ET DE L'HIPPOPOTAME FOSSILE
Profondeur de la fosse zygomatique prise de la face interne de Ja partie de l'arcade la plus AoigEee du crâné jusqu'à celui-ci. . . . A. Le
Hauteur de la tête, prise du bord supérieur du trou occipital jusqu’au milieu de la crête du même nom.
Largeur de la tête, prise d’un angle inférieur de la crête occipitale a l'autre. 7.224. 1...
Hauteur du trou occipital. .: . . . . . . . . . . .
SANTA OUR PE le ie + se =
Longueur du bord alvéolaire des molaires. : . : .
Distance de l'extrémité antérieure du bord alvéolaire des molaires à l’alvéole de la canine. . . . .
Du même endroit à l’alvéole de l’incisive moyenne.
Du trou occipital à l’épine postérieure de la voûte HEC OMS EME 67 LS AN OT TEE
Hauteur de l'ouverture des naines postérieures. .
ÉTAT DES dB CMDe LODEL EC OR
MACHOIRE INFÉPRIEURE.
du Musée
d'une panne lamtre. . 4 : 2. 42. a Largeur du bord alvéolaire des incisives. . . . . | Distance d’un condÿle à l’autre, prise de la partie la plus extérieure de chaque condyle. 42 og D'une apophyse coronoïde à l’autre, . . : . . Intervalle entre une apophyÿse coronoïde et le con- AVC OUR SOLE. nc ets 0 0e té Longueur de la mâchoire depuis le bord supérieur de l’alvéole d’une canine jusqu? à la partie Ja pius reculée de la branche du même côté. . . . . .. Hauteur des branches de la michoire, prise depuis l'angle jusqu’au sommet du condyle. à HMOCREE Longueur du bord alvéolaire des molaires, . |. .. Distance des angles inférieurs. . . . . . . . . . . .
Largeur de la mâchoire prise du bord alvéolaire »
La tête et la mâchoire inférieure qu'il représente sont, à ce que je crois, les mêmes dont j'ai donné les figures dans ma pl. 35; mais il y ajoute un bassin, une omoplate, un humérus, plus complets que ceux que j'ai pu dessiner, et de plus un atlas, un axis, et d’autres petits os qui me manquaient entiérement.
Ainsi son omoplate est complète, sauf quelque chose au tubercule coracoïde. Elle n’offre pas de différence sensible avec mon omoplate vivante, si ce n’est un peu plus de largeur vers le milieu de l’épine. Sa face articulaire humérale est même tout aussi ronde que dans le vivant, tandis que la mienne l'a: plus oblongue. Cela proviendrait-il de quelque mutilation dans l’une ou dans l’autre? On voit très-bien à son humérus, que cet os est plus gros dans le fossile que dans le vivant, ce qu’au reste mes deux fragmens annoncaient déjà. Le surcroit de hauteur et de grosseur de l’avant-bras s'y remarque aussi trèsbien.
Quant aux vertèbres, je n’oserais en établir la comparaison sur de simples figures, attendu
que les fossiles peuvent avoir été déformées par des mutilations.
Tout récemment il s’est aussi trouvé: des dents d’hippopotame dans la caverne de Kirkdale, dans le comté d’York.
Tête d’hippopotame trouvée en Angleterre.
M. Buckland, dans ses Reliquiæ diluvianæ, pl. xxrr, fig. 5, copie une figure de tête d’hippopotame, donnée par Lée, dans son Histoire du Lancashire, imprimée à Oxford en 1700, et qui, selon cet auteur, a été trouvée dans ce comté sous de la mousse, c’est-à-dire probablement dans de la tourbe.
Os d’hippopotame de Toscane.
Je ne puis m'empêcher de consigner ici la reconnaissance que le Muséum d'histoire naturelle doit à feu S. A. I. le dernier grand-duc de Toscane , pour les présens d’ossemens fossiles que ce prince, ami des sciences, nous avait accordés peu de temps avant sa mort. Il a ainsi procuré à nos collections une suite presque complète d'os de l’hippopotame fossile, entre autres une tête, une mâchoire inférieure et un bassin, auxquels il ne manaue presque
aucune partie. Ces superbes morceaux confirment pleinement ce que M. Nesti et moi avions annoncé sur Îles grandes ressemblances qui rapprochent cet animal des hippopotames d’aujourd’hui, en même temps que sur les légères différences qui l'en distinguent. Le désir de ne pas multiplier à l’exces les planches dont mon ouvrage est déjà surchargé, m'empèche seul de représenter ces objets précieux.
ARTICLE Il.
Du petit hippopotame fossile.
J'ai annoncé en peu de mots cette espèce aussi remarquable que nouvelle dans le programme du présent ouvrage, imprimé chez Baudouin, en 1797,. par ordre de la première classe de l'Institut.
Ma notice étant fort abrégée a paru trop incertaine à quelques naturalistes (1); j'espère que les détails dans lesquels je vais entrer feront cesser toute mcertitude.
Le bloc dont j'ai tiré cette espèce était depuis long-temps dans un des magasins du Mu-
(1) Faujas, Essai de péol., r, 366.
séum, et personne n'avait souvenance du lieu de son origine : il me frappa cependant par la quantité de fragmens d'os et de dents dont il était comme lardé de toutes parts; il ressemblait assez aux brèches osseuses de Gibraltar, de Dalmatie et de Cette, excepté que la pâte, au lieu d’être calcaire et stalactitique, était une sorte de grès à base caleaire remplissant uniformément tous les intervalles des os; etque les os formaient une portion incomparablement plus considérable de la masse que dans ces brèches.
Cette sangue, examinée par M. Brongniart, se trouva composée à plus des deux tiers de chaux carbonatée. Sur trente parties, il y en avait neuf de sable mêlé d’un peu d’argile.
Il me fallut, ainsi qu’à mes aides, un temps considérable et une grande patience pour dégager une partie de ces os de la pierre qui les incrustait : nous employâmes pour cela, pendant plusieurs jours, le ciseau , la lime et le burin ;nous fûmes obligés de sacrifier plusieurs os pour en conserver d’autres entiers; mais combien nous nous trouvàmes récompensés de nos peines, lorsque nous eümes mis au Jour les débris d’un animal dont personne n'avait eu jusqu à nous la moindre notion!
Je fus long-temps ensuite sans revoir de pierre semblable à cette première-là, jusqu’en
mars 1803, que, passant à Bordeaux, je visitai le beau cabinet d'histoire naturelle que M. Journu-Aubert, sénateur, possédait, et dont il a fait présent à sa ville natale. J’y reconnus au premier coup d'œil un bloc tout semblable à celui que j'avais dépecé au Muséum; mais il n’y avait malheureusement pas plus d'indication sur le lieu d’où on l’avait tiré, et M. Villers, professeur d'histoire naturelle à Bordeaux , qui avait la charge de ce cabinet, ni M. Journu-Aubert lui-même qui se trouva alors dans cette ville pour présider le corps électoral, ne purent me donner aucun renseignement là-dessus. Depuis lors M. Journu- Aubert a généreusement fait présent à notre Muséum de ce morceau précieux, etm’a mis parlà en état de perfectionner la connaissance de cette espèce remarquable, en ajoutant d’autres os à ceux que m'avait fournis le premier bloc.
J'ai retiré de ces blocs des dents mâchelières de plusieurs sortes, des canines et des incisives; la fig. 7, pl. 52, représente une des plus srandes de ces mâchelières : sa couronne est allongée et présente d’abord une petite partie transverse a; ensuite une paire de collines, b, e, séparée par un profond vallon, d’une autré paire, d, e, qui l'est, par un second vallon,
FOSSILES. 477 d’une colline simple, f: La détrition n’a usé ces collines qu’à leur face antérieure et trèsobliquement; ce qui montre que celles de la dent opposée pénétraient, lors de la mastication , dans les intervalles de celles-ci.
C’est déjà une petite différence de l’hippepotame ordinaire; mais au reste tous les autres caractères essentiels se retrouvent ici, comme dans la pénultième dent d'en bas de ce grand animal ; mêmes quatre collines en deux paires, même colline isolée en arrière, même petite saillie transverse en avant : si l’on ne voit pas bien les trèfles, cela tient à la manière oblique dont se fait la détrition; elle efface les sillons longitudinaux des collines, et n’en laisse que quelques traces : encore voit-on un peu de cette figure de trèfie en à eten c.
Cette dent a 0,033 de longueur et 0,016 de largeur.
J'ai trouvé dans le bloc de M. Journu-Aubert le germe de cette même dent postérieure. Il est représenté, pl. 34, fig. 7.
Une seconde de ces dents, pl. 32 , fig. 6, est à peu près carrée à sa base, qui est tout entourée d’un collet saillant, et sur laquelle s’élevent deux paires de collines, ou plutôt deux collines transverses, fourchues à leur sommet, et marquées sur Jeurs faces de sillons, tels
que, si la détrition se faisait horizontalement, elle produirait certainement aussi des figures de trèfle; mais quoiqu’elle ne soit que commencée sur cette dent-ci, on s'aperçoit déjà qu'elle se fait obliquement. Les pointes des deux collines de devant, 4, b, ne sont qu’un peu usées en triangle, et cependant la partie voisine du collet, c, est aussi un peu entamée; preuve que les parties saillantes de la dent opposée pénétraient dans les creux de celle-ci.
Cette dent a 0,027, tant en longueur qu’en largeur, au pourtour de sa base.
Une troisième dent, semblable à la précédente, mais plus petite et plus profondément usée ( deux preuves qu’elle était placée plus en avant }, est représentée, pl. 52, fig. 8; elle n’a que 0,02 en carré : ses deux premières collines,-a, b, ont déjà confondu leurs disques osseux par l'effet de la détrition ; les deux autres , c, d, ne montrent encore que deux triangles séparés.
Fig. 5, pl. 55, est le germe d'une dent qui serait devenue, avec le temps, semblable aux deux précédentes. Il n'était point sorti de la gencive, n'aencore aucune racine, et SON sOmmet est parfaitement intact; on y voit bien comment les deux collines transversales sont chacune rendues fourchues à leur sommet
par deux plans qui font ensemble un angle d'environ 60°. |
La ressemblance de ce germe avec le pareil
d’un hippopotame ordinaire frapperait le moins attentif : elle est plus grande que celle des dents usées, parce que c’est le mode de détrition qui établit la plus grande différence de forme entre les deux espèces.
La base de ce germe à 0,023 en carré; celle du germe d’hippopotame ordinaire, que je lui compare, a 0,05, c’est-à-dire plus du double : elle n’est pas non plus si carrée, et les collines postérieures y sont un peu plus courtes que les autres.
Voilà bien la dernière molaire du grand hippopotame, et les deux qui la précèdent parfaitement représentées dans le petit; aucun autre animal ne peut s'offrir à la comparaison, si ce n’est le cochon : ses trois dernières molaires sont à peu près de la même grandeur que celles-ci, et ent aussi quatre collines dans les deux premières, et cinq dans la dernière ; mais ces collines sont sillonnées tout autour, et accompagnées de collines plus petites ou de tübercules accessoires, de manière que la couronne de la dent parait toute mamelonnée :
ce qui n'est point du tout dans notre petit hippopotame fossile.
UY
Nous savons, par ce qui a été dit dans la section précédente ( p. 408 ), que les trois molaires de devant de l'hippopotame ont une autre forme, et sont plus simples que les trois dernières; nous en retrouvons d’analogues dans ce petit.
On en voit une, pl. 32, fig. 11. Elle est pyramidale , a deux grosses racines, et est usée, comme les molaires, obliquement à sa face de derrière et à sa pointe. La longueur de sa base est de 0,017, Sa largeur de 0,013; la hauteur de son corps, sans les racines, 0,015. Une seconde est représentée, pl. 32, fig. ro : elle est plus petite, conique, comprimée, et usée seulement à son sommet. J’en ai encore une autre toute pareille.
Ces molaires antérieures, très-semblables à celles de l’hippopotame, n’ont rien de commun avec celles du cochon, qui sont comprimées , et à tranchant dentelé.
Mais les dents les plus caractérisées de l’hippopotame ordinaire sont ses incisives et ses canines; et c’est en quoi notre petit fossile se montre encore parfaitement l’analogue du grand.
Ainsi les incisives d’en bas sont cylindriques , obliquement couchées en avant, et usées à leur pointeeulement : nous en avons trouvé
plusieurs pareilles, à la grandeur près, dans les blocs que nous avons dépecés : on en voit une presque entière, pl. 35, fig. 7. Son diamètre est de o,or, et sa longueur, dans son état actuel, de 0,08. Elle répond à l’une des incisives latérales de l’hippopotame ordinaire, car celles-ci ont 0,023 de diamètre, et 0,015 de longueur. Elles sont plus profondément striées à leur surface que celles de la petite espèce; leur pointe est aussi plus acérée par la détrition.
Quoique les différens cochons aient aussi les incisives inférieures très-longues et couchées en avant, on ne peut les confondre avec celles de notre animal, parce qu’elles ne sont pas cylindriques, mais prismatiques ou comprimées par les côtés.
Les canines inférieures de l’hippopotame sont courbées en arc de cercle, à coupe triangulaire, et obliquement usées à leurs pointes du côté de leur face concave.
Mes blocs m'en ont offert plusieurs de semblables. J'ai représenté l’une des mieux conservées, pl. 33, fig. r1. Elle se rapporte bien aux autres pour la proportion, car elle a, de même , moitié des dimensions de la dent correspondante de la grande espèce, c’est-à-dire 0,02 de plus grand diamètre, etc. ; elle offre
fr. 31
quelque différence de surface ; les canines du grand hippopotame sont striées, ou plutôt cannelées profondément partout sur leur longueur ; celles-ci sont très-finement striées , et présentent à leur face externe un enfoncement ou espèce de canal large et très-peu profond, qui règne sur toute leur longueur.
Ces dents seraient plus aisées que les autres à confondre avec les analogues du sanglier; on les en distingue cependant à ce que leurs angles sont émoussés et leur courbure plus forte:
Lies canines supéricures de l'hippopotame prêtent à moins d'équivoqçue : usées obliquement du côté de leur convexité , arrondies de
“toutes parts , creusées d'un sillon longitudinal
profond à leur face interne; et d'un autre plus léger à l’externe, elles ne ressemblent à celles d'aucun autre animal. Mon petit animal m'en a fourni un tronçon très-caractérisé ; c'est le bout de la dent : on y voit les deux sillons et la surface produite par la détrition. Les dimensions sont encore précisément moitié de telles Ge l'espèce vivante.
(Voyez pl. 33, fig. G.)
Figure g est un fragment qui me parait avoir appartenu à une incisive intermédiaire d’en haut : il y a pourtant quelque différence
avec l'hippopotame ordinaire. La partie usée , a,b, est ici convexe et devrait être concave,
Le sillon, ,c, n'existe point dans l’hippopotame.
Je représente encore (Gg- 4, pl 33) un germe de molaire qui n'a point d’analogue Fe l'hippopotame ordinaire. Elle offre deux collines, dont la seconde fourchue, par conséquent trois pointes, toutes les trois assez aiguës. |
Ce sera quelqu'une des molaires antérieures que ce petit hippopotame aura eue plus compliquée que l'espèce vivante.
Sa longueur est de 0,02, sa largeur en arrière de 0,017.
J'étais trop pénétré du grand empire qu’exercent les formes des dents sur tout le reste de l'organisation , pour ne pas être persuadé d'avance que tous les autres os de cet animal auraient, avec leurs correspondans de l’hippopotame ordinaire, la mème ressemblance que j'observais dans les dents; je fus cependant bien aise de pouvoir donner à tout le monde une nouvelle preuve de l’infaillibilité de ces lois générales de la zoologie, et je mis beaucoup de soin à dégager les portions
d'os où j'apercus quelques restes de caractères.
Toutes, sans exception, vinrent confirmer ce que les dents avaient annoncé.
Ainsi le fragment de mâchoire inférieure (pl. 53, fig. 8), quoique fort mutilé , ne l’est point assez pour n'être pas reconnaissable par lui-même. On voit en & que le bord inférieur commence à descendre pour former ce crochet si caractéristique dans la mâchoire inférieure de l’hippopotame ; en 4, que l’échancrure entre l’apophyse coronoïde c, et la condyloïde qui manque à ce fragment, devait être peu profonde , comme elle l’est aussi fort peu dans l’hippopotame. La ligne saillante d, les différentes convexités, concavités et méplats de ce morceau sont, en un mot, comme dans le grand animal auquel nous le comparons. La distance des bords, de a en d, est de 0,045. L’hippopotame , mesuré au mêmé endroit, donne 0,12, c'est-à-dire deux fois et deux tiers de fois plus.
J'ai trouvé dans le bloc de M. Journu- Aubert une autre portion de mâchoire inférieure plus considérable, à certains égards, que celle-ci ( pl. 34, fig. 3 ) : c’est celle du côté opposé. Elle contient la dernière dent, a, presque entière; mais ce qui la rend précieuse, c’est qu’elle montre une beaucoup plus grande partie du crochet à, et surtout une
FOSSILES. 485 portion de son bord postérieur ; car toute la ligne , c d, est entière et sans fracture; on y voit que ce crochet se portait plus en arrière à proportion que dans l’hippopotame vivant, et que cet endroit de la mâchoire, au lieu de représenter à peu près le quart d’un cercle ou la moitié d’un croissant, devait former une sorte de lunule. J’ai marqué avec des points le contour que l’on peut supposer à cette partie, d’après ce qui en reste d’entier.
Quoique cette différence de configuration offre bien une distinction spécifique évidente, le tout n’en est pas moins une confirmation de l'identité générique ; l’hippopotame ordinaire ayant seul ce crochet parmi les quadrupèdes connus , on devait bien s'attendre que si l'on venait à découvrir quelque autre espèce d’hippopotame, on l'y trouverait aussi; mais rien
n’exigeait qu'il eût précisément les mêmes proportions.
Ces deux fragmens de mächoires auraient donc été reconnus pour venir d’un hippopotame, quand même on n'aurait pas vu une seule des nombreuses dents qui les accomp&gnaient.
C'est aussi le cas d’un troisième fragment, représenté pl. 34, fig. 6 et 8, également tiré du bloc de M. Journu-Aubert. Il forine le Gers
‘antérieur de la mâchoire d'en bas du côté gau+ che , et doit avoir appartenu à un très-jeuné individu ; car, en le cassant, on y trouve seulement un germe de dent canine, encore trèscreux intérieurement, et contenu dans un alvéole plus large que lui. Néanmoins, cette forme carrée de l'extrémité de devant, qui appartient à la mâchoire inférieure des hippopotames, et d'eux seuls, se manifeste déjà elairement dans celui-ci.
Les trous creusés à la face externe pour la sortie des nerfs maxillaires inférieurs sont placés au même endroit que dans l'hippopotame ordinaire.
La tête inférieure d'humérus (pl. 33, fig. 5) est en simple poulie, en 4, avec une tres-légère excavation latérale vers 4. Elle ressemble un peu en ce point à celle du cochon; mais cette seconde excavation serait plus forte dans ee dernier animal. Elle ressemble encore à celle du cochon par le trou e, produit par la pression de l’olécrane dans l'extension.
Une autre portion de l’humérus, beaucoup plus considérable et mieux conservée (pl. 34, fig. 2), se distinguait éminemment de l'humérus du cochon par sa ligne àâpre , extrémement saillante en dehors, et commençant très-bas, absolument comme on le voit dans
l’humérus de l’hippopotame vulgaire. (Voyez Ostéol. de l'hipp. vivant, pl. 51, fig. 7 et8, e.)
Cette portion, qui ne faisait guère que les deux tiers de l'os , avait 0,13 de longueur. Les deux condyles étaient mutilés, et on ne pouvait en mesurer la distance; mais la largeur transversede la poulie artieulaireétait deo,045; nous l’avons trouvée de 0,097 pour l'adulte; c’est un peu plus du double de grosseur. Les longueurs sont en général un peu plus que doubles.
L’astragale (pl. 32, fig. 9) tiré du bloc du Muséum est encore plus caractéristique, s'il est possible. L’arête, a, qui divise sa partie inférieure en deux poulies d’ésale largeur, ne lui permet d’appartenir qu’au seul genre de l’hippopotame. Les autres animaux qui ont une pareille division, savoir : les ruminans, le cochon, le rhinocéros et le tapir, ont les deux poulies fort iné$ales. La girafe n’en a même pôint de cuboïdienne.
La longueur, bc, de cet astragale, la seule de ses dimensions restée bien entière, est de 0,040. La même dimension, prise dans l'astragale de grand hippopotame vivant, est de 0,77.
J'ai encore retiré de ce bloc un seaphoïde :
il a 0,05 d’avant en arrière, 0,02 de droite à
gauche, et porte à sa face métatarsienne trois facettes articulaires : une grande, unemoyenne et une très-petite; ce qui prouve que ce petit hippopotame avait, comme le grand, aux pieds de derrière, quatre doigts et un vestige de cinquième.
Ce bloc m'a aussi fourni une portion de fémur (pl. 34, fig. 1) qui a perdu sa tête, la sommité de son grand trochanter, et à peu près son tiers inférieur ; mais on y voit bien la cavité profonde creusée à sa face postérieure, entre sa tête et son grand trochanter; lextrême saillie de la racine de celui-ci, et la position du petit trochanter au bas et dans l’alignement de la racine du grand. Ces caractères, : que nous avons exprimés dans notre figure du fémur de l’hippopotame vivant (pl. 57, fig. 15 et 16), se retrouvant, à peu de chose près, les mêmes dans le sanglier, ne donnent pas des distinctions aussi tranchées que les autres; mais il n’y a rien non plus qui contredise tous nos résultats précédens.
Il en est de même du fragment de bassin représenté de côté, pl. 34, fig. 4, et par-devant, fig. 5. Sa cavité cotyloïde a ses bords un peu rompus tout autour, et on ne peut la mesurer exactement ; mais on voit qu'elle a dû correspoudre au fémur représenté à côte, pl 34,
fig. r. L'aplatissement de l’os des iles à sa face antérieure est aussi très-semblable à celui que montre l’hippopotame ordinaire. (Voyez son Ostéol., pl. 31, fig. 14.)
Je n’ai point eu d’autres os de ce petit hippopotame; mais tous les zoologistes conviendront bien qu’il y en a assez pour le caractériser. Je n’ai pas besoin non plus de prouver qu'il est adulte , et que ce n’est point à son âge que sa petitesse est due : l’état de la dentition et de l’ossification le démontre suffisamment.
Voilà donc encore une espèce bien évidemment distincte de toutes celles que l’on connaît à la surface du globe. On pourrait m’objecter pour elle ici, comme pour plusieurs autres, que je compose peut-être un édifice dont les parties n'étaient point destinées par la nature à être rapprochées; que c’est des os de plusieurs animaux mêlés confusément dans ces blocs que je forme un animal imaginaire; mais ma réponse est toujours prête. Je ne m'arrèterai point à montrer les rapports naturels de ces divers os, ni à prouver que leur ensemble s'accorde parfaitement avec les lois qui président à l’organisation des animaux; je m'en tiens à cet argument invincible : c’est que chaque os, considéré séparément, diffère de ceux
de tous les animaux connus; que ce n’est point sur leurs combinaisons que j'établis mes caractères, et que si par hasard on trouvait que j'en ai réuni d'espèces différentes, on ne ferait qu'augmenter le nombre des espèces fossiles qui n'existent pas vivantes à notre connaissance.