‹ Recherches Sur Les Ossemens Fossiles (volume 5)Chapitre 11 sur 27 · PREMIÈRE SECTION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE SECTION

DE L'ICHTYOSAURUS.

C'est à sir Everard Home que le monde savant doit d'avoir fait connaître le premier un morceau caractérisé de ce genre extraordinaire. Il publia, dans les Transactions philosophiques de i8i4; une tête très-bien conservée , et quelques autres os déposés au Muséum égyptien de Buliock, dans la rue de Pall-Mall. Ils venaient de la côte du comté de Dorset, entre Lyme et Charmouth. On les avait retirés d'un rocher à trente ou quarante pieds au-dessus du niveau de la mer.

L'auteur s'aperçut bien que Tépaule offrait quelques rapports avec celle du crocodile; mais la position des narines, le cercle dç

DE L ICHTYOSAURUS, ^I

pièces osseuses qui entoure )a sclérotique » li^i parurent, aihsi que lesf.yértèbreè^ senipprocher des poissons ^ et ç|est sur ces aperçus qJ^f iVt. ftœnig, conservateur de la minéralogie au Muséum britannique, imagina le nom di ichtjrosaurus .

Deux ans après (davls Ijss TraDMcttons de i8t6), le chevalier Home àjbuta>;plà&ieur$ détails à ces premières indications;: M. John^ son ^ habitant de Bristol i qw depiû» nombiiè 4'ani^ées recueillait lOTibsëilescf^si falaisoi^da fjy oifî f lui procunl des mbrceaoXf d^Mi il* de^* 4u!isitla fojrihe de l'antioulaifiônidcëioàisiy roL JBB^oplat^^t toute li» Bageoiré àqtérieura y cpt'ifl cpimpai^t aWs acyie dësPMfnalesv^aeqn lui faisait de plus en -plus- odnêlare qii% e'âtaift trfi

Maifî)' après Aem, anS' 6iie(MnéI(ei»/ifiiâ[)r,' da;^ pièces rassemblées par din^er8*partik!ulîers> et sur lesquelles M. Buckland attira son attend tion, firent connaître à M. Home le sternum, ^..clayiçule e^ le coracqïdien,. aÀqsi .<|M/les r^ppprts de ces gajrties ftveç. celles 4^ Torni^ ^QrhyRqjue:, qui.rj^insûquie^.nai^ l!av/ws vifc

à.g^n ar^cl^,, ressemblent ellf^fr-j^éipp^ ik celles,. de$; lézards. Sir Everar^ abandonna

593 DE I^ICHTYOSAURUS.

alors l'idée que ce pui être ilh poisson. C'est àussïdàns te mémoire qu'il annonça l'existence probable de plus d'une espèce de ce genre.

. En 1819, de magnifiques morceaux, et entre autres un squelette entier , découverts par. M. de Labêche et' le colonel Birch de Lyme, mirent sir Everard à même de perfectionner ebeope sa ^description^ et dé s'assurer notamment ((ue : 'l'ichtjosaurus a'vait quatre pieds. Mais 'Une- tête où- les narine» étaient bouchées rmduisit en érreuri et lui lit penser à tort que ^ce qu'il aTait pris jusque-là pour œs ouivertures- était iéprddnift de simples aocidena. «Ge fot^ aussï dans les Transactions de cette année que l'auteur , d'après la ressem-r blance des faces concaves des vertèbres fossiles avec celles du proteus, de la '^irène et de l'axolotl I prpposa de npmmfer son aniïAal/^roteosaunis. ^ rii-

Enfin, en 18^0, les recherches opiniâtres du colonel Birch fournirent encore à SI. Home des matériaux d'après lesquels il détermina la composition dés vertèbres ^ et U ifnaniére dont la partie annulaire s'articule avec le

Dfi L'fCHTYO&AURUS. SqS

. corps ^ ainsi que la structure singulière de^ nageoires.

On ne peut donc s'empêcher de reconnaître que cette suite de mémoires et d'indications assure à M. le chevalier Home Thonneur d'avoir presque entièrement révélé aux natura^ listes le genre extraordinaire dont nous nous occupons. Et toutefois , MM. de LabéTche et Conybearë ont«encore ajouté plusieurs parti- « cularités intéressantes et de grands détails à ce que ce savant anatomiste en avait dit.

• Dans un mémoire, inséré en 1831 parmi ceux de la Société géologique de Londres^ ife publièrent leur grande découverte' d'un nouveau genre de la même tribu, mais pfûi^ voisin dès lézards ordinaires, qu'ils nommèrent plesiosaurus . Ils décrivirent la composition de la mâchoire inférieure de Tichtyôsàurus , celle tîu museau et une grande partie de celle des faces postérieure et inférieure du crâne.

Ils montrèrent que l'anneau des pièces osseuses à la sclérotique est un qiaractère de lézard et non pas de poisson, et entrèrent

^94 ^B l'ightyosàurus.

dans de nouveaux détails sur les vertèbres e(

l'articulation des côtes.

Un second mémoire des mêmes autedfs, dans les Transactions géologiques de iSsSy en même temps qu'il étendait la description du plésiosaurus ^ fixa davantage les idées sur les dents de l'ichtyosaurus j exprima nettèmeol les caracfêres de ses espèces^ rétablit la* v^ rite relativement ^ la position de ses narines'y et marqua^ les rapports, et les» différenoes de structure de sa tête avec celle des 1er zards.

On aurait déjà pu , avec des. matériaux si abondans et présentés avec tant de soin par ïes auteurs de ces mémoires/ composer uive description ostéologique de llichtyosaurus ^ aussi complète au moins ,que celle d'^ucvA autre animal perdu.. Je pouvais y joindre pinceurs de^sinsf^ qjui m'ayaienjt : été. adressés par des amis de ,1a science. J'ai dû; motanvi ment fiu zèle d^ M. CMqaba^laEMl. de? Bris^j^ l'esquisse d'un squelette entier de quatre pie^s dix pouces de longueur, trouvé en 1818 près de. la Qier A Watchet^ daos le comté de Somerset , et.app^tenant à M.. Morgan de Bris-» toi ; celle d'une tête et dâ. dents de plosiéurs

DE l'ightyosaurus. SqS

espèces de la collection de M. Johnson de Bristol ; celle de plusieurs morceaux , entre autres d'un œil , trouvés à Weston près de Batli j et cohserrés par M. P. Hawkér.

Il est de mon devoir die témoigner ici tout ce que ces attentions m'ont inspiré de recon-^ naissance ; elles ont infiniment contribué à me donner de plus en plus des idées claires de ces singuliers reptiles.

Mais j'ai eii le bonheur d'avoir àù^âr pàrdevers moi des pièces prééîeusés qui tfi'dttt encore fourni des caractères intéirieé^iis' à ajouter à ceui que Ptrti àtàit fècôrtritts df âtït moi.

Je me les étais procurées à une vente faite à: Londres au mois de mai 1 820 , et si l'ordre de la publication de mon ouvrage me l'eût permts> elles m'auraient fourni l'occasion tie! devancer les naturalistes anglais sur quel*«^ q^iés-^HlEis des points qu'ik ont découverte. H' me^ redCera- du m«)^ins à montrer les- fônaesi dii> frontal et de ses stecèssorre^/le Oroh dop périëtal semblable^ à eèlur des lêaards^ elr k! sphénoïde aussi beaucoup plus semblable à cetCiî des lézards qu'il ne l'avait paru dans lés débris analysés jusqu'à ce jour.

3g6 i>E l'ichtyosaurus.

Nous avons dit que l'ichtyosaurus est surtout abondant en Angleterre.

Il y a laissé des débris depuis le nouveau grès rouge en montant jusqu'au sable vert qui est immédiatement sous la craie; ainsi il appartient à presque toute l'époque des terrains secondaires que l'on appelle communément la formation du Jura.

On en trouve , en eflet , des fragmens dans une marne associée au sable vert , à Bensington; dans le grès calcaire sous l'oolithe, à Marcham; immédiatement sous l'oolitlxei à Shotoverhill, tous lieux du comté d'Oxford (i). Il y eh a aussi sous l'oolithe à Kimmeridge, dans le comté de Dorset.

Mais c'est surtout Je lias^ ou ce marbre gris ï)leuâtre, marneux et pyriteux , ainsi nommé par les Anglais^ qui semble avoir été son tombeau : il eu a fourni d'innombrables débris dans les comtés de Dorset ^ de Somer** set j de Glocester et de Leicester ; et principalement dans la vallée de l'Avon , au comté de

■ » ' Il I ^<»— ^i^— — i^^— ^

(1) Labéclie et GonybearCy 1*' Mémoire.

DE L*lCHTYOSAtJRUS. Zg'f

Somerset I entre Bath et Bristol, et sur la côte du comté de Dorset, où les falaises d'entre Lyme et Charmouth paraissent en être des carrières inépuisables. On y trouve les ichtyosaurus à peu près. comme dans nos plâtrières de Montmartre les palœothériums , et leurs os y sont généralement entourés de quantité de petites ammonites.

Il y en a dans la même pierre beaucoup plus au nord, et nous en possédons de grands morceaux de Newcastle dans le Northumberland.

Les os d'ichtyosaurus sont jusqu'à ce jour beaucoup plus rares sur le continent; toutefois nous en avons des vertèbres évidemment reconnaissables parmi nos groupes d'os de crocodiles de Honfleur.

Plus nouvellement, M. Lamouroux nous en a communiqué divers morceaux de la côte du Calvados , et nous en avons reçu même de l'intérieur de la France, et surtout de fort caractérisés , de Condat en Âgénois , et de Reugny, près de Corbigny, dans le département de la Nièvre. Ces derniers sont manifestement dans l'oolithe, mais la plupart des autres ont une gangue très^semblable au lias.

Sg8 DE l'ightyosaurus.

Il y en a aussi en Allemagne , et notamment dans ces carrières de marbre gris , riche en pyrites et semblable au lias , des enviroos d^Altorf , où l'on trouve des crocodiles comme à Honfleur.

Il y en a même un morceau assez célèbre, et dont l'histoire prouve avec quelle légèreté des naturalistes, d'ailleurs habiles, ont attribué à l'espèce humaine des os fossiles ou pétrifiés.

Scheuchzer, se promenant un jour dans les environs d'Altorf , ville et université du territoire de Nuremberg , avec son ami Langhans, alla faire des recherches au pied du Gibet. Langhans , qui avait pénétré dans l'enceinte , trouva parmi les pierres un morceau de marbre cendré , qui contenait huit vertèbres dorsales teintes en noir et d'un aspect brillant; saisi, dit toujours Scheuchzer, iPune terreur panique, Langhans jeta cette pierre par -dessus le mur, et Scheuchzer, l'ayant ramassée, en garda deux vertèbres , qu'il considéra comme humaines, et qu'il fit graver dans ses Piscium querelœ , pi. III. U fait tout ce récit à Bayer, à l'occasion de deux vertèbres semblables , et probablement

PB l'ichtyosaurus. S99

4u m^JHe lieu 9 que celui-ci avait fait représenter dans fion Orjctographia norica , pL !V^^ fig.. Sa , et Bayer fit imprimer la lettre de Scheuchzer dans les supplémens àcetteOryctographie qui font suite à la description de son cabinet (i).

Ç^9 vertèbres , copiées par Dargenville (a) , et citées par Walch (3.) et beaucoup d'autres 4esc^îptëurs de pétrifications , et dont nous diomxons aussi une-copie pi. 255 , fig. 6^ 7 et 8, QHt depuis lot*s passé sans contradiction pour humaines , jusqu'à ces derniers temps où l'on n'eA a plu$ parlé du tout.

Il n'est cependant besoin que .des plus légères notions d'ostéologie , pu mieux encore de )a présence d'un squelette^ pour yoir qu'ellejs ne viennent pas d'un homipe. Oxx aurait pu les croire de crocodile^ ou 4ç PPi^* sons ; mais aujourd'hui que l'on connaît bien

(1) Joh.-Jac. Bayer, SciagrapliiaMuseisui,NoriniI>. 1730, p. 30.

(2) Oryctologie, pi. XVII, fig- 2.

(3) Monumens du Déluge deKnorr, II, sect.II,p. 143.

4oO BB l^ICHTYOSAURUS;

celles d'ichtyosaurus , on ne peut hésiter à y rapporter celles dont je viens de parler.

J'en ai vu de semblables , et du même lieu, c'est-à-dire d'Altorf, dans le cabinet du grand-duc de Toscane.

Enfin on vient de découvrir un squelette presque entier et plusieurs autres débris d'ich^ tyosaurus à fioU, dans le Wirtemberg, le même lieu où nous avons vu qu'il s'est trouvé des crocodiles et d'autres fossiles en grand nombre appartenant aux séries secondaires. Ils y sont dans un schiste calcaire analogue à celui de SolenhofFen , et M. Georges-Frédéric Jaeger, directeur du cabinet royal de Stuttgart, vient de les lithographier et de les décrire dans une dissertation (i) qu'il a bien voulu me communiquer, et qui ne laisse rien à désirer suc l'identité du genre.

Ce savant naturaliste en a même reconnu plusieurs morceaux qui avaient été tirés du

(i) De Ichtj'osauri sive Proteosaurifossilis specimù hibits in agro Bollensiin TVurtembergid reperds , Stuttgart, 1824, in-fol.

DB l'iCHTYOSAVRUS. 4^1

même lieu depuis un grand nombre d'années y et qui étaient épars dans divers cabinets où Ton ne s'était point occupé de leur détermination.

Les pièces que j'emploierai sont représentées sur mes planches dans leur état actuel de désordre et de mutilation.

PL ^56, fig. I y est un squelette long d'environ trois pieds et demi. Il ne manque à l'épine que quelques vertèbres au bout de la queue y qui ont même laissé leur empreinte ; mais il reste peu de chose des côtes. La tête est écrasée, mais assez complète, ainsi que les deux extrémités antérieures et la postérieure gauche. Le bassin n'a laissé que quelques débris. Les omoplates , les clavicules et ht partie antérieure du sternum ont disparu.

Le squelette de la fig. :x vient d'un individu plus grand , à dents moins grêles ; la queue et uqe partie des lombes lui manquent , ainsi que le sternum, les omoplates et les clavicules ; mais il a le reste des extrémités antérieures complet , divers os de la tête en bon état, plusieurs côtes dans toute leur longueur, un reste assez considérable de bassin , et presque toute une extrémité postérieure.

4o4 I>B L'iCHTYOSAUnuS.

Fig. 5 , tirée d'un individu plus petit , offre en situation le sternum^ les clavicules , les coracoïdiens ^ une omoplate^ un huméruS; un avant-bras et un os du carpe.

Fig. 2 y avec les mêmes os , offre encoreune nageoire presque entière.

Mais mon morceau le plus complet pour ces parties est celui des fig. 5 et 4 ; îl vient d'un assez petit individu , et montre la nageoire gauche entière et encore attachée à son épaule, laquelleest elle-même complète ^ ainsi que le sternum et le coracoïdien de l'épaule opposée.

Je n^ai pas été tout-à-fait aussi heureux pour l'extrémité postérieure. Le bassin s'est trouvé assez mutilé dans mes deux squelettes, et je ne l'ai pas eu séparément; et comme je vois que ces parties sont aussi assez incomplètes dans la plupart des morceaux gravés en Angleterre, je dois penser qu'elles étaient plus faibles , moins adhérentes , et. qu'elles se détachaient plus aisément après la mort.

C'est principalement sur ces pièces y et noa pas sur les gravures déjà publiées , que. j'ai travaillé , en sorte que ma description , dans ce qu'elle a de commun avec celles de mes

DE l'igrtyosaurus. 4o5

prédécesseurs ^ en est une confirmation plutôt qu'une répétition.

Sur un petit nombre de points seulement ^ je serai obligé de recourir à eux pour me compléter; mais je le remarquerai expressément, et j'en ferai de même lorsque je croirai avoir vu les choses plus ou moins différem* ment.

Je dois dire ici que ces morceaux sont devenus beaucoup plus instructifs qu'ils n'étaient d'abord , par les soins que s'est donnés M. Merlieux, jeune sculpteur attaché au Muséum d'Histoire naturelle , pour les débarrasser de la pierre trê^dure ou plutôt du marbre qui les masquait encore en plusieurs endroits.

ARTICLE PREMIER

Dei Dents.

Les dents de tous les ichtyosaurus sont coniques, et leur couronne est émaillée et striée longitudinalement comme dans les crocodiles ; elle est plus ou moins aigué , plus ou moins

reoflée, plu9 ou moins comprimée , selon IfS

espèces.

Leur racine est plus grossjs , non éumWkt mais striée cpmme la oouropnjs.

filles restent loug-temps ereuses intérifsa- . rement.

Elles ne sont pas enchâssées dans des alvéoles . aussi profonfls et aussi clos que pelles 4u cro- . 0odile , le}; pe spi^t pas non p)f)s au$si à nu fhi

l^té interne que celles des léi/^T^pi 9)fûsil

parait qu'elle^ sont rangées sipiplpinppt d^os . ^n sillon prqfond de Tos maxillaire i doat le

foifd seul est creusé de fesses ri$pQE>4antes îl

chaque dent.

Leur manière de se remplacer est assez analogue à celle du crocodile, avec cette différence que dans le crocodile , dont les dents sont toujours creuses , la nouvelle dent pénètre dans l'intérieur de l'ancienne , tandis qu'ici la racine étant ossifiée , la dent nouvelle ne pénètre que dans la cavité qpe la carie a formée , cavité qui augmente a mesure que la dent nouvelle grossit^ ef, qui, venant enfin à faire disparaître |a r^jii^^

DB l'ichtyosàurus. 4<'7

détermine la chute de la couronne de la dent ancienne.

Cette couronne de la dent garde encore dans son intérieur une cavité ordinairement remplie de spath , long-temps après que la racine est ossifiée ^ de sorte qu'une coupe présente alors la fig. 17 > pi* 267. La racine nouvelle commence à s'ossifier avant même que la dent ancienne soit tombée; ce qui se voit dans la fig. 14» où la nouvelle dent y a , quoiqu'il existe encore en c une partie de la racine de l'ancienne dent, a cependant déjà une partie de son noyau pulpjeux , ç , ossifié.

Leur nombre est considérable. M. Conybeare n?en compte pas moins de trente de chaque côté à chaque mâchoire. Sir Everard Home en montre quarante-cinq de chaqije côté à chaque mâchoire , dans l'ipclividu de sa pi. XV desTransact. phil. de 1820.

l^M. de Labêche et Gonybearç ( j^j^jixièfne Mémoire , p. 108) ont trouvé as^ez de (|ifiEérepces parmi ces dents pour en déduire 1^^ caractères de quatre espèces distinçtjes.

L'/. conimunis , dont les dents ont la couronne conique , médiocrement aiguë , légère-

4o8 DE l'[ciityosaurus.

ment arquée et profondément striée. Celle espèce est généralement grande , et c'est à elle qu'appartiennent les individus les pi gantesques.

UI. platjodon , où cette couronne est comprimée, et offre de chaque côté une arèle tranchante. Les individus de cette espèce varient en longueur de cinq à quinze pieds.

L'/. lenuiroslrisj où les dents sont plus grêles, et qui, en outre, a le museau pli longel plus mince.

Enfin VI. intenneditts , à dents plus aiguës et moins profondément striées que celles (fat commum's , moins grêles que dans le tenuiros^ tris.

Les deux dernières espèces n'atteignent pqs plus de moitié de la taille à laquelle 1'/. conf. munis peut parvenir.

En examinant mes morceaux, j'y ai n^ trouvé des dents auxquelles conviennent Ici caractères assignés par ces naturalistes; eS comme elles y sont attachées à des parties plus ou moins considérables de leurs têtes«: et que plusieurs de ces têtes elles-mémej|

DB l'ightyosaurus; 4<^

tiennent à diverses portions du squelette, je me suis vu à même de porter le détail des caractères spécifiques sur toutes les parties des animaux.

C'est ainsi que dans la très-grande mâchoire inférieure, pi. 256, fig. 5 , j'ai trouvé en effet des dents à couronne comprimée , portée sur une racine ronde et renflée , et que j'ai dû la rapporter à 1'/, platjodon. On voit une de ces dents de grandeur naturelle pi. ^56 , fig. 4 f

et sa coupe, fig. 5.

Far une raison semblable , mon petit squelette , pi. 256, fig. I , celui du chevalier Home (Transactions phil. de 1819, pi. Xy) et le fragment des deux mâchoires, pi. 957, fig, 8, ayant des dents grêles et pointues, m'ont dû paraître de 1'/. tenuirostris.

Les dents coniques, médiocrement pointues , du grand squelette , pi. 256 , fig. 2, de la grande tête , fig. i , pi. 257 , et de celles de la fis* 9^ l^s caractérisent pour appartenir à 1'/. communis.

Enfin la tête, fig. 2 à 5, n'ayant que quelques dents grêles et droites, pourrait être de 1'/, intermedius.

4fO DB L'IGHTTOBAimÙS.

ARTICLE II

De la Tête;

Ces espèces ne différant du reste que par des variations légères dans les proportions des os, inais non dans la composition des parties y nous donnerons d'abord de la tête une description générique , comme s'il ne s'agissait que de l'une de ces espèces ^ nous réservant d'entrer ensuite dans le 'détail de leurs différences.

§ I. J)e sa forme et de sa composition

en général.

Le museau allongé et pointu de l'ichtyosaurujs e$t formé principalement par deux os garnis de defits^ qui^ dans toute sa moitié antérieure^ ^'unissent l'un à l'autre, en dessus et en dessous , par une suture , et qui sont écartés dans la moitié supérieure par deux autres os qui s'avancent entre eux en pointe.

De chaque côté de cette mçme moitié $upé-

. j^jL l'ightyosauilvs. 4i I

{rieuir|3 se voit un 06 étroit dans liaquel se codtînue la série des deots, çt qui se prolonge pu arrière jusque sous l'angle antérieur de l'orbite.

Les deux os longs ^ a, fig. ik8, spnt éyidemment les inter-maxUlaires: les os latéraux étroits, b, sont les maxillaires; les deux QS mitoyens , c , les os propres du nez.

Il n'y a point de narines à la pointe du museau y et leurs ouvertures sont deux trous

oblongSy dy dans le haut des inter-maxillaires. De leur bord antérieur, elles forment une échancrure dans le bord supérieur des intermaxillaires.

Le bord supérieur et interne des narines est fait par l'os du nez qui s'élargît pour arriver là, en formant une suture dentée avec la base de Tinter-maxillaire.

4]if bQrd supérieur, ç'est-^-dire au plus voisin 4^ l'Qx^l>ite, Goncpuirep): , ou dii moîos s'^pfoc^ent, deux os qui , de leur partie postérieure, cpncourent au$si à )a formation de la partie antérieure du cercle de l'orbite, et même le supérieur, e^ s'étend sur une boqne partie de l'arcade surcilière. Geluir

4l2 DE l'iCHTYO^AURUS:

ci me paraît le frontal antérieur. L'autre ^ /, qui est plus petite pourrait bien être le lor crjmaj , mais je n'y ai pu voir de trou lacrymal.

Les deux nasaux remontent entre les frontaux antérieurs jusques aux frontaux principaux, auxquels ils s'articulent par une suture dentée qui varie de direction selon les espèces.

Les frontaux principaux ^ g, sont placés, comme à l'ordinaire, sur le milieu de l'intervalle des orbites ; mais il ne paraît pas qu'ils arrivent jusqu'au bord supérieur de cçs cadres.

Les frontaux postérieurs , h, viennent, le long de l'arcade surcilière et du bord externe des principaux, joindre les antérieurs. Ils forment aussi tout le bord postérieur de l'orbite en descenaant pour se joindre au jugal. Celui-ci, i, est grêle; il se place oblique^ ment sur le maxillaire , pour former tout le bord inférieur de l'orbite , et remonte un peu en arrière pour se joindre au frontal postérieur, avec lequel il clôt le cadre de l'orbite; mais cette par fie montante est peu considé-

DE L'iCHTYOSAtlRUS. 4^^

rable, en sorte que rëchanerure cjue le zygoma montre en dessous dans les lézards est moindre dans l'ichtyosaurus.

Ce qui en arrière de l'orbite est particulier à richlyosaurus et le distingue des lézards, c'est un os large (i) qui s'articule avec le bord postérieur du frontal postérieur et du jugal , et va de son autre extrémité prendre part à la face articulaire qui porte la mâchoire inférieure. L'os qui donne le reste de cette face articulaire est placé plus en der dans que le précédent , et suspendu au mastoïdien et à l'occipital latéral.

Il me parait clair que les deux os que je viens de décrire sont le temporal et le tympanique.

Le temporal ressemble beaucoup pour la forme à celui des lézards; seulement il s'articule sur une ligne plus haute au frontal

(1) L'erreur da* graveur qui, sur la planche, a mal placé la lettre k, change tout le sens de ce passage dans le texte in-4^ , la lettre k y étant indiquée comme désignant le temporal , tandis qu'elle est placée sur le mastoïdien. Le temporal est Fos situé au-dessous, et qui touche à la fois aux os i, h,k. F. G.

4i4 I» h\cmronkiskvi.

postérieur et aa jngal; mais son caractère particulier ^ c'est de descendre , comme dàlis le crocodile, jusqu'à l'articulation; et eépendant, s'articulant avec le frontal postérieur, il ne laisse pas , comme dans le crocodile , une Seconde fosse temporale derrière l'orbite.

Le temporal de la tortue de mer a beaucoup de rapport avec celui-ci, et pout* là forme et pour les connexions; mais dans la tortue de mer, le mastoïdien et le frontal postérieur s'unissent au pariétal au-dessus du temporal 9 pour former une voûte â la tempe, et ici il reste aU contraire un grand vide comme dans les lézards, et comme il yen à uii de grandeur variable dans les crocodiles.

Le mastoïdien , k , achève de cerner ce vide en arrière, en s'articulant, d'une part, au frontal postérieur et au temporal , et de l'autre, à l'apophyse latérale postérieure du pariétal.

Dans les lézards , où il est fort petit , il îië s'articule qu'au pariétal et . au temporal, parce que ce dernier s'interpose entre lui et le frontal postérieur.

Dans les crocodiles , il ne s'articule qu'au frontal postérieur et au pariétal , partie que te

DB l'iG^TYOSAURUS. 4^^

tympanique s'interpose entre lui et le temporal. Mais dans tous ces genres il contribue à porter l'os tympanique > et c'est ce qu'il fait de même dans l'ichtyosaurus. /

Après avoir ainsi reconstitué la région zygomatique et l'articulation de la mâchoire y revenons au crâne lui-même.

Le pariétal ^ ly ne peut être méconnu : il ressemble parfaitement à celui d'un iguane. Les crêtes temporales s'y rapprochent comme les deux branches d'un x. En arrière ^ il se bifurque en deux apophyses, relevées chacune d'une crête , qui voiit chercher les mastoïdiens et s'y attacher pour former, par leur union .^ l'angle postérieur de la fosse temporale. Sur la suture de sa jonction avec les frontaux principaux, il est échancré d'un grand trou, 171, qui même, dâ,ns certaines espèce^, se prolonge en une fissure sur presque toute sa longueur.

L'occipital supérieur, n (i) , fig. 1 1, est trés^ semblable à celui d'un iguane , par la forme

(1) On a gravé par erreur sur la figure 1 1 , au lieu de la lettre n, la lettre m, qui déjà indique sur les âgu* res 3 et 7 le trou da piâit^. F. C.

4l6 DE LICHTYOSAUIllJS.

générale, par la grande échancrure (ju'il a dans le bas pour le irou occipital , par la petite qui est quelquefois dans le haut pour le Kgament qui l'unissait au pariétal, par les faces âpres qu'il offrait au£ occipitaux latéraux et aux rochers.

Sa face externe est seulement d'une con* vexité plus égale. Il y a deux trous pour les vaisseaux, diversement placés selou les espèces.

h'occipita/ inférieur ou basilaire, o, fig. 5 à i5, est très-épais, et se termine en arrière par un très-gros tubercule qui sert à peu près seul pour l'articulation avec l'atlas, car c'est à peine si les occipitaux latéraux y prennent une part sensible.

Sa face inférieure est convexe, et non concave comme dans les lézards, et il n'a non plus ces apophyses latérales qu'il porte chez eux; en sorte qu'il ne prend point de part aux parois de l'oreille externe ou de la caisse : rapport marqué de l'ichtyosaun avec tes tortues.

Un autre rapport encore plus sensible^ c'a la division de V occipital latéral.

Dfi l'ichtyosàurcs. 4^7

Ces. os ^ Pf Pf fig* 1 1 9 que nous avons bien entiers y et s'articulant avec le supérieur et l'inférieur, laissent en dehors et au-dessus d'eux un vide , et présentent, conjointement avec l'occipital supérieur, un bord dentelé annonçant une suture qui ne peut être remplie que par un occipital externe analogue à celui de la tortue , et qui occupe l'espace que le rocher laisse derrière lui.

Le sphénoïde^ q^ fig. 4^ ^t lo à i5, est aussi épais que l'occipital inférieur. Une arête transverse de sa face supérieure distingue la région cérébrale de celle où reposait la glande pituitaire. Celle-ci est percée à son fond d'un canal qui se rend obliquement en arrière et sort à la face inférieure de l'os par un ou par deux trous, selon les espèces.

En avant , il donne une très-longue pointe pour porter, comme dans les lézards , la cloison verticale et membraneuse d'entre les orbites.

Latéralement il donne de chaque côté une apophyse tronquée pour toucher à l'os ptérygoîdien , et un peu plus en arrière, une face âpre pour sa jointure avec l'os du

4i8 DE l'ichtyosaurus, •

rocher. Sous tous ces rapports, c'est un sphénoïde de lézard.

Le rocher est articulé, relativement au sphénoïde I de manière que l'os ptérygoïdien devait marcher à peu près parallèlement à la face externe du premier, et que , s'ils ne se touchaient pas comme dans les tortues , il devait rester fort peu d'espace entre eux. La face externe du rocher est simple et un peu convexe comme celle de l'occipital inférieur, et n'a point cette crête qui, dans l'iguane , protège la concavité au fond de laquelle est la fenêtre ovale : nouveau mot4f*pour croire que Toreille externe était plus simple dans l'ichtyosaurus que dans les lézards.

 la face interne du rocher est une cavité profonde qui recelait le vestibule, et qui était fermée du côté du crâne par l'occipital supérieur et ïoccipital externe. On voit dans ses parois quelques restes des canaux semicirculaires.

Bien que j'aie l'occipital latéral dans deux ou trois de mes têtes , je n'ai pu le dégager nettement , et mon rocher est aussi un peu fracturé par les bords, en sorte que je ne puis dire positivement s'il y avait deux fe-

DE l'ichtyosaurus, 4^9

nétres ou une seule. Mais dès à présent j'ai^ tout lieu de soupçonner qu'il n'y en avait qu'une^ et que notre animal avait ce rapport avec les salamandres , les sirènes et les protées^ que son osselet auriculaire était réduit à une simple platine répondait 4 celle de l'4 trier*.

LjBS ptérygoïdiens j s, s, fig. 4 7 forment, deux longues bandes l£^:'ges. et plates ^ sép^v ré^s en arrière par toute la largeur du sphé^ noîde, et qui se rapprochent l'upe de L'aUfirç en avant , à peu près sous le bord antérieur de l'orbite. Ils s'y aiguisent ^n u^n^ longicie ptoiate qui s'insère en trjs le$ paja^tii^s» aijixqu(^lai ^le s'unJLt PiSLr u;ie suture très-pbli^ue^ Ils a'ér l%^gîs^ent latéralengient; vers l^eui; milieu ^ pro«^ byabie^i^ent pour donner att^iche à, Vqs traii>-, verse ;, qui me p^ait jpiudfve ^ui^i K^xtxémili ppsjjçrieure extei;nç du palatin , et dQqtJebord e:sLtei:ne doit s'unir cojoç^me à l'ordinaire, avec le|ugal. L' extrémité postérieure dé^ pté^^ygoî^ . diens se termine par un léger ^l^gi^s/en^ei^t j, un peu en arc concave en arrière. Ni eux, ni les palatins ne. paraisseat avoir poDlé -le dçjçitSu î

Telle est donc , en général , la composition

de, U tête,d« l'v?l^typ^w^ruç ; m w^»9^\k fcriné

420 DE l'iCHTVOSaURUS.

presque en entier parles inler-maxillaires ; les maxillaires relégués aux côtés de sa base; les nasaux à la face supérieure de cette base; les narines percées entre les nasaux , les inlermaxillaires et les frontaux antérieurs; le frontal, le pariétal, l'occipital, les rochers^ le sphénoïde, les plérjgoïdiens, à peu ( chose près comme dans les lézards, et surtout"] dans les iguanes j mais des caractères plus particuliers dans la région de l'oreille et de la tempe, savoir :

Un orbite entouré par le frontal antérieur, le postérieur et le jugal; le trou de la tempe cerné par le temporal et le mastoïdien; le temporal se joignant au tympanique , placé à sa face interne pour fournir l'articulation à la mâchoire inférieure; la région du crâne où devraient être des concavités pour la caisse deroreille, lisse et même un peu convexe; probablement point d'autre osselet de l'ouïaj que la platine de l'étrier. ^

Ce serait un animal encore existant, que Ton ne connaîtrait pas mieux l'ostéologie de sa tète.

Ce qui est le plus frappant dans cette tête,

DB l'iCHTYOSAURUÇ« ^U

c'est rénormité de son œil, et le cercle de pièces osseuses qui en renforce la sclérotique en avant. Ces pièces forment, comme on sait, un caractère commun aux oiseaux, aux tortues et aux lézards , à l'exclusion des crocodiles et des poissons. En effet, dans les crocodiles, la sclérotique est simplement cartilagineuse; dans les poissons, elle est souvent osseuse, en tout ou en partie (i); mais jamais elle n'y est garnie en avant d'un anneau de pièces osseuses comme dans les oiseaux. Ce seul caractère, qui avait déterminé d'abord, on ne peut deviner pourquoi^ à rapprocher cet animal des poissons, aurait dû le faire, dès les premiers momens, rapprocher des lézards.

'(i) J'ai y par exemple^ des. sclérotiques de grands espadons ( xiphias, Lin. ) qui forment des globes de trois pouces de diamètre , à parois entièrement osseuses, sauf les ouvertures pour le nerf et pour la cornée , et d'une ligne d'épaisseur; mab elles ne sont composées que de deux piècest

Dfe t*Tc^VvôsttjRirs;

îlSf

§ 11. Dif)crences entre les têtes des àifféreu^espéces.

La forme totale de la tète et celle de plusieurs os pris en particulier annoncent, comme les dents, parmi les tètes d'ichtjctsaurus , des différences qui doivent être spécifiques, mais dont les limites ne sont pas aisées à fixer.

Dans la tète, pi. aSy , fig. i , que je rapporte àriclityOsauruscommuQ, par exemple, on voit à la racine du nez, entre les orbites, deux proéminences anguleuses en avant, et entre lesquelles est une concavité anguleuse en arrière.

Le pariétal y est plus long que large, el percé' de deux trous oblongs, l'un enavantet l'autre en arrière, et ses crêtes temporales se réunissent en une seule ligne.

Une autre tête plus petite a le pariétal à peu près pareil, mais percé d'un seul trou. Cependant, comme ses dents sont semblables, ce pourrait n'être qu'une différence accidentelle.

DE l'icHTYOSÀURU^. 4^S

Dans la tête, fig. 6 et 7 , le paHétal est au contraire aussi large que long , fet tout-à-fait aplati de l'arrière. Il n'y a qu'un seul troti rond en avant. Elle ne conserve point de dents; mais comme son pariétal et Son sphénoïde ressemblent à ceux de mon petit squelette que j'ai déjà rapporté à 1'/. tenuirostris y et dont on voit la tête fig. 8, je dois l'y rapporter également.

. J'en ai une quatrième où il est de même plat et court, mais où le trou rond qu'il a en avant se continue avec une fissure qui s'élargit en arrière en un deuxième trou.

• C'est celle qui n'a plus que quelques -dents

droites et grêles , fig. 2 à 5 , et je la rapporte

en conséquence à 1'/. intermèdius.

La tête de cette espèce, représentée par MM. de Labêche et Conybeare, dans leur deuxième Mémoire, pi. XVII, lui ressemble assez par la région temporale pour justifier ce rapprochement, et l'on doit probabtemetlt attribuer à sa mauvaise conservation les différences qu'elle offre k la face basilaire et palatine.

Il me reste enfin une portion postériieure

^4 ' ^^ ^ ICHTYOS\URUS.

de tète» aussi grande que la première , à parié-| tal aussi allongé à proportion, mais sans trou, et dont le sphénoïde n'est pas le même; el n'a plus aucune dent, mais, par une conjei ture assez naturelle, je dois croire qu'elle est' de l'y. platyodon, le seul dont je n'aie point d'autre partie de crâne et de mâchoire supérieure.

Le sphénoïde offre des diflërences spéci-s^ fiqaes non moins frappantes que le parié-* tal.

Ainsi, dans la dernière de ces têtes, celle que je crois d'/. platjodan, le sphénoïde, comme nous t'avons dît , est relevé en dessous d'une arête longitudinale, percé en arrière de deux trous qui conduisent obliquement en avant et vers le haut au trou unique sous la glande pituitaire, et son bord postérieur est coupé en angle obtus.

Dans la tête que je rapporte à 1'/. interme-\ diits, il a aussi deux trous un peu écartés eaJ arrière, mais il est coupé carrément et saniJ arête saillante.

Dans le squelette de 1'/. tenuiroslns , i] t

DE l'iGHTY09ÀURU8. ^25

un peu arrondi en arrière, et percé de deux trous un peu écartés.

Dans celui d'/. communiSf fig. 12 et i5, il est très-épais , peu convexe , coupé carrément, et percé encore de deux trous, mais plus rap* proches.

Enfin j'en ai un cinquième, fig. lo , trouvé avec des occipitaux latéraux et supérieurs, fig. II , et dont j'ai tout lieu de croire qu'il annonce une cinquième espèce.

Il est très-épais, coupé presque en croissant, et ses deux canaux se réunissent en arrière en une seule ouverture transversale.

ARTICLE III

De la Mâchoire inférieure.

La mâchoire inférieure, pi. 25j; fig. i5 et 16, allongée et pointue comme lemuseati, se forme de deux branches qui se rapprochent sans se courber beaucoup, et qui sont symphysées sur un peu plus de moitié de leur longueur.

^26 DE L^ICHTYOSAURUS.

Chaque branche se compose de six os, comme dans tous les lézards et dans les crocodiles^ mais un peu autrement disposés que dans les uns et que dans les autres.

Il n'y a ni à la face externe ni à la face interne ces deux grands trous que l'on observe dans les crocodiles.

Le dentaire, a, forme la face externe depuis la pointe jusque sous le milieu de l'orbite.

L'operculaire, b , occupe le bord inférieur et la face interne presque sur un espace égal, pénétrant dans la symphyse presque jusqu'à la pointe.

L'angulaire 9 c, et le sur-angulaire, d, se partagent la face externe à la partie postérieure.

C'est au -sur-angulaire que l'apophyse coronoîde appartient, au contraire des lézards, et conformément à ce qui a lieu dans le crocodile.

Cette apophyse coronoïde est petite et trèsobtuse.

DÉ L*ICHTYÔSAURUS, 4^7

Le complémentaire , e , est fort petit et rélégué à la face interne y aussi comme dans lé crocodile.

L'articulaire est peu considérable , et sa plus grande étendue est à la face interne, encore comme dans le crocodile.

ARTICLE IV

De rOs hyoïde.

J'ai vu dans trois individus les deux cornes antérieures de l'os hyoïde (autrement les os styloîdiens) en place , grandes, prismatiques, et aussi osseuses qu'aucun des autres os. J'ai même observé entre elles, en avant , un disque osseux, plus large que long, échancré en arrière, que je soupçonne d'être le £brps de l'hyoïde. N ayant vu d'ailleura rien iquî annonçât des arcs branchiaux, je dois ck^i^ ^uè notre animal respirait l'air élastique > ^ n^àvait ni des branchies comme un poi^oln^ ni des houppes branchiales comme une sirène ou un axolotl.

Jfe n'ai rien aperçu cependant qui pût taie

428 DE L'iCHTYOSAliiiUS.

paraître un reste de larynx ou de trachée artère.

ARTICLE V

Des Verlèbrea et des Cotes.

Des vertèbres.

Le nombre des vertèbres est assez grand.

M. Conybeare l'estime entre quatre-vingts et quatre-vingt-dix. J'ai un individu qui ne pouvait en avoir moins de quatre-vingt-quinze. Celles que l'on distingue dans le beau squelette de sir Everard Home vont à soixantedouze au moins.

Autant l'ichtyosauius ressemble aux lézards par l'ostéologie de la tête, autant il en diffère par les formes de ses vertèbres , et sous ce rapport, il se rapproche à la fois des poissons et des cétacés, ainsi que l'a très-bieo remarqué sir Everard Home.

Il n'a point d'atlas ni d'axis d'une forme différente, mais toutes ses vertèbres sont à

DE LICHTYOSAURUS. 4^9

peu près semblables, comme dans les poissons.

Elles ont toutes leur corps en forme de dame à jouer, c'est-à-dire que le diamètre en est plus grand que Taxe, et même deux ou trois fois. Elles ont toutes les deux faces de leur corps concaves, encore comme dans les poissons.

La partie annulaire s'y attache de part et d'autre par une face un peu âpre , qui prend toute la longueur de chaque côté du canal médullaire.

L'adhérence devait en être faible, car cette partie annulaire est presque toujours perdue.

Elle s'élevait en dessus en une apophyse épineuse comprimée, qui, dans le commencement de l'épine , est à peu près de la hauteur du corps. Ces apophyses , placées obliquement et presque aussi larges que les corps , formaient sur cette partie de l'épine une crête presque continue. Celle d'une vertèbre appuie sa base en arrière sur celle de la vertèbre qui la suit, et, pour cet effet, chacune de ces apophyses a en avant une proé*

45a DB l'ichtyosaurus.

Ces proportions sont prises d'individus dé petite dimension.

Les formes des vertèbres, comme celles des têtes, annoncent des différences d'espèce.

Dans les individus de taille moyenne ou petite, tels que ceux que j'ai représentés, la longueur d'avant en arrière du corps, dans les vertèbres du tronc , est à peu près moitié de son diamètre transverse , mais il y en a de beaucoup plus minces.

M. Gonybeare a représenté et m'a communiqué des vertèbres tirées de l'argile de Kimmeridge, dont la longueur ne faisait pas le tiers et à peine le quart du diamètre transverse.

J'en ai aussi de proportions intermé* diaires.

On peut observer en outre qu'il y en a dont le diamètre transverse est moindre que le vertical, et d'autres où il est plus grand.

Leur grandeur absolue diffêre encore davantage*

DK L'ïCHttOSAURùé'. 4^^

• J'en ai dé cinq pouces et dfemi (o^iS) dé diamètre transverse; en les comparant à celles d'un iildividu de quatre pieds de longueur^ elles en annoncent un de vingt* six.

Pour miisux faire sentir toutes les particularités qui distinguent les vertèbres d'ich'tyosauruSy nous avons représenté, fig. 7^ pi. ^56, les treizième, quatorzième , qipn-^ zième et seizième vertèbres de notre squelette deT/. tenuirostris t de grandeur naturelle., On voit en a les proéminences des apophyses épineuses qui servent d'apophyses articulaires; en b^ le tubercule qui sert d'apophyse transverse; en c, celui qui reçoit la tête de la côte. La fig. 6 représente la treizième vertèbre vue par sa face antérieure, et la fig. 8, la seizième par sa face postérieure. La fîg. g est une apophyse épineuse tirée, du squelette de 1'/. communisp ainsi que la fîg. 10, qui vient du groupe qui a fourni les occipitaux représentés pi. ^67, fig. ii» Les fig. 1 1 et 1:2 sont de ces vertèbres courtes de l'argile de Kimmeridge, et la fig. i5 montre la coupe de deux vertèbres, afin de mieux faire sentir là concavité de leur X. 28

1^54 DE l'iciityosaurus.

corps et la figure des espaces intermédiaires.

§ II. Des cotes.

Les côtes sont fort grêles pour un si grand animai , non cornpritiiéeii, mais plutôt triangulaires. Presque toutes sont bifurquées dans le haut, et s'attachent à leurs vertèbres par une tête et une tubérosité qui est plutôt un second pédicule qu'une seconde tête.

- ]l j en avait, comme dans les lézards, .SBi)S exception à toutes les vertèbres, depuis la tète jusqu'au bassin, car on voit tout le long du tronc des tubercules costaux aux vertèbres.

Peut-être les côtes du col et des lombes étaient-elles courtes, mais celles de la pins grande partie du tronc étaient assez grandes ponr l'entourer dans presque toute sa demici rconférence. Malheureusement je ne puis voir encore comment, dans mes fossiles, elles se rattachaient en dessous , soit au sternum, aolt entre elles, ou avec leurs correspondantes; mais, d'après un morceau représenté

DE L^rCHTTOSAURU».' 453^

par sir Ëverard Home dans les Transàctîdns de 1819, pi. XIV, il paraît que la plupart. «cp réunissaient ainsi, c'est-à-dire celles de droite à eelles de gauche, à la manière des camé* léans et des anolis.

ARTICLE vu

Des Extrémités.

§ I. Du Sternum et de Pépaule»

luépaùle et le sternum de richtyosanrus SiOttt disposés pour 1-èssentiel ,. comme dans les lézards.

Le sternum osseuin, a^ pK !i58, dans presque toutes les figures, se compose d'une tige impaire qui, en avant, porte une tra— » ^erse latérale comme un T majuscule , et qui. ressemble par conséquent pour L'easemieL à son analogue dans le monitor et l'ornithorhynque.

Aux branches de ce T s'attachent, par une suture oblique , deux clavicules , b, b, arquées et assez fortes.

4S6 DE L'iCHTYOSAUnUS.

Je n'ai vu nulle part aucune au Ire pièce sternale.

En arrière de ce T , et en partie au-dessus de sa tige impaire, est la ligne de rencontre de deux grands coraeoïdiens , c^ c, un peu taillés en éventail/ très-larges a la ligne moyenne/ un peu rétrécis vers leur partie externe ou ils vont se joindre aux omoplates.

L'omoplate y d, est aussi un peu dilatée en éventail vers l'endroit où elle s'unit au coracoïdten; elle se rétrécit , en se courbant, pour remonter vers le dos , et elle a , à son bord antérieur, une proéminence pour donner appui à l'extrémité de la clavicule.

Pour mieux faire comprendre cette dispo* sition , nous avons copié , fig. 6 , à côté des figures prises de nos divers morceaux , d'après sir Everard Home, le dessin qu'il donne de ces parties restituées.

iiÉ L'iCHTlrOSAtJRttt. 4^

§ II. De la nageoire antérieure.

Dans la fosse que l'omoplate et le coracoïdien forment par leur. réunion s'articUle un humérus^ e^ ib,^ gros et court; renfla et arrondi à sa tête supérieure, un peu plas mince dans son milieu, et enfin aplati et dilaté pour porter les os de l'avant-bras. •

Ces deux derniers , f et g , sont larges , plats et réunis ensemble et avec ceux qui les suivent , de manière à entrer véritablement dans . la composition de la nageoire : aussi plusieurs anatomistes ne les ont-ils pas reconnus pour ce qu'ils étaient, et ont cru que Tavant-bras manquait aux ichtyosaurus. Il ne lui manque pas, mais réellement il semble former le premier rang de son carpe.

Le second rang , ou le premier du carpe véritable^ est formé de trois os, et il lui en succède deux de quatre chacun, tous plats , anguleux et réunis en une espèce de pavé, comme il y en a déjà des commencemens dans les salamandres et surtout dans les dauphins, mais moins compliqués.

'^SS BIB^ l/fCifFirOflAURUf.

Le reste de la nageoire est formé par des séries d'osselets, comparables aus^i aux phalanges du dàùpïiin; mais encore plus nombreux et plus serrés.

Il y a cinq où sM de ces séries régnant tout

An long, et àévënànt seulerpent un peu inégales vers lé bbiît pour iairè la pointe; et une à]|xième ou septième, d'osselets plus ronds et plus petits^ le long d'une partie du bord antérieur.

Dans les nageoires complètes, 0n compte dans chaque série jusqu*à vingt osselets distincts/ et il eh teste eàcpre plusieurs petits et en désordre vers rextrémité. '

Tous ces os sont plats , et leurs angles s'a* justent en manière de pavé, de façon qu'ils devaient former, comme dans les -cétacés, une nageoire dont les parties avaient très-peu de mouvement les unes sur les autres, et ii'^oflRpaient nulle division Vi'sible à l'éfxté- TÎeur.

' § IIL Dw bassin. .-*.•-. ♦•

Je n^ai paà été )aù^si1iéùrëux pont le Dassin que pour l'épaule^ et je vois que mes prédécesseurs ne Tout pas même été s^utaot wue moi. En général y le membre postérieuf ét4itr plus petite plus fjgiible et moins forteipi^ut attaché que rantérieur^p puisqu'il s^e^t pj(^9£ souvent perdu ou mutilé.

tfn de mes squelettes . en ^a jd^ux 03i.«Dsûf un peu mutiles : l'un plus grêlç^ d'aplatissant^ en avant; l'autre plus gros » ti:iai;igulaira dans, le bas^ et aussi un peu plus comprimé dans le h£^aU:Ai^ioqléa ensemble i>ar leupisdehix extrémité»,; jl^ i^terceplènt up troude AféM; elUpttqg^ aHpngée : je spqpQonfne 4p^ils «ètitr le pubis .Qliil'ischioil. Lear axtréoiité piscé^* rieure est tronquée, âpre, et concourait à la ft)Sdé eôtjploïde j probâblëiiiefït àvfeô iiri tJs'ées ilës qtii ^èst p^l^, hiàiè donïjè c^ls tti^rét ilîi iSèëté âatis ttri autre sqûeieftë;ïii*j^/ V4'; pi; 256y "réjfjfrésëhtè le hèlém et là tfà^ëbt^ postérieure de notre petit squektte à là àiditiJB de leur grandeur naturelle , pour en mieux faire sentir la forme , et la fig. i5 , le bassin et

jJ40 DE LICIITYOSAURIIS.

le fémur du grand squelette, également à la moitié.

§ IV. De la nageoire postérieure.

Le fémur est plus petit et plus court que' l'humérus , mais il lui ressemble un peu pout* la forme, étant de même triangulaire dans \é haut et comprimé dans le bas.

Il porte de sou bord inférieur les deux os. dd tibia et du péroné, qui sont, comme ceux de l'avant-bras, aplatis et presque confondus avec le reste de la nafîeoiie.

Après eux, il vient un rang de trois os;* puis un de cinq, et cinq rangées d'os qui ra-^ petissent de plus en plus à mesure qu'ils apJ» prochent de la pointe de la nageoire.

Je ne puis compter exactement ces petits^ osselets, qui sont plus ou moins dérangést dans tous mes échantillons; mais ils sont 4( peu près aussi nombreux que dans la nageoire de devant et disposés de même, r

PB I«'lGilTY<^AtJRV$w 44^

ARTICLE VIL

Résumé général.

*Ainsi nous possédons le squelette de l'ich* tyosaurus dans toutes ses parties , et si l'on excepte la forme de ses écailles et les nuances de ses couleurs, rien ne nous empêche de nous représenter complètement cet animal.

C'était un reptile à queue médiocre et à long museau pointu, armé de dents aiguêç ; deux yeux d'une grosseur énorme devaient donner à sa tête un aspect tout-à*fait extraordinaire, et lui faciliter la vision pendaat la nuit. Il n'avait probablement aucune oreille extérieure, et la peau passait sur Je tympaniqiie, comme dans le caouéléon, la salamandre ou le pipa, sans même s'y amincir.

11 respirait l'air en nature, et non pas l'eau comme les poissons; ainsi il devait revenir souvent à la surface de l'eau. Néanmoins ses membres courts, plats, non divisé$;i ne lui permettaient que de nager, et il

44i &B L'iGItryOSAUKUS.

y a grande apparence qu'il ne pouvait pas même ramper sur le rivage autant que les - phoques; mais que s'il avait le malheur d'y échouer, il y demeurait immobile comme les baleines et les dauphins. Il vivait dans une mer où habitaient avec lui les mollusques qui nous ont' laissé les cornes d'ammon, et qui> selon toutes les apparences, étaient des espèces de seiches ou de poulpes qui portaient dans leur intérieur (comme aujourd'hui le. T^az/^j/i^^ spiruld) ces coquilles spirales et si singulièrement cham- ,brées; des térébràtules , diverses espèces d'huîtres / abondaient aussi dans cette mer, et plusieurs sortes de crocodiles en fréquentaient les rivages ^ si mente ils ne l'habitaient conjointement avec les iclrtyosaùrus:

On peut ftmignep avec- précision ,. du moins datis l'espèce à museau; grêlé (I* tenuirostris) , les proportions de ses parties. $ur une Ion- ^ gueur totale de trois pieds et demi, qui est celle de mon petit squelette , la tête et la queue en prennent cHàcurie un pied; et il reste un fSed et demi pour le tronc, aux deux extrémités duquel sont les nageoires / car c'est à peine si l*bii peut dire qu^^il y' ait eu Un col. Là nageoire antérieure ( éh* comptatit l'hu-

ttâr^i yé%à\t k)t)gile dé* sept pM^s 4t Ûethi ^j sur une largmir de prèg de troië iK^^réëd. Là n^eoirç postérieure était un peu moindre et en largeur èféiii longueur.

Ma grande tête à^I. corkmunis devait avoir au moins deux pieds et demi de lon^éeUr; ainsi elle annonce un individu long de neuf peds ou à peu prés.

Je vois cependant qu'on n'a pas laîs^ de rapporter à cette espèce un squelette découvert par mademoiselle Marie Ânning sur la côte du comté de Dorseiç , quoique n'eût qùè cinq pieds. En effet, parmi les reptiles, la aille peut varier aisément du double au ûmple^ sans que lesi dents indiquent râgç.

Mais il y a de bien pliis grands içhtyosaupus, surtout dans l^espèce du platjodon/Ma.-lemdîsèlle Apiiing en a, dit-ph , aussi decbiivert 4in squelette long de vingt pieds. . V

• il. lètifiMn en possédé tift'ièrâ'he ^tfiif Ti largeur en* arrière est de dettx pîèds^î* pàfér-*ce» ^ng^bis ; ^et ie diamèti^e IdhgitWditlal dië quBtMtie pO€lM»^ et j^ai des vertêbries dé^-sîi poueeft de ^dtlrmètre , qfH , kîdttipariées' à 'fedfltei de mon petit squelette dont le diamètre* h^ësft

444 ^£ L'iCHTYOSAtJRUâ.

que d'un pouce ^ peuvent avoir apparten —i j des individuB de vingt et un pieds.

M. le docteur Davis ^ médecin de Batb^ m'a envoyé le dessin d'une de ces vertèbres, trouvée près de cette ville dans l'oolithe^et qui a prés de sept pouces.

•Paî des portions de nageoires de Newcasile qui annoncent aussi des individus de trè>' grande taille.

Cette espèce d'ichtyosaurus ne demeurât donc pas beaucoup aù*dessous du mosasauris de Maêstrichty dont nous avons calculé li longueur à vingt-cinq pieds.

M. Gotthelf de Fischer a décrit sou» le non de dent d'ichtyosaurus une dent coniqut trouvée aux bords de TOcca, de dix-neu" pouces de long sur sept pouces de largeur i sa base y qui est creusée d'une fosse conique d'environ sept pouces de profondeur. Ce serait bien le plus ia^mense detouS) Uïaisj'ai tout lieu de croire qii(^. ce n'ç&i qu'une dé? fense^ d'éléphant; î'e^i ^i d'à peu pfës semblables de Sibérie^ et je suis cop vaincu que l'examen de son tissu coniiriKiçra tua çoa* jecture, • ^ ..

«^%«%v%'%^Vk%%«.%%%^'%-%%^«^»^^^^V^%^%'*>% ^^^<%^

DEUXIÈxME SECTION.

DU PLtSIOSAURUS.

Ce genre est encore tout anglais , et entièrement dû à la sagacité de M. Conybeare. Des vertèbres mêlées à celles de crocodile et d'îchtyosaurus dans le lias des environs de Bristol, comme nous verrons que nous en avons dans celui de Honfleur, lui parurent différer des unes et des autres. Une portion considérable de squelette de la collection du colonel Birch le confirma dans ses idées sur l'espèce dont provenaient ces débris; il ajouta, pour les compléter, quelques os d'extrémités trouvés avec ces vertèbres , et il fit connaître les caractères du nouvel animal en i8ai, dans un mémoire qui lui est commun avec M. de Labêche^ et qui a été inséré dans le tome cinquième (première série ) de la Société géologique de Londres.

Cependant la lète manquait encore; mais ayani- continué ses reclierchesde concert a^ec M. de Labêche, et profitant toujours des acquisitions de M. Birch, M, Conybeare se vit en état l'année suivante de faire connaître une tète assez entière, bien qu'un peu écrasée, et une grande mâchoire inférieure qu'il crut devoir rapporter à cette espèce. 11 y ajouta encore plusieurs os. Ce second mémoire est dans le premier volume de la deuxième série de la Société géologique.

Enfin cette année même, iS24> ^u mois de janvier, un squelette presque entier trouvé à Lyme-Regis vint confirmer ou rectifier le» conjectures faites sur les parties que l'on avait; mais il apprit une particularité toute nouvelle, et que l'on était loin de soupçonner: c'est que le cou de cet animal était d'une loD' gueur démesurée , et composé de beaucoup plus de vertèbres qu'il ne s'en voit même dans les oiseaux qui en ont le plus, et particulièrement dans le cygne, qui surpasse à cet égard tous les autres animaux.

Ce morceau éionnant a été acquis par le duc de Huckingham , et mis à ta disposition de la Société géologique. M. Conybeare a bien voulu

m'envoyer, même a\ant sa publication, le mémoire où il l'a décrit et les figures que M. Webster en a faites, en sorte que c'est par cet habitant de l'ancien monde, peut-être le plus hétéroclite, et celui de tous qui paraît le plus mériter le nom de monstre, que je terminerai cette histoire des animaux perdus (i).

Le nom àe plésiosaurus , imaginé par M. Gonybeare, signifie ^voisin des lézards^ parce qii'il le trouve plus semblable aux animaux de œ

genre que Vichtjosaurus.

Ayant examiné de nouveau, d'après ce& mémoires de M. Conybeare, plusieurs vertèbres et quelques autres ossemens de Hônfleur sur lesquels j'avais déjà précédemment porté mon attention , et que je me proposais de décrire comme venant d'un saurien inconnu , je me suis convaincu que ce sont des débris de plésiosaurus; ainsi il n'est pas douteux que eet animal se trouve aussi dans nos couches de deçà la Manche, et qu'il y accompagne, comme en Angleterre, l'ichtyosaurus et des crocodiles de diverses sortes. J'en ai même de rintérieur de la France, de l'Auxois, c'est-à-

(1) Voyez aussi le scpelette de Plésiosaurus, pi. 3.

j(iJ8 DU pi.KSiosi(fBns.

I 4lii'e des environs d'Ausonne, dûparCement |.4le la Côtewi'Or. Il s'en trouve aussi dansl'io-

I téri(!ur de l'Angleterre, et fort loin de Lyme, car M. Brongniart m'en a comninniqaé qui Tiennent de Newcastle, dans le Norlhamber- Isnd, ce lie» si célèbre par ses mines de houille.

Ce superbe morceau de Lyme , dont nous copions la figure, pi. aSg, fig. i , se compose de plusieurs pierres qui se rapportent bieu , l'une à l'autre; tout au plus pourrait-ity avoir quelque doute à l'endroit le plus étroit , vers la base du cou; mais ce cou, ne dût-il pas provenir du même individu, n'en serait pas I moins un cou très-extraordinaire par son al- ' longement et provenant de la même espèce.

L'animal est couché sur le ventre, et sa longueur, dans l'état où on le voit, est de neuf pieds six pouces anglais (trois mètres à peu près) depuis le bout du museau jusqu'à l'extrémité de la queue.

La tète est en avant, avec six vertèbres , en série continue ; puis viennent quatre vertèbres un peu déplacées; mais la série reprend, et offre dix-huit vertèbres dans leur ordre naturel. On en voit ensuite douze,

DU PLKSIOSAURUS. 449

moînc dérangées, dont quelques-unes peuvent déjà appartenir au dos. Les six suivantes sont à peu près en place , et masquent l'appareil huméro-sternal situé sous elles; il €;n vient ensuite deux en travers, puis trois jetées assez loin de leur position naturelle. Le reste des vertèbres du dos, jusqu'au bassin , au nombre de onze, est bien en série, mais tout-à-fait hors de la direction de l'épine, et jeté sur le côté gauche, ce qui a permis de voir l'arrangement des côtes abdominales. Le bassin se trouve aussi en grande partie à découvert. En arrière du bassin, on compte vingt-cinq vertèbres, formant la queue, à peu près en ligne^, excepté la sixième et la septième , et munies encore en grande partie de leurs osselets en chevron.

Il y a des restes assez entiers des quatre membres; l'antérieur du côté droit et le postérieur du côté gauche ne laissent presque rien à désirer pour une description complète.

Ces vertèbres , qui ont commencé à faire distinguer le plésiosaurus , se reconnaissent aisément par deux petites fossettes ovales qu'elles ont toutes à leur face inférieure, et par les faces de leuricorps , à peine légèrement

45o DU PLÉSIOSAURUS.

concaves y et doDt le milieu redevient même tth peu convexe.

En général aussi ^ et en exceptant seulement une partie de celles du cou, leur diamètre transverse est plus grand que leur axe, bien que la différence soit moindre que dans l'ichtyosaurus; leur partie annulaire s'articule avec leur corps par une suture, et s'en détache facilement; elle a , dans presque toutes, tîne apophyse épineuse assez élevée ^ et des apophyses articulaires dont les postérieures sont plus hautes que les antérieures, et appuient leurs facettes à peu près horizontalement sur les aiftérieures de la vertèbre suivante.

Quant aux apophyses transverses et autres proéminences, elles varient selon la place qu'occupe la vertèbre.

D'après les premières observations de M. Co- Ajfbeare, il lui avait paru qu'au moins quarante-six de ces vertèbres faisaient partie du cou et du dos; mais nous verrons bientôt qu'il y éh a un beaucoup plus grand nombre.

Les antérieures sont uii peu plus longues t{ue les autres.

bu PLESIOSÀURUS. 4^1

Elles ont pour toute inégalité latérale , de chaque côté, deux fosses peu profondes^ trèsrapprochées l'une de l'autre, placées assez bas^ et qui donnent insertion aux deux tubercules d'une petite côte cervicale.

Entre ces fosses et à la face inférieure sont les deux petites fossettes ou les deux trous qui caractérisent toutes les vertèbres de plésiosaurus, et les cervicales comme les autres. A mesure qu'on se porte à des vertèbres si-r tuées plus en arrière , on voit ces fossettes se rapprocher, se confondre, la portion dé la vertèbre où elles sont creusées devenir un peu saillante , prendre une figure verticalement plus oblongue, et remonter, par degré, de manière à appartenir en partie à la portion annulaire de la vertèbre, et non pas seulement au corps.

La proéminence latérale se change ainsi^, petit à petit, en une véritable apophyse tratis-^ verse.

Dans les vertèbres qui suivent, cette apbphyse est assez grande , obliquement dirigée vérà le hàiit, et elle appartient elitièrement à la partie annulaire : éii sorte que quand cette

452 DU PLKSIOSAURl'S.

partie est tombée , il ne reste plus sur le corps de la vertèbre aucune trace d'apopbyse.

Les vertèbres de la queue se distinguent , comme à l'ordinaire , par les petites facettes qu'elles ont en dessous pour les os en chevron.

Ces os y dans le plésiosaurus comme dans le crocodile , sont articulés sous la jointure de deux vertèbres, de façon qu'il y a deux facettes pour chacune de leurs branches, et que chaque vertèbre a elle-même quatre facettes, deux à son bord antérieur, et deux au postérieur.

Ces vertèbres caudales ont aussi deux apophyses transverses, lesquelles, comme dans les jeunes crocodiles , s'attachent par une suture dont l'empreinte reste visible au corps de la vertèbre , au-dessous de la suture qui y joint la partie annulaire.

Plus on se porte en arrière sur la queue , plus ces apophyses diminuent de longueur et de grosseur, et les marques laissées par leurs sutures diminuent à proportion.

Ces formes des vertèbres du plésiosaurus, quelque particulières qu'elles soient , et malgré

le peu de longueur de leur axe, ressemblent incontestablement à celles des crocodiles, et spécialement de certains crocodiles fossiles , tels que celui de Caen et le deuxième de Honfleur, beaucoup plus qu'à celles des ichiyo^ sounis et même des lézardsj ainsi M, Conybeare a eu raison de considérer le plésiosaurus comme se rapprochant à plusieurs égards des crocodiles » en même temps que par ses membres il tient de près à Tichtyosaurus.

Il s'agissait de savoir combien cet animal a de vertèbres dans chacune des portions de son épine; et c'est sur quoi Ion n'aurait, comme je l'ai dit, jamais pu deviner la vérité sans la découverte surprenante de ce squelette dont je viens de parler.

M. Conybeare avait seulement calculé , d'après ses premières recherches, qu'il pouvait y en avoir dans le cou et dans le dos un total de quarante-six , ce qui surpassait déjà beau-* coup tous les sauriens connus, et même l'ich*tyosaurus.

Le squelette de Lyme en montre en place trente-cinq évidemment cervicales, et ne portant que de petites côtes articulées par deux tubercules et terminées en forme de hache ,

454 DU PLESIOSilURn£|.

à peu près comme les petites côtes cervicales du crocodile; puis il en vient six dont les petites côtes s'allongent, et prennent par degrés la forme des côtes dorsales. Les vertèbres du dos et des lombes y sont un peu en désordre^ en sorte qu'on ne peut dire si leur nombre est complet. On en compte, vingt et une.

Il y a ensuite vingt-trois vertèbres caudales, et il paraît en manquer trois vers le bout, ce qui en porterait le nombre à vingt-six. C'est quatre-vingt-huit vertèbres en tout, et M.Conybeare, ajoutant deux vertèbres sacrées , en compte quatre-vingt-dix.

En avant de cette série de vertèbres est, dans ce squelette, une tête si petite, qu'en la prenant pour unité, le cou a cinq fois sa longueur, et que le tronc paraît l'avoir quatre fois et la queue trois; ainsi la tête ne ferait qu'un treizième du total , et même en examinant l'état du tronc et la longueur que devraient occuper les vertèbres qui lui appartenaient si elles étaient en ligne, j'ai lieu de croire que lëpaule et le bassin ont été rapprochés et les côtes un peu mêlées, en sorte que le tronc doit avoir été un peu plus long qu'il ne le paraît.

DU PLÉSIOSAURUS. 4ÇjS,

Il n'en reste pas moins certain que le pl,ér siosaurus j dans l'état de vie, devait offrir uix véritable cou de serpent porté sur un tronc dont les proportions différaient peu de celles d'un quadrupède ordinaire; la queue surtout, par sa brièveté , ne devait point rappeler celle des reptiles, et cet animal devait montrer une forme d'autant plus insolite^ que ses extrémités, comme celles de l'ichtvosaurus, étaient de véritables nageoires semblables à celles des cétacés.

Dans le dos, ou dans sa plus grande partie ^ les côtes n'ont qu'une tête, ou du moins le nombre de celles qui auraient eu en outre un tubercule doit avoir été bien petit. Cette tête de côte s'articule avec l'extrémité de l'apppliyse transverse, que je trouve tantôt concave, tantôt convexe, sans que je puisse bien assigner la place des vertèbres qui ont ces deux conformations. Dans les groupes que j'ai sous les yeux , près des vertèbres où le bout dje l'a-r pophyse transverse est convexe, je trouve dgs côtes dont la tête est concave^ et réciproqqQment.

Ces côtes, dans la plus grande partie du dos, paraissent avoir été coropQsées chacune

de deux parties , une vertébrale et une ventrale, et on juge , par le squelette de Lyme , que la partie ventrale d'une côte s'unissait à celle de la côte opposée par une traverse intermédiaire; de manière que chaque paire de côtes (les sternales, s'il y en avait , exceptées) entourait l'abdomen par une ceinture complète, et que cette ceinture était composée de cinq pièces : les caméléons , les marbrés et les anolis ont aussi le ventre entouré par des cercles complets, ce qui pourrait nous faire conjecturer que les poumons du plésiosaurus , comme ceux de ces trois sous-genres, étaient fort étendus , et même peut-être, qu'à moins qu'il n'ait eu des écailles fort épaisses, il changeait comme eux la couleur de sa peau selon qu'il faisait des inspirations plus ou moins fortes.

M. Conybeare, dans son dessin restauré du plésiosaurus (que nous copions pi. 260, fig. i), fait commencer les côtes simples et non terminées en fer de hache à la trente-septième vertèbre; il en marque sept de chaque côté, qui vont en grandissant, mais sans avoir de partie ventrale; ensuite il en dessine quatorze avec cette partie ventrale; puis trois qui en manquent; et plus en arrière, il place quatre

DU PLESIOSAURUS. /^5j

vertèbres lombaires sans côtes. Peut-être , d'après l'état du squelette , a-t-il été obligé , pour établir ces nombres, de recourir à des conjectures; mais les erreurs qui pourraient s'être glissées dans cette partie de ses déterminations ne seraient pas d'une grande importance.

L'appareil huméro-sternal avait été en grande partie rétabli par M. Conybeare dès son premier mémoire (voyez pi. 260, fig. 2).

Ce qu'il a de plus marqué, c'est l'os coracoïdien , a, qui se dilate en éventail plus que dans aucun autre saurien , et de manière que sa dimension, d'avant en arrière, est presque triple de la transverse. Son bord antérieur ne paraît pas avoir eu les échancrures que l'on y remarque dans la plupart des sauriens, et il manque aussi du trou qui se voit ordinairement dans le disque. J'ai dans mes morceaux de Ronfleur des fragmens de cet os qui me paraissent bien justifier la restauration que M. Conybeare en a faite.

L'omoplate, b, dans les dessins de ce géologiste, paraît longue, étroite, relevée d'une crête peu saillante, et divisée transversalement en deux parties; et il place en avant, d'une omoplate à l'autre, une branche trans-

versale, c^ en forme dé croissant^ dont la convexité y dirigée en arrière, s'unirait aux extrémités antérieures des deux coracoîdiens.

M. Conybeare nomme cette pièce transversale sternum , et ne lui donne point d'apophyse longitudinale 9 en sorte que les deux coracoîdiens s'uniraient par la presque totalité de leur bord interne.

Sous ce dernier rapport, il n'y a point de difficulté à faire; mais j'avoue que j'ai peine à croire que l'omoplate puisse , au lieu de se diriger vers l'épine, se porter ainsi en avant pour s'unir au sternum; je supposerais plutôt qu'on n'a pas encore ces parties en assez bon état pour les rétablir, et je le pense d'autant plus volontiers, que, dans le squelette de Lyme, elles sont masquées par des vertèbres et des portions de côtes.

Ce squelette montre le bassin mieux à découvert,

Il paraît que sa partie ventrale, composée des pubis et des ischions, a elb^ fig. 3, ressemblait un peu à celle des tortues de terre , c'est-à-dire que les pubis se joignaient l'un à l'autre, et les ischions l'un à l'autre par une

DU PLéSlOSAURUS. ^ 4^

symphyse, et que Textrémité postérieure des premiers se joignait à l'antérieure des seconds, de manière à faire au total une suture en forme de croix, et à laisser de chaque côté un trou rond analogue au trou ovalaire de Fhomipe et de la plupart des mammifères.

Dans le plus grand nombre des reptiles , cette union d'une paire d'os avec l'autre n'a pas lieu, et les deux trous ovalaires s'unissent dans le squelette en une grande ouverture commune.

Le pubis paraît avoir été plus grand, et surtout plus large vers la fosse cotyloïde que l'ischion. Celui-ci est élargi en éventail.

L'os des iles, dont il ne reste qu'un , et déplacé, était étroit et peu volumineux.

Les extrémités du plésiosaurus sont plus allongées que celles de l'ichtyosaurus, et ses mains et ses pieds forment des nageoires plus pointues.

L'humérus et le fémur sont d'abord cylindriques , terminés dans le haut par une tête convexe sans col ni tubérosrtés; aplatis et élargis dans le bas. Cependant l'humérus se

46o DU PLESIOSAURUS.

distingue du fémur parce qu'il est plus aplati vers le bas, et que son bord externe forme une courbe plus concave.

Les os de l'avant-bras et ceux de la jambe sont courts et larges , et presque semblables dans les deux membres : l'un des deux plus épais, rétréci dans son milieu; l'autre aplati, et le bord externe un peu en arc de cercle. Dans la jambe, cet os plat représente le péroné, et il y est un peu échancré à ce bord externe; dans l'avant-bras, il représente le radius.

On voit ensuite quelques os plats et ronds qui représentent le carpe et le tarse.

Au carpe, il y en a quatre au premier rang, dont un, un peu en dehors, est le pîsiforme; trois au second. Au tarse, il semble n'y en avoir en tout que six, dont deux plus grands représentent probablement l'astragale et le calcanéum des lëzards.

Tout le reste de la nageoire est formé par les métatarsiens et les phalanges, bien sensi^ blement disposas en cinq séries longitudinales qui représentent les cinq doigts; mais les phalanges, comme dans la nageoire des baleines,

y sont en bien plus grand nombre qu'à l'ordinaire.

Il y en a au moins sept dans le deuxième et le troisième des doigts de devant, qui sont les plus longs; et au moins dix au troisième de derrière; mais les nombres positifs sont difficiles à constater, parce qu'il peut s'être perdu quelque petite phalange, surtout aux doigts latéraux. Le plus court paraît avoir été le pouce, qui semble n'avoir eu que quatre ou cinq articulations, y compris son métacarpien ou son métatarsien.

Voici le tableau que donne de ces nombres M. Gonybeare , qui a le squelette sous les yeux.

Pied de devant. Pied de derrière.

Pouce 4 phalanges. ... 4 phalanges.

Deuxième doigt. 7 8

Troisième doigt. 7 et il en manque. 10 et il en manque. Quatrième doigt. 6 et il en manque. 9 et il en manque. Cinquième doigt. 7 7

Tous ces petits os se joignent par synchondrose, comme dans les cétacés, plutôt que par des articulations à mouvement tout-à-fkit libre. Ils sont tous un peu aplatis, tronqués et

dilatés aux bouts, et rétrécis au milieu. Les derniers se terminent en pointe obtuse.

Dans cet individu de trois mètres , qui a fourni le squelette de Lyme, le membre antérieur, à prendre depuis la tête de l'humérus jusqu'au bout du plus long doigt , était d'à peu près vingt-trois pouces anglais ou o,585. Le postérieur avait p. pieds ou 0,61. Ainsi ils dépasseraient peu le sixième de la longueur totale.

Ces formes et ces proportions sont en partie confirmées par un squelette moins complet, découvert à Lyme par le capitaine Waring, et dont mademoiselle Moreland a bien voulu nous envoyer un dessin , que nous donnons fig. 2; pi. 269.

La tête est j usqu'à présent ce que l'on connaît le moins bien dans le plésiosaurus.

Néanmoins , dans ce qu'on en possède y c'est une tête de lézard , mais avec quelques caractères d'ichtyosaurus et de crocodiles.

Nous donnons, pi. 269, fig. 5 et 4^ des copies de la première tête qu'avait représentée M. Conybeare.

Le museau de longueur médiocre , la forme du pariétal^ a y la disposition des os qui entourent l'orbite, i, et la fosse temporale, c, rappellent l'iguane; mais les dents adhérent dans des alvéoles distincts, comme dans le crocodile, et M. Conybeare, qui a l'original sous les yeux, croit que la narine est près du bord antérieui* Je l'orbite , comme dans l'ichtyosaurus.

Un petit bout du museau, que nous devons à la complaisance de M. Buckland, ne nous a en effet montré aucune trace d'ouverture nasale; ainsi il semblerait que dans ces deux genres de reptiles, comme dans les cétacés, dont ils se rapprochaient à tant d'autres égards , les narines étaient remontées vers le haut de la tête.

Les dents du plésiosaurus sont grêles, pointues, un peu arquées, et cannelées Iongitudinalement : elles sont inégales. Les antérieures d'en bas et les postérieures d'en haut sont plus grosses et plus longues que les autres; le nombre en est difficile à fixer pour les supérieures d'après les matériaux dont on dispose; mais pour les inférieures, M. Conybeare a représenté, dans son deuxième mé-

464 DU PLKSiOSAUUUS.

moire, des os dentaires entiers, dont il al voulu m'envoyer un moule, et (|^ijejedoaB pl. 25g, fig. 5, où l'on voit de chaque côté ' vingt-sept alvéoles. Lessixpretniers de chaque côté sont les plus grands, et la mâchoire est renflée dans celte pactie, qui fait à peu près le tiers de la longueur de l'os.

Ces os dentaires fournissent en outre des notions sur la taille que le plésiosaurus pent atteindre.

Leur longueur est de o,45 , ce qui , pour h mâchoire entière, ne pouvait guère doniiei moins de o.yS ou o, 8. Or la mâchoire du squelette de Lyme, qui a trois mètres, n'est longue que de o,23.

Ainsi ce grand os dentaire ne pouvait provenir d'un individu de moins de neuf mètres.

Plusieurs de mes os de Ilontleur s'approchent uu peu de cette grandeur.

J'ai, par exemple, des dorsales, fig. 6 et y, dont le corps a o,8 de diamètre, et celles de Lyme n'ont que o,5.

Un os pubis, fig. 8, a, d'avant en arrière,

0,2^, et celui de Lyme ne me paratt pas avoir plus de o,ri.

J'ai vu aussi et dessiné au Muséum britannique des humérus et des fémurs de ce genre qui annonçaient une grande taille.

Il y a, par exemple^ un fémur de o^aS de longueur, et celui du squelette de Lyme n'a que 0,17.

J'y ai observé aussi des vertèbres cervicales longues de o,o55 , et celles de Lyme ne paraissent guère que de o,o56.

Mais peut-être mes morceaux , et même les os dentaires de M. Conybeare , sont-ils d'une autre espèce que le squelette.

Il y a en effet plusieurs espèces de plésio^ sauras comme d'ichtyosaurus.

M. Conybeare en a déjà caractérisé une d'après des vertèbres trouvées dans l'argile de Kimmeridge près de Weymouth, dans le comté de Dorset.

Elles sont beaucoup plus courtes d'avant en arrière que celles du plésiosaurus ordinaire , et aussi plates que des dames à jouer

466 pu PLESIOSAURUS.

OU que des vertèbres d'ichtyosaurus , bien que leurs faces ne soient pas siconcaves. On les reconnaît à leurs sutures, à leurs facettes et surtout aux deux petits trous de leur face inférieure.

M. Conybeare nomme l'espèce qui a fourni le squelette de Lyme, Plesiosaurus dolichodeirus ou à long cou , et celle dont proviennent les vertèbres de Kimmeridge, Plesiosaur rus recentior.

Mais il en existe encore d'autres espèces. J'ai reçu de M. Bâillon une vertèbre cervicale qui a été trouvée près de Boulogne , et à ce qu'il paraît, d'après ce qui reste de sa gdngue, dans de l'oolithe. Elle se distingue par une arête longitudinale mousse de sa face inférieure entre les deux petits trous, et ne peut manquer de venir d'une espèce différente des deux premières, et que, sur ce caractère, le seul que je coanaisse encore, je nommerai provispi|*ement Plesiosaurus carinatiis.

J'en ai d'autres de Honfleur, également cervicales, mais plus longues à proportion, et plus plates en dessous que leurs correspondantes de Lyme; cependant, comme il parstît que ces dernières s'allongent un jpeu

du. PLéSIOSAURÛâ* '4^7

.ters le milieu du cou ^ je ne veux poittt itasis* tet' sur cette différence.

Mais je ne puis m'empecher de regai;^ar cjomme venant d'une espèce à part celle q^ij\Ç j^ai de TÀuxois. Elles sont d^ la queue. Lçjj^ir corps est non pas cylindrique , mais e|;|^ç^ ment pentagonaL

. • JJ^Q QOiftclusioûi toute semblable me pa^it i^vpir être prise relativement à une vertàbrâ ^ JUi QÔte 4u Calvados^ qui .m'a été dohnéd l^r M» Ijamouroux.

Elle est triangulaire, comme quelque^ HtïèÈ de celles de Tanimal de Maésl^richt , c*est-à-dire plate et large ehdessqus, s'aminéiàsiàttt vérè lé haut , et donnant, des côté^ âé sa. face inférieure, ses apophyses trans^

?Cf5feS. ■

. le n^mnerai .les es^ced aaicpièlles je rap^ porte ces deux sortes de vertèbres, PieêiôiùU^ rus pentagonus et trigonusj mais il est bien convenu que ces dénominations pourront êtra changées Bî Ton vient à reconnaftre des caractères pluë apparens^ oU mênie s'il ist trouve eft ctéfiuitive que ces vertèbres diflRi^ reDt seulement en raifioft de la place qvi'elléft lietoptat ^#alis t^éfttfte*

4zfl

DU PLESIOSAURUt.

Je ne doute r

9 l'on achèi

i, mesure c

vera ainsi les découvertes déjà commencées, des découvertes nouvelles ne se multiplient, et que, dans quelques années peut-être, je ne sois réduit à dire que l'ouvragé que je termine aujourd'hui, et auquel j'ai consacré tant de travail, ne sera qu'un léger aperçu, qu'un premier coup d'œil jeté sur ces immenses créations des anciens temps.

^•m^m0^it^^f*imM^^A/*mm^0^*^t^^f^^m^mm^m0^^f^mi^^i^^i^i^^^^^^i^^j^^^^^^^^^m

ADDITION (i).

Sur un animal du genre de la Grenouille, retiré des carrières d'OËningen , et conservé dans ' le cabinet de M. Lavater, à Zurich.

On ne le connaît que par une figure gravée dans les lettres d' Andréas sur la Suisse, pl.XY, fig. 6, dont nous donnons une copie réduite de moitié pi. 253, fig. 5; L'original^ outre les os qui composent le squelette^ montre une masse arrondie brune, qui les entoure, et qui pourrait bien être l'empreinte du corps. D'après cette forme, on a jugé que ce devait être un crapaud , et MM. Razoumowsky (a)

(1) Nous extrayons de la première édition , en quatre volumes m-4°, des Recherches sur les ossemens fossiles , cet article , qui paraît avoir été oubfié dans là grande édition en sept volumes in-4°; sa place naturelle serait à la fin du chapitre des Batraciens fossiles , ci-dessus, page 386 , mais nous ne nous sommes pas aperçus à temps de cette omission. F. C.

(2) Âcad. de Lausanne, t. III, page 217,

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