OSTÉOLOGIE
à an plus jeune âge les sillons interrompus cessent d'exister, et qu'ils ne sont en effet:::::: que des rudimens d'échancrures. C'est aussi ce que prouve le germe de cette première molaire : la première échancrure est profondément marquée dans les deux tiers de sa longueur ; l'autre échancrure externe descend à peine au quart, et la troisième descend à peine d*une ligne; Témail l'enveloppe d'abord. Les deux points sont marqués sur le germe, mais légèrement. Il résulte de ces observations que si l'animal vivait assez long-temps pour user les deux tiers de ses dents ^ leurs couronnes ne présenteraient plus d'échancrures, mais deux sillons interrompus; c'est le cas de la seconde de ces molaires supérieures , elle montre trois sillons interrompus et un point. Cette même dent moins usée montre le point dont nous venons de parler , en forme de sillon , et le sillon qui le suit en forme d'échancrures; le reste est comme dans la dent adulte. La troisième molaire supérieure a une échancrure interne, un sillon court est à son extrémité , et après viennent deux autres sillons plus grands. Dans l'individu plus jeune se présente d'abord un sillon , puis une échancrure légère à la face interne; ensuite un sillon et une autre échancrure à
la même face; enfin nn point. Dans le germe qui commence à s'user^ le premier sillon et la première échancrure se réunissent, le second sillon forme une échancrure et le point un sillon. Enfin la quatrième molaire dans Vadulte a une échancrure interne, puis trois sillons interrompus. Dans le jeune individu il y a trois échancrures internes et une externe entre la première et la seconde du côté opposé. La partie postérieure est terminée par un sillon qui probablement était encore une échancrure dans un plus jeune âge. A la mâchoire inférieure la première molaire dans : Findividu adulte, comme dans le jeune, a - trois échancrures â la face interne et une à laiace externe; seulement dans le jeune on voit un point avant les premières échancrures. Dans le germe ce point est une échancrure légère , la première échancrure un sillon qui traverse la dent ; les trois autres échancrures n'offrent point de différence. La seconde mo- : laire dans l'individu adulte a d'abord trois points, puis un sillon^ ensuite une échancrure extérieure, et enfin un sillon. Dans le jeune individu les trois points forment un sillon, le reste ne diffère pas de Tindividu adulte. Dans le germe qui commence à s'user on ne voit que quatre échancrures , une en
^6 OSTKOLOGIE
dehors et trois en dedans. La troisième et la quatrième molaires ressemblent à la seconde quant au fond. Dans Tindividu adulte elles lui ressemblent en tout; dans le jeune elles ont une échancrure extérieure et trois intérieures^ dont la dernière traverse la dent, mais sera bientôt interrompue par l'usure : le germe de eette dent ressemble essentiellement au germe de la quatrième supérieure.
Les pokcs-epics , pi. 202 , fig. 9^ sont, sous le rapport des difTicultés qu'ofire la descrip^ tion de leurs molaires , dans le même cas que les pacas, que les agoutis^ que les castors, etc.; dans la jeunesse de l'animal elles sont formées de plusieurs tubercules minces comme des lames , réunis entre eux assez diversement et assez irrégulièrement pour que Ton ne puisse en donner une description claire. Les tubercules en s'usant présentent d'abord un crenx à chacune des extrémités de la dent et deux plis dans le milieu, vis-à-vis l'un de l'autre. Lorsque l'usure augmente^ ces creux, dont le fond est inégal, se divisent, et les deux
DES RONGEURS VIVÀNS. 77
plis se réunissent de manière à couper par un sillon la dent dans son milieu. Enfin le pli externe aux molaires inférieures et l'interne aux supérieures restent seuls marqués^ et les divisions du creux des extrémités se rapetissent et se réduisent finalement à des points.
Les agoutis, pi. 2o:i, fig. 10, ont, comme les pacas y quatre molaires de chaque côté des mâchoires. Chacune des dents molaires parait être formée originairement par cinq tubercules; les traces des sillons qui séparent ces tubercules se conservent jusqu'à Tâge le plus avancé, et il en est de même d'un pli très-profond qui se voit au côté interne de ces dents à la mâchoire supérieure, et au côté externe à la mâchoire inférieure. Cependant lorsque l'animal est arrivé au dernier période delà vieillesse, les caractères de ses molaires se réduisent à quelques cercles d'émail. La figure que nous avons donnée des molaires des agoutis a été faite sur les dents d'un agouti adulte. Ce sont ces espèces de dents qui, comme nous l'avons déjà dit, sont les plus
78' OSTEOLOGfE
difficiles à caractériser, et c'est sur elles qu'il serait le plus important d'étudier les modifications que leur fait éprouver ladétrition.
Les c\biais, pi. 202, fig. 17. A la mâchoire d'en haut, les trois premières molaires se ressemblent par la forme et par la grandeyr : chacune d'elles se compose de deux tubercules distincts séparés par un repli profond rempli de substance corticale. Ces tubercules oqt la même figure qui peut être considérée comme le résultat de deux points d'émail, lesquels partant de la face interne de la dent se séparent à angle aigu en formant deux lignes qui arrivent à la face externe, ou se replient en dedans de l'angle qu'elles viennent de former pour se réunir au milieu de cet angle et y tracer une autre figure semblable à lui. Ou , pour mieux dire , ces tubercules ressemblent à un triangle profondément échancré à la face extérieure de la mâchoire. La quatrième, aussi grande que les trois autres ensemble et plus large qu'elles , se compose d'une douzaine de tubercules étroits, en forme de
DES RONGSUBS VIVANS. 79
lames y réunis par le cortical qui s'est déposé entre eux ; ils sont disposés obliquement dans la mâchoire , et le premier ressemble^ à l'un des triangles échancrés qu'on remarque sur les dents qui précèdent celle-ci.
A la mâchoire inférieure , la première molaire f tout d'une pièce , est sillonnée sur son bord externe par deux profondes échancrures triangulaires ; la face interne a quatre de ces échancrures , moins profondes que les autres , mais de même forme. La seconde est composée de trois tubercules semblables à ceux des premières molaires supérieures, mais ici les deux premières ont leurs échancrures en dedans de la mâchoire. La troisième molaire a«quatre tubercules. Le premier et le dernier sont semblables à ceux de la dent précédente , mais réchancrure de l'un est en dedans, et celle de l'autre en dehors. Les deux tubercules du miUeu sont simples et présentent des lames étroites. La dernière de ces molaires , plus grande que celle qui la précède , lui ressemble pour la composition; seulement les deux tubercules échancrés n'ont point la forme triangulaire; c'est un parallélipipéde fort irrégulier dont réchancrure est si profonde qu'elle semble le partager en deux lames semblables
8o OSTÉOLOGIE
à celles qui se trouvent au milieu de cette dent. Tous les replis et toutes les échancrures de ces dents sont plus ou moins remplis de cortical.
Les coBAiBS, anoemas, ou cochons d'Inde , pi. 202 y fig. 18. Les molaires du cochon d'Inde ont toutes , à peu de chose près , la même forme et la même grandeur; ainsi, en en décrivant une, toutes les autres seront décrites. Nous prenons pour exemple une molaire de la mâchoire inférieure.
Au premier abord , cette dent présente la forme d'un triangle dont une des faces regarde l'intérieur de la mâchoire, et un des angles l'extérieur ; cet angle est partagé en deux par une échancrure légère, et la face par une échancrure plus légère encore; mais si on regarde plus attentivement ces dents, on voit que ces échancrures se prolongent dans toute leur largeur, et qu'elles ne sont arrêtées que par l'émail du côté opposé à celui où elles naissent. L'échancrure de l'angle se dirige parallèlement à la face antérieure de la dent,
DES RONGEURS VI VANS. 8l
et celle de la face externe , parallèlement à la face postérieure. Ces échancrures sont presque complètement remplies de cortical. Les molaires d'en haut diffèrent seulement des autres en ce qu'elles sont dans une position renversée, c'est-à-dire que Tangle, au lieu d'être en dehors, comme à la mâchoire d'en bas, est en dedans, et en ce que Féchancrure de la face externe est très-peu profonde.
Les kkrodontes, pi. 202, fig. 2/^. Les dents mâclielières de ces rongeurs ont plusieurs analogies avec celles des anoemas ou cochons d'Inde ; mais elles ont aussi des différences notables, comme le montrent déjà les figures que nous en donnons. Â la mâchoire supérieure, elles sont toutes de la même grandeur et de formes semblables; elles sont partagées par un repli de l'émaîl de l'intérieur à Textép»» rieur en deux parties, dont chacune représenle un triangle isocèle à côtés un peu arrondis on plutôt la forme qu'en botanique on nomme cordiforme. La seconde partie de la dernière de ces dents se prolonge un peu postcrieure-* vin. G
83 OSTUOLOGIB
ment vers sa face externe. A la mâchoire inférieure , les mdchelières sont composées de parties semblables à celles des supérieures : toute la différence c'est que la première se Gompose de trois de ces parties cordi formes , dont l'antérieure est un peu plus petite que les deux qui la suivent.
Le CAMPAGNOLj^E RAT d'eaU^ LE SCHERMAUS^
l'Économe y lb rat de la baie d'hudson^ etc., pi. !Sto2, fig. 19, qui tous ont été réunis dans le même genre, ont six molaires à chaque mâchoire , qui présentent à la surface de leur couronne des zigzags formés de chaque côté par les replis de lemail. Le sommet des angles de ces zigzags, qui se dirigent dans l'intérieur de la dent, ne se trouve point en opposition avec le sommet de l'angle du côté opposé 9 mais avec une des lignes dont la réunion forme ces angles. Les replis de l'émail n'étant point remplis de cortical , ces dents ont leurs sillons ouverts sur toute leur longueur. A la mâchoire supérieure, b, la pre* mière dent a deux angles rentrans de chaque
DES fiONGEUnS VlVANS. 83
cÂté; la seconde y deux du côté extérieur et uni seulement du côté intérieur; la troisième est comme la première. A la mâchoire inférienre^ a, la première a,, de chaque côté, quatre ou cinq angles rentrans selon les espèces, et les deux autres, deux seulement. Leur longueur est proportionnelle a la quantité de leurs angles.
L'ondatra diffère en deux points du commun des campagnols. Sa première molaire inférieure a un triangle de plus que la leur, et toutesses molaires prennent des racines bientôt après que l'animal est arrivé à Fâge adulte.
Les lièvres, pi. 202, fig. 20. Les dents molaires de ces animaux sont de même composition , excepté la dernière, qui est simple et des plus petites de toutes. Leur couronne a la forme d'un ovale fort allongé, échancré trè^légèrement à chacun de ses bouts; nne crête la partage en deux parties dans le sens de sa longueur, et deux autres crêtes garnissent ses bords; ces crêtes sont forpar l'émail : celle du milieu provient
84 OSTEOLOGIB
de rémail du bord externe qui se replie dans le milieu de la dent. Ce repli pénètre jusqu'au bord opposé, et ses deux faces sont tellement rapprochées qu'elles ne forment plus qu'une lame très -mince; elles se soudent même dès qu'elles ont pénétré dans la dent, car le repli ne s'aperçoit distinctement qu'à la racine. Les molaires de la mâchoire supérieure s'usent assez uniformément sur toute leur couronne ; mais celles de l'autre mâchoire s'usent plus^ en dehors qu'en dedans; il en résulte à l'extrémité interne de la crête moyenne un tubercule assez aigu. Nous n'avons point encore trouvé d'exception à ce que nous venons de dire, quels que soient les individus et les espèces de lièvres que nous ayons observés.
L'helamys, pi. 202, fig. 2i. Ses molaires approchent de la forme d'un disque interrompu dans son contour, au bord interne à la mâchoire inférieure et au bord externe à la supérieure, par un repli de l'émail qui s'avance, comme dans les lièvres, jusqu'à
DES RONGBUItS VIVAMS. 85
l'émail de l'autre bord ; mais ce repli trèsdistinct et rempli de cortical neproduit point la crête que nous avons observée dans le genre précédent.
ARTICLE IV
De quelques caractères que peuvent fburoir les autres
parties du squelette.
La division des rongeurs en clavicules et en non clavicules , ainsi que les mouvemens variés propres à chacun des genres de ces animaux^ ont produit tant de diversités dans leurs squelettes , qu'il est difficile de leur trouver des caractères communs dans les autres os que la tête. Il n'en reste pas moins vrai que chaque os pris à part et trouvé semblable à celui d'une espèce ne peut être que de cette espèce; mais leurs caractères tiennent à des nuances si légères de courbures et de formes qu'on ne peut les saisir que par la comparaison effective.
On comprend aisément que dan$ les ono^
86 08T£0L0GIfi
PLATES Tacromion doit différer selon qu'il y a ou qu'il n'y a pas de clavicule. Cependant cette différence n'est pas aussi forte qu'on l'imaginerait.
Dans les non clavicules l'épine reste atta* chée au corps de l'os sur un moindre espace , mais l'acromion lui-même ne s'en prolonge guère moins vers la tête articulaire; il se termine en lame mince , et donne de son bord postérieur une apophyse dirigée en arrière et plus ou moins longue. Elle Test beaucoup dans les lièvres, les cochons d'Inde , les agoutis^ se raccourcit dans les pacas, encore plus dans les porcs-épics, ne se montre plus que sous forme d'élargissement ou d'angle saillant dans les clavicules des genres marmottes, écureuils, rats, et nullement dans ceux à forte clavicule qui se servent beaucoup de leurs mains, tels que castors, oryctères, rats^tàupeé.
• L'omoplate des hélamjrs ou grandes gerboiseftdu Cap (pedetes, lUiger) se distingue d^ toutes les autres par l'étendue et la forme rectiligne de son bord spinal , qui se prolonge surtout vers l'angle postérieur, en sorte que I& fosse post-épineuse est bien plus grande crue l'autre.
DES nONGBURS ViVAIS\S. 87
Le castor est de ceux qui ont l'omoplate plus étroite et tout-à-fait arquée vers le bord spinal. On Ta représentée pi. 2o3, fig. i.
Le corps de l'omoplate dans les lièi^res, les cochons d'Inde et cabiais, se reconnaît à la courbure concave de son bord postérieur et à ce que ce bord n'a point d'arête relevée. Il n'y en a pas non plus aux agoutis et pacas , mais le bord y est convexe en bas et concave en haut.
Les os du bras et de Tavant-bras '^es ron-* geurs n'ont point de caractères qui leur soient communs, et qui puissent en même temps les distinguer de toutes les autres familles.
Le RADIUS de Vhélamjs, par exemple, a sa tête supérieure aussi ronde que celle de l'homme , et tourne aussi facilement sur une partie sphérique d'un côté de la tête inférieure de l'humérus , tandis que dans les lièvres l'articulation de ces deux os se fait par un ginglyme plus serré que dans aucun ruminant, et qui prend tout le devant de l'articulation •
Les codions d'Inde ont à peu près le même ginglyme. Il s'affaiblit dans les autres non clavicules, cabiaisp pacas p agoutis p et dans la
88 OSTKOLOGIE
plupart des clavicules il se réduit à une légère convexité d'un côté de la tête du radius, qui devient ainsi plus oblongue et assez semblable à celle des carnassiers.
Le porc-épic urson Ta presque aussi rond que VJiélainjs.
Uajre-ajre ou clieifvm/s, que Ton a voulu par cette raison seulement éloigner des rongeurs, n'a pas la tête supérieure de son radius si ronde que Vhélamys et que V urson ^ ni plus que la marmotte.
Voyez le radius du castor^ pi. 2o3, fig. 7, 8 et g, et son cubitus , fig. 6.
La tête inférieure de I'humérus correspond à celle du radius : en sorte que la partie externe de sa poulie est demi-globuleuse dans Yhé/amjrs; en portion d'ellipsoïde dans les au* très genres, excepté les lièvres et les cochons d^Inde, où elle a une forte arête saillante.
La crête deltoïdienne de l'humérus donne aussi quelques caractères : elle est très-marquée et forme une pointe saillante vers le bas, dans le castor^ les rats^ davantage dans les r/i/5 d'eau p l^s ondatra , les gerboises, et
DES RONGEURS VIVAIVS. 89
encore plus dans les georychus et les rats^ taupes; elle est médiocre dans tes hélamys , les loirs f les marmottes ^ les écureuils^ les pacas et agoutis , et elle est presque effacée et |)eu allongée dans les lièvres , les cabiais , les cochons d'Inde.
Il y a des genres et des sous-genres (les hélamySf les hamsters y les écureuils) qui ont le coudyle interne percé d'un trou; mais je ne trouve ce trou dans aucun des autres.
Voyez , pour l'humérus du castor ^ les fig. n ,
Il y a aussi quelques traits distinctifs à tirer du FBMUR^ et surtout de la saillie du troisième trocbanter ou de la crête qui le remplace.
Dans le castor, lefémur^ pi. ^oS^fig. 12, i3y i4 et i5| est trè&-large et aplati d'avant en arrière, à bord externe en crête tranchante ^ et au milieti un fort trochanter.
Le troisième trochanter est très-fort aussi ^ mais en crête plutôt qu'en pointe dans les ondatra.
Il diminue, mais garde la forme de crête, dans las rais d'eau , les rais , les /lamsters p les
go OSTÉOLOOIE
loirs j les écureuils , vers le tiers ou le quart supérieur ; les marmottes , les orjctères^ en ont un léger vestige dans le haut. Il est plus fort^ et aussi dans le haut , dans les lièvres. Il se réduit presque a rien dans les agoutis y paeas^ cahiais^ etc.; maison le retrouve un peu plus prononcé dans les cochons d'Inde.
Toute éminence de cette nature manque dans les kélamys j les échimjs et les porcs^ épies.
Les hélamys , les porcs-épics et les gerboises sont de tous ces genres ceux qui ont le grand trochanter le plus élevé.
Le TIBIA du castor y pi. 2o5, fig. 16, 17, 18 et 19^ est fortement arqué en avant; ses deux crêtes latérales laissent entre elles^ en arrière, une. cavité longitudinale et profonde. Il se soude par les deux bouts avec le péroné, qui^ à sa tête supérieur^ , a en dehors une forte apophyse descendante. Leur soudure dans le Iras occupe le tiers de leur longueur.
Cette description s'applique aux os de la jambe des rhts d^eau , des ondatra , à ceux des loirs f des rats, des hamsters, dont seulement le tanal postérieur ti'est pas si profond.
DES RONGEURS VIVANT. Qt
Hains les porcs^pics y les écnreiti/s , les ma/^ wioiies', les pacas, les agoufis, les cochons ^ Inde y les os sont moins arqués , plus arrondis ; ils ne s'unissent point ou fort tard.
Dans les lièvres , les hélamjs , les gerboises , les gerbiUes , le péroné est un léger filet qui 86 confond dès le milieu ou le tiers supérieur du tibia avec ce dernier os.
La composition de la main et celle du pied sont au nombre des caractères par où les rongeurs varient le plus.
Le CARPE en général est formé en partie sur le modèle des carnassiers, en partie sur celui des quadrumanes.
U n'y a, comme dans les carnassiers, pour Tarticulation avec le radius, qu'un seul os, répondant au scaphoide et au semi-lunaire ; mais Tespèce d'os surnuméraire situé en dehors de celui-là, qui est peut-être le vestige particulier du scaphoïde ainsi rejeté en dehors , et qui dans les carnassiers demeure si petit qu*on ne Ta pas toujours aperçu (i).
(1) Je m'aperçois a tegret que j'ai négligé de parler de ce petit os, dans les descriptions des ceopes de car-
g3 ostëologib
s'agrandit et s'aplatit dans beaucoup de rongeurs pour renforcer le ligament intérieur du carpe sous lequel passent les tendons des fléchisseurs. Il est souvent plus grand qu'aucun des autres , et quelquefois subdivisé en deux.
Quant aux quadrumanes, la plupart des rongeurs leur ressemblent , en ce qu'ib ont le trapézoïde du carpe divisé en deux portions par une séparation transversale , ce qui n'a lieu ni dans l'homme ni dans beaucoup d'autres mammifères.
C'est dans le castor ^ dans VJiélamySj que cet os extérieur au carpe, cette espèce de pisiforme du côté du pouce est le plus grand. Dans le premier il égale le pisiforme ordinaire, et est plus large et plus aplati.
Uhélamjs l'a double en grandeur du pislforme , et divisé en deux par une suture.
Il est peu considérable dans les écureuils , les rats.
nasoers que j'ai données dans mon quatrième volume ( septième volume de cette édition ) ; mais il est bien représenté dans celui du tigre, pL 197, fig. 9, au bord interne du cftrp^.
BBS ftOffGEURâ VIVANS. gS
Bans les lièvres , on a presque la structure des quadrumanes.
Le scaphoïde et le semi-lunaire sont distincts et s'articulent avec le radius : aussi n'y a-t*il point d'os de ce côté dans le ligament transyerse. Il y a une division transverse à Tun des os du second rang; mais, à en juger par le rapetissement du grand os, il paraîtrait que c'est lui, et non pas le trapezoïde, qui est subdivisé.
Dans les orjrcières ou rnls^-iaupes du Cap, la structure est la même ; mais , malgré la présence d'un vrai sëaphoïde, il y a au bord interne un os surnuméraire articulé sur le scaphoïde et sur le métacarpien du pouce, qui semble faire partie du carpe et repousse le trapèze à Tintérieur.
Le cojra {cojrpus) est le seul des rongeurs dont j'ai examiné le carpe qui n'ait point de division ni au grand os ni au trapézoïde , et même ce dernier est uni en un seul avec le trapèze. Il y a l'os en dehors du coté du radius , mais il est de grandeur médiocre.
Enfin il y a très-souvent aussi au bord externe du carpe, en dehors du cunéiforme et de l'unciforme, un autre os surnuméraire,
g4 OSTROLOGIB
petit et lenticulaire ; on le voit dans le castor, le povc-cpic.
Nous représentons le carpe du cojtor^ pK 2o3^
fig. 10.
Le TARSE dans les rongeurs a généralement ce caractère, que le scaphoïde y est divisé en deux os : l'un qui répond comme à l'ordinaire à l'apophyse avancée et convexe de l'astragale, l'autre qui est placé plus au bord; c'est ce dernier qui porte le cunéiforme du pouce , et il est le plus souvent chargé d'un petit os surnuméraire qui fait comme le vestige d'un sixième doigt. Dans le c//5/or, pi. :2o3,fig. 20, cet 03 surnuméraire est large et plat, et se colle contre le bord interne du pied. Dans une espèce de porc-épic d'Amérique, cet os surnuméraire est large et aplati, comme celui qui s'attache au bord interne du carpe. Il sert à donner une grande largeur à la plante du pied.
JVIais dans lesra^^, les écw^euils, cet os surnuméraire est petit.
Dans VliélamySy l'os détache du scaphoïde est une longue lame collée contre le bord interne du tarse depuis Tastragale jus([uc sur la tête du premier métatarsien, et une autre lame
dj:s liONGEUns vivans. (j5
plus petite collée encore sur celle-là est Icsful vestije de pouce et d'os surnuméraire.
Dans les agoutis et les cochons d^Inde , qui n^ont que trois doigts, l'os détaché du scaphoïde existe et porte un os qui représente toutes les parties du pouce. Il y a aussi de l'autre côté un vcstirje de petit doigt.
Les lièvres n'ont point d'os détaché du scaphoïde, mais seulement pour tout vestige de pouce un petit grain osseux que l'on n'aperçoit qu'au moyen de la plus grande attention.
Le castor étant de tous les rongeurs celui dont les os se trouvent le plus souvent à Tétat fossile, nous avons cru rendre service aux géologistes en leur donnant ici un tableau des dimensions de son squelette qui puisse leur servir d'objet de comparaison. 11 est pris d'-un squelette de castor du Gardon.
gG OST£OL0Gfti
Dimensions d^un squelette de castor.
TETE
Depuis le sommet de la crête occipitale
jusqu'au bord antérieur de Tos iucisif. • 0|146
Du même point au bord antérieur des os du
nez 0,142
De la partie la plus saillante d'une arcade
zygomatique à l'auti-c 0,102
Distance entre les angles poster leurs des
orbites. . 0,072
Moindre largeur du crâne entre les orbites. 0,025
Largeur du crâne entre les apophyses zygo* matiques du temporal et le conduit auditif. 0,046
Largeur du nez prcsqu'à son ex trc lui tr. . . 0,028
Distance enti'e le bord externe des conduits
auditifs 0,072
Hauteur depuis le bord iuférîeur des condyles jusqu'à la crête occipitale 0,04l
■ depuis le bord alvéolaire jusqu'au sommet de la partie la plus étroite du crâne 0,050
— — — depuis la partie moyenne des fentes incisives jusqu'à la partie moyenne des os du nez 0,035
•— du trou occipital 0,018
Sa plus grande lai'geur 0,047
. Du trou occipital au bord postérieur de la
voûte palatine 0,041
DES RONGEURS VIVVNS. 97
Da bord postérieur de la vodte pal' iine à
la fente incisive 0^048
I>e rextrémité antërieure de la fente incisive au bord antérieur de l'aU iole de la dent incisive 0,025
Longueur du bord alvéolaire des 11 olaires. 0,030
IKstance entre les bords externes c e la dernière molaire 0,038
Id de la première molaire 0,025
Longueur des fentes incisives 0,017
Longueur de la mâchoire inf 1 ure depuis Tangle postérieur j usqu'au L .3 supérieur antérieur de l'alvéole des io ci si ves. ... 0,109 .
Distance de l'angle postérieur jusqu'à la
base de l'apophyse coronoVie 0,060
Hauteur des branches de la v..tchoire prise depuis l'angle jusqu'au so2)>met du con-
dyle 0,040
' " depuis le bord infér- «ur de l'angle jusqu'au sommet de l'apor' - troronnïdp O.or»9
TC-Mancr* •!»• ' . ' •• borci «.'>.! .
Intervalle d'uue apopliv- o u.onle a
Vautre prise de la partie Ja plus externe. 0,070
Plus grand écartement dos angles postérieurs 0,079
Longueur du bord alvéolaire 0,034
Distance des bovds externes de la dernière
uioia'u« 0,043
■W de la première
molaire 0,033