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poque de la grande catastrophe qui: a détruit leurs races, et qui a préparé le sol sur lequel subsistent les animaux d'aujourd'hui.
Quelque ressemblance qu’offrent certaines de ces espèces avec celles de nos jours, on ne peut disconvenir que l’ensemble de cette population n’eüt un caractère très-différent, et que la plupart des races qui la composaient ne soient anéanties.
Ce qui étonne, c’est que parmi tous ces mammifères , dont la plupart ont aujourd’hui leurs congénères dans les pays chauds, il n°y ait pas eu un seul quadrumane, que lon n'ait pas recueilli un seul os, une seule dent de singe, ne füt-ce que des os ou des dents de singes d'espèces perdues.
Il n’y à non plus aucun homme ; tous les os de notre espèce que l’on a recueillis avec ceux dont nous venons de parler S'y trouvaient accidentellement (1), et leur nombre est d’ail-
(1) Voyez , dans le Reliquiæ diluvianæ de M. Buckland, ce qui concerne le squelette d’une femme , trouvé avec des épingles d’os dans la caverne de Pavyland, et dans cet ouvrage, troisième partie, chap. 1v, ce qui regarde un fragment de mâchoire trouvé avec les brèches osseuses de Nice.
M. de Schlotheim a recueilli des os humains dans des
leurs infiniment petit : ce qui ne serait sûrement pas si les hommes eussent fait alors des établissemens sur les pays qu'habitaient ces animaux.
Où était donc alors le genre humain? Ce dernier et ce plus parfait ouvrage du Créateur existait-il quelque part ? Les animaux qui l’accompagnent maintenant sur le globe, et dont il n'y a point de traces parmi ces fossiles , l’entouraient-ils ? Les pays où il vivait avec eux ont-ils été engloutis lorsque ceux qu’il habite maintenant , et dans lesquels une grande inondation avait pu détruire cette population antérieure, ont été remis à sec? C’est ce que l'étude des fossiles ne nous dit pas, et dans ce Discours nous ne devons pas remonter à d’autres sources.
Ce qui est certain, c’est que nous sommes
fentes de Kæstritz, où il y a aussi des os de rhinocéros; mais lui-même annonce ses doutes sur l’époque où ils y ont été déposés. Quelques os humains de certaines cavernes du Midi, que j'ai eu l’occasion d’examiner, m'ont paru y avoir été déposés après les os de quadrupèdes inconnus (*).
(*) Un examen attentif des localités et la vue des objets recueillis avec ces os ont mis depuis, pour moi, cette vérité hors de doute.
maintenant au moins au milieu d’une quatrième succession d'animaux terrestres, et qu'après l’âge des reptiles, après celui des palæotheriums , après celui des mammouths, des mastodontes et des megatheriums, est venu l’âge où l'espèce humaine , aidée de quelques animaux domestiques, domine et féconde paisiblement la terre, et que ce n’est que dans les terrains formés depuis cette époque , dans les alluvions , dans les tourbières, dans les concrétions récentes, que l’on trouve à l’état fossile des os qui appartiennent tous à des animaux connus et aujourd’hui vivans.
Tels sont les squelettes humains de la Guadeloupe, incrustés dans un travertin avec des coquilles terrestres de l'ile et des fragmens de coquilles et de madrépores de la mer environnante; les os de bœuf, de cerf, de chevreuil, de castor, communs dans les tourbières, et tous les os d'hommes et d'animaux domestiques enfouis dans les dépôts des rivières, dans les cimetières et sur les anciens champs de bataille.
Aucuns de ces restes n’appartiennent ni au grand dépôt de la dernière catastrophe, ni à ceux des âges précédens.
Sur Les Ossemens foss'les d’ Hommes.
(Addition aux pages 210 et suivantes.)
J'ai dit que les os humains regardés comme fossiles étaient dans des terrains meubles et récens, ou dans des fentes ou anciennes galeries de mines, ou enfin dans des stalactites ; mais qu'il n’en existait point dans des lits réguliers, pas même dans ces couches meubles qui recèlent les os des éléphans, des rhinocéros et des hippopotames.
M. d’Hombre - Firmas, maire d’Alais, a adressé à l’Académie des Sciences un mémoire fort intéressant sur une caverne des environs de Durfort, près d’Alais, connue dans le pays sous le nom de Baume (ou grotte) des Morts, et où beaucoup de squelettes humains sont incrustés de stalagmite. L'abbé Dicquemare en avait déjà décrit une semblable des environs du Havre, dans le Journal de Physique de 1779, t. Il, p. 302.
Ce sont des dépôts où l’on a jeté, dans des circonstances urgentes ; telles qu'un jour de bataille, un grand nombre de corps.
Nous avons fait connaitre nous - même (V. troisième partie de cet ouvrage, chap. 1v,
rt
DE LA SURFACE DU GLOBE. 4ri
arüele 1v ), une portion de mâchoire d'homme trouvée dans les fentes qui sont remplies par les brèches osseuses de Nice; mais nous avons fait remarquer qu’elle n’étaitenduiteque d’une croûte légère de stalactite, et ne paraissait avoir adhéré par aucun côté à la masse de brèche.
M. Buckland, qui a vu en situation un squelette de femme et plusieurs ouvrages d'art dans la grotte de Pavyland, a très-bien expliqué, dans l'excellent ouvrage qu'il vient de publier sous le titre de Reliquiæ diluvianæ , comment ces objets récens se sont trouvés après coup jetés sur les anciens dépôts.
Nous avons décrit (page 213 de ce Discours), d'après M. Kœnig, le squelette humain que possède le Muséum britannique, et qui a été détaché d’un rocher à la côte de la Guadeloupe, et à l'endroit dit /e Moule, près de La Pointe-à- Pitre. Depuis lors, par les ordres de M. le marquis de Clermont- Tonnerre, ministre de la Marine, et par les soins de M. Lherminier, naturaliste instruit qui habite à la Basse terre de la Guadeloupe, il a été envoyé au Cabinet du roi un squelette du même lieu et incrusté de la même manière. Il est même plus complet, et offre une partie des deux mâchoires, toute l’épine vue par derrière, une grande
partie du bassin, les côtes du côté gauche, tout le membre supérieur gauche avec les doigts seulement un peu en désordre, et la cuisse et la jambe du même côté. L’épine est arquée, et la cuisse reployée vers le haut comme si l'individu était accroupi. Malheureusement la partie supérieure de la tête manque; en ‘sorte qu'il est difficile de déterminer la race dont ce squelette provient, mais la nature de l’incrustation dans laquelle il est enveloppé n’est pas douteuse.
On l’a trouvé dans un lieu où il paraît qu'il y en a encore plusieurs autres, endroit peu accessible que la haute mer arrose sans cesse, et où probablement quelques ravins tombent des falaises de l'ile. On doit croire que ces eaux déposent de la stalactite comme celles de Tivoli, car la pierre est un travertin trèssemblable à celui de Rome : elle n’enveloppait pas tout le squelette , et c’est par quelques parties saillantes des os, qui se montraient à ciel ouvert, qu’on s’est assuré de sa présence. On ne voyait, quand il nous est arrivé, que quelques parties de l’épine, du bras et du fémur. Notre ciseau a mis tout le reste à découvert; mais nous avons détaché en même temps beaucoup de petites coquilles incrustées comme le squelette. Les unes sont des
univalves d’eau douce, et toutes d’espèces connues à la Guadeloupe; les autres de petites bivalves marines, communes sur la côte. Il est évident que les premières ont été entrainées par les ruisseaux, et les autres jetées par le flot, et que toute la pierre qui les enveloppe est de formation récente. Sa portion supérieure est plus molle que le reste, et à mesure que l’on pénètre, on trouve à la pierre plus de dureté. Le bloc, dit M. Lherminier, reposait sur un calcaire arénacé ou désagrégé, ce qui en a facilité l'extraction. Cette sorte de tuf est tellement moderne, que dans quelques masses des mêmes environs il s’est trouvé des dents de caïiman, des fragmens de poterie de fabrique caraïbe , des haches en pierre, et surtout un morceau de bois très-dur et trèsnoir, représentant d’un côté un masque dif-
forme grossièrement sculpté, et de l’autre
| une énorme grenouille étendue et simplement
| gravée. C'était du bois de gaïac, mais devenu très-dur et noir comme du jayet.
M. Lherminier a joint à ce bloc un grand nombre d’incrustations formées sur des co- | quilles et des madrépores, ce qui prouve de plus en plus combien les eaux qui se versent sur ces parties de la rive sont disposées à for- [mer du tuf ou de la stalactite.
La tête humaine d’une épaisseur monstrueuse , gravée dans l’Oryctologie de d’Arsenville , pl. XVII, et décrite depuis dans une dissertation spéciale par M. Jadelot, a aussi été présentée comme pouvant être fossile, et même comme pouvant avoir appartenu à une espèce différente de la nôtre; mais on en a trouvé une toute semblable dans un ossuaire de l'évêché de Munster, que M. de Sæœmmerring a fait connaitre, et dont un modèle m’a été communiqué par M. Schleyermacher. Jai lu à l’Académie des Sciences un mémoire sur ces têtes, où non-seulement j'ai adopté et confirmé l'opinion de M. de Sæœmmerring et de plusieurs autres médecins, qu’elles ont été déformées par cette espèce de maladie des os que l’on nomme maladie éburnée, mais où, d’après l’état de la dentition, j'établis que c'étaient des têtes d’enfans à l’âge où ils commencent à changer de dents.