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“ (1) Voyez huitième partie de l’ouvrage, chapitre ur, deuxième section.
(2, Ibid., mèmes partie, chap. et section.
(3) Ibid., mêmes partie, chap. et section.
(4) Jbid., même partie , chap. 11, deuxième section. 1. 2
ovipares de toutes les tailles et de toutes les formes ; au milieu de ces crocodiles, de ces tortues, de ces reptiles volans, de ces immenses mégalosaurus, de ces monstrueux plesiosaurus, que se seraient montrés, dit-on, pour la première fois, quelques petits mammifères; il est certain que des mächoires et quelques autres os découverts en Angleterre appartiennent à cette classe, et spécialement à la famille des didelphes ou à celle des insectivores. |
Plusieurs géologistes ont soupçonné cependant que les pierres qui les incrustent sont dues à quelque recomposition 1ocale et postérieure à l’époque de la formation primitive des bancs. Quoi qu'il en soit, pendant long-temps encore on trouve que la classe des reptiles dominait exclusivement.
Les sables ferrugineux placés, en Angleterre, au-dessus de la craie, contiennent en abondance des crocodiles, des tortues, des mégalosaurus, et surtout un reptile qui offrait encore un caractère tout particulier, celui d’user ses dents comme nos mammifères herbivores.
C’est à M. Mantell, de Lewes en Sussex, que l’on doit la découverte de ce dernier animal » M,
bles inférieurs à la craie (1). Il l’a nommé iguanodon. 54
Dans la craie même il n’y a que des reptiles; on y voit des restes de tortues, de crocodiles. Les fameuses carrières de tuffeau de la montagne de Saint-Pierre, près de Maëstricht, qui appartiennent à la formation de la craie, ont donné, à côté de très-grandes tortues de mer et d’une infinité de coquilles et de zoophytes marins , un genre de lézards non moins gigantesques que le mégalosaurus , qui est devenu célèbre par les recherches de Camper et par les figures que Faujas a données de ses os, dans son histoire de cette montagne.
Il était long de vingt-cinq pieds et plus; ses grandes mâchoires étaient armées de dents très-fortes, coniques, un peu arquées et relevées d’une arête, et 1l portait aussi quelquesunes de ces dents dans le palais. On comptait plus de cent trente vertèbres dans son épine, convexes en avant, concaves en arrière. Sa queue était haute et plate, et formait une large rame verticale (2). M. Conybeare a proposé récemment de l'appeler mosasaurus.
(4) Voyez cet ouvrage, huitième partie, chap. 1, 2°section ; chap. n1, 2° sect. ; et chap. m1, 2 section. (2) Jbid., même partie, chap. 111, deuxième section.
Les argiles et les lignites qui recouvrent le dessus de la craie ne m'ont encore offert que des crocodiles (1). J’ai tout lieu de croire que les lignites qui ont donné, en Suisse, des os de castor et des tortues du genre appelétrionyx, et quiest, comme le crocodile, propre aux rivières des pays chauds (2), appartiennent à un âge plus récent. Ce n’est même que dans le calcaire grossier qui repose sur ces argiles que j'ai commencé à trouver des os de mammifères; encore appartiennent-ils tous à des mammifères marins, à des dauphins inconnus, à des lamantins, à des morses.
Parmi les dauphins, il en est un dont le museau, plus alongé que dans aucune espèce connue, avait la mâchoire inférieure symphysée sur une bonne partie de sa longueur presque comme dans un gavial. Il à été trouvé près de Dax par feu le président de Borda (3).
Un autre, des faluns du département de
(4) Voyez huitième partie, chap. 1, troisième sec- |
tion.
(2) Tout récemment M. Graves a envoyé au Muséum | d'histoire naturelle une grande carapace de trionyx, | trouvée dans les terres noires des environs de Beauvais. |
(3) Voyez septième partie, chap. 1, deuxième secz |
tion.
l'Orne, avait aussi le museau long, mais un peu autrement conformé (1). L
Le genre entier des lamantins est aujourd'hui habitant des mers de la-zone torride ; et celui des morses, dont on ne connait qu’une espèce vivante, est confiné dans la mer Glaciale. Cependant nous trouvons des ossemens de ces deux genres réunis-dans les couches de caicaire grossier du milieu de la France; et cette réunion d'espèces, dont les plus semblables sont aujourd’hui dans des zones opposées, se reproduira plus d’une fois.
Nos lamantins fossiles sont différens des lamantins connus, par une tête plus aloñgée et autrement configurée (2). Leurs côtes, très-reconnaissables à leur épaisseur arrondie et à la densité de leur tissu, ne sont pas rares dans nos différentes provinces.
Quant au morse fossile, on n’en a encore que de petits fragmens insuffisans pour en caractériser l’espèce (3).
Ce n’est que dans les couches qui ont suc-
(1) Voyez septième partie, chap. 1, deuxième section.
(2) lbid., mème partie, chap. u , deuxième section,
(3) lbid., mème partie, chap. 1, deuxième section.
cédé au calcaire grossier, ou tout au plus dans celles qui auraient pu se former en même temps que lui, mais dans des lacs d’eau douce, que la classe des mammifères terrestres eommence à se montrer dans une certaine abondance.
Je regarde comme appartenant au même âge, et comme ayant vécu ensemble, mais peut-être sur différens points, les animaux dont les ossemens sont ensevelis dans les molasses et des couches anciennes de gravier du midi de la France ; dans les gypses'mêlés de calcaire , tels que ceux des environs de Paris et d'Aix et dans les bancs marneux d’eau douce recouverts de bancs marins de PAlsace, de l’Orléanais et du Berry.
Cette population animale porte un caractère très- remarquable dans l’abondance et la variété de certains genres de pachydermes, qui manquent entièrement parmi les quadrupêèdes de nos jours, et dont les caractères se rapprochent plus ou moihs des tapirs, des rhinocéros et des chameaux.
Ces genres, dont la découverte entière m'est,
due, sont : les palæotheriums, les lophiodons , les anoplotheriums , les anthracotheriums , les cheropotames, les adapis.
Les palæotheriums ressemblaient aux tapirs
par la forme générale, par celle de la tête, notamment par la briéveté des os du nez, qui annonce qu’ils avaient, comme les tapirs, une petite trompe; enfin par les six dents incisives et les deux canines à chaque mächoire ; mais ils ressemblaient aux rhinocéros par leurs dents mâchelières, dont les supérieures étaient carrées, avec des crêtes saillantes diversement configurées, et les inférieures en forme de doubles croissans, et par leurs pieds, tous les quatre divisés en trois doigts, tandis.que dans les tapirs ceux de devant en ont quatre.
C’est un des genres les plus répandus et les plus nombreux en espèces dans les terrains de cet âge.
Nos plâtrières des environs de Paris en fourmillent : on y en trouve des os de sept espèces. La première ( P. magnum), grande comme un cheval; trois autres de la taille d’un cochon, mais une (P. medium ) avec des pieds
> . 4 ° étroits et longs; une (P. crassum) avec des
pieds plus larges; une (P, latum) avec des pieds encore plus larges et surtout plus courts; la cinquième espèce ( P. curtum), de la taille d’un mouton, est bien plus basse et a les pieds encore plus larges et plus courts à proportion que la précédente; une sixième ( P. minus) est de la taille d’un agneau, et a des pieds
grêles dont les doigts latéraux sont plus courts que les autres; enfin il y en a une ( P. minimum) qui n’est pas plus grande qu’un lièvre : elle a aussi les pieds gréles (x).
On a trouvé aussi des palæotheriums dans d’autres contrées de Ia France : au Puy en Vélay, dans des lits de marne gypseuse, une espèce (P?. velaunum) (2) très - semblable au P. medium, mais qui en diffère par quelques détails de sa mâchoire inférieure ; aux environs d'Orléans, dans des couches de pierre marneuse, une espèce ( P. aurelianense ) (3) qui se distingue des autres parce que ses molaires inférieures ont l’angle rentrant de leur croissant fendu en une double pointe, et par quelques différences dans les collines des molaires supérieures; auprès d'Issel, dans une couche de gravier ou de molasse, le long des pentes de la Montagne - Noire, une espèce
(+) Voyez deuxième partie, chapitres 11 et 1 en entier, et spécialement chap. 11, 7° et 8° sections.
(2) 1bid., mème partie, chap. n, 8° section.
(3) Jbid., même partie, chap. 11 et ur en entier, et spécialement chap. n, 7° section; et première partie,
chap. x, deuxième section.
(P. isselanum) (1), qui a le même caractère que celle d'Orléans, et dont la taille est plus petite; mais c’est surtout dans les molasses du département de la Dordogne que le palæotherium s’est trouvé non moins abondamment que dans nos plâtrières de Paris.
M. le duc Decazes en a découvert, dans les carrières d’un seul parce, des 6s de trois especes qui'paraissent différentes de toutes celles de nos environs (2).
Les /ophiodons se rapprochent encore un peu plus des tapirs que ne font les palæotheriums, en ce que leurs mächelières inférieures ont des collines transverses comme celles des tapirs.
Ils diffèrent cependant de ces derniers, parce que celles de devant sont plus simples, que la
dernière de toutes a trois collines, et que les supérieures sont rhomboïdales et relevées d’arêtes fort semblables à celles des rhinocéros.
On ignore encore quelle est la forme de leur museau et le nombre de leurs doigts. J'en ai
découvert jusqu'à douze espèces, toutes de
(1) Voyez deuxième partie, chap. 11, huitième sec- \ tion.
eo
| (2) Jbid. , mêmes partie, chap. et section | | |
France , ensevelies dans des pierres marneuses formées dans l’eau douce, et remplies de limnées et de planorbes qui sont des coquilles d’etang et de marais.
La plus grande se trouve près d'Orléans, dans la même carrière que les palæotheriums ; elle approche du rhinocéros.
Il y en a dans le même lieu une autre plus petite ; une troisième se trouve’à Montpellier ; une quatrième près de Laon; deux près de Bischweiler, en Alsace; cinq près d’Argenton, en Berry ; et l’une des trois se retrouve près d’Issel, où il y en a encore deux autres. Il y en a aussi une très - grande près de Gannat (1). \
Ces espèces différent entre elles par la taille, qui dans les plus petites devait égaler à peine celle d’un agneau de trois mois, et par des détails dans les formes de leurs dents, qu’il serait trop long et trop minutieux d'exposer ici.
Ce sont surtout des os de lophiodon qui se sont trouvés près de Paris dans les couches
supérieures du calcaire grossier.
} (1) Voyez première partie, chap. x, deuxième sec=| tion. |
Les anoplotheriums ne se sont trouvés jusqu’à présent.que dans les seules plâtrières des environs de Paris et dans quelques endroits
du calcaire grossier du même canton. Ils ont deux caractères qui ne s’observent dans aucun autre animal ; des pieds à deux doigts dont les métacarpes et les métatarses demeurent distincts et ne se soudent pas en canons comme ceux des ruminans, et des dents en série continue et que ninterrompt aucune lacune, L'homme seul a les dents ainsi contigués les unes aux autres sans intervalle vide; celles des anoplotheriums consistent en six incisives à chaque mâchoire, une canine et sept molaires de chaque côté, tant en haut qu’en bas; leurs canines sont courtes et semblables aux incisives externes. Les trois premières molaires sont comprimées ; les quatre autres sont, à la mâchoire supérieure, carrées, avec des crêtes transverses et un petit cône entre elles, et à la mâchoire inférieure en double croissant, mais sans collet à la base. La dernière a trois croissans. Leur tête est de forme oblongue, et n’annonce pas que le museau se soit terminé ni en trompe ni en boutoir.
Ce genre extraordinaire, qui ne peut se comparer à rien dans la nature vivante, se subdivise en trois sous-genres : les anoplothe-
riums proprement dits, dont les molaires an— térieures sont encore assez épaisses, et dont
les postérieures d'en bas ont leurs croissans à
crête simple; les xiphodons, dont les molaires antérieures sont minces et tranchantes, et dont les postérieures d’en bas ont vis-à-vis de la concavité de chacun de leurs croissans une pointe qui prend aussi, en s’usant, la forme d’un croissant, en sorte qu'alors les croissans sont doubles comme dans les ruminans; les dchobunes, dont les croissans extérieurs sont pointus dans le commencement, et qui ont ainsi sur leurs arrière-molaires inférieures des pointes disposées par paires.
L’anoplotherium le plus commun dans nos plâtrières ( {n. commune ) est un animal haut comme un sanglier, mais bien plus alongé, et portant une queue très- longue et trèsgrosse; en sorte qu'au total il a à peu prés les proportions de la loutre , mais plus en grand. Il est probable qu'il nageait bien et fréquentait les lacs, dans le fond desquels ses os ont été icrustés par le #ypse qui s’y déposait. Nous en avons un un peu plus petit, mais d’ailleurs assez semblable (472. secundarium ).
Nous ne connaissons encore qu'un xiphodon,
mais très-remarquable, celui que je nomme An. gracile. West svelte et léger comme la plus jolie gazelle. |
Il y à un dichobune à peu près de la taille du lièvre, que j'appelle #7. leporinum. Outre ses caractères sous-génériques, il diffère des anoplotheriums et des xiphodons par deux doigts petits’'et grêles qu’il a à chaque pied aux côtés des deux grands doigts.
Nous ne savons pas si ces doigts latéraux existent dans les deux autres dichobunes, qui sont petits et surpassent à peine le cochon d'Inde (x).
Le genre des anfracotheriums est à peu près intermédiaire entre les palæotheriums, les anoplotheriums et les cochons. Jel'ainomméainsi, parce que deux de ces espèces ont été trouvées dans les lignites de Cadibona, près de Savone. La première approchait du rhinocéros pour la taille; la seconde était beaucoup moindre. On en trouve aussi en Alsace et dans le Vélay.
Leurs màchelières ont des rapports avec celles
(1) Sur les anoplotheriums, voyez deuxième partie, chap. 11 et ur en entier, et particulièrement le chapi- La tre 1x1, première et septième sections.
des anoplotheriums ; mais ils ont des canines saillantes (+).
Le genre cheropotame vient de nos plâtrières, où il accompagne les palæotheriums et les anoplotheriums , mais où il est beaucoup plus rare. Ses molaires postérieures sont carrées en haut, rectangulaires en bas, et ont quatre fortes éminences coniques entourées d’éminences plus petites. Les antérieures sont des cônes courts, légèrement comprimées et à deux racines. Ses canines sont petites. On ne connait pas encore ses incisives ni ses pieds. Je n’en ai qu’une espèce de la taille d’un cochon de Siam (2).
Le genre adapis n'a également qu’une espèce, au plus de la taille d’un lapin : il vient aussi denos platrières , et devait tenir dgprès aux anoplotheriums (3).
Ainsi voilà près de quarante espèces de pachydermes de genres entièrement éteints, et dans des tailles et des formes auxquelles le règne animal actuel n'offre de comparables que trois tapirs et un daman.
(1) Voyez deuxième partie, chap. 11, première section.
(2) Ibid., même partie, chap. 1, première section.
(3) 1bid., mèmes partie, chap. et sect.
he
Ce grand nombre de pachydermes est d’autant plus remarquable, que les ruminans, aujourd’hui si nombreux dans les genres des cerfs et des gazelles, et qui arrivent à une si grande taille dans ceux des bœufs, des girafes
et des chameaux, ne se montrent presque pas
dans les terrains dont nous parlons maintenant.
Je n’en ai pas vu le moindre reste dans nos plâtrières, et tout ce qui m'en est parvénu consiste en quelques fragmens d’un cerfde la taille du chévreuil, mais d’une autre espèce, recueillis avec les paiæotheriums d'Orléans (1), et dans un ou deux autres petits morceaux de Suisse, ét peut-être d'origine équivoque.
Mais nos pachydermes n'étaient pas pour cela les seuls habitans des pays où ils vivaient. Dans nos plâtrières , du moins, nous trouvons avec eux des carnassiers, des rongeurs, plusieurs sortes d'oiseaux, dés crocodiles et des tortues ; et ces deux derniers genres les accompagnent aussi dans les molasses et les pierres marneuses du milieu et du midi de la France.
À la tête des carnassiers je place une chauve-
(1) Voyez troisième partie, chapitre des cerfs fossiles.
souris tout récemment découverte à Montmartre, et du propre genre des vespertilions (1). L'existence de ce genre à une époque si reculée est d'autant plus surprenante, que ni dans ce terrain, ni dans ceux qui lui ont succédé, je n'ai pas vu d'autre trace ni des chéiroptères n1 des quadrumanes. Aucun os, aucune dent de singe ni de maki ne se sont jamais présentés à moi dans mes longues recherches.
Montmartre a aussi donné les os d’un renard différent du nôtre et qui diffère également des chacals , des isatis et des différentes espèces de renards que nous connaissons en Amérique (2); ceux d’un carnassier voisin des ratons et des coatis, mais plus grand que ceux qui sont connus (3); ceux d’une espèce particulière de genette (4) et de deux ou trois autres carnassiers impossibles à déterminer, faute d’en avoir des portions assez complètes.
(1) J’en dois la connaissance à M. le comte de Bournon ; et comme elle n’est pas décrite dans le cours de lou vrage, j'en donne une figure , planche 2, figures 1 et 2.
(2) Voyez deuxième partie ; chap. nr, première sec tion.
(3) Tbid., mêmes partie, chap. et sect.
(4) Ibid:, mêmes partie, chap. et sect.
Ce qui est bien plus notable encore, il y a des squelettes d’un petit sarigue, voisin de la marmose, mais différent, et par conséquent d'un animal dont le genre est aujourd’hui confiné dans le Nouveau-Monde (x), et celui d’une espèce beaucoup plus grande de la même famille, d'un thylacine, genre qui ne s’est retrouvé vivant qu’à la Nouvelle-Hollande (2). On y a recueilli aussi des squelettes de deux petits rongeurs du genre des loirs (3) et une tête du genre des écureuils (4).
Nos plâtrières sont plus fécondes en os d’oiseaux qu'aucun des autres bancs antérieurs et postérieurs : on y en trouve des squelettes entiers et des parties d'au moins dix espèces de tous les ordres (5).
Les crocodiles de l’âge dont nous parlons se
(1) Voyez deuxième partie, chapitre ur, première sect. (2) Je donnerai la description de ses débris dans un volume de supplément à mes Recherches sur les os fossiles, qui paraîtra dans quelque temps (*). | (3) Voyez deuxième partie, chap. m1, première sect. | | … (4) Jbid., mêmes partie , chap. et sect, (5) Ibid., même partie, même chap. , deuxième sec-
" M. Laurillard , d’après les matériaux laissés par M. Cuvier.
(Note DE L "Éprreur, )
Lee ) Ce volume fera suite à la présente édition, et sera publié par |
rapprochent de nos crocodiles vulgaires par la forme de la tête, tandis que dans les banes de l’âge du Jura on ne voit que des espèces voisines du gavial.
Il y en avait à Argenton une espèce remarquable par des dents cemprimées, tranchantes, et à tranchant dentelé comme celles de certains monitors (1). On en voit aussi quelques restes dans nos plâtrières (2).
Les tortues de cetàge sont toutes d’eau douce ; les unes appartiennent au sous-genre des émydes; et il y en a, soit à Montmartre (3), soit surtout dans les molasses de la Dordogne (4), de plus grandes que toutes celles que l’on connait vivantes; les autres sont des trionyx ou tortues molles (5). Ce genre, que l’on distingue aisément à la surface vermiculée des os de sa carapace , et qui n'existe aujourd'hui que dans les rivières des pays chauds, telles que le Nil,
(1) Voyez huitième partie, chapitre 1°, troisième sec uon, sur les ossemens fossiles de crocodiles.
(2) Tbid., deuxième partie, chap. wi, troisième sec= |
tion ; et huitième partie, chap. 1", troisième section. | (3) Ibid., deuxième partie, chap. ur, sect. mr | (4) Jbid., huitième partie, chap. n, deuxième section. (5) 1bid., deuxième partie, chap. n1, troisième segr|
tion; et huitième partie, chap. 1, deuxième section.
le Gange , l'Orénoque, était très-abondant sur les terrains qu'habitaient les palæotheriums. Il yen a une infinité de débris à Montmartre (:), et dans les molasses de la Dordogne et autres dépôts de graviers du midi de la France (2).
Les lacs d’eau douce autour desquels vivaient ces divers animaux, et qui recevaient leurs ossemens, nourrissaient, outre les tortues et les crocodiles, quelques poissons et quelques eoquillages. Tous ceux que l’on a recueillis sont aussi étrangers à notre climat et même aussi inconnus dans les eaux actuelles que les palæotheriums et les autres quadrupèdes leurs contemporains (3).
Les poissons appartiennent même en partie à des genres inconnus.
Ainsi l’on ne peut douter que cette population, que l’on pourrait appeler d'âge moyen, cette première grande production de mammiferes, n'ait été entièrement détruite; et, en
(1) Voyez huitième partie, chap. u, deuxième section , sur les tortues fossiles.
(2) M. Graves vient de me communiquer la carapace bien entière d’un très-grand trionyx des terres noires de Beauvais.
(3) Voyez deuxième partie, chapitre m1, quatrième section.
effet, partout où l’on en découvre les débris, il y à au-dessus de grands dépôts de formation marine; en sorte que la mer a envahi les pays que ces races habitaient, et s’est reposée sur eux pendant ün temps assez long.
Les pays inondés par elle à cette époque étaient-ils considérables en étendue? c’est ce que l'étude de ces anciens banes formés dans leurs lacs ne permet pas encore de décider.
J'y rapporte nos platrières et celles d'Aix, plusieurs carrières de pierres marneuses et les molasses, du moins celles du midi dela France. Je crois pouvoir y rapporter aussi les portions des molasses de Suisse, et des lignites de Ligurie et d'Alsace, où l’on trouve des quadrupèdes des familles que je viens de, faire connaitre; mais je ne sache pas qu'aucun de ces animaux se soit encore retrouvé en d’autres pays.
Les os fossiles de l'Allemagne, de l'Angleterre et de litalie, que je connais, sont ou plus anciens ou plus nouveaux que ceux dont nous venons de parler, et appartiennent ou à ces antiques races de reptiles des terrains jurassiques et des schistes cuivreux, ou aux dépôts de la dernière inondation universelle, aux terrains diluviaux.
Il est donc permis de croire, jusqu'à ce que l'on ait la preuve du contraire, qu’à l'époque où
vivaient ces nombreux pachydermes, le globe ve leur offrait pour habitations qu'un petit nombre de plaines assez fécondes pour qu'ils s'y multipliassent, et que peut-être ces plaines étaient des régions insulaires, séparées par d’assez grands espaces des chaines plus élevées, où nous ne Voyons pas que nos animaux aient laissé de traces.
Grâces aux recherches de M. Adolphe Brongniart, nous connaissons aussi la nature des végétaux qui couvraient ces terres peu nombreuses. On recueille , dans les mêmes couches que nos palæotheriums, des troncs de palmiers et beaucoup d’autres de ces belles plantes dont les genres ne croissent plus que dans les pays chauds; les palmiers, les crocodiles, les trionyx, se retrouvent toujours en plus ou moins grand nombre là où se trouvent nos anciens pachydermes (1).
Mais la mer, qui avait recouvert ces terrains
et.détruit leurs animaux, laissa de grands dé-
pôts qui forment encore aujourd’hui, à peu de profondeur, la base de nos grandes plaines;
(1) Voyez, à la fin de la deuxième partie de cet ouvrage , la description des végétaux fossiles de terrain à sédiment supérieur.
ensuite elle se retira de nouveau, et livra d'immenses surfaces à une population nouvelle, à celle dont les débris remplissent les couches sablonneuses et limoneuses de tous les pays connus.
C’est à ce dépôt paisible de la mer que je crois devoir rapporter quelques cétacés fort semblables à ceux de nos jours : un dauphin voisin de notre épaulard (x), et une baleine (2) très-semblable à nos rorquals, déterrés l’un et Pautre en Lombardie par M. Cortesi; une grande tête de baleine trouvée dans l'enceinte même de Paris (3), et décrite par Lamanon et par Daubenton ; et un genre entièrement nouveau , que J'ai découvert et nommé zphius, et qui se compose déjà de trois espèces. Il se rapproche des cachalots et des hypéroodons (4).
Dans la population qui remplit nos couches meubles et superficielles, et qui a vécu sur le dépôt dont nous venons de parler, il n’y a plus ni palæotheriums, ni anoplotheriums, ni au-
(1) Voyez septième partie, chap. ur, deuxième section sur les dauphins fossiles.
(2) bid., mème partie, chap. v, deuxième section.
(3) 1bid., mêmes partie, chap. et section.
(4) Ibid., même parte, chap. 1v, deuxième section.
eun de ces genres singuliers. Les pachydermes cependant y dominaient encore, mais des pachydermes gigantesques, des éléphans , des rhinocéros, des hippopotames, accompagnés d'innombrables chevaux et de plusieurs grands ruminans. Des carnassiers de la taille du lion, du tigre, de l’hyène, désolaient ce nouveau règne animal. En général, son caractère, même dans l'extrême nord et sur les bords de la mer Glaciale d'aujourd'hui , ressemblait à celui que la seule zone torride nous offre maintenant, et toutefois aucune espèce n’y était absolument la même.
Parmi ces animaux se montrait surtout l’éléphant appelé mammouth par les Russes (ÆLephas primisenius. Blumenb. ), haut de quinze et dix-huit pieds , couvert d’une laine grossière et rousse ; et de longs poils raides et noirs qui lui formaient une crinière le long du dos; ses énormes défenses étaient implantées dans des alvéoles, plus longs que ceux des éléphans de nos jours ; mais du reste il ressemblait assez à l'éléphant des Indes (1), Il a laissé des milliers de ses cadavres depuis l'Espagne jusqu'aux ri-
(1) Voyez première partie, chap. 1°’, deuxième section , sur les éléphans fossiles.
vages de la Sibérie, et l’on en retrouve dans toute l'Amérique septentrionale ; en sorte qu’il était répandu des deux côtés de l'Océan, si toutefois l'Océan existait de son temps à la place où il est aujourd’hui. Chacun sait que ses défenses sont encore si bien conservées dans les pays froids, qu’on les emploie aux mêmes usages que l’ivoire frais; et, comme nous l’avons fait remarquer précédemment, on en a trouvé des individus avec leur chair, leur peau et leurs poils, qui étaient demeurés gelés depuis la dernière catastrophe du globe. Les Tartares et les Chinois ont imaginé que c’est un animal qui vit sous terre, et qui périt sitôt qu’il aperçoit le jour.
Après lui, et presque son égal, venait aussi, dans les pays qui forment les deux continens actuels , le mastodonte à dents étroites, semblable à l'éléphant, armé comme lui d'énormes défenses, mais de défenses revêtues d’émail, plus bas sur jambes, et dont les mâchelières, mamelonnées et revêtues d’un émail épais et brillant, ont fourni pendant long-temps ce que l’on appelait turquoises occidentales (x).
1) Voyez première partie, chapitre 1, deuxième et troisième section.
Ses débris, assez communs dans l'Europe tempérée, ne le sont pas autant vers le nord; mais on en retrouve dans les montagnes de l'Amérique du sud avec deux espèces voisines.
L'Amérique du nord possède en nombre immense les débris du grand mastodonte, espèce plus grande que la précédente, aussi haute à proportion que l'éléphant, à défenses non moins énormes, et que ses mâchelières, hérissées de pointes, ont fait prendre long-temps pour un animal carnivore (1).
Ses os étaient d’une grande épaisseur et de beaucoup de solidité ; on prétend avoir retrouvé jusqu'à ses sabots et son estomac encore conservés et reconnaissables, et lon assure que l'estomac était rempli de branches d'arbre concassées. Les sauvages croient que cette race a été détruite par les dieux, de peur qu’elle ne détruisit l’espèce humaine.
Avec ces énormes pachydermes vivaient les
| deux genres un peu inférieurs des rhinocéros
et des hippopotames.
L'hippopotame de cette époque était assez
commun dans les pays qui forment aujour-
(1) Voyez première partie, chap. 1, sur les ossemens de mastodontes.
d'hui la France, l'Allemagne, l'Angleterre ; il l'était surtout en Italie. Sa ressemblance avec l'espèce actuelle d'Afrique était telle, qu'il faut une comparaison attentive pour en saisir les distinctions (x).
Il y avait aussi, dans ce temps-là, une petite espèce d’hippopotame de la taille du sanglier, à laquelle on ne peut rien comparer maintenant.
Les rhinocéros de grande taille étaient au moins au nombre de trois, tous bicornes.
L'espèce la plus répandue en Allemagne, en Angleterre (mon Rh. tichorhinus), et qui, comme l'éléphant, se retrouve jusque près des bords de la mer Glaciale, où elle a aussi laissé des individus entiers, avait la tête alongée , les os du nez très - robustes, soutenus par une cloison des narines osseuse et non simplement cartilagineuse, et manquait d’ineisives (2). |
(1) Voyez première partie, chapitre m1, sur l’hippo— potame. Tout nouvellement je viens de recevoir de Sicilé, par M. le comte de Ratti-Menton, des os d’un hippopotame un peu plus petit que l’ordinaire , trouvés en abondance dans une caverne du voisinage de Pa-
lerme.
(2) Jbid., mème partie, chap. 1v, deuxième section,
Une autre espèce plus rare et de pays plus tempérés (Rh. incisious) (1), avait des incisives comme nos rhinocéros actuels des Indes orientales, et ressemblait surtout à celui de Sumatra (2); ses caractères distinctifs dépendaient des formes un peu différentes de sa tête.
La troisième (Rh. leptorhinus) manquait d’incisives, comme la première et comme le rhinocéros du Cap d'aujourd'hui ; mais elle se distinguait par un museau plus pointu et des membres plus grêles (3). C’est surtout en Italie que ses os sont enfouis, dans les mêmes couches que ceux d’éléphans, de mastodontes et d’hippopotames.
Il y a ensuite une quatrième espèce (Rh. mrnutus) munie, comme la deuxième, de dents incisives, mais de taille beaucoup moindre, ét à peine supérieure au cochon (4). Elle’ était rare, sans doute, car on n’en à énicoré re-
(1) Voyez première partie, chapitre 1v, deuxième section.
(2) Ibid., mème partie, même chapitre, première section.
(3) Zbid., même partie, même chapitre, deuxième section.
(4) fbid., mêmes partie, chapitre et section.
cueilli les débris que dans quelques endroits de France.
A ces quatre genres de grands pachydermes s’en joignait un qui les égalait pour la taille, dont les maâchelières ressemblaient à celles du tapir, mais dont la mâchoire inferieure portait deux énormes défenses presque égales à celles d’un éléphant. Ceux qui ont complété, par ce dernier caractère, la connaissance de cet animal, lui ont imposé Île nom de deinotherium. Il, était au moins double de l'hippopotame pour la longueur (x).
On en trouve les machelières en. plusieurs lieux de France et d'Allemagne; et presque toujours accompagnant celles de rhinocéros, de mastodontes ou d’éléphans.
Il s’y joignait encore, mais à ce qu'il parait en un très-petit nombre de lieux, un grand pachyderme dont on ne connaît que la màchoire inférieure , et dont les dents étaient en
(1) Voyez première partie, chap. x, première sections C’est tout nouvellement que la mâchoire inférieure de cet animal a été découverte , portant encore ses défenses ,
dans une sablonnière très — riche en ossemens, située à !
Eppelsheim , dans l’ancien Palatinat. Voyez le Mém..de M. Kaup, dans l’Isis de 1829.
double croissant et ondulées. M. Fischer, qui la découvert parmi des os de Sibérie, l'a nommé, elasmothertum (x).
Le genre du cheval existait aussi dès ce temps-là (2). Ses dents accompagnent par mil- Jiers celles que nous venons de nommer, dans presque: tous leurs dépôts; mais 1l n’est pas possible de dire si c'était ou non une des espèêces aujourd'hui existantes , parce les squelettes de ces espèces se ressemblent tellement, qu'on ne peut les distinguer d’après des fragmens isolés.
Les ruminans étaient infiniment plus nombreux qu'à l’époque des palæotheriums; leur proportion numérique devait même assez peu différer de ce qu’elle est aujourd’hui ; mais on s’est assuré, pour plusieurs espèces, qu’elles étaient différentes.
C'est ce que l’on peut dire surtout avec beaucoup de certitude d’un cerf de taille su-
| périeure même à l'élan, qui est commun dans les marnières et les tourbières de l'Irlande et de l'Angleterre, et dont on a aussi déterré des | restes en France, en Allemagne et en Italie, | |
[(1) Voyez première partie, chap. v.
| (2) Ibid., même partie, chap. vr, deuxième section.
dans les mêmes lits qui receèlent des os d’éléphant : ses bois, élargis et branchus, ont jusqu’à douze et quatorze pieds d’une pointe à l'autre en suivant les courbures (1).
La distinction n’est pas aussi claire pour les os de cerf et de bœuf que l'on a recueillis dans certaines cavernes et dans les fentes de certains rochers ; ils y sont quelquefois, et surtout dans les cavernes de l'Angleterre, aceompagnés d’os d’éléphant, de rhinocéros, d’hippopotame, et de ceux d’une hyène qui se rencontre aussi dans plusieurs couches meu- | bles avec ces mêmes pachydermes ; par conséquent ils sont du même âge; mais il n’en reste pas moins difficile de dire en quoi ils différent des bœufs et des cerfs d’aujour-| d'hui. | Les fentes des rochers de Gilbraltar, de Cette, | de Nice, d’Uliveto près de Pise, et d’autres! lieux des bords de la Méditerranée, sont rem-! plies d’un ciment rouge et dur qui enveloppe des fragmens de rocher et des coquilles d’eau | douce avec beaucoup d'os de quadrupèdes, la!
(1) Voyez troisième partie, chapitre 11, deuxième sec-| | uon.
Lré
plupart fracturés : c'est ce que l’on a nommé des brèches osseuses. Les os qui les remplissent offrent quelquefois des caractères suffisans pour prouver qu'ils viennent d'animaux inconnus au moins en Europe. On y trouve, par exemple, quatre espèces de cerfs, dont trois ont à leurs dents des caractères qui ne s’observent que dans les cerfs de l'archipel des Indes.
Il y en a prés de Vérone une cinquième dont les bois surpassent en volume ceux des cerfs du Canada (1). MM. Jobert et Croiset ont découvert beaucoup d’autres nouvelles espèces de cerfs dans la montagne de Perrier ou de Boulade, près d’Issoire en Auvergne (2).
On trouve aussi dans certains lieux, avec des os de rhinocéros et d’autres quadrupédes de cette époque, ceux d’un cerf tellement semblable au renne , qu'il serait très-difficile de lui assigner des caractères distinctifs; ce qui est d'autant plus extraordinaire, que les rennes sont aujourd’hui confinés dans les climats les plus glacés du nord , tandis que tout le genre
(1) Voyez troisième partie de cet ouvrage, chap. 1v. (2) Recherches sur les ossemens fossiles du département du Puy-de-Dôine (Clermont , 1829 ).
des rhinocéros appartient à la zone torride (x).
Il existe dans les couches dont nous parlons des restes d’une espèce fort semblable au daim, mais d’un tiers plus grande (2), et des quanütés innombrables de bois très-ressemblans à ceux des cerfs d'aujourd'hui (3), ainsi que des os très-analogues à ceux de laurochs (4) et à ceux du bœuf domestique (5), deux espèces fort distinctes que les naturalistes qui nous ont précédé avaient mal à propos confondues. Cependant les têtes entières, semblables à celles de ces deux animaux, ainsi qu’à celle du bœuf musqué du Canada (6), que l’on a souvent retirées de la terre, ne viennent pas de positions assez bien constatées pour qu’on puisse assurer que ces espèces aient été contemporaines des grands pachydermes que nous venons de mentionner.
1) Voyez troisième partie, chapitre 11, deuxième section.
(2) Jbid., mêmes partie, chap. et sect.
(3) Jbid., mèmes partie, chap. et sect.
(4) Jbid., mème partie, chap. 1, deuxième section.
(5) Jbid., mêmes partie, chap. et sect. ; et chap. 17, deuxième section.
(6) Zbid., mème partie, chapitre nr, deuxième sec—
tion.
DE LA SURFACE DU GLOBE. 4oi
Les brèches osseuses des bords de la Méditerranée ont aussi donné deux espèces de /4gomys (1), animaux dont le genre n'existe aujourd’hui qu’en Sibérie; deux espèces de lapins (2), des campagnols, et des rats de la taille du rat d’eau et de celle de la souris (3). Les cavernes de l'Angleterre en ont donné également (4).
Les brèches osseuses contiennent jusqu’à des os de musaraignes et de petits lézards (5).
Il y a dans certaines couches sableuses de la Toscane des dents d’un porc-épic (6), et dans celles de la Russie des têtes d’une espèce de castor plus grande que les nôtres, que M. Fischer a nommée trogontherium (7).
Mais c’est surtout dans la classe des édentés que ces races d'animaux de l’avant-dernière époque reprennent une taille bien supérieure à
(1) Voyez troisième partie; chap. 1v.
(2) Zbid., mème partie et même chap. ; et cinquième partie, chap. 11.
(3) Tbid., mêmes parties et mêmes chapitres.
(4) Jbid., cmquième partie, chap. n.
(5) Ibid., troisième partie, chap. 1v.
(6) Zbid., même partie et même chapitre.
(7) Tbid., cinquième partie , chap. =, sur les rongeurs fossiles.
celle de leurs congénères actuels, et s'élèvent même à une grandeur tout-à-fait gigantesque.
Le megatherium réunit une partie des caractères génériques des tatous avec une partie de ceux des paresseux, et pour la taille il égale les plus grands rhinocéros. Ses ongles devaient être d’une longueur et d’une force monstrueuses : toute sa charpente est d’une solidité excessive. On n’en à déterré encore que dans les couches sableuses de l’Amérique septentrionale (x).
Le megalony x lui ressemblait beaucoup pour les caractères , mais était un peu moindre ; ses ongles étaient plus longs et plus tranchans.
On en a trouvé quelques os’'et des doigts entiers dans certaines cavernés de la Virginie et dans une île de la côte de la Géorgie (2).
Ces deux énormes édentés n’ont encore donné de leurs restes qu’en Amérique ; mais l'Europe en possédait un qui ne leur cédait point pour la force. On ne le connaït que par
(1) Voyez sixième partie, chap. v, deuxième section, sur le Megatherium.
(2) Ibid., même partie et même chapitre, première section , sur le Megalonyx.
gi ET de RTE green pren
une seule phalange onguéale ; mais cette phalange suffit pour nous assurer qu'il était fort semblable à un pangolin, mais à un pangolin de près de vingt-quatre pieds de longueur. Il vivait dans les mêmes cantons que les éléphans, les rhinocéros et les deinotheriums ; car on en a trouvé les os avec les leurs dans une sablonnière du pays de Darmstadt, non loin du Rhin (1).
Les brèches osseuses contiennent aussi, mais très-rarement , des os de carnassiers (2), qui sont beaucoup plus nombreux dans les cavernes, c’est-à-dire dans des cavités plus larges et plus compliquées que les fentes ou filons à brèches osseuses. Le Jura en a surtout de célèbres dans sa partie qui s ‘étend en Allemagne, où depuis des siècles on en a enlevé et détruit des quantités incroyables, parce qu’on leur attribuait des vertus médicales particulières, et néanmoins il en reste encore de quoi étonner l'imagination; ce sont principalement des os d'une espèce d’ours très -grande (ursus spelœus), caractérisée par un front plus bombé
(1) Voyez sixième partie, chap. v, troisième section. (2) Ibid., troisième partie, chap. 1v.
que celui d'aucun de nos ours vivans (1); avec ces os se mêlent ceux de deux autres espèces d'ours (U. arctoidens et Ü. priscus ) (2) ; ceux d'une hyène ( Æ. fossiis) voisine de lhyène tachetée du Cap, mais différente par quelques détails de ses dents et des formes de sa tête (3); ceux de deux tigres ou panthères (4), ceux d’un loup (5), ceux d’un renard (6), ceux d’un glouton (7), ceux de belettes, de genettes et d’autres petits carnassiers (8).
On peut remarquer encore ici cet alliage singulier d'animaux dont les semblables vivent maintenant dans des climats aussi éloignés que le Cap, pays des hyènes tachetées , et la Laponie, pays des gloutons actuels : c’est ainsi que nous avons vu dans une caverne de France un rhinocéros et un renne à côté l’un de l’autre.
(1) Voyez quatrième partie, chapitre 11, deuxième section.
(2) Jbid., mèmes partie, chapitre et section.
(3) Ibid., même partie, chap. 1v, deuxième section.
(4) Ibid., même partie, chap. v, également deuxième section.
(5) 1bid., mème partie, chap. vi.
(6) Zbid., idem.
(7) Ibid., idem.
(8) Jbid., idem.
Les ours sont rares dans les couches meubles. On dit cependant en avoir trouvé en Autriche et en Hainaut de la grande espèce des cavernes; et il y en a en Toscane d’une espèce particulière, remarquable par ses canines comprimées (U. culiridens) (1). Les hyènes S'y voient plus fréquemment : nous en avons, en France, trouvé avec des os d’éléphant et de rhinocéros. On a découvert depuis peu en Angleterre une caverne qui en recélait des quantités prodigieuses, où il y en avait de tout âge, dont le sol offrait même de leurs excrémens bien reconnaissables. Il paraît qu’elles y ont vécu longtemps , et que ce sont elles qui y ont entraîné les os d’éléphans, de rhinocéros, d’hippopotames, de chevaux , de bœufs, de cerfs, et de divers rongeurs qui y sont avec les leurs, et portent des marques sensibles de la dent des hyènes. Mais que devait être le sol de l’Angleterre lorsque ces énormes animaux y servaient de proie à des bêtes féroces? Ces cavernes recèlent aussi des os de tigres, de loups, de renards; mais ceux d'ours y sont d’une trèsgrande rareté (2).
(1) Voyez quatrième partie, chap. nr, deuxième sect. (2) Voyez l'excellent ouvrage de M. Buckland, intitulé Reliquiæ diluvianæ.
Quoi qu'il en soit, on voit qu'à l'époque dont nous passons en revue la population animale, la classe des carnassiers était nombreuse et puissante; elle comptait trois ours à canines rondes, un ours à canines comprimées , un grand tigre ou lion, un autre félis de la taille de la panthère, deux hyènes, un loup, un renard, un glouton, une marte, une belette, etc.
La classe des rongeurs, composée en général d'espèces faibles et petites, a été peu remarquée par les collecteurs de fossiles ; et toutefois ses débris , dans les couches et dépôts dont nous parlons, ont aussi offert des espèces inconnues. Telle est surtout une espèce de lagomys des brèches osseuses de Corse et de Sardaigne, un peu semblable au lagomys alpinus des hautes montagnes de la Sibérie; tant 1l est vrai que ce n’est pas, à beaucoup près, toujours dans lazone torride qu'il faut chercher les animaux sem blables à ceux de cette avant-dernière époque.
Ce sont là les principaux animaux dont on ait recueilli les restes dans cet amas de terres, de sables et de limons, dans ce diluvium qui recouvre partout nos grandes plaines, qui remplit nos cavernes, et qui obstrue les fentes de plusieurs de nos rochers : ils formaient incontestablement la population des continens à l’é-