BALEINES
mais sans 'dire pourquoi ce ne pourrait pas être le bôops?\jà même observation a'appiiqae à M.,6corësby ; il parle de trois espèces , mais H4i'en a vu et n'en représente qu'une , et il avoue que les figures données par les naturalistes embarrassent plus qu'elles ne senren! pour une distinction (i).
Quant à la troisième espèce ou la baleine à tête de brochet , pike headed whale de Pennanti nommée par quelques écrivains français baleine à museau pointu , ce n'est , selon Feanant , Shaw, Hunter et tous les Anglais d Câpres lesquels on l'a décrite^ que le boops lui-même. Il faut remarquer que Sibbald la* vait d'abord appelée simplement piked whak ou baleine a pique ^ à cause de sa nageoire dorsale y et qu'on l'a confondue avec le balœna rostrata de quelques autres auteurs, qui est Vhyphroodon. Cette dénomination de tête de brochet ^ en tant qu'elle désigne un museau oblong et horizontalement aplati , convient d'ailleurs également à tout le sous«-genre.
On ne voit donc guère qu'une distinction
(1) Scoresby, loc. cit., p. 485.
que Ton ptiiMe démêler entre oeft indications de diverses baleines à gorge plissée : telle qui tient à la grandeur.
M. Scoresby donne au boops quarante-six pieds y Fabricius cinquante-quatre. Le muscu" lus deviendrait beaucoup plus grand et surpasserait la baleine franche : on en aurait , selon M. Scoresby y de soixante-dix et quatrevingts pieds y et selon Olafsen et Powelsen , de bien plus grands encore (i). Enfin le rostmta demeurerait dans des dimensions plus petites^ dix-sept, vingt, vingt-cinq pieds.
Mais qui oserait, d'après l'observation d'Individus vus isolément à de grandes distances de temps et de lieux et par des personnes diverses, soutenir que ces différences ne venaient pas de l'âge (i)?
Au. surplus, quand il serait prouvé qu'il
(1) Voyage en Islande, trad. fr.> p. 230.
(2) M. Neill , qui a décrit dans les Mémoires de la Scciété wemërienne, I, 201 , une baleine à ventre plissé échouée près d'Alloa sur les bords du Forth , partage entièrement mes doutes sur la distinction dès espèces.
:i64 BALEINES
n'existe qu'un rorqual dans la mer du Nord, il resterait encore possible que ceux des autres mers fussent des espèces distinctes, et nous verrons bientôt par leur ostéologie que ceui dont on la connaît en diffèrent considérablement.
Si Ton s'en rapportait aux listes de citations accumulées par les nomenclateurs , on croirait aussi qu'une multitude d'écrivains auraient observé et décrit des baleines qui portopdent une ou plusieurs bosses sur le dos au lieu de nageoire ; cependant, quand on remonte à la source, on trouve que les êtres placés dans les catalogues d'animaux sous les noms de halœna gibbosa et de halœna nodosa ne reposent que sur quelques lignes fort équivoques deDudley, dans le n"" 387 des Transactions philosophiques, d'après lesquelles il serait même presque impossible de soutenir que la première n'est pas un rorqual; et aujourd'hui que l'on sait avec quelle facilité les cétacés perdent, par divers accidens, tout ou partie de leur nageoire dorsale, on peut cix>ire aisément que ces espèces^ dont aucun naturaliste n'a
reparlé, pourraient ne reposer que sur des altérations individuelles.
On voit à quel point les notions que nous possédons sur les diverses baleines sont encore incomplètes et confuses. Aussi je suis bien loin de prétendre que leurs espèces se réduisent à celles dont je viens de donner les caractères. On a observé ces animaux avec trop de légèreté pour croire qu'ils aient tous été décrits. Nous ne savons pas si les baleines que les Russes et les Américains pèchent dans le nord de la mer Pacifique sont les mêmes que celles de l'Atlantique. M. le comte de Lacépède a rédigé, d'après des dessins faits au Japon , les descriptions de plusieurs baleines , qui , si les dessins sont fidèles , forment probablement des espèces distinctes des nôtres , surtout par les taches de leur peau. On peut en voir la Notice dans le tome IV des Mémoires du Muséum d'histoire naturelle , p. 470. Tout ce que je voudrais obtenir, par cette exposition de mes doutes, serait donc, qu'au lieu
de donner comme certaines des définitions
qui ïie le sont point, et d'enregistrer comme
a66 BALEmES
connues dans le Systema naiurœ des espéeei peut-être imaginaires^ ce qui laisse croire aux navigateurs qu'il ne leur reste rien à faire pour la science , on les prévînt au contraire que la science a besoin encore de toute lenr attention ^ et que même ce que Ton possède sur ce sujet ne pourra mériter le nom de science que par les observations que Ton attend de leur part.
Dans l'impossibilité où l'on est de préparer et de réunir dans un cabinet des êtres aussi gigantesques que des baleines , on pourrait 3 suppléer par leur squelette ou du moins par celui de leur tête; mais ces parties mêmes sont très-rares dans les muséums. II est plus rare encore que l'on ait conservé des documeos précis sur les animaux qui les ont fournis, et presque jamais on ne voit dans la même collection plusieurs espèces d'un même sousgenre parvenues à l'âge adulte , car cette circonstance encore serait nécessaire pour une détermination certaine d'espèce.
Le Muséum britannique possède une tête de baleine , longue de dix-huit pieds , que l'on considère comme de baleine franche , et que j'ai fait dessiner pi. ^126^ fig. 9-1 1 . Pierre Cam-
ViVAMTES. 367
per a feit graver^ dans son ouvrage sur les Cétacés y une tête de jeune individu, qu'il regarde aussi comme de la même espèce , mais qui offre de très-grandes différences dans la proportion des parties y et nommément dans la largeur et la direction des voûtes orbitaires et dans la grandeur relative du crâne. La même différence a lieu , et dans un plus haut degré , entre notre tête adulte de baleine proprement dite du Cap de Bonne-Espérance , longue de quinze pieds , que je donne, pi. 226, fig. 5, 6, 7 et 8, et celle d'un individu nouveau-né de la même race, qui n'a que deux pieds, ib.y fig. i , 2, 3 et 4- Mais la tête adulte du Musée britannique et celle du Cap également adulte comparées ensemble présentent, comme nous le verrons plus lom , des différences très-' fortes qui en annoncent certainement dans leur espèce. Je ne puis malheureusement les confirmer en comparant la totalité de leur squelette , mais j'ai du moins diverses vertèbres de l'espèce du Nord envoyées récemment de Drontheim par M. Noél de la Morinière, et qui offrent aussi quelques caractères.
J'ai remarqué encore que le groupe de vertèbres représenté par M. le comte de Lacépède , Cétacés , pi. YII , fig. i, et qui appartient
:i68 BALEINES
au sous-genre des baleines proprement dits et non pas à celui des rorquals , diflPère essentiellement^ comme nous le verrons plus bas, des vertèbres cervicales de la grande baldoe du Cap , et je trouve, parmi les ossemens depuis long-temps conservés au cabinet, des omoplates de ce même sous-genre, qui ne ressemblent pas entièrement à celle de cette baleine du Cap ; mais ne sachant pas lorigine de ces pièces, je suis en doute si je dois les rapporter à la baleine franche ou bien à une troisième espèce. Je suis certain du moins qu'une troisième espèce existe encore au Cap, attendu que l'on en a rapporté des vertèbres dorsales qui , avec les caractères du sous-genre, offrent aussi des caractères spécifîques.
Je n'ai rien observé dans les cabinets qui se rapportât au gibhar (i); mais dans le sousgenre des rorquals on a, pour celui de la mer du Nord, le squelette de Brème dont nous avons parlé ci-dessus, que M. Albers a fait
(1) A la Ycritc Adrien Camper dit, dans une note sur l'ouvrage de son pèixï , p. 37, qu'il a vu des crânes de gibbars, à Pise, \ Bologne, à Leyde, etc. ; mais c'est qu'il le confondait avec le rorqual.
VIVÀNtÊS. 269
graver ^ et dont Pierre Camper a représenté la tête assez imparfaitement; le squelette d'un individu échoué , en 1819^ près de Grômîtz sur la côte du Holstein, et placé aujourd'hui dans le cabinet de Berlin, dont M. Rudolphi a donné d'excellentes figures (i) ; et deux têtes de la même sorte, aujourd'hui déposées au cabinet de Leyde, dont l'une vient du cabinet de feu Brugmans , et dont l'autre appartient à un squelette d'un individu de trente pieds de long, pris dans le Zuyderzée en 181 1; pour celui de la Méditerranée , la tête et quelques parties du squelette échoué à l'ile Sainte-Marguerite en 1798, dont il y a une représentation dans l'Histoire des Cétacés de M. de Lacépède, pi. yi etVII; et diverses parties d'un autre individu conservées au cabinet de l'In* stitut de Bologne , dont parle M. l'abBé Ranzani; et enfin , pour celui des mers antarctiques, le squelette complet rapporté à notre Muséum du Cap de Bonne -Espérance par M. Delalande. Ces diverses ostéologies comparées ensemble m'ont prouvé qu'elles proviennent de trois espèces parfaitement distinctes , mais que nous n'avons aucun moyen de
(1) Mém. derAcad. de Berlio, 1820-1831, pi. I— IV.
yfO BALBtIfBS
rapporter aux trois espèces établies par ki nomenclateurs ^ et qui ne peuvent même être identiques avec ces espèces prétendues.
Voilà tout ce que je crois qu'un naturaliste puisse affirmer aujourd'hui^ à moins de vouloir employer encore cette méthode si féconde en erreurs I de s'en rapporter à des témoignages sans précision et rendus en TabseDoe de toute comparaison.
Ce n'est que lorsqu'on aura des figures fai* tes géométriquement et avec le détail nécessaire des têtes de ces animaux que l'on possède dans les divers musées , ou que l'on pourra se procurer dans la suite , et lorsqu'on aura pu comparer ces figures , qu'il sera permis de prononcer sur le nombre des espèces existantes et sur leurs caractères.
AFTICLB II.
Oftéologie.
§1. Delà tête.
Nous décrirons d'abord latête des rorquals , qui s'éloigne moins que celle des baleines propres des formes des dauphins. On peut voir les figures de celle du Cap , pi. 227, fig. i de côté j fig. 2 en dessus , fig. 5 en dessous et fig. 4 en arrière. Celle de la Méditerranée est représentée sur une plus petite échelle, ib.f fig. 5 en dessus (i). Nous y avons ajouté enfin celle
(1) Autres figures de têtes de rorquals : celle de la Méditerranée, mais sans sutures nï os jugaux, est gravée dans FHist. des Cétacés de SI. de Lacépède , pi. YI ; celle que donne M. Albers avec tout le squelette, le. adilf» AncU, comp,, pi. I, est afissi d'un rorqual, mais de l'espèce du Nord et assez peu distinctement représentée. Camper, Cétacés , pi. XI et XII, donne d'autres figures d'après le même individu (sous le nom de gibbar), mm encore moins reconnaissables et même fautives en plttr-
2y^ ft4LKIlfBd
de la mer au Nord, vue en dessus , d'apits l'individu de Berlin, fig. 6(1).
Les immenses maxillaires ^ a, a, sont&posés en dessous en forme de toit renversé oa d'une carène, a, a, aux deux côtés de lai^ueDe s'attachent les fanons. Le vomery b\ se montre en dessous entre eux dans presque toute h ligne moyenne de la carène. En dessus, la
sieurs points , parce qu^il les fit dans une position îdco» mode. La meilleure figure de cette espèce duNoidtf celle de M. Rudolpbi que dous avons copiée.
(1) Sur le Rorqual de la mer uidriatique au câiàiii
de Bologne.
Mgr. Ranzani a bien voulu ni'envoyer un desl^lp^ faitcincnt exrciitt» de la t«He de ce l'orqual, vueparv^i trois faces principales. C'est uu jeune individu; et a coinpar.iiil cc;, dessins avec ceux de la tcte qui esianû"! l)inetde Berlin, et dont je donne la figure pi. 227, fig-^l je l'ai trouv('e entièrement semblable , en sorte qui: a* a pas lieu de douter que la même espèce de rorç»! ne vive dans la mer du Nord et dans la îMt-ditfrr.v.V, mais en même ten^ps il y en a dans cette dernièif i»!î^ une autre espèce, celle <\\ù a rchoné aux îles Sar- Marguerite, et que nous représentons nièiue niàaci:: lig. 5.
VIVANTES. !àj5
deux inter-maxillaires ^ c, c, placés parallèlement entre les deux maxillaires, laissent entre eux un espace vide^ qui se continue dans le haut ou plutôt en arrière avec la très* large ouverture des narines , d, laquelle est en forme d'un ovale allongé , et, au contraire des autres cétacés , conserve , ainsi que dans tout le genre des baleines , une forme symétrique. Les 08 du pez pe^e, courts mais échan-
cres ou festonnes en avant ^ et non pas en forme de tubercules , forment le bord supérieur de cette ouverture. Le maxillairç né recouvre point le frontal , f, f, si ce n'est par une apophyse étroite , a^*\ -des deux côtés des os du nez. Toute la partie du frontal qui s'écarte de chaque c^té pour former le dessus de Torbite "se voit à nu; mais les pariétaux, g^ g, viennent la recouvrir dans le haut de la fosse temporale jusqu'aux côtés de l'apo*physe du maxillaire qui se montre entre le frontal et l'os du nés, L'occipital , h, s'avance entre eut et recouvre le milieu du frontal jusque prèsileft os du nez , de sorte qu'à la base du nez le frontal ne se mont|^è presque paft^à l'extérieur. Il y a deux crêtes temporales très* saillantes en dehors, commençant aux côtés du nez, et entre lesquelles le crâne est plane ou même un peu concave ^ et descend lente*
Tin, 2* part, 18
2y4 BALEINBS
ment vers le trou occipital ^ if qui est à Textrémité de ce plan. On reconnaît ainsi que la crête occipitale , K\ est tout près de h base des os du nez , traversant d'une crête teiaporale à Tautre. Sur le milieu de cette fiM occipitale est une arête longitudinale Ugèrs* ment saillante.
Le jugal, h^ est courbé en portion de eerde et forme le bord inférieur de l'orbite en se rendant de l'apophyse zygomatique du maxillaire , qui aboutit à l'angle antérieur, jusqo a celle dû temporal , m^ qui aboutit à l'ai^ postérieur. Le jugal ne se dilate point de son extrémité antérieure, comme dans le dauphin. Le frontal touche d'une part au maxillaire, de Tautre au temporal , par ses apophyses aatorbitaires et post-orbitaires , et forme à lui seul tout le plafond de l'orbite^ sans être doublé en dessus par le maxillaire; mais il l'est au contraire en dessous de sa partie antérieure, de celle qui est en avant de l'orbite, et il y est de plus bordé en avant par la lame latérale du maxillaire, laqyelle se trouve ainsi, par rapport au frontal , dans une position inverse de celle qu'elle observait dans les dauphins.
C'est par cette Jame, A, que le nuaillaira
VIVAJITBS. aji
Tient aboutir à l'angle antérieur de l'orbite | ef s'articuler avec' l'extrémité antérieure et élargie du jugal; mais ce qui est tràs-remar^ quable , c'est qu'il se trouve à cet endroit^ entre le frontal et le maxillaire , et pour ainsi dire dans leur articulation nfême , un os particulier^ o, en forme de lame, occupant à peu près moitié de la longueur de cette suture, et qui ne peut être que l'analogue du lacrf-» mal.
Toute l'arcade ^eygomatique projHrement dite y qui est fort grosse, appartient au tem« poraL Le cadre de l'orbite est clos de toute part; son plafond est très-grand et concave en dessus.
Les .palatins, Pf pf prolongent en desmut la carène des maxillaires. Les narines postérieures sont trèft-près du trou occipital. Elles ont à chaque angle une tubérosité formée par l'os ptérygoidien pSfS, lequel a peu d'étendue en longueur, eft n'entoure les narines que par le côté externe, et un peu en dessus et en dessous, mais sans y former un sinus, ou double rebord , comme dans les dauphins. La région basilaire, ^, qui est fort courte, est aussi creusée en canal comme dans le dauphioi
^jQ BALE(I«B8
et a y de chaque côté , les ôs de l'oreille , r, r, lesquels sont fort petits a propordon , et de jR3rnie ovale et également convexe dans leiir lace inférieure.
En avant de I^^os basilaire, et entre ks<is ptérygoïdienSy on voit^ en t, le corpsdasphé- DQide postérieur. La face glénoide du temporal f m, rn, est presque verticale et regarde eu avant; ce qui fait que la face articalaire de la mâchoire inférieure ^ n, est en quelque sorte la troncature de l'extrémité de Vos.
Cette mâchoire est un arc convexe en dehors, comprimé y un peu tranchant en dessus et en dessous. Il y a une apophyse coronolde,^, en forme d'angle obtus , et une tubérosité un peu plus en arrière.
La tête du rorqual du Cap, fig. i—- 4, diffère de celle du rorqual de la Méditerranée, fig. 5, par des caractères qui annoncent une assez grande différence spécifique, d'autant qu'ils sont confirmés par les différences non moins grandes de quelques autres parties de leurs squelettes.
vivantes: tk'j^
La laideur de la tête du Cap entre les orbites est beaucoup plus considérable à proportion de la hauteur ; cette portion du frontal qui se porte de côté pour aller couvrir Forbite a sa largeur ou sa dimension transverse beaucoup plus forte relativement à sa dimension longitudinale. Son bord postérieur se dirige en arriére , et dans la tête de la Méditerranée il se dirige en avant ^ ce qui donne plus de longueur et une direction plus en avant à l'apophyse zygomhtique du temporal. Le bord antérieur de la partie du maxillaire qui se rend à l'orbite est plus considérable, et sa courbe est concave y tandis que dans le rorqual de la Méditerranée elle est convexe. Les os du nez, dans celui du Cap , avancent jusque vis-à-vis de ce bord , et leur bord antérieur est légèrement festonné. Dans celui de la Méditerranée il s'en faut du double de leur Ion* gueur qu'ils avancent autant , et ils sont profondément échancrés à leur bord. Le profil inférieur n'est pas non plus le même : dans le rorqual du Cap, le dessous du museau suit une 'courbe légèrement convexe ; dans celui de la Méditerranée, elle^est un peu concave, etc., etc.
La tête du rorqual de la mer du Nord , fig. 6, diffère des deux précédentes par des
%jS màUElVEM
earaccércs qu'il est iinpossible de ne pas regarder comme apécifiqoes. Son miueaii m plus large à proportion, et sa pastie inteiHiphitaiM plus étroite, en aorte que ses bordi extérieurs paraissent plus d'une venue, et ne forment point une si forte dilatation à la région inter-^rbitaire. La ligne postérieure de eette partie du frontal qui se rend sur l'orbite n'est ni précisément transverse comme dans le rorqual du Cap f ni dirigée en avant comme dans eelui de la Méditerranée, mais elle se dirige obUquement en arrière. Les os du nés sent aussi longs à proportion que dans le rorqual du Capi mais leur figure est à peu prés rectangulaire; la ligne externe, formée par l'orbite et l'arcade zygomatique , est moins arrondie. Sa mâchoire inférieure est aussi beauooap moins arquée en dehors , et au lieu d'être un peu convexe en dessous, elle prend dans k sens vertical une courbure contraire.
Pour se former l'idée de la tête d'une baleine proprement dite (i), pi. aja6, fig. 1—4
(1) Figure de la tète de baleine du Groenland : Cam-
YiVÀirrfes. 379
d'après un jeune individu du Cap^ fig. 5—8 d'après un adulte de la même espèce ^ et fig. g-^i I d'après un adulte du Groenland, il faut se figurer le museau du rorqual rétréci , allongé, comprimé latéralement, et arqué d'avant en arrière à peu près en quart de cercle.
C'est dans le vide que laisse cette courbure en quart de cercle que sont logés les &nons qui adhèrent, par leur extrémité supérieure et large , aux côtés de la carène que le museaii forme en dessous, et descendent obliquement en dehors par leur extrémité inférieure et pointue vers la mâchoire inférieure ; on peut en prendre une idée fig. i, a et 3, où on lésa laissés d'un côté. C'est précisément parce que cette courbure leur donne plus d'espace dans les baleines proprement dites , qu'ils y sont plus longs que dans les rorquals, où le museau presque droit leur laisse peu de place.
De cette compression latérale du museau il résulte que les inter-maxillaires, £ , £, ne sont
per, Gëtacés, pi. HT, Y et YI ; excellente, mais d*après un jeune indÎTidu. C'est la seule que |et
pas horizoatalement entre , ' maid Terdcalement sur les maxillaires » a, aj le plan sop^ rieur de ces derniers est lui-même preiqae vertical, si ce n'est dans la brandie latérale, â\d\ qui borde m avant lefiroAtal^jÇ pour se rendre avec lui sur l'orhite. Gettfe portion transverse du frontal est plus étnnte d'avant en arrière que dans le rorqual.
L'occipital, A, est convexe dans toute sa partie supérieure , moins oblique qu'au rorqual et de forme demi-ovale.
• Le temporal, y/i, iti, demeure transverse ,
et sa partie zygomatique ne se recourbe presque pas en avant.
Les os du nez, e, «, sont rhombo!dauX| et non pas triangulaires comme au rorqual.
Inférieurement les os palatins, p^p^ et les ptérygoïdiens, Sy Sj sont encore plus reculés et plus courts, et l'os sphénoïde plus caché qu'au rorqual.
L'os maxillaire a une profonde échancrure à son bord inférieur et postérieur.
La face glénoide du temporal est beaucoup
VIVANTES/ a8i
moins verticale que dans le rorqual, en sorte que l'os de la mâchoire inférieure se redresse un peu pour lui offrir sa face articulaire convexe. Cette disposition, jointe à l'absence d'une apophyse coronoîde , peut servir à la distinguer de la mâchoire inférieure du rorqual r
La tête de baleine de Groenland du Muséum britannique^ (ig. 9 — 11, diffère plus de celle du Cap que les têtes de rorqual ne diffèrent entre elles^ Elle est beaucoup moins large de sa partie postérieure à p(;oportioh de sa longueur. Les portions transverses du frontal et des maxillaires qui se rendent à l'orbite, au lieu de s'y porter transversalement, se dirigent obliquement en arrière, et sont plus longues dans le sens transverse etplus étroites dans le sens opposé. Le temporal , au contraire, a presque autant de dimension dans le sens transversal que dans le longitudinal , ce qui lui donne une figure presque carrée , mais fort irrégulière. 11 se porte beaucoup plus en arrière que les condyles occipitaux, qui, dans la baleine du Gap , forment le point le plus
il8a BicLBIHBS
postérieur du crâne. La fitcette gléuoide m porte beaucoup plus près de son bord externe. Les os du nez sont plus étroits à ^npontiùa* Les frontaux avancent sur eux en forme de deux petites pointes , etc.
L'os de l'oreille des baleines est représenlé, d'après l'espèce du Cap, pi. 22i£f^ fig. lopar sa face antérieure, fig. ii par l'externe , fig. 12 par la postérieure, fig. i3 par l'interne, fig. i4 par l'inferieureS et fig. i5 par la supérieure. Il diffère de celui des dauphifts par l'énormeépaisseur de sa caisse; a, surtout du côté interne. Cette caisse est un peu plos fermée en avant, mais laisse entre elle et le rocher, b , du côté interne , une solution de continuité plus large et moins longue à pro* portion. Elle n'est point bilobée en arrière.
Le rocher est d'une forme trèfr-irrégulière, très-raboteuse; il donne deux grcmdes et grosses apophyses également très-raboteuses, dont l'une, c^ postérieure et un peu supérieure , articulée à une apophyse correspondante de la caisse, s'engrène entre le temporal et l'occipital latéral; et l'autre, d^ antérieure
VIVANTES. :a83
et inférieure, s'articule, par suture écailleuse, avec la partie du temporal qui descend pour fournir l'articulation à la mâchoire inférieure.
Cette seconde apophyse , qui , dans la ba* ieine, est aussi grande que l'autre, est fort petite dans le rorqual; mais il n'en résulte pas moins de cette disposition, que l'os de l'oreille des baleines est fixé plus solidement au crâne que celui des dauphins.
La comparaison que j'iû faite de l'os de l'o* reille de la baleine du Groenland avec celui de la baleine du Cap, ajoute par les différences , bien que légères, que j'ai observées eatre eux, aux motifs qui me font croire à la différence de ces espèces.
Je n'ai point parlé dans toutes ces ostéolo* gies de cétacés dés petîtt os de l'oreille , at« tendu que leur connaissance importait peu à l'étude des fossiles. Je me bornerai à dire qu'ils existent dans toutes les espèces au nombre de quatre, comme dans les quadrupèdes, et que le marteau a très-souvent son manche soudé au bord du cadre du tympan , ce qui est d'àu« tant plus singulier qu'il n'est pas dépourvu de ses muscles.
PrincÈpales dimensions des têtes de biAùa,
Longueur de la lj<c dcpuïa l'eiti^idKc do niuKtu juiqn'tn bord poitér. dei condjlei oCcipiUDi.
Id, du crâne dcpnii le bord poitêrieur d» condj'lï* DCcipJUui ' qn'i U pointe intêrUuni di
Diilatiee eq(ce lu liords ^itemci des ipophjieipDit-oiyiairftdei fronuui
L«rj;eiir dii muieau à l'endroit oi conirnencc l'npophjie intorbilaite du miiilliirc
Longueur d» os du nez
Plu grandi! liri;enr de U faiie n
vivantes;
Haatenr du ctîne dipuU le bord inférieur du trou occipital jot* qu'au sommet de la crête do
même nom
Lar^ur du trou occipital.
Diitance entre léi borda eiteraea des condjlei ocdpitanx
Longueur de l'orbite* Sa hauteur
Longueur de la mâchoire inférieure en fuitant aa courbure
Diitance entre lei bordi eitenea des condylet articnlairci. . . •
Plus fgnnà écartemcnt de leur bord externe
[Sa hauteur, y comnrii celle de Tapophyie coronoiae