‹ Recherches sur les ossemens fossiles (volume 4)Chapitre 70 sur 98 · L. Os de l’épine · texte numérisé non relu

L. Os de l’épine

Je n’en ai eu que trois d’assez entiers.

Le bel atlas fossile que j'ai acheté en Tos-

cane , à Incisa, dans le val d’Arno, est représenté pl. 17, fig. 3 et 4. Si l’on excepte sa grandeur, qui était, d’une apophyse transverse à l’autre, de 0,507, il diffère peu de celui de l'éléphant des Indes; il a seulement un peu plus d’épaisseur ; il indique un individu de douze pieds et demi de haut.

J'ai vu une autre vertèbre, rapportée de Sibérie par feu M. Macquart, professeur de médecine à Strasbourg , et qui est déposée au cabinet du Conseil des mines; c’est la quatrième cervicale. Je trouve son corps un peu plus mince à proportion que dans le vivant ; mais elle est d’un jeune individu qui ne devait pas avoir plus de sept pieds de haut , et ses apophyses transverses étant emportées, on ne peut en faire une comparaison complète. Nous donnons ce morceau pl. 11, fig. 14, réduit à un sixième.

Une troisième vertèbre que j'ai observée, est une lombaire trouvée aux bords du Pà, et donnée au Muséum par feu M. Faujas. C’est la seconde des lombes ; elle vient d’un individu de dix pieds et demi de hauteur , et ne présente dans ses parties conservées aucune différence sensible d'avec son analogue dans le vivant. Nous la représentons pl. 16, fig. 26et 27.

IL Os des extremites.

La plupart des grands os des extrémités de l'éléphant fossile se présentent avec une épaisseur proportionnelle plus grande que leurs analogues dans les éléphans vivans ; mais on ne doit point oublier à ce sujet la remarque ingénieuse faite par Daubenton , qu'avec l’âge les os des animaux grossissent à proportion plus qu'ils ne s’allongent ; remarque fondée sur une nécessité de nature et sur les lois de la résistance des solides. Cette différence seule ne suffirait donc pas pour caractériser une espèce, mais on en trouve d’autres quand on entre dans le détail des formes de chaque os.

1° L’omoplate. Les omoplates fossiles que j'ai eues d’abord à ma disposition n'étaient pas assez entières pour être comparées complètement à celles des éléphans vivans; cependant les fragmens du cabinet de Stuttgart (pl. 14, fig. 10 et 11), et celui du nôtre (pl. 15, fig. 6), montraient déjà beaucoup plus de ressemblance avec l'éléphant des Indes qu'avec eelui d'Afrique.

Ces morceaux annonçaient seulement des formes plus massives, et leur facette artieulaire humérale paraissait avoir été plus large à proportion que dans le vivant.

Si l’on avait voulu juger de la forme de l'omoplate fossile par la gravure du squelette de M. Adams, dont nous donnons la copie, on l'aurait trouvée excessivement différente des vivantes; mais il est sensible qu’elle a été dessinée très en raccourci, ou qu'elle était fort mutilée dans sa partie supérieure. Le col y parait beaucoup plus long à proportion, ce qui n’a pas lieu dans les fragmens que nous avons vus, où il serait au contraire un peu plus court. Ensuite toute la partie supérieure y semble tronquée. Ayant appris, par un journal allemand, qu’une des omoplates de ce squelette se trouvait à Berlin, dans le cabinet public d’anatomie, je m'adressai à MM. Lichtenstein et Rudolphi, pour en obtenir un dessin. Ces savans naturalistes ont eu la complaisance de me l’adresser, et je le donne réduit au douzième, pl. 14, fig. 8. Le bord antérieur est fracturé, mais le contour général est fort semblable à celui de l'éléphant d'Asie; il parait seulement un peu plus large, surtout de la partie du col. La face articulaire, fig. 9, est sensiblement plus large à sa partie inférieure que dans le vivant. Les dimensions de cette omoplate sont comme il sut:

Longueur de l'épineic &. . . . 4.1: : . 0,67 Distance de l’acromion à la pointe de l’apophysesecunientere f.. . .: SR. à .0 À 0,276 Longueur du bord postérieur a b. . . . . .. 0,46 Distance de l’angle postérieur au sommet de PPT - : : "7. ce M CT 0,643 Distance de ce sommet au bas de la facette ar- Gone le rOr : 110 DELLE EU SIN SON 0,758 Distance de l’angle postérieur au tubercule comecide.s dinadscrugit.sail. ui ali re8st: 0,690 Hauteur de la facette articulaire. . . . . . . . 0,216 SES Re SA EN MR 0,112

Nous voyons par les dimensions données dans le texte du Mémoire de M. Tilésius , de l’omoplate restée au squelette de Pétersbourg , que la tête inférieure avait 10” angl. ou 9”, 5°" fr. (0,255 m.) de plus grand diamètre, et qu'il y avait la même distance entre la pointe de l’acromion et celle de l’apophyse récurrente.

2° L’humérus fossile donne des caractères spécifiques moins frappans que l’omoplate.

Celui de notre cabinet (pl. 7, fig. 4, Fr) ressemble plus à celui des Indes qu’à celui d’Afrique; il a cependant sa crête inférieure externe sensiblement plus courte à proportion.

Le canal du biceps est aussi plus étroit dans le fossile que dans celui des Indes.

Voyez pl. 7, fig. 3, où les têtes supérieures des trois humérus sont représentées.

Cet humérus fossile, qui vient deCasan , et que Daubenton mentionne sous le n° xxx, est long de 0,88; ce qui indique un individu de huit pieds dix pouces de haut seulement :

aussi n’était-il pas adulte, car les épiphyses sont encore séparées. Un éléphant des Indes de huit pieds de hauteur au garot a cet os de 0,80.

Nous possédons au cabinet un autre humérus fossile entier qui diffère peu du premier pour la grandeur, et dont nous ignorons l’origine précise; mais une tête supérieure du même os, retirée des fouilles du canal de l’'Ourcq, ayant 0,395 de diamètre antéropostérieure, devait provenir d’un éléphant de quinze à seize pieds de hauteur.

L'humérus du squelette découvert par M. Adams à l’émbouchure de la Léna , et dont nous donnons la copie pl. 16, fig. 13 is et 14, avait quarante pouces anglais, ou 3° r” 7°” de France (1,18 m.).

M. Targioni Tozzetti, à Florence, possède une tête inférieure de 0,34 de largeur et qui devait provenir d’un individu de douze pieds.

3° L’avant-bras. Nous possédons maintenant au Muséum un cubitus fossile que feu M. Fau-

jas rapporta il y a quelques années, et qui avait été trouvé aux bords du PÔô; nous le donnons pl. 16, fig. 15, 16 et 17; 1l est un peu plus trapu que celui des Indes, mais lui ressemble pour tout le reste.

On peut juger de ces proportions par les mesures Ci-Jointes : On n'y à pas compris l’éptphyse inférieure, parce qu’elle manquait au cubitus fossile,

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