocher et k eaisse qai se soudent ou s'engrôneiit promptoment en une seule pièce (i).

Le pariétal , apfés avoir passé derriéfo le temporal , viept prendre part à cette toute. Le temporel luinooéme se trouve donc presqae étranger à la composition du arâne'^ ne «^ ymnt 4u'à loucher quelques petits trous restés «u pariétal.

ffçsX un çojptimepcement de la séparatLon qu'il éproviye dans les classes inférieures.

La partie de ces crêtes qui borde de chaque côté 1$L région basilaire fait ressembler cette région à yn large canal.

Dans le fond de l'orbite, on voit lesdeox

(1) N. B. J)d^ 068 figure^, les os de Toreille sont eslevés ; ou ne voit que la voûte sous laquelle ils sont sotpendus.

VtVANS. Il5

.sphénoïdes placés comme à TordinalK : le postérieur, i, touchant au temporal, au pa-> riétal et au frontal; l'antérieur, ^, au postérieur, au frontal et à l'apophyse ptérygoîde interne; mais ce qui est très-particulier, c'est la forme et la composition des bords des ar* rière-narines.

Les maxillaires, b, b, étant prolongés en un ilmseau aplati et les dents finissant ayant l'orbite, le maxillaire n'est pas au plancher ni aux parois antérieures ou latérales de cette cavité , mais à son plafond , comme y est aussi le jugal : il complète le bord interne de ce plafond ( en b'% fig. 1:1).

De tout le contour postérieur de la face inférieure ou palatine de ces maxillaires part une sorte de pyramide quadrangulaire, dont la base est traversée verticalement par les narines, et dont le reste de l'espace est creux ou contenu entre deux lames , ouvertes en arrière. Ce sont des espèces de doubles parois qui entourent l'ouverture postérieure des narines. Elles sont composées des palatins, m, m, et des apophyses ptérygoïdes internes, /, /. Chaque palatin se replie sur lui-même en un anneau irrégulier, pour former la base de

cette double paroi , et le plafond en est oom« piété par le maxillaire auquel il s'articnle.

Quant à Tapophyse ptérygoide interne ^ elle se recourbe seulement en S. Une de ses ooiirbures y /, s'articule extérieurement au palatiû pour prolonger la paroi inférieure et externe; l'autre , t\ s'unit à l'autre arc du palatin , et se continue ensuite sur le sphénoïde antérieur, kf pour s'articuler au vomer, et compléter ainsi la partie interne de cet entourage de l'arrière-narine, d'où il résulte que le bord tout entier de l'arrière-narine , sauf le vomer, appartient, comme dans les fourmiliers, à l'os que nous avons toujours appelé apophyse ptérygoide interne.

Ce que le dauphin a de particulier , c'est ce grand sinus intercepté entre les deux parois de ce bord.

Cet os ptérygoide interne reste toujours distinct.

Le sphénoïde postérieur, /, se soude au basilaire beaucoup plus tôt qu'au sphénoïde antérieur, kj]e l'y trouve même soudé dans certains fœtus avant tous les autres os.

VIVÀN8. 117

Ce dérangement presque absolu de tous les os a beaucoup changé la direction des trous.

Au lieu de trou incisif il y a un long cahal qui r^ne entre les deux maxillaires et les deux inter-maxillaires , depuis le bout du museau jusqu'aux narines , près desquelles il se biifîirque.

Il faut chercher le trou sous-orbitaire au. . plafond de l'orbite, où il représente une cavité ouverte en dessous, de laquelle partent , dans diverses directions , des canaux qui vont s'ou* yrir à la face supérieure des maxillaires et des inter-maxillaires y non pas au-dessous , mais en dessus et vis-à-vis de l'orbite.

Je ne trouve ni os ni trou lacrymal.

Tout-à-fait dans un creux , en avant de l'orbite ; entre le maxillaire , le vomer et une pointe du palatin , est un petit trou qui monte dans la narine , et qui représente le sphério^ palatin.

Je ne vois ; pour répondre au ptérj-go^pala" tin, qu'un petit trou sur la jonction du pala^ tin au maxillaire, dans le palais, lequel donne dans le sinus place de chaque côté é^es narines postérieures. ^

i;9 DAUPQINS

Le trou optique est médiocre et dans le sphénoïde antérieur, comme à Tordinaire.

lifr trou sphéno'-orbitaire f entre les deux sphénoides , £ût aussi l'office du trou romi.

U j a ensuite un trou wale dai^s le sf^éngide postérieur y et plus intérieurement dans le même os un trou pour un vaisseau.

Une ouverture entre le temporal , l'occipital latéral , le basilaire et le sphénoïde postérieur, laisse passer les nerfs de l'oreille pour •e rendre au rocher. En avant d'elle , et fort près , est le trou carotidien.

Dans le basilaire et dans une échancnire des bords de cette voûte de l'oreifle dont nous avons parlé est le trou condjloidien , fgrt peut.

C'est le bord postérieur de cette espèce de li tient lieu de toute apophyse mastolde.

A l'intérieur, la cavité cérébrale est bien re- ^(parquable , en ce que sa hauteur surpasse sa longueur. Le plancher en est très-serré. La selle se marque peu. Les fosses cérébelleuses sont les plus creuses; il y a souvent une tente osseuse très-saillante à son milieu ; la fkan est

voûte qui tient lieu

toujours osseuse en arrière^ mais il» a'j a point de crête de coq , et à peine aperçok-00 quel-* ques petits trous à la lame cribleuse.

Le rocher et la caisse, comme nous Tâvons déjà indiqué , ne se joignent àU crâné par au-« cune suture , et n'y sont pas méihë enchâsses, mais seulement suspendus par des lîgamens sous l'espèce de voûte dont nous avons parle; Us se réunissent de bonne héûré en un seul os de l'oreille.

Les condyles- oômfntatK sont grktâs^ nwâfifc peu saillëM. Le trou , dirigé Mttt-â^fbif ^Oatt l'alignement de la tâte, est presque cirottlafiMl

11 est à remarquer qtte l'on làe trott'Té jâtfais ife syMétriB complète dans les têtes de dsm^ ^fiÂÉif les deuxnarinës, les deffit- 00 du ne^'et lêb pÉVtîeB iodjaieeiites ne m'ont jânais seittl^^ ëgitles coffiime dans les autres maMmifères, ^ qui nous conduit à l'extrême inégalité de ces parties que nous observerons dans les cachalots.

Les espèces de dauphins diffèrent les unes des autres par la longueur et la largèui' l'elatives dû museau , par le nombre dés deiif s et par les diverses convexités ou concavités de leurs parties.

Dans lé D. delphis ou dauphin ^mdgaire (i) ( pL 2aa , fig. 9 et lo ), le museau est étroit, allongé, un peu moins long que la macboiit inférieure, légèrement convexe en dessus, plat en dessous ; la partie au-devant des lUbrines est un peu concave. De chaque côté, sur le devant de l'orbite p est un lobe obtus , dé" primé , formé du jugal recouvert Au max3laire, et distinct du reste du museau par une échancrure peu profonde. L'occiput est à peu près hémisphérique; la tempe se porte en arrière par un angle saillant et arrondi. Les tubercules représentant les os du nez sont un peif plus larges que longs.

En dessous^ le dauphin vulgaire se disibgue de tous les autres par son palais, dont k milieu forme une saillie longitudinale qui l'étend depuis la pyramide des arrière-nariM j usqu'à sa pointe , et est accompagné ^ de du-

(1) Fig. de la tête du dauphin vulgaire. Klein , Htfk bist. Fisc. prom. , II, pL I, n* 2; le stylet du jugilj manque. Lacép., Cétacés, pL XIY, fig. 1, même obso> Tation. Spix , Cephalogenesis y pi. YIII , fig. YIII , bonne pour le^ sutures, mais le stylet y manque également. On voit ce stylet dans I9 figure rep versée de Klein , Mis8.|It pl.V,fi|[. B.

VI VANS. lat

que côté^ d'un eafoncement longitudinal. Le tout ne prend un même niveau et ne devient à peu près plane que vers la pointe.

Dans les autres espèces, la pyramide des arrière-narines se confond déjà avec le plan du palais vis-à-vis des dernières molaires, et presque tout le palais est plane plus en avant.

Les inter-maxillaires se montren t à cette face inférieure, vers le tiers antérieur et jusqu'au •bout; mais on n'y aperçoit presque pas le Tojner.

Celui qui ressemble le plus au vulgaire par ea tête est le dubius^ qui a seulement le museau plus étroit et plane en dessous, où le vouer se montre un peu sur un espace longitudinal dans le milieu entre les inter-maxillaires et les maxillaires.

Le delphinaptère à museau blanc ou dauphin de Pérou, pL 322, fig. 5 et 6, a seulement le museau plus déprimé, mais ressemble du reste au D. dubius.

Le rostratus (i) (pi. !i:2!i, fig. 7 et 8) s'en (1) Nous substituons au moi/roniaiusj du texte iii-4*,

12ak DAUPHINS

distingue davantage. Il a le nmfteau plus comprimé vers le bouti un peu plus élai^ ve» son quart supérieur ; le lobe du devant de ror* bite plus marqué et séparé du museau par une plus grande échancrure; les os du na p)^s'larjg;es , moins saiUans et touchant aux itt* tei^ttiaxillairesy la eréteodcipitaleplus effacée^ la tempe beaucoup plus grande , et FoccifmC

■i^ii^*! i .. ■ . t I . . Il.^.»> I j ■;■<'■■■■■ m m, mr é ^ ^mm^Umk^mm

celui de rostratus, qui est le nom véritable de cette espèce^ comme mon frère Ta reconnu et explique dans Fadditîon suivante, publiée à la fin du t. V, premièï^ parti in-4". Voyez aussi page 86 ci-dessus. (Fréd. Guy.)

Addition à l'histoire des dauphins vÎ4^ans.

Nrâs'refprësentmis pi. 222 , fig. 7 et 8 , les tètes d'une espèce de dauphin , que noas avons rapportées , p. 86, par conjecture à une espèce du Cabinet du roi , qui aies Aiémeè dents à peu de ehose près , et que nous avons ilommée , à cause de son front bombé > Delpfunvs fron^ ttUuê.

M. van Breda , très-habile professeur d'histoire naturelle à Gand, et gendre de feu mon ami Adrien Camper, vient de me communiquer la figure de la véritable espèce dont proviennent ces sortes de têtes , ce qui est d*aatant plas certain , qu'elle est accompagnée du dessin de la

en camètfBience plusétrott. Le vomer n^y tiioii'' tre en dessous comme dans les pr écëd^M.

Le iursîo ( pi. 222 , fig. 3 et 4 ) est à peU: près au rosiratus ce qu'est le dubius au delphis. Son museau est plus court, plus large^ plus Réprimé , mais ses tempes ODt la même grandeur relative. Ses os du^ rnes sont plus petits

tète de l'individu même d'après lequel elle est faite. A m résulte qpue ce dauphin n'a pas le front relétéi mais que le,pro6|L de son crâne se perd insensiblement dfcuut celui de som museau.

Le dessin d'un animal très-éemblable a été envoyé de Srèst au Muséum ; en sorte que je ne doute point que nous n'ayoAB dans ces dessins et âans ces tètes la preuve qu'il doit être ajouté une espèce k la liste des daupbikis anthentiquement connus, et une espèce à museau pointu;^ mais non distinguée du front par une brisure marquée de son pronl.

' Sa dorsale est élevée et eii dfeMfukcroissant , à pefH près was le milieu de sa longueur ; ees pectorales sont taillées en faux , sa caudale est en croissant et échancrée au miheiài L'individu observé par M. van Breda avait huit pieds de longueur.

%d Délpkkius frontatus , p. 86, a la dorsale presque aussi basse que le dauphin du-6aoge.

ia4 BâvmiNB

et ne touchent pas aux inter-maxiUaires. Le vomer s'y montre à deux endroits de la fete inférieure : une fois sur un très-petit espace rhonibûïdal entre les maxillaires et les palatins , et plus avant sur un espace longitudinal entre les maxillaires et les inter-maxillaire£(i].

Le marsouin (pi. 333 , fig. r et a ) a le mu- "Eeau plus court et plus large à proportion qu'aucun dauphin à bec. Outre sa petitesseet la forme particulière de ses deuts , il se distingue de tous les autres par une saillie cjueaa in ter- maxillaires forment au-devant des narinés, qu'un large sillon sépare du dessus de l'orbite et par une autre saillie en pyramide tronquétt, que son occipital vient faire audessus de ses nasaux^ lesquels sont plus hauts que larges et un peu concaves. Au-devant des narines, sur te bord de lasailliedes inter-maxillaires , se remontre une petite partie anguleuse des maxillaires. Les in ter-maxillaires ne remontent point le long du bord externe des narines jusqu'aux nasaux. L'ëchancrure est

(1) Figures de tL-le de O. (ur^tD. Kleia, Miss., II,pI.It n" 1; Camper, C«?taces, pi. XXXV, XXXTI , XXXIX, UL , soUE le Dom faux de dauphin vulgaire.

peu profonde entre le lobe d'âti-devantde l'orbite et le reste du museau. C'est de tontes les Hpèoes celle où il y a encore le plus de symékîe. En dessous ; le vomer se montre dans le jMilais entre les maxillaires et les inter-maxil-^ bires (i).

Le griseus (pi. 2^3, fig. t et ^ ), indiepen-* lamment de sa grandeur, est plus large que le marsouin ; les plafonds des orbites s'écartent davantage y et leur lobe antérieur est renflé ; ce lobe est séparé du museau par une ^hancrure plus profonde. Ses inter-maxilliires, qui remontent jusqu'aux nasaux , se renflent au devant et aux côtés des narines^ oaais sans y former une élevure distincte par les sillons, comme au marsouin. Le vomer ne se montre point au palais.

.Le grampus ou épaulard (pi. nnZ^ fig. 3 et 4) ^ ^^ museau large et court comme

(1) J'ai entre les mains des planches àe têtes de inarsonin, que M. Albers se proposait de publier dans ses Icônes ad Anat. comp, ilL y mais que la mort de cet analomiste a empêché de faire paraître. II y a une mauiraise figure de sa tête dans les Ephém. des Curieux de la- Nature ^ copiée dans l'Anat. anim. de Blasius, pl« LI.

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les précédens , mais la région en âTUnt An Daines est concave aa lieu d'être renflée] elle se distingue des plafonds des orbital ptf une crête un peu saillante. Le lobe antÀiear de Torbite est gros et bien séparé par oie échancrure de la base du museau. Les tempo profondes et concaves sont séparées de Foodpnt par des crêtes plus saillantes même (fat la crête temporale. Ses os du nez sont petits. On ne voit point le vomer au palais (i).

Le globiceps (pi. 223, fig. 1 1 , la et 1 3) ressemble beaucoup à Tépaulard pour la circonscription générale, maissesinter-maxillairci sont beaucoup plus larges. Us prennent presque les deux tiers de la largeur du musean , tandis que dans l'épaulard ils n'en prennent guère plus du tiers. Us sont aussi un peu moins concaves en avant des narines , et remontent le long de leurs côtés jusqu'aux os du nez, qui sont fort gros et fort saillans ; mais les tempes sont plus petites et leurs crêtes beaucoup moins saillantes , ce qui annonce uo

(1) Fîg. de tête A'ëpnulard, Lacépcile , Ci^tacés, pla»die XVI , lig. l 'f Diqueiuare , piaucbes d'histoire naturelle ii^i

animal à mâchoires moins robustes. Le vomer ne se montre point au palais (i)«

Le béluga (D. leucas, pL ^sS^fig. 5 et 6) diffère sensiblement des autres dauphins p^r la direction presque rectiligne de son profil, au-dessus duquel le crâne s'élève fort peu, par sa courbure transversale presque uniforme , et qui manque de ces concavités plus ou moins marquées dans les autres. Le crâne est plus long à proportion de sa largeur, et se rétrécit en arrière. Les tempes sont plus allongées et leurs crêtes moins saillantes; celle de l'occiput l'est aussi fort peu. Le museau va en se rétrécissant presque uniformément. Le ro^ mer ne se montre poinrt au palais (2).

Dans les dauphins dont nous venons de par-

(1) Fig. de tête de D.globiceps, Bonnaterre, Encycl. méth., Gétologie, pi. VI, fig. 2; et Lacép. , Cétacés, pi. IX, fig. 2, sous le nom de cachalot svineval, CairLper^ Cétacés , pi. XXXII , XXXIII , XXXIY, sous le nom de narwal édenté. Toutes ces figures sont faites d'après la même tête , qui est celle d'un vieux globiceps à laquelle il ne reste plus de dents.

(2) Fig. de tête de béluga, Pallas , Voyage en Russie ^ pi. 69,

1er, la symphyse delà màchoireinférieuren'iKcupc qu'une petite partie de sa longueur totale, le septième, le sixième ; le seul rostrauis (plaoche 332 , fig. 8 ) a cette symphyse prolongée jusqu'au tiers de la longueur ; elle y est plate €n dessus avec une rainure longitudinale.

De tous les cétacés que l'on a rapportés au genre des dauphins , le plus extraordinaire par la structure de sa tête, c'est le dauplùnia Gange (pi. aaS, fig. 8, get lo).

Son museau très-long est extrêmement comprimé par les côtés. Les inter-maxillairesen occupent la partie supérieure , et les maxillaires l'inférieure.

Les premiers remontent jusqu'aux oât& eC même jusqu'au-dessus des narines, qui, dans cette espèce, sont plus longues que larges.

Le caractère le plus frappant de cette tête, c'est que les maxillaires, après avoir recouvert comme dans les autres dauphins les frontaux jusqu'aux crêtes temporales , produisent chacun une grande paroi osseuse , qui se redresse et forme une grande voûte sur le dessus de l'appareil éjaculateur des narines. A pet effet , l'une de ces productions osseuses s«

vtVÀies. 1:29

rapproche de Tantre , et paraît même la toucher sur les deux tiers antérieurs; mais^ en arrière , elles s'écartent pour laisser passage à révent. C'est la ligne de réunion de ces deux parois osseuses qui soutient la carène que le front de cet animal montre à l'extérieur. En dessous, ces parois offrent plusieurs cavités ou une espèce de réseau formé par des branches osseuses Irès-multipliées.

Dans l'animal frais , la plus grande partie de l'espace qu'elles couvrent est remplie d'une substance fibreuse , serrée et assez dure.

Les fosses temporales de cette espèce sont beaucoup plus grandes que dans aucun dauphin, en sorte que leurs crêtes supérieures cernent à la partie supérieure de l'occiput un espace rectangulaire , des deux côtés duqu^ part, à angle droit , le reste de la crête occipitale.

La suture^ de l'occiput avec les temporaux et avec les pariétaux suit précisément cette crête anguleuse ou occipito-temporale.

L'occipital s'avance dans l'espace rectangulaire que nous venons de dire, pour s'articuler en avant avec le frontal.

▼m, 2* part. 9

Une autra particularité de celte tâte, e'tit U grandeur de son apophyse zygamalique dtt tt^i^liuial, quie»tpropurttoni)èeàlagraudear a^^la ttïuipe. Elle va aut>:it se joindre à l'ajifrtp!^)'âe poai-oi'bi taire du frouul, «t forme aisà i^ elle seule toute l'apophyse ;ïygQmatiqu£.

fe'orbite étant très-petit , la tige de l'os Jiif|al quï le borne en dessoas est beaucoup pha courte que dans les autres dauphins; elle est large çt comprimée. Le corps de l'os est plui renué que dans les ^i^tres, mais est placé ^ iiièmc sous les partiç^ voisines du fJTOutal et du maxillaire.

En dessous, il y a aussi des particulaiilâ irès-difTè rentes des autres espèces. Les palatins occupeut en longueur un beaucoup pli grand espace, et vont jusqu'à s'articuler en ] arrière avec les temporaux, qui s'arliculeot aussi en un point avec les frontaux, de sorte j que les pariétaux ne touchent pas aux palft- J ,Un^ ,- .1 . *^.^-

Lek^mphTWa [MAt^^oiâlH, OU b» p«iMi-

diensffcnmeiit, «dWlffier AttuïlèiMtt^jftj^

phins, la plue grande partie. d^çpnjtpqrida

iR^éré-naHnes ; m^is il né i^. pf^9kÙ,,:gp*

'qta'eUes 66 rëplieiït pooi^ ii^>i8ser ptf. açs^griis^

VI VANS. iSl

sinus placés sous les narines ; et même ces sinus, dans toute leur longueur, n'ont point de paroi inférieure osseuse, et ne sont fermés en dessous que par des membranes , les parois inférieures des palatins laissant une grande solution de continuité dans toute leur crête inférieure. Les sinus communiquent amplement dans le squelette avec le réseau osseux de la face inférieure des crêtes des maxillaires. Les crêtes du basilaire et des occipitaux latéraux, qui bordent au côté interne la voûte l|Ous laquelle est l'oreille, sont très-épaisses hérissées de petites pointes osseuses.

L'espace qu'elles laissent entre elles est rempli et fermé par l'os de la caisse , qui est très-grand et adhère au rocher ; celui-ci n'est pas simplement suspendu. Il est enchâssé à demeure entre le temporal et les parties voisines de l'occipital.

La mâchoire inférieure du dauphin du Gange se distingue aussi beaucoup de ceU« des autres espèces , par sa compression , qui rapproche tout-à-fait les dents des deux côtés, et par la longueur extrême de sa symphyse, qui s'étend jusqu'à la dernière de ces dents.

I Sa DÀUPHii^s

Les branches prennent aussi plus de hioteur à proportion de la partie dentaire.

Cette longue symphyse , ainsi que les crétai qui naissent du maxillaire ^ nous prépare i ce que nous observerons dans le cachalot

L'os de l'oreille interne , suspendu sous le cr&ne , comme nous Tavons dit , est à peu prèi le même dans tous les dauphins. Il se compose du rocher et de la caisse. Le rocher, a, en fait la partie supérieure et interne ; la caisse, & , la partie inférieure et externe (i).

Le rocher est pierreux et très-épais. Il a une portion plus grande , c, d, en ellipsoïde irrégulier, qui de sa face externe donne attache à la caisse, et qui contient intérieurement

(1) Cet appareil est représenté , pi. 224 , en dessous fig. 33, à l'extérieur fig. 34, à Tintérie^r fig. 35, et en dessus fig. 36. Bans ces quatre figures, la partie représentée supérieurement est en arrière dans le crâne, et h partie opposée en avant.

VIVANS. l35

les canaux 8emi--circulaires (i), et une autre plus petite , f^ en formé de quart de sphère , qu'une fosse assez profonde y g , sépare de la première, et qui est occupée intérieurement par le limaçon. Les nerfs pénètrent dans Tos par des trous percés au fond de la fosse dont nous venons de parler.

La caisse est formée d'une lame osseuse épaisse, pliée longitudinalement , et formant ainsi un canal ouvert en avant, i, où naît la t^rompe d'Eustache

Elle est close en arrière , où elle prend ex- ^rieurement une forme bilobée, h, et adhère Au-dessus de cette partie à la partie posté- Tieure externe du rocher par une apophyse rugueuse , k , qui s'y engrène fortement, mais ne s'y soude pas très-vite. Elle y adhère encore par une partie de son bord externe , et c'est entre ces deux adhérences qu'est l'ou- ^erturç fort ir régulière du tympan. Le bord

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(1) On sait que Camper a lonfî-temps ni<^ l'existence .^e.ces canaux , mais j'ai mis la chose hors de doute en les -préparant dans un fœtus de baleine. Il est certain que «^dojDiies cétacés adultes leur finesse est excessive.

lS4 DÀifPHlNI VIVAIVS.

interne laisse entre lui et le rodier une longue solution de continhitë m.

Squs la partie bilobée de la caisse pa^ Toi styloïde, qui s'attache immédiatement derrière elle par des ligameps à la lame deseenh dante qui tient lieu d'apophyse mastoide.

Pritt^mies tUmeiuiom

du crint, depui* le bord poalé-

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