‹ Recherches sur les ossemens fossiles (volume 4)Chapitre 43 sur 98 · DES ÉLÉPHANS VIVANS · texte numérisé non relu

DES ÉLÉPHANS VIVANS

Le genre de l'éléphant est l’un des plus extraordinaires de tout le règne animal : sa structure est telle qu’il ne se rapproche complétement d'aucun autre, et bien que les naturalistes l’aient classé parmi les pachydermes, avec les rhinocéros, les hippopotames et les cochons, il diffère beaucoup plus de tous ces quadrupèdes qu’ils ne diffèrent entre eux; on peut dire même qu’à beaucoup d’égards ce gigantesque animal offre des traits frappans de ressemblance avec l’ordre des rongeurs, celui de tous les ordres de mammifères qui est le plus restreint pour la taille.

Que l’on compare, en effet, successivement toutes les parties de la tête de l'éléphant avec celle des autres animaux , c’est presque toujours parmi les rongeurs qu’on leur trouvera des analogies.

Les énormes alvéoles des incisives sont le premier et le plus frappant des caractères qui leur sont communs.

La grandeur du trou sous-orbitaire en est un second. C’est dans quelques rongeurs seulement, surtout de la tribu qui manque de clavicules et dont les ongles sont presque aussi développés que des sabots, dans les cabiais, les pacas, les pore-épics, que l’on voit des trous sous-orpitaires égalant ou surpassant celui de l'éléphant ; et la raison en est que ces animaux ont besoin, pour leur énorme mufle, de nerfs considérables, comme en exige la trompe de l'éléphant.

L'arcade zygomatique est dirigée et formée encore dans l'éléphant comme dans ces ron-

geurs; l'os jugal se trouve, dans les uns et dans | les autres, suspendu au milieu de l’arcade. | La longueur des incisives supérieures, c’esta-dire des défenses, qui correspondent aux incisives des autres quadrupèdes, par leur insertion dans l’os appelé incisif, ou inter-maxillaire, est un caractère qui tient de près à celui | de la grandeur de leurs alvéoles. A la vérité | le nom d’incisives ne convient pas aux défen- | ses de l'éléphant, qui croissent indéfiniment | et ne sont point tranchantes; mais leur crois-

| sance vient de ce qu’elles ne sont point arré- | | |

tées par la rencontre de dents inférieures, et leur défaut de tranchant, de ee que leur émail les enveloppe également detoute part. Ces deux circonstances, qui donnent aux défenses un autre usage qu'aux incisives ordinaires , n'ôtent rien à l’analogie de nature et de position de ces deux sortes de dents ; on sait même que dans les vrais rongeurs, lorsqu'une incisive tombe par accident , l’incisive opposée se prolonge presque autant à proportion que les défenses de l'éléphant, mais dans une direction irrégulière qui fait même périr quelquefois l'animal, en l’empêchant de prendre sa

nourriture. Les défenses qui n'étaient point

destinées, comme les incisives des rongeurs, à la division des alimens ou des bois et des écorcés, n’ont pas reçu à leur face antérieure cette couche d’un émail épais et dur qui maintient, par un moyen aussi simple qu'efficace, les incisives des rongeurs toujours aiguiséesÿ elles n’ont même qu'un émail si tendre qu'on le confondrait avec l’ivoire, ‘sans la direction différente de ses fibres. 118

Ces lésères différences dans les caractères des défenses, qui n’en avaient pas imposé au génie d’Aristote (r), ont porté quelques an=

(1) Anistote, Mist an, Gb:1r,e. xi; Pline, lib. vur;

ciens et quelques modernes à leur disputer le nom de dents; mais, parmi les vrais naturalistes , il n’y a eu de discussion que sur la sorte de dents à laquelle on doit les rapporter. Linnæus et Wiedemann ont mieux aimé y voir des canines que des incisives, parce qu'elles sortent de la bouche, comme les canines du sanglier ; mais les quatre incisives du rat-taupe sortent aussi de la bouche : ainsi ce ne serait là qu’une dispute de mots; toujours est-il certain que les défenses de l’éléphant sont implantées dans los incisif, et que, par là, c’est

aux incisives des rongeurs qu'elles répondent (1).

c. 1v ; Philostrate, Vita Apoll., lib. 1, c. 1v, reconnaissent Les défenses pour des dents. Juba , cité par Pline, loc. cit. , et Pausanias, Lib. v, c. x11, ont prétendu y voir des cornes ; mais cette idée bizarre n’aurait pas mérité d’ètre soutenue par Ludolphe ( Æthiop. , lib. 1, cap. x), ni par Perrault ( Descr. de l’éléph. de Versailles).

(1) Je n’ai pu comprendre ce que veut dire M. Tilesius dans sa note sur le Mémoire relatif au mammouth de M. Adams (Mém. de Pétersb., tome v, page 456). Après avoir rapporté le passage où Linnæus dit que l’éléphant n'a point d’incisives, mais que ses canines supérieures sont alongées, et celui où je dis au contraire que ce sont ses incisives supérieures qui sont alongées en défenses , il me reproche d’avoir adopté l'erreur de Linnæus. Quant

Les mâchelières des éléphans leur donnent, encore plus sensiblement que leurs incisives , un rapport avec les rongeurs ; car ce n’est que parmi ces derniers que l’on trouve des mâchelières composées de lames transversales et parallèles entre elles : telles sont celles des cabiais, des campagnols, des lièvres; plusieurs de ces dents représentent à s’y méprendre celles d’un éléphant en petit (x).

En un mot, dans toute la tête de l’éléphant, il n’y a que la brièveté des os du nez, déterminée par la nécessité de donner de la place et du jeu aux muscles de la trompe, qui trouve quelque analogie dans le tapir; encore les connexions ne sont-elles pas les mêmes, et, pendant que dans le tapir, comme dans le rhinocéros, le maxillaire vient s’interposer au bord des narines externes, entre le nasal et linter-maxillaire , dans l'éléphant ces derniers deux os se touchent comme dans les rongeurs

aux erreurs que M. Tilesius commet lui-même en disant que ces défenses ne sont pas des dents , qu’elles n’ont pas d’émail. etc., je ne m’amuserai pas à les réfuter. {) M. Tilesius ne s’est pas moins trompé sur les molaires de l’éléphant que sur ses incisives, quand il a dit, loc. cit. , page 457 : Quales in nullo alio animalium ge-

nere inveniuntur.

LA

et dans le plus grand nombre des autres quadrupèdes.

Cette ressemblance dans les têtes n’en implique pas autant qu’on pourrait le croire dans les autres parties du corps.

L’omoplate de l'éléphant cependant ne ressemble qu’à celle du lièvre, par la bifureation de son acromion.

ARTICLE PREMIER

Description générale de l’ostéologie de l’éléphant, prineipalement d’après l'éléphant des Indes.

1° De la téte.

On peut prendre une idée de la forme générale et des détails des parties de la tête des éléphans vivans, dans nos fig. 1, pl. 7; 2et3, pl. 8; 9 et 10, pl. 10; pour les sutures l’on devra consulter les fig. 1 et 2, pl. 18; pour la coupe verticale, la fig. 5, pl. ro (x).

(1) On peut aussi avoir recours aux figures de têtes ‘éléphant publiées jusqu'ici, savoir : Daubenton, ap. Buff., tome xr, pl. v, de face, pl. vi, en dessous, pl. rv, de profil avec tout le squelette, d’après l'éléphant d’Afrique ; Pinel , Journ. de Phys., tome xzur, juill. 1793, d’après l’éléphant des Indes ; Cuvier, Mém. de l’Instit., CL. des Sc., tome 11, pl. n, d’après l'éléphant des Indes,

La forme tout-à-fait extraordinaire et anomale de cette tête est due : r° à l'élévation et à la direction presque verticale des alvéoles des défenses, et à la hauteur qui en résulte pour les os inter-maxillaires, voyez pl. 18, fig. PME ED ;

2° A l'élévation correspondante des maxillaires , b c, en cette partie ;

3° A la brieveté des os du nez, d, nécessaire à la mobilité de la trompe ; |

4 Et principalement à l'énorme renflement produit à la partie supérieure , temporale et postérieure du crâne, e fg, par les grandes cellules, ou les innombrables sinus frontaux | qui occupent dans ces parties Pépaisseur des os. Ce renflement augmente beaucoup avee l'âge, comme on peut le voir en comparant la fig. 2 à Ja fig..3.

I résulte de ces diverses causes, que la tête de l'éléphant est plus élevée verticalement,

et pl.un , d’après celui d'Afrique; Faujas , Essai de Géo=t logie , tome 1, pl: xnr, les profils d’après les deux es=| pèces ; Houel , Hist: nat. des deux éléphans du Muë: pl. vu, les profils; les faces et la coupe, d’après les deux espèces; Camper, OEuvres , trad. fr., pl. xx, fig. 1, 31et! 6, d’après un éléphant des Indes ; Spix, Cephalogenesis pl vi, fig. 18, d’après l'éléphant des Indes,

et à proportion de sa longueur horizontale, qu'aucune autre tête, en n’exceptant pas même celle de l’homme; que louverture extérieure des narines, au heu d’être au bout du muséau, se trouve au milieu de Ja face antérieure ; que cette face antérieure s’éterd, en s’inchinant très-peu en arrière ; depuis les bords des inter-maxillaires, 4, jusqu’à la crête oécipitale, f; que cette crête s'élève jusqu’au sommet de la tête ; que le trou occipital , À ,'est'au milieu de la face postérieure, laquelle aussi est trèspeu inclinée; que les ailes ptérygoïdes , au lieu de ‘s'étendre en longueur, montent presque verticalement. La tempe est énorme eñ comparaison de lorbite; mais, comme on peut le voir fig. 7, elle ne se rapproche pas de la tempe correspondante, et il n’y &:point de crête sagittale ; l’apophyse post-orbitaire du frontal , r, est courte et obtuse; l’arcade; k7; est droite et horizontale ; 'apophyse post-orbitaire du jugal, #7, est aussi courte et 6btuse , et reste fort éloignée de celle du frontal ; les deux énormes alvéoles des défenses restent séparés par un espace enfoncé, 7 o, fig: 76 louvertureexterne des narines est très-grande, beaucoup plus large que haute, abritée en dessus par deux os du nez, d'd, plus larges que longs , etqui formenten commun une sorte de

protubérance mammillaire ; le reste de la face antérieure au-dessus du nez, formé par les frontaux etles pariétaux, estconcave dans l'éléphant des Indes , convexe et plus court dans l'éléphant d'Afrique ; l’occiput est très-bombé sur les côtés, et a, dans son milieu, un double enfoncement très-profond, au milieu duquel se montre une crête longitudinale presque semblable au crista galli de l’ethmoïde de quelques animaux : c’est où s’attache le ligament cervical, qui est énorme. Le trou auditif, p, est au-dessus de la base postérieure de l’arcade ; la facette glénoïde est dessous, transversale, convexe d'avant en arrière, courbée en arc concave dans sa dimension transverse : elle se trouve répondre presque au milieu de la hauteur de la tête. L’apophyse mastoïde, g, est presque nulle, placée à l'arrière de la tête, à la hauteur du trou auditif et du condyle occipital, mais plus près du condyle. Une voûte arrondie, r, sépare les alvéoles des défenses de ceux des molaires. Le reste du palais, entre les molaires, est assez long et étroit; la région basilaire va en montant. Telle est la descrip= tion générale de la tête de l'éléphant.

Quant aux sutures, il y a d’abord, 0 , celle qui descend des narines au bord incisif, et qui sépare les inter-maxillaires l’un de l'autre. Ces

os remontent de chaque côté du nez jusqu'au côté de la racine de l’os nasal, et ont euxmêmes, en dehors, la partie descendante des frontaux qui vient border l’orbite en avant, £ s. Le maxillaire s'élève en pointe, de manière à toucher aussi un peu cette partie du frontal (entre s et »). La suture, b c, qui sépare l’inter-maxillaire du maxillaire, descend obliquement le long du côte externe de l’alvéole , tourne ensuite son bord postérieur, et remonte dans l’épaisseur des bords du trou incisif; en sorte que ce trou appartient aux deux os, et que l’on ne voit que du maxillaire à la face postérieure de l’alvéole de la défense, et dans toute cette voûte qui sépare | cet alvéole des molaires. Cependant la défense même est tout entière dans l’inter-maxillaire. Le trou incisif, fort large en bas et en arrière, | se rétrécit en un long canal qui monte, entre | les inter-maxillaires et les maxillaires, jusques | au plancher des narines. L’os lacrymal, {, est petit, long et étroit, dirigé horizontalement | entre le frontal et le maxillaire au bord in- | terne de l'orbite, et ne touche pas à l’intermaxillaire ni au jugal; il n’y a point de trou | lacrymal. Le trou sous-orbitaire est assez | | | | |

| large et forme un canal très-court dans la

commence que vers le bord externe de lorbite; il s'unit ensuite, par une longue suture presque horizontale, sous l’apophyse zygomatique du temporal, /, allant autant en arrière qu'elle, en sorte qu'il règne jusque sous l'oreille. Les frontaux s'élèvent peu ; de manière qu'ils forment un bandeau transversal étroit, en forme d’arc, de cercle, s,1,w, t,5s, fig. 1, descendant des-deux côtés du nez jusqu'aux lacrymaux, qui sont eux-mêmes plus bas que les narines. La suture, s s’, qui sépare dans l'orbite les frontaux des lacrymaux et des maxillaires , est presque horizontale. Elle remonte ensuite dans la tempe (en x), pour les séparer du temporal, et, reprenant transversalement sous le pariétai A(voyez x”), elle leur donne ainsi sur le côté de la tête une partie bien plus large que celle qu'ils ont en avant. Le temporal, y g L, s'élève fort haut, et forme presque toute la partielatérale de la crête occipitale ; il prend de chaque côté environ un sixième de la face du même nom.

L’occipital supérieur s’avance au-dessus de la crête, en sorte qu’il paraït à la face antérieure du crane (en 3, fig. 1 ); c’est à lui qu’appartient le grand enfoncement de la face postérieure dont nous avons parlé.

Cet occipital supérieur, les pariétaux A, les

VIVANS. 479 frontaux et la partie supérieure des temporaux s'unissent de très-bonne heure pour former une seule calotte qui recouvre le dessus de la tête, e f g Z, fig. 3. Cette soudure se fait avant même que les occipitaux latéraux soient unis à l’occipital supérieur. Je n’ai point vu d'inter-pariétal.

Le palatin avance jusqu’au milieu de l’espace occupé par les molaires, espace dont l’échancrurepalatine prend un cinquième. Immédiatement derrière les molaires, le palatin est comme enveloppé par la partie ptérygoïdienne du sphénoïde, +, fig. 2, qui se contourne en surface conique de manière à embrasser aussi une partie du maxillaire; elle remonte ainsi obliquement en avant, pour se continuer avec une crête du frontal, 5” #, qui sépare l'orbite de la tempe : il arrive de là que le palatin ne peut se montrer ni dans la tempe ni dans

l'orbite, et qu'il reste excessivement éloigné du lacrymal.

Dans les arrière-narines, 1l monte comme [à l'ordinaire, mais par une languette fort | étroite. Ce qui y paraît du sphénoïde anté- | rieur, entre les deux palatins, est aussi fort {petit. La pointe de cette portion de cône ren- | versé 2, qui tient lieu d’aile sphénoïdale, est

| occupée par une lame qui reste long-temps L| { | | |

séparée, et qui est l’apophyse ptérygoïde interne. La partie supérieure , ou la base de ce cône, est complétée en arrière, au côté interne de la facette glénoïde, par la caisse, qui est plate, et située presque verticalement comme l'aile elle-même. La région basilaire va en montant, comme nous l'avons déjà dit; la suture qui sépare les deux occipitaux latéraux du supérieur, et qui demeure longtemps visible, est horizontale; celle qui les sépare du basilaire s’efface bien plus tôt.

Une très-petite portion du sphénoïde antérieur, ou l'aile orbitaire, est cachée dans l’orbite, derrière la crête sphéno - frontale, £ s", dont nous avons parlé ; le trou optique, qui est petit, le trou sphéno-orbitaire, qui comprend aussi le rond et est assez grand, sont évalement cachés dans cet enfoncement; 1l y a, à la base de l'aile du sphénoïde, un grand trou vidien ; le trou ovale se confond avec le carotidien ; l’analogue du sphéno-palatin est dans le large et court canal sous-orbitaire ; celui du ptérygo-palatin est caché auprès du sphéno-orbitaire ; la hauteur des molaires fait que ce trou donne naissance à un très-long canal : le condyloïdien me paraït se confondre avec le jugulaire.

La coupe de la tête de l'éléphant (pl. 10,

me

fig. 5) est bien remarquable par l'énorme intervalle à à c, qui sépare les deux lames du crâne, en avant de la crête occipitale, et qui égale la cavité cérébrale c, en épaisseur; par la direction du canal des narines, qui, loin de rester parallèle au palais, remonte en avant de toute la hauteur des alvéoles des défenses ; par la longueur excessive du canal incisif; par la forme de la cavité cérébrale, très-convexe en avant, en sorte que la lame cribleuse s’y trouve placée en dessous comme dans l’homme.

Mais la partie postérieure est autant et plus plate que dans aucun quadrupède, et le trou occipital est dirigé en arrière comme à l’ordinaire. Cette cavité est aussi large de droite à gauche qu'elle est longue, ce qui est une proportion dont on n'a d'exemple que dans les cétaces.

Il n'y a point de tente osseuse; les fosses moyennes sont bien enfoncées ; néanmoins les crêtes des rochers ne sont point aiguës. La selle est bien marquée, mais les apophyses clinoïdes le sont peu; la région cribleuse est assez grande, médiocrement enfoncée, et a une crête de coq mince et saillante.

2° De la mâchoire inférieure.

La mâchoire inférieure de l'éléphant est aussi distinctive pour ce genre qu'aucune autre de ses parties.

Voyez-la de profil, pl. 7» fig. 1; pl. 8, fig. 2 et 3; et pl. 18, fig. 2et 5; en dessus, pl. t fig. 2 et 3.

Ses deux branches forment ensemble en avant un angle de plus de soixante degrés.

Elles sont extrèmement épaisses, bombées par les côtés, arrondies par leur bord inférieur, et s'unissent en avant en un canal demi-cylindrique terminé par un bec pointu (a).

Vues de profil elles sont très-hautes verti= | calement, et se terminent antérieurement |!

chacune par une ligne (a b, pl. 8, fig. 2) qui | descend ARRET en avant jusqu’au bec | et forme les bords du canal dont nous venons | | de parler. |

La branche montante est presque aussi !

haute que la branche dentaire est longue.

n'ya point d'angle postérieur prononcé; mais | le contour en arrière (ec de, mème fig.) est | en portion de cercle, et le bord postérieur | renfle et arrondi. |

L'apophyse coronoïde f est arrondie, moins |

élevée que la condyloïde 2, dont elle est séparée par un arc rentrant peu profond, montant obliquement en arrière. Son bord antérieur est incliné en avant et tranchant.

L'apophyse condyloïde g a sa facette articulaire presque en segment de sphère. (Voyez pl. 11, fig. 2et3.)

Le trou d’entrée du nerf maxillaire est trèsgrand , et placé fort haut sous le condyle près du bord postérieur de la branche montante et à sa face interne ; les trous mentonniers (, fig. 2, pl. 8), au nombre de deux, sont petits, et percés en dehors près du canal antérieur.

3° Des os du tronc.

L’épine de l'éléphant se compose de sept | vertèbres cervicales, vingt vertèbres dorsales, | trois lombaires , quatre sacrées , et vingt-qua- | tre ou vingt-cinq coccyg1ennes.

| Cet animal a cinq vraies côtes seulement et | quinze fausses.

| Ses côtes se reconnaissent en général à ce | qu’elles sont moins courbées et plus amincies vers le bas que celles d'aucun autre grand animal. Toute leur moitié sternale a ses deux bords tranchans et est presque droite. Le tiers vertébral seul est sensiblement arqué, presque

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cyliñdrique et creusé d’un demi-canal au bord antérieur. Leurs tubercules sont peu saillans. Les deux premières de chaque côté sont presque droites, et fort élargies vers le sternum.

Le rhinocéros a ses côtes plus. arquées, plus épaisses ; cela est vrai surtout des deux premières. Dans toutes, le canal du bord anterieur descend plus bas. L’hippopotame les a plus étroites et moins plates, surtout vers le sternum.

Les vertèbres cervicales sont caractérisées, indépendamment de leur grandeur, par leur extrême minceur dans le sens de l’axe, d’où résulte la brièveté extrême du cou.

L’atlas à sa partie annulaire plus grosse, à proportion, que dans l’homme, et percée de deux trous; mais ses apophyses transverses n’ont point de canal : elles sont en forme de tubercules et non d'ailes, ce qui empêche de confondre cette vertèbre avec l’atlas d'aucun autre grand quadrupède.

L'axis a aussi beaucoup de rapports avec |

celui de l’homme. Son apophyse épineuse est |

plus grosse et remonte davantage vers la tête, Ses facettes articulaires supérieures s'unissent davantage à son apophyse odontoiïde.

Les troisième et quatrième cervicales n’ont

pas d’'apophyse épineuse sensible. Les sui- |

vantes en ont de petites, pointues, grandissant un peu jusqu à la septième.

Les apophyses épineuses dorsales sont au contraire fort longues, et terminées en gros tubercules pour porter le ligament cervical.

C'est la troisième qui est la plus longue : elle a 0",55 ( plus d'un pied). Elles vont ensuite en diminuant jusqu’au sacrum, qui les a très-petites.

Les vertébres dorsales ont aussi beaucoup de rapports avec celles de l’homme, pour leur peu de longueur relativement à leur grosseur. Cette ressemblance avec l’homme est plus grande dans l'éléphant que dans aucun autre grand quadrupède ; il en est de même de la forme plus cylindrique et moins carénée en

dessous. Leurs apophyses transverses cepen-

dant sont plus courtes et plus renflées en dessus.

Les apophyses transverses des lombaires sont petites et déprimées sans renflement ; leurs épineuses couchées en arrière comme toutes celles des dorsales, avec lesquelles elles forment uné série régulièrement décroissante.

Les trois vertèbres sacrées, auxquelles adherent les os des îles, sont larges et plates en dessous.

Les vertèbres caudales , jusqu’à la septième,

ont une partie annulaire avec apophyses épineuses et transverses ; les épineuses très-couchées. Il reste des apophyses transverses jusqu’à la douzième, et des vestiges d'apophyses articulaires jusqu'à la quinzième. Les caudales suivantes sont en forme de simples prismes quadrangulaires.

4 Grands os de l'extrémité antérieure.

L’omoplate (pl. 14, fig. 6), indépendamment de sa grandeur, se distinguerait de celle de tout autre animal vivant : 1° parce que son côté postérieur a b, qui est en courbe rentrante , est le plus court des trois, et que l’antérieur c d et le spinal a ec sont à peu près égaux ; 2° parce qu'il résulte de [à que cet os, plus large à proportion de sa longueur dorsohumérale que l’omoplate d'aucun autre grand quadrupède, a son angle postérieur 4 presque vis-à-vis le milieu de cette longueur, et que cet angle est presque droit, tandis que l’antérieur c serait aigu s’il n’était, pas émoussé par l'arrondissement du bord ; 3° parce que l’épine, outre sa proéminence acromiale e, a vers le milieu de sa longueur un crochet f, qui se porte en arrière en se recourbant un peu vers le bas. Sa proéminence coracoïdienne 4

est peu saillante et mousse; sa facette humérale à d est légèrement concave, oblongue, et du double plus longue que large.

L'Aumérus (pl. 7, fig. 3 et 4) se distingue aisément de celui des autres grands quadrupèdes : 1° parce que sa crête condyloïdienne externe & b remonte jusqu'à plus du tiers de sa hauteur, et se termine là par un angle sensible et un bord rentrant subitement ; 2° parce que son arèête deltoïdienne, 4, qui est mousse, descend plus bas que le milieu de l'os : sous ces deux rapports, il y a quelque ressemblance avec celui de l'ours. La tubérosité externe € s'élève au-dessus de la tête et est mousse et comprimée. D’avant en arrière (c, fig. 3) elle a autant de dimension que la tête entière en a en travers. La rainure bicipitale est profonde et prolongée en avant. La poulie inférieure À e est en simple canal mousse ; los n’a point de trou au-dessus du condyle interne.

L’avant-bras (pl. 13, fig. 20, 21, 22, 23)a un caractère très- remarquable et dont je ne conhais point d'autre exemplé parmi les animaux vivans : c’est que la tête supérieure du radius, a, est saisie et comme enchâssée entre deux apophyses de celie du cubitus, qui sont deux productions de la facette sygmoïde.

Comme cette tète n’est pas ronde, le mouvement de rotation est impossible. Le radius, dans sa longueur, traverse obliquement sur la face antérieure du cubitus, pour ailer se terminer.à son côté interne par une tête c, plus srosse que sa tête supérieure, mais moindre que l’inférieure du cubitus, d'; du reste ce radius est assez grêle , et légèrement arqué sur sa longueur. Le cubitus, outre cette bifurcation de la facette sygmoïde, est renflé aux deux bouts; a l'olécräne peu prolongé en dessus, #ros au bout; la tête inférieure ren-

flée.

5° Grands os de l'extrémité postérieure.

Le bassin de l'éléphant (pl. 7, au squel., et pl. 15, fig. 3 et 4) est très-remarquable par sa disposition transverse ou plutôt verticale, qui fait que le pubis est aussi avancé que le haut de los des îles, et que celui-ci s'étend de droite à gauche et en largeur en même temps qu'il, prend une grande ampleur, au lieu de rester étroit et de se diriger d’avant en arrière comme dans la plupart des quadrupèdes. Sa face ventrale est concave, comme dans l’homme; son bord antérieur à b, allant du sacrum à l’épine, est le plus large et con-

RS

vexe; l’épine fait un crochet, encore comme dans l’homme, mais plus considérable.

Le rhinocéros seul ressemble un peu à Péléphant par le bassin, mais il a le col de Pischion bien plus long à proportion.

La femelle de l’éléphant a le bassin plus ouvert que le mâle, et les bords du détroit y sont plus tranchans.

Le fémur (pl. 11, fig. 7 et 10) est singulierement aplati d'avant en arrière, surtout dans la moitié inférieure , et se distingue de celui

des autres grands animaux par la simplicité de ses formes. Presque d’une venue, médioerement renflé aux extrémités, sa poulie ro- | tulienne remonte assez en avant, y est presque symétrique, et n’occupe que le tiers‘de la largeur de la tête inférieure. Une large échan- | crure sépare les deux condyles en arrière. Les | deux diamètres de la tête inférieure sont presque égaux. En haut le grand trochanter s’élève moins que la tête; le petit est presque ‘effacé. Il n’y en a pas de troisième. La fosse derrière le grand est peu profonde. Il est surtout impossible de confondre le fémur de Fé- Jléphant avec celui du rhinocéros, à cause de l'énorme troisième trochanter dece dernier. Le #bia (pl. 15, fig. 10,11 etx2) n'est triansulaire que vers son milieu. Sa face articulaire

supérieure présenté deux ovales transverses séparés par une arête saillante en cône sur le devant. Sa face antérieure a vers le haut une grande impression rude et concave. L’arête antérieure est arrondie et s’'émousse tout-àfait vers le tiers inférieur. La face postérieure est très-concave vers le haut et regarde obliquement en dehors. Les tubercules externes de la tête inférieure sont médiocrement saillans. La face articulaire inférieure représente un demi-cercle convexe en arrière, et dont la pointe extérieure se relève pour donner appui au péroné,.

Le péroneé est grêle, comprimé; sa tête inférieure, très-renflée , offre deux facettes, l’une à l’astragale et au tibia, l’autre au calcanéum; la supérieure l’est moins et n’a qu’une petite facette ronde pour une proéminence latérale de la tête du tibia.

La rotule est ovale, plus large vers le haut; très-convexe et très-rude en avant; sa face postérieure est légèrement convexe dans le sens

longitudinal, et concave dans le sens trans- |

versal. | Toutes ces parties sont impossibles à confon-

. La dre avec leurs analogues, dans le rhinocéros |

et l'hippopotame, qui ont des configurations | et dés proportions entièrement différentes; |

mais il est certain qu’elles offrent en général une forme qui n’est pas sans ressemblance avec celle de l’homme.

6° Os du carpe.

Les os du carpe de l’éléphant ont cela de remarquabie qu’ils sont presque coupés carrément, et que la seconde rangée n'entre point par ses saillies dans les intervalles de la première, ou réciproquement, comme dans d’autres animaux.

Chaque rangée a quatre os comme dans l'homme.

Le scaphoide est plus haut que large, plus étroit dans le haut que dans le bas, comprimé latéralement ; sa face externe est rude et latérale; sa facette supérieure est petite, demicirculaire , et descend obliquement en dedans; l'inférieure, qui répond au trapèze et au trapézoïde , est alongée, elliptique, un peu convexe longitudinalement ; sur son bord interne en avant, en est une petite demi- circulaire répondant à une pareille du semilunaire.

Le semilunaire a sa face antérieure réctangulaire , plus large que haute; la facette supérieure ou radiale triangulaire, à angles

| mousses ; sous l'angle antérieur externe en est

une petite descendante; l’inférieure diffère peu de la supérieure, et répond presque entière au grand os; sur les deux bords en avant, en sont de petites demi-circulaires qui répondent à celle du scaphoïde et du cunéiforme.

Le cunéiforme a aussi sa face antérieure presque rectangulaire, mais encore beaucoup plus large à proportion de sa hauteur qu’au semilunaire ; sa ligne supérieure serpente et est un peu concave à son tiers externe; son angle inférieur externe se prolonge en pointe mousse ; les facettes supérieures et inférieures sont triangulaires, mais à côté antérieur plus long, et leur angle postérieur est tronqué; sous la moitié du bord externe de la supérieure, en est une triangulaire pour le pisiforme.

Le prsiforme est long, peu large, concave au bord postérieur, un peu renflé aux deux bouts ; il a à sa base une facette triangulaire pour le cunéiforme, et une plus petite oblongue pour le cubitus.

Le trapèze est à peu près aussi long que large, et dépasse des deux tiers de sa longueur, vers le bas, le reste de la deuxième rangée ; il à dans le haut une facette demi-cireulaire pour

le scaphoïde, en dedans une presque carrée pour le trapézoïde, et une petite demi-circus |

laire pour le métatarse de l'index.

Le trapézoide est presque carré en avant, cependant un peu plus large que haut, et un peu plus haut vers le bord externe; ses facettes supérieure et inférieure sont en triangle oblique, et l’une et l’autre lésèrement convexes, et touchent entièrement, l’une au scaphoïde, l’autre au métatarsien de l'index; sa facette trapézienne prend toute la face externe ; celle qui touche au grand os n’occupe qu’une partie de la face interne et est arrondie : cet os se termine en pointe en arrière.

Le grand os est à peu près carré en avant, mais un peu irrégulier ; en arrière il est tronqué et seulement un peu plus étroit qu’en avant, en sorte que ses facettes supérieure et inférieure sont des trapézoïdes ; l’angle postérieur interne saille un peu obliquement; la facette supérieure est légèrement convexe ; l'inférieure à peu près pleine, avec un vestige d’arête en avant; la facette, pour le trapézoïde , s'étend tout le long du bord supérieur interne, mais est beaucoup plus large en avant; celle pour le cunéiforme est de même longueur, mais s’'élargit aux deux bouts.

En dessus, le grand os touche entièrement au semilunaire; l’angle postérieur interne seul s'articule au scaphoïde; en dessous, il répond au métacarpien du médius, et par le bord

interne un peu relevé à celui de lindex.

L'unciforme a en avant un contour en forme de trapèze, plus large que haut, et se rétrécissant vers le côté externe ; le bord inférieur est un peu échancré pour une saillie du métacarpien de l’annulaire; sa face postérieure est en triangle plus haut que large; sa facette supérieure est convexe, descendant et se terminant en pointe au bout externe ; elle répond tout entière au cunéiforme ; l’inférieure est divisée en deux parties, une interne convexe pour le métacarpien de l’annulaire, et une, un peu concave, remontant en dehors pour celui du petit doigt; la facette articulaire ré- ‘pond, par la figure, à celle du grand os à laquelle elle touche.

7° Os du tarse.

L’astragale de l'éléphant (pl. 7, fig. 2, 1, et pl. 8, fig. 6 et 7, a) est très -facile à distin= guer de tout autre , surtout de ceux qui en approchent pour la grandeur ; sa poulie est très-

plate, et cette ressemblance avec l’homme aura |

aussi quelquefois contribué à faire prendre les os d’éléphans pour des os de géans, même par des anatomistes de profession ; mais cette poulie est rhomboïdale, un peu plus large en avant

vers l'extérieur ; la partie antérieure de son bord se recourbe un peu en s’arrondissant pour répondre à la maliéole interne qui est peu saillante; le reste de la face interne se renfle en gros tubercule vers la face externe ; les deux tiers postérieurs du bord de la poulie se recourbent pour former une facette péronéale de la figure d’un demi-croissant coupé en arrière.

Le col est de beaucoup plus court que dans l’homme , et n’a pas en longueur le tiers de sa propre largeur, ni de celle de la poulie. La facette antérieure est en demi-ovale, lésèrement convexe dans le sens transversal, et répond entièrement au scaphoïde; sous la face inférieure sont deux facettes pour l'articulation avec le calcanéum, séparées par un sillon oblique d'avant en arrière et du dedans au dehors : l’une, interne et antérieure , contigué en avant à la facette scaphoïdienne; l’autre, externeet postérieure , plus grande, contigué en arrière et de côté à la poulie, toutes deux sont à peu près planes.

Tous les autres grands quadrupèdes ont la rainure de la poulie de l’astragale très-profonde, et la plupart ont la facette antérieure divisée par une saillie en deux portions, l’une scaphoïdienne , l’autre cuboïdienne.

Le calcanéum de éléphant (pl. 8, fig. 6 et 7,

b) se distingue de tous les autres par sa brièveté et sa largeur. Son corps est d’un tiers plus large que long, et son apophyse talonnière n'est pas plus longue que son corps; le rhinocéros seul en approcherait un peu pour la brièveté, mais il en diffère beaucoup pour la figure. Dans l'éléphant, les deux facettes qui répondent à celles de l’astragale sont planes comme elles et séparées de même par un large sillon oblique; le bord de l’externe se recourbe en une facette oblique qui forme avec la facette en demi-croissant de l’astragale, dont nous avons parlé, un croissant complet, pour recevoir la tête inférieure du péroné; le bord antérieur de l’interne se recourbe de même en une petite facette scaphoïdale ; le tubercule du talon se termine par un gros renflement oblique. Il y a un autre tubercule à la face inférieure en avant, sous la facette antérieure. Celle-ci est ovale , légèrement concave, et répond à la facette supérieure externe du cuboide.

Le scaphoide du tarse (pl. 8, fig. 6 et 7, c) a la forme ordinaire d’une plaque, concave vers l’astragale, convexe vers le métatarse; mais il a aussi des caractères propres et faciles à saisir. Il ne s'articule point au cuboïde par une facette latérale, mais par une partie de sa

face antérieure, laquelle est ainsi divisée en quatre : savoir, cette facette cuboïdale et celles des trois cunéiformes. Sa face supérieure est toute à l’astragale, excepté un petit méplat en arrière qui répond au calcaneum. Sa dimension transverse est double de l’antéro-postérieure et presque quintuple de sa hauteur.

Le cuboide (pl. 8, fig. 6 et 7, d) ne mérite pas ce nom dans l'éléphant; il est trois fois moins haut que large. Sa face supérieure a deux facettes : une externe plus grande pour le calcaneum, une interne plus petite pour le scaphoïde; l’inférieure en a également deux pour les deux derniers métatarsiens. La face interne n’en a qu'une petite transverse sur le bord inférieur pour le troisième cunéiforme.

En dessous il se termine en un tubercule.

Les cunéiformes qui répondent au deuxième et au troisième métatarsien (pl. 8, fig. 6 et 7, fg) n'ont rien de très-remarquable ; c’est ce dernier qui est le plus grand. Le cunétforme du pouce (ibid., e) est plus haut que large:ila, à son côté qui regarde le tarse vers le haut, une facette transversale pour le cunéiforme suivant ; vers le bas, en avant, une ovale pour le deuxième métatarsien.

Le cuboïde et les deux cunéiformes qui le précèdent forment une bande transverse d’égale

hauteur, en sorte que le tarse de l'éléphant a des divisions aussi régulières que son carpe.

8° Os du métacarpe et du métatarse.

Le métacarpe et le métatarse de l'éléphant ont chacun cinq os, qu’il est bon de décrire ensemble pour mieux établir leurs caractères.

À l’un et à l’autre, les trois os du milieu sont à peu près en prismes triangulaires, dont une face antérieure, les autres latérales, et une arête postérieure : celle-ci est arrondie.

Ils sont plus grands absolument au métacarpe, et plus longs proportionnellement ; la longueur y égale deux fois et demie la largeur. Au métatarse elle n’est que le double, et les wétatarsiens sont d’un quart moins longs.

Le métacarpien du pouce est d’un tiers moindre sur toutes ses dimensions que les suivans. Sa facette trapézienne est ovale et légèrement concave. Il n’a point de facette latérale. Sa face antérieure est arrondie et non aplatie comme celle des suivans.

Le métacarpien de l'index a en dessus une grande facette triangulaire cencave pour le trapézoïde ; au côté interne de sa tête, en avant, une petite facette triangulaire verticale pour

VIVANS. 499 le trapèze; au côté externe, une longue facette presque verticale demi-ovale pour le métacarpien du médius.

Celui-ci a en dessus pour le grand os une grande facette triangulaire dont le bord antérieur serpente un peu pour s’accommoder à celui du grand os; au bord interne, une facette verticale allant d'avant en arrière tout le long de ce bord pour celle du métacarpien de l’index ; au bord externe, une autre aussi longue, mais plus large en avant, pour celle de l’annulaire.

Le métacarpien de l’annulaire à pour l’unciforme une grande facette triangulaire un peu convexe , et marquée en avant d’une arête saillante qui répond à une échancrure de l’unciforme. Sa facette pour le métacarpien du médius lui répond pour la forme et la largeur inégale: Celle pour le métacarpien du petit doigt est en demi-ellipse et règne tout le long du bord externe.

Le métacarpien du petit doigt est plus court que les autres et plus large ; il est comprimé à son bord externe, qui saille en arc d’ellipse. Sa facette supérieure est en triangle concave, et son angle externe se relève pour embrasser la partie externe de l’unciforme. Sa facette,

| pourle métacarpien de l’annulaire, est en demi-

5oo ÉLÉPHANS

ovale et moins verticale que les facettes latérales des précédens.

On peut reconnaitre ces os , même à leur tête inférieure : tous sont convexes, sans arêtes saillantes marquées. Celle du médius est à peu près symétrique et carrée ; celle de l’index un peu oblique et fort rétrécie en avant; celles de l’'annulaire et du petit doigt sont obliques et rhomboïdales ; celle du pouce de même, mais beaucoup plus petite. Toutes ces obliquités sont dirigées vers le médius, en sorte que celles du pouce et de l’index sont en sens contraire de celles de l’annulaire et du petit doigt.

Tout le pouce de derrière se réduit à un seul petit os, un peu pointu, qui adhère au premier cunéiforme par une facette ovale un peu concave.

Le métatarsien du deuxième orteil a en haut une grande facette triangulaire légèrement convexe pour le deuxième cunéiforme ; au côté interne en avant une petite facette triangu-

laire, séparée du bord, descendant oblique- | ment et saillante, pour une facette correspon- |

dante du premier cunéiforme ; au côté interne une facette longue et étroite contigué au bord de la grande, finissant en pointe aux deux tiers de la longueur de ce bord, pour le métatarsien du troisième doigt.

VIVANS. 5ot

Celui-ci aen hautune grande facetteentriangle isocèle plane, pour le troisième cunéiforme. Sa facette latérale externe est longue et étroite, comme celle du deuxième métatarsien à laquelle elle répond. L’interne est plus courte, demi-ovale, n’occupant que la moitié de la longueur du bord de la facette supérieure. L'interne et l’externe sont contigués à la grande, et descendent à peu près verticalement. Sous l’externe, l’os a une légère tubérosité.

La face supérieure du quatrième métatarsien est divisée en deux par une arête, qui correspond à une échancrure du cuboïde; sa facette latérale interne répond à celle du troi-

sième pour la figure et la position. L’externe est peu sensible et se distingue mal de la grande

| face supérieure.

| Le métatarsien du petit doigt est singulière- | ment raccourci, et aussi gros qu'il est long;

F a en dessus une facette ovale, lévèrement | concave pour la face externe iféniauré du cu- | boïde. Le bord interne se réfléchit un peu pour

| | toucher au quatrième métatarsien.

Les têtes inférieures des quatre grands os | du métatarse donnent lieu aux mêmes obser- | ations à peu près que celles du métacarpe.

| | Les os du métatarse et du métacarpe de l’é-

léphant, pris en général, sont aisés à distinguer de ceux du rhinocéros, qui sont aplatis d'avant en arrière, et non en prismes triangulaires:

Quant à ceux de l’hippopotame, appartenant à des pieds à doigts pairs , ils ont une autre symétrie , et leurs facettes sont d’ailleurs très-diflérentes.

9° Os des phalanges.

Les premières phalanges de tous les pieds |

sont un peu plus longues que larges, un peu

aplaties d'avant en arrière. Leur face supé- | rieure est légèrement concave; l’inférieure en |

poulie peu prononcée.

Les suivantes sont beaucoup plus larges que longues.

Les dernières sont petites et en demi-cercles ou en ovales.

Il y aurait des moyens de rapporter chacune d’elles à son pied et à son doigt par des carac-

tères sensibles ; mais nous ne croyons pas né=

cessaire, pour notre objet, d'entrer dans un | détail aussi minutieux. |

Qu'il nous suffise de faire remarquer ici en | fait ce que déjà nous avions annoncé dans | notre discours préliminaire ; c’est qu’il n'est!

nm

dans l’éléphant pas un os, pas une tête d’os qui ne se laisse distinguer de ceux de tous les autres animaux, et qui n'indique, par conséquent, d’une manière incontestable, l'espèce dont cet os provient.

Ajoutons encore que, par une singularité remarquable, plusieurs des os de l'éléphant ressemblent beaucoup plus à ceux de l’homme que les änalogues d'aucun autre grand quadrupède, et surtout que ceux des grands quadrupêdes de notre pays, les bœufs et les chevaux. Tels sont l’atlas, toutes les vertèbres du cou, les corps des vertèbres du dos; l’omoplate et le bassin , à cause de leur largeur; le fémur, à cause de sa longueur et de la simplicité de sa forme ; l’astragale, le calcaneum, les os du mé-

| tacarpe et du métatarse. On doit donc moins __ s'étonner que des anatomistes de profession , | qui n'avaient pas vu de squelette d’éléphant, aient pris quelquefois des os fossiles de ce genre pour des os humains, et par conséquent pour des os de géant.

10° Principales dimensions.

vir de base aux comparaisons des os fossiles

| Pour terminer cette description et pour ser- | n .

dont nous aurons souvent à entretenir nos

lecteurs, nous croyons devoir donner ici le tableau des principales dimensions des os d’un squelette d’éléphant femelle adulte , de l’espèce des Indes, de la variété kormaréa ou trapue, haut de 8 pieds 6 pouces, ou 2, 76 (mètr.) au garrot.

Longueur de la tête depuis le bord du trou oc-

cipital jusqu'aux bords des os incisifs. . . . 0,883

Hauteur verticale de la tête. . . . . . . . .. 1,070 Distance entre l’occiput et le bout des os du nez. 0,580 le fond de l’échancrure nasale

et:le ‘hord des:os mcisiist". À 0,562

Longueur de l'intervalle dépourvu de dents. . 0,316

de la mâchoire inférieure. . . . . 0,681

Hauteur de son condylé”.. :"-0.:. 002 0,550

de son apophyse coronoïde. . . . . 0,376

Largeur de sa branche montante. . . . . .. 0,280 Profondeur de l’échancrure postérieure du pa-

AB Us 0 er El Li Le dre déon MÉS RE 0,083 Hauteur de l’occiput à compter du bord infé-

rieur du trou océipital. 4: 1 0102202 0,345

Sa largeur. .. 4... .,.1... 1.2. 0,712

Ecartement des deux arcades zygomatiques. . 0,710 Longueur de la partie cervicale de l’épine. . . 0,400

deisa partie dorsale. 1 CIE ON 1,354 == 2; lombaire... 2 SHC ENOESS SachÉe ha. UE ROUE 0,250 coccygienne (1). . . . 1,500

(1) N. B. On a mesuré ces parties sur un squelette où les cartilages inter-vertébraux n’ont pas été suppléés.

Largeur de l’atlas d’une apophyse transverse

Haute due ire 2x2 st SITE Hauteur de l’apophyse épineuse de la 3° et 4°

vertébre: dorsale: 7: "RSR. à.

Hauteur de l’apophyse épineuse Fe la 11°et12°. Hongueur de’ l'omoplate.27220 00 700 Sa/plus grande largeur Mystic Larseur awcols AR UNAUr Ne ans tn Lonvasur de Lépine... en).

Sa plus grande hauteur. . . . . . . . . .. dE Longueur de l'humérus:h.218144 hu 208 rar Distance de l'extrémité postérieure de la tête à

l'extrémité antérieure de la grosse tubé-

LOPMENLNE RS TRS ANCIEN AUS LUXE Largeur entre les deux condyles. . . . . ..

Diamètre antéro -postérieur de la tête supé-

DÉRER CCR Cu. ee ne.

Plus petit diamètre du corps. :: .) 0...

PURPHeUT QU TAUUS. . 2 - 10: lee er TU CUDITUS, : 1. ./: Neue

du plus grand os du métacarpe. . .

de Fos desiless12 10 ra Largeur à sa partie évasée. . . : . . . . . ... Aesonmigl. 7", sr AS Distance entre les épines des deux os. . . . . MADAME AU LEUR... . . . . . : 0

largeur en haut. : 4." D POUR M AA OS |.

Diamètre du corps à la partie moyenne. . . .

de la tête supérieure. .-n.#:4. .».

Longueur du tibia.

Largeur-en bhañt., 2.227 luttes 4 2 42 DRE

ee, en Bas 7e 70 MER Ds 1e uen dois RES

Longueur du péroné. . . . . Soare ol ae coreurs MENT de l Rare postérieure fa calca-

DEUX. .: 0" .*. MR MA M 6-2 à 0,083

Longueur de l'os LATE du milieu. . . 0,120

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