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à dix pieds de profondeur et à quelques pas du crocodile dont nous avons parlé dans notre premier chapitre (tome IX , p. :i5g), par les ouvriers employés à exploiter la mine de fer en grains qui remplit les fentes des couches Hu schiste calcaire.
Enveloppés dans un banc plus mairneux, plus mou que celui où le crocodile était incrusta , ils étaient moins bien conservés , et ce n'est qu'avec peine que Ton a pu en dégager assez certaines parties pour en reconnaître les caractères.
M. de Sœmmerring, à qui M. le .comte de Reysach fit présent de ces précieux débris , en a publié , dans les Mémoires de Munich pour i8i6y une description exacte accompagnée d'une belle lithographie , dont je donne des copies réduites pi. 249, fig. 2 — 8. 11 a bien voulu aussi m'envoyer une empreinte en plâtre de la tête , et c'est d'après ces documens que j'ai rédigé le présent article.
Ces os sont presque calcinés. On voit auprès une ammonite plate large de quatre pouces; un fragment de coquille bleuâtre, et une grande quantité de petites écailles qui, suivant la con-
rossii.F.s. 1^7
jecture de M. de Sœimnerring, viennent ou de quelques poissons^ ou peut-être de Tanimal lui-même , s'il est vrai qu'il ait été un monitor ou quelque autre lézard à petites écailles.
Les dents y fîg. 4 — ^f ont conservé leur émail ^ qui est dur^ luisant et brun^ comme dans beaucoup de glossopètres.
La tête, fig. 2 et 5, a été comprimée, et ses deux côtés se sont rapprochés au point de se toucher, et d'empêcher qu'on ne puisse voir quelle était la disposition des os du palais et s'il y avait des dents dans les ptérygoïdiens.
Il n'est pas facile non plus de distinguer les os de la face ni les sutures qui les séparaient; tout ce que l'on aperçoit, c'est que l'orbite était grand, et que le museau pouvait ne pas se prolonger beaucoup, ce qui aurait rendu au total la configuration de la tête assez semblable à celle des monitors.
La forme des dents paraît assez bien confirmer ce résultat. Elles sont en effet un peu comprimées, tranchantes en avant et en arrière, pointues, un peu arquées, et leur tranchant offre surtout une dentelure fine et
178 SAIJBIEAS
serrée, tout-à-fait semblable à celle qu'on observe (laps le iTionitor terrestre d'Egypte et l}ans plusieurs espèces indieunes de ce genre, lorsque leurs dents ne sont pas encore usées, mais que nous avons vue aussi dans les dents dw crocodile d'Argenton, pi. 258, fig. 14 — 16, ef toipe ÏX , p. 55o.
On compte quatorze ou quinze de ces dents du côté gauche en haut, mais il en manque quelques-unes en avant; et même on a troijvé un fragment qui pourrait avoir appartenu au bout antérieur du inusi^au , et qui en contient encore trois.
Les dernières ()e ces dents sont plus petites que les autres et régnent jusque sous l'orbite, ççmipe dans les crocodiles et les sapvegardes.
Du côté droit, il ne reste que sept dents; IcftJ postérieures sont tombées. W
Elles ne paraissent pas non plus s'être bien conservées à la mâchoire inférieure, qui n'en montre que cinq de chaque côté, mais datia des positions différentes.
L'os jugal, conservé du côté droit, fig. a^l paraît s'être prolongé en arrière et sous l'oivJ
bite plus que dans nos monitors ordinaires , où il finit en pointe; et ce prolongement du fossile est tel que Ton pourrait croire qu'il se rejoignait en arrrière au temporal , et par lui à Tarrière-tête, comme dans les crocodiles et plusieurs sauriens difiërens des monitors. On voit au bord antérieur de l'orbite une tubérosité pointue, semblable à celle que le lacrymal forme à cet endroit dans le monitor ; mais une particularité surtout bien caractéristique, c'est un cercle ou un anneau de lames osseuses qui occupe l'intérieur de l'orbite gauche, et qui se compose évidemment (ainsi que M. Conybeare l'a déjà remarqué) des écailles osseuses qui revêtaient la sclérotique de l'œil de l'animal, comme il y en a à celle des oiseaux, des tortues, d'un grand nombre de reptiles, et notamment des monitors, et comme nous les retrouverons encore plus marquées dans les énormes yeux de l'ichthyosaurus.
M. de Sœmmerring ne les appelle que des débris du crâne ; mais ce sont à coup sûr des débris de l'œiL
Je les considère comme rapprochant notre animal des sauriens plus que des crocodiles, car on en voit d'aussi fortes dans les monitors^
tandiâ que je n'en ai pas trouvé dans des yeux d'assez {jrands crocodiles.
Le savant anatomiste dont j'emprunte celle description a été frappé de la ressemblance de cette tête de Monheim avec celle de notre grand saiirien de Maestricht, qui est à la vérité quatre fois plus grande, mais dont les contours sont tels qu'on peut appliquer la tète de Monheim sur la figure réduite au quart de celle de Maestricht (Faujas, Mont, de Saint-Pierre, pi. Ll), et qu'elle s'y rapporte très-bien.
D'après cette circonstance, M. deSœmmerring a pensé que ce pourrait être ici un individu plus jeune de la même espèce ; mais cette rencontre n'est guère qu'un eflet du hasard, car, dans la figure en question, les mâchoires sont beaucoup plus écartées l'une de l'autre, et si elles étaient rapprochées comme ici, le rapport des contours n'aurait pas lieu.
Les dents de Maestricht sont aussi plus grosses, plus larges de droite à gauche, plus rondes à la fiice interne, et les arêtes qui distinguent cette face interne et convexe de la face externe et plane sont sans aucune tl lure. J'ai vérifié expressément ce fait sur n
le dente-B sur notrefl
grande tête , dont les figures sont très-exactes sur ce point.
A la vérité , Pierre Camper , dans les Transactions de 1786, t. LXXVI, pi. XV, fig. 6, semble indiquer une légère crénelure aux arêtes d'une de ces dents; mais il n'en marque aucune dans la grande mâchoire de la pi. XYI, copiée dans l'Histoire de la Montagne de Saint-Pierre, pi. VI, où six de ses dents sont représentées en place et de grandeur naturelle. Son fils n'en marque pas davantage dans un dessin de grandeur naturelle qu'il m'a envoyé d'une autre mâchoire, à présent déposée au Muséum britannique , et où huit dents sont encore entières. Il n'y en a pas non plus dans les mâchoires du Musée de Teyler , déjà gravées dans les Mémoires de la Société teyiérienne pour 1790, et dans l'Hist. de la Montagne de Saint-Pierre, pi. V, et dont je dois un nouveau dessin à la complaisance de M. Van Marum; ainsi M. Faujas, coupable de tant d'autres erreurs, n'est point blâmable de n'avoir point dessiné ces dentelures dans ses figures, et nommément dans les sixième et septième de sa pi. XVIII.
Les formes des vertèbres ne sont pas non
iSâ SAURtEN)>
p^us favorables à ce rapprochement des deiuH espèces, ni à l'idée qu'il s'agisse absolument d'un monitor pareil aux noires.
Il y en a deux suites.
L'une, fig. 7, qui est continue, offre d'abor^! huit vertèbres à corps rétréci dans le milieu, un peu concave à ses deux faces, et munies da grandes apophyses transverses; ensuite la plac^ de deux ou trois plus courtes à proportion que, les premières, et près desquelles sont des restes, du bassin et des fémurs.
L'autre suite, fig. 8 , contient cinq vertèbre^ semblables aux premières de la suite précédente. Sur les unes et sur les autres sont jetés en désordre un certain nombre de cotes ûû; de fragmens de côtes.
Je dis que ces vertèbres ne ressemblent poiin' k celles de l'animal de Maëstricht et des mofiitors, car celles-ci ont toujours à leorcorps iinC fece concave en avant , et une convexe en aK^ rière; les apophyses transverses de celtes àa* dossonlcourteset terminées en tubercule, ëWi'
Les vertèbres fossiles, avec leurs longues' apophyses Iràhsversés et leurs coniiavitëé ààt-
FOSSILES. l85
deux bouts, ressembleraient bien plus à celles du crocodile du Jura et de Caen qu'à celles de Maéstricht , et si l'on n'avait pas eu lés dents 9 ce serait plutôt parmi les crocôdileé que l'on aurait classé cet animal : encore avonsnous vu que le crocodile d' Argenton a , comme lui, des dents tranchantes et dentelées.
Je trouve aussi, pour ce qui reste du bassin, plus de ressemblance du fossile avec le crocodile qu'avec le monitor.
Ou y voit par exemple deux pubis, fig. 7, parfaitement semblables à ceux du crocodile, et très-différens du monitor et de tous les sauriens.
Les deux fémurs sont aussi manifestement de crocodile plutôt que de lézard, puisqu'il ne reste point de trace d'un trochàriter considérable.
Qaant aux deux autres os, leurs formes (s'ils sont entiers) ne s'accordent entiéreinent lïi avec l'un ni avec l'autre genre.
Si l'on regarde le plus large , avec M. de Sœmmerring, comme un ischion, il se rapprochera un peu de celui du monitor ; mais
le plus étroit ne m'offre de rapport avec rien que je connaisse. En les supposant dépitées, et regardant le plus large comme un oS des iles, on pourrait prendre le plus étroit pour un ischion ; mais alors même ils seraient' tous deux assez loin d'offrir les formes caractéristiques du crocodile.
Je me crois donc bien autorisé à considérer cet animal de Monheim comme un nouveau sous-genre de l'ordre des sauriens, auquel je donne provisoirement le nom de ^eosaurus (p;ir allusion à la terre mère des géans). Je ne peux lui laisser l'épithète de gigantesque, car, dans le grand genre tucerta, nous avons d'à-' bord l'animal de Maéstriclitou mo^asaurusqiii le surpasse de beaucoup , et nous allons en voir un autre (le mégalosaurus) qui lui est aussi très-supérieur.
Dans l'individu représenté par M. de Sœmmerring, la tète est, comme nous l'avons dit^ à peu près le quart de celle de Maëstrlcht ;■■ aucune de ses parties n'étant entière , on ne^ peut en donner des dimensions précises, couronne de ses dents est baute d'environ i o,oi5; la série de quatorze vertèbres fait une' longueur d'à peu près o,45; leur longueur est'
de o,o55; leur diamètre au milieu de o^oiS; aux extrémités de 0,024. ^^^ dimensions diffèrent peu de celles du squelette de crocodile de Caen, et on peut conjecturer que l'individu de Monheim devait aussi, sauf le plus de brièveté de son museau, en différer assez peu pour la taille , et être à peu près long de douze à treize pieds.
ARTICLE IV
Du Mégalosauras , très-grande espèce de reptile , fort voisine de la précédente , découverte dans les bancs d'oolithe de Stonesfield près d'Oxford, par M. Buckland, et qui paraît tenir des sauriens et des crocodiles. On y traite également de plusieurs vestiges d'autres très-grands sauriens.
Si l'on pouvait donner le nom de Laceria gigantea à un autre animal qu'à celui de Maêstricht, c'est l'espèce actuelle qui le mériterait; son seul fémur , long de trente-deux pouces anglais ou 0,806 , annoncerait, en lui supposant les proportions d'un monitor, une longueur totale de plus de quarante-cinq pieds de roi , et même s'il y a de ces fémurs de quatre pieds et plus, comme on l'a dit, sa
l86 sAURiEms
lonfrueur serait encore plus étonnante; mais ii est probable que sa queue n'est pas si longue à proportion : en le comparant seulement au crocodile, on lui donnerait toujours plus de trente pieds.
L'un des hommes qui honorent la géologie par des observations précises et suivies, et par la résistance la plus constante aux hypothèses hasardées, M, le professeur Buckland a fait depuis plusieurs années cette belle découverte, et j'en ai vu les pièces chez lui à Oxford , ea 1H18; j'y eu ai même dessiné quelques-unes; mais il a eu, depuis, la complaisance de m'adresser le mémoire qu'il va donner sur ce sujet dans le recueil de la Société géologique ■■§ de Londres, où il fait connaître exactement, les os qu'il possède et les circonstances de leuf gisement : c'est de cet écrit que je tire 1 princîpauTi matériaux du présent article.
On a découvert ces os à Stonesfîeld, li» de l'Oxfordshire, situé près de Woodstockj à'douze milles d'Oxford, dans un banc schiste calcaire qui devient sablonneux quelques endroits, et que M. Buckland , dam son tableau géologique des couches de l'Att" gleterre , nomme schiste de Stonesfield. CettR
pîerfe , que Ton exploite pour en couvrir les maisons y est placée un peu au-dessous de la région moyenne des couches ooiithiques et audessus dii lias qui contient les ichthyosaurus. Elle doit ressembler beaucoup aux schistes calcaires de Bavière y et il ne seraft pas impossible qu'elle leur correspondît plus qu'on ne croit dalns l'ordre géologique.
On y arrive par des puits percés au travers de plus de quarante pieds d'un roc solide de cette autre espèce de pierre que les Anglais nomment cornbrash , et d'argile feuilletée.
Ce banc de schiste ^ qui n'a jamais plus de six pieds d'épaisseur ^ s'étend fort loin dans l'Angleterre : c'est donc une couche aussi régulière qu'ancienne, et il n'y a pas lieu de croire qiie les os fossiles qu'elle contient y aient pénétré par quelque fente ou quelque autre ouverture accidentelle.
Les morceaux que l'on a recueillis sont un fragment de mâchoire, pi. 249, fig. 9 et 10, long de 0,29 , contenant une dent développée et plusieurs germes; un fémur; fig 18 et 19, long, comme je viens de le dire, de o,8o5; une suite de cinq vertèbres, fig, 14? faisant en-
l8S SAURIENS
semble une langueur de o,56; un ^rand < plat, fig. 17, qui Tremble un coracoïdien, 1 quelques autres os moins déterminables, dont' une partie paraissent avoir été roulés et usés par le frottement.
Par malheur ils ne se sont pas trouvés ensemble, ni même (à l'exception des vertèbres) réunis deux, à deux, ou trois à trois, de manière à rendre vraisemblable qu'ils soient provenus du même individu, et, qui plus est, ce n'est que par leurs rapports zoologiques et par leur existence dans les mêmes carrières que Ton peut conclure qu'ils viennent d'une même espèce : encore ces rapports zoologiquea sont-ils d'une nature assez équivoque et assez mélangée.
Pour commencer leur examen par les dents, on peut remarquer d'abord qu'elles sont trèssemblables à celles de l'animal de Monheim, que nous venons de décrire, c'est-à-dire^ comprimées, aiguës, arquées vers l'arrière »'■ et à deux tranchans finement dentelés, Lea tranchant antérieur est un peu plus épais les dentelures s'y usent plus vite.
Il parait, p;ir la fig. 9, qu'elles sortei)|l
FOSSILKS. 189
d'alvéoles assez bien cernés , et que les germes de remplacement percent la mâchoire au côté interne des dents en place , et dans des alvéoles distincts.
On en a représenté une des plus fortes à moitié grandeur, fig. 1 1 , par le tranchant, et tîg. 12 , par le plat; et de grandeur naturelle , fig. i5.
La dent toute développée a sa couronne longue de o,o55 , en mesurant la corde de son bord concave; c'est, par rapport au fémur, une dimension plus grande encore que n'indiquerait la proportion entre une dent et un fémur de monitor à dent tranchante; car, dans un monitor de quatre pieds et demi de long , les dents n'ont cette partie que de o,oo5,ainsi, en admettant ces proportions, l'animal aurait près de cinquante pieds.
Du reste cette dent fossile, qui est en grand le portrait exact d'une de ces dents de monitor, n'est pas non plus, sans ressemblance avec celles du crocodile d'Argenton que nous avons décrites tome IX, p. 33o.
M. Buckland dit que ces dents ne prennent point d'adhérence à la mâchoire, ce qui les
igo SAURIENS
rapprocherait encore tlu crocodile; mais 11 ajoute q-je le bord externe de )a mâchoire s'élève de près d'un pouce plus haut que l'interne, et forme ainsi aux dents une espèce de parapet du côté extérieur, ce qui est un caractère de monitor.
La face externe offre quelques trous rugueux pour l'issue des filets du nerf maxillaire inférieur.
La portion de cette mâchoire que l'on possède n'offre point de courbure sur sa longueur , et semble annoncer que le museau était droit et allongé.
■ Le plus remarquable de ces os de Stonesfield est celui de la fig. 17.
Il est plat; un peu concave à la face représentée, un peu convexe à l'autre; plus mince vers le long bord arqué, a bj épais, surtout à la plus grosse apophyse , c. j
Up de ses bords, a b, est en arc un pett^ courbé ; le bord opposé est fortement échaocré dans son milieu en fj d'un côté l'os se termine en pointe, bj de l'autre il est comme tronqué et divisé en deux apophyses pBr i échancrure étroite , g.
FOSSILES. IQT
Le seul os avec lequel je puisse trouver à ce fossile quelque analogie ^ c'est Tos coracoïdien d'un saurîen. a^ h serait le bord sternal qui s'insérerait dans la rainure du disque rhomboïdal du sternum; c^ le col qui s'articulerait à l'omoplate ; d^ l'apophyse du bord antérieur; mais il faudrait supposer que la facette huméraie est beaucoup plus profonde, le col beaucoup plus long, le bord sternal plus étendu, et l'apophyse antérieure moins dirigée en dedans et séparée du col par une échancrure plus étroite et plus profonde que dans aucun des sauriens que je connais. Le bord sternal est aussi plus prolongé à proportion que dans aucun d'eux.
Toutefois je ne puis guère douter que ce ne soit un coracoïdien de saurien : il ressemble beaucoup moins à leur os des iles, auquel M. Buckland l'a comparé.
La longueur de cet os est de o,65 , ce qui fait seize fois la longueur de celui que je lui compare, en le prenant dans un monitor de quatre pieds et demi. Cette dimension, dans un reptile, est vraiment effrayante; car, en admettant des proportions semblables^ on en conclurait une longueur de plus de soixantedix pieds.
i^H SAUHIF.NS
Un autre OS plat, fig. ai, élargi d'un côté et aminci vers son bord , large, rétréci et plus épais à s,on col , me paraît ressembler, comme le dit M. Buckland , à un ischion de saurien; mais sa proportion est beaucoup moindre que celle de l'os précédent.
Le fémur, comme les dents, présente une espèce de mélange des caractères du nfonilor et du crocodile; il est arqué en deux sens, d'abord concave en avant, puis en arrière; sa tète articulaire , dirigée en avant, a derrière elle un trochanter compriméet assez saillant; il grossit vers le bas, et s'y termine par deux coridyles articulaires inégaux. Le diamètre iransverse de s;i tête inférieure est de o,i65. A peu près au tiers de sa bauteur, il a , sur ses deux faces, un renflement comme on en voit un à la face interne du crocodile. Le fémur d'un monitor serait moins arqué que le fossile.
La cavité médullaire de celui-ci est large et remplie de spatb.
M. Buckland représente encore trois os longs de ces mêmes carrières, et lyai lui paraissent appartenir au même animal.
Celui de la Bg. so, qu'il regarde comme H
FOSSILES. Kn
métatarsien^ me paraît ressembler à un humérus plus qu'à aucun autre os; mais à un humérus assez différent de ceux de la plupart des reptiles , car sa tête est ronde et non comprimée; elle est placée obliquement par rapport à Taxe de l'os.
L'os de )a iig. 22, droit, grêle, un peu élargi et comprimé au bout, qui est tronqué obliquement, pourrait être un radius et ne s'éloignerait beaucoup ni de celui d^un monitor ni de celui d'un crocodile, mais, mutilé comme il est^ il serait difficile de soutenir que ce ne peut aussi bien être un péroné, comme le croit M« Buckland.
Sa longueur est de 0,6 r , quoiqu'il lui manque quelque chose.
Celui des fig. 25 et 24 est le plus embarrassant. M. Buckland pense que c'est peut-être une clavicule; mais ce serait tout au plus parmi les lézards proprement dits que l'on observerait quelque ressemblance, et, en prenant les proportions, on trouverait qu'elle a dû venir d'un animal de plus de cinquantecinq pieds. En prenant les proportions d'un grand scinque^ genre où la clavicule a aussi
194 S\LRIRNS
quelque chose de cette inflexion^ on trouverait une longueur totale moindre , et seulement de trente-neuf pieds. J'avais pensé au péroné; mais tous les péronés de crocodiles et de sauriens sont droits. Cet os-ci est arqué sur sa longueur, prismatique dans son milieu, élargi et aplati à ses deux extrémités. Je ne vois guère que le caméléon dont le péroné soit un peu arqué ; mais il n'a pas les mêmes dilatations.
Cet os est long de o,58 , ou de vingt et un pouces et demi à peu près ; ainsi , en admettant que ce fût un péroné et qu'il appartint au même animal t}ue le fémur, l'extrémité postérieure de cet animal aurait pu l'élever au-dessus de terre de plus de quatre pieds , sans compter la hauteur du pied lui-même^ ni celle de l'épine du dos au-dessus de la cavité cotyloïde.
Quant aux vertèbres , celles que Ton a ne ressemblent ni à celles de nos crocodiles vivans, ni à celles des monitors et. des autres lézards , et on ne pourrait les comparer qu'à celles du premier de nos crocodiles de Honfleur ou de quelques autres espèces fossiles de ce genre.
FOSSILES. IQD
Elles ont un tiers de plus en longueur qu*ea largeur; la partie annulaire s*y joint par une articulation très-mariiuée, ce qui les rapproche des crocodiles plus que des monitors. Elle est élevée et creusée d'une cavité, comme dans l'espèce de Hon fleur dont nous venons de parler; leur corps est un peu rétréci dans son milieu y mais moins que dans les crocodiles de Ronfleur; ses deux faces sont planes; l'apophyse épineuse est peu élevée et coupée carrément; les transverses, assez longues et déprimées y montent un peu obliquement. La longueur du corps de Tune de ces vertèbres est de o,i5; ce qui, en admettant les proportions d*un monitor, donnerait une longueur totale d'à peu près trente-six pieds, mais, en admettant celles d'un crocodile, n'en produi* rait que vingt-cinq.
M. Buckland représente deux côtes : une courte, fig. ^5 , qui paraît avoir été cervicale, et une plus longue , fig. 26, et placée plus en arrière. Elles sont munies chacune d'une tête et d'un tubercule, et cette dernière circonstance est entièrement propre aux crocodiles et étrangère au plus graud nombre des sauriens.
Quand même ces différens os ne viendraient
igâ SAURIE>S
pas (lu même animal , il n'en est pas moins certain que la plupart ne peuvent venir d'aucun animal connu, et, ne rapporti\i-on ensemble que le fémur et les deuts , ou même ne prît-on ses caractères que du seul fémur, on pourrait déjà dire qu'il y a dans les carrières de schiste calcaire de Stoneslield des restes d'un très-^rand reptile fort voisin du ^éosaurus des carrières de schiste calcaire de Monheira , et rapproché à plusieurs égards des crocodiles et des monitors. Si on lui rapporte encore, comme tout semble le justifier, ce grand os coracoïdien , on en conclui-a qu'il devait essentiellement tenir aux lézards. Toutefois on ne pourra obtenir à ce dernier égard de certitude complète que lorsque l'on connaî- ' tra la forme de sa tète. Il surpassait à coup-J sûr les plus grands crocodiles connus, etl approchait, pour la taille, d'une petite ba- ! leine. D'après la forme tranchante de ses I dents, il n'est pas douteux que son naturel était excessivement vorace. Tout ce qui accompagne ses débris dans les carrières où il est enseveli annonce qu'il était marin. On y voit des nombres immenses de nautiles, d'ammonites, de trigonies, de bélemnites, quelques dents de squales et d'autres poissons , d'autres os de poissons et des restes d'une ou deux eapè-
FOSSILKS. 197
ces de crabes. Parmi ces innombrables fossiles marins sont toutefois quelques os longs qui ont paru venir d'oiseaux de l'ordre des échassiers, et même, à ce qu'on assure , deux fragmens de mâchoire qui, lors d'une inspection rapide que j'en pris à Oxford en 181 8, me semblèrent de quelque didelphe (i).
M. Buckland ajoute qu'on y trouve même des élytres de plus d'une espèce de coléoptères.
Il n'est pas probable qu'un aussi énorme animal ait été confiné dans un seul canton ; aussi paraît-il s'en trouver dans quelques autres lieux de l'Angleterre.
M. Gedeon Mantell, de Lewes en Sussex,
(O M. Prévost, naturaliste bien connu, qui voyage en' Angleterre , vient de m*envoyer le dessin d'une de ces mâchoires; il me confirme dans l'idée que la première inspection m'en avait donnée. C*est celle d*un petit carnassier dont les mâclielières ressemblent beaucoup à celles des sarigues ; mais il y a dix de ces dents en série , nombre que ne montre aucun carnassier connu. Dans tous les cas, si cet animal est vraiment du schiste de Stonesfield , c'est une exception bien notable à la règle , d'ailleurs si générale , que lus couches de cette ancienneté ne recèlent point de restes de mammifères.
dont j'ai déjà eu l'occasion de citer, tome IX, p. 520 et 461 , le bel ouvrage sur les fossiles de ses environs, m'écrit que dans le sable ferrugineux de la forêt de Titgate, où il a recueilli tant de fossiles de diverses classes, il a trouvé aussi des os de mégalosaurus d'une dimension énorme; entre au ti-es des fragmens de fémur, dont le plus grand a vingt-deux pouces anglais de circooférence, ce qui fait conclure à M. Alantell que sa longueur devait approcher de cinquante-quatre pouces ou 1,37. Il a eu la complaisance de m'adresser un de ces fragmens , et d'y joindre quelques dents et quelques autres os ou fragmens d'os.
Les dents, quoique beaucoup plus petites que celles de M. Buckland , sont parfaitement de la même forme , et il n'est guère douteux qu'elles ne soient de la même espèce.
Une vertèbre, longue de 0,11, me paraît ressembler aussi forL exactement à celles de M. Buckland. Un caractère remarquable qu'on y observe, c'est une arête vive ou carène longitudinale à sa face inférieure. Je la donne, vue en dessous, pi. 24g, f»g- 27. A la grosseut de ses apophyses on pourrait croire que c'est une vertèbre sacrée ; elle a , comme celles de
FOSSILES. igg
Stcmesfîeld , beaucoup de rapports avec nos vertèbres de Honfleur, pi. aSy, fig. 3 , 6 et lo. Je trouve cependant que l'arête est beaucoup moins marquée , même dans celles de ces dernières qui en offrent quelques vestiges.
Des fragmens d'os du métacarpe ou du métatarse sont si gros, qu'au premier coup d'œil je les avais pris pour ceux d'un grand hippo* potame.
Avec ces os de mégalosaurus , M. Mantell en a trouvé de crocodile , de tortue , de plésiosaurus , de cétacés et d'oiseaux , et il en a recueilli aussi dont il n'est pas possible d'assigner le genre. On ne peut trop l'encourager dans le projet qu'il a dé donner bientôt au public une description détaillée et des figures de ces trésors géologiques. La première place pour la singularité y appartiendra sans doute à des dents, pi. 249, fig. 28-T-32, dont il a bien voulu me communiquer quelques-unes, et dont je ne puis m'empêcher de dire ici quelques mots, d'autant que si elles peuvent venir d'un poisson , comme on le soupçonne , il n'est pas impossible qu'elles proviennent
aussi d'un saurien, mais truii saurien encoH plus extraordinaire que tous ceux dont r avons connaissance.
Ce qui leur donne un caractère unique c'est d'user leur pointe et leur fût transvei salement comme les quadrupèdes herbivores et tellemcnl que la première qui me fut présentée s'étant trouvée dans cet état de dètrition , je ne doutai nullement qu'elle ne vînt d'un mammifère j il me semblait même qu'elle ressemblait beaucoup à une mâchelière dej rhinocéros, ce qui, vu son gisement, aurait) dérangé toutes mes idées sur les rapports defti os avec les couches, au moins au tan tqu'aurai^ pu le faire le petit carnassier de Stonesfîeld, Ce n'est que depuis que Al. Maiitell m'en a envoyé une série d'entières et de plus oa. moins usées, que je me suis entièrement con-' vaincu de mon erreur.
Les plus grandes de ces dents ont une racine: un peu courbée, qui s'amincit vers son extréri mité profonde. Leur couronne est prisma-p; tique, plus large à sa face externe. Cette facé| est sente couverte d'émail, ou du moins elljÇi a un émaiï plus épais et plus dur que le restç, du pourtour, comme dans les incisives dejj
rongeurs. Elle s'élargit d'abord à partir de la racine , et ensuite ses bords se rapprochent pour former la pointe tranchante qui termine la dent. Les deux bords qui ', à partir de l'élargissement^ vont se réunir à cette pointe , sont fortement dentelés en scie. La face externe et émaillée de la dent a deux arêtes longitudinales très-obtuses^ très- peu sai liantes , qui la divisent en trois parties ^ aussi longitudinales et très-légèrement concaves.
Une fois servant à la mastication y cette dent use d'abord sa pointe , et petit à petit la détrition fait disparaître toute la partie qui a les bords dentelées ; en même temps elle produit sur la dent une troncature qui devient de plus en plus large y mais qui est toujours oblique, parce que la face externe et émaillée s'use moins que le reste. C'est quand toute sa partie dentelée a disparu qu'on peut être tenté de prendre ces dents pour des dents de mammifères herbivores usées jusqu'à la racine; car on ne voit point de linéamens d'émail sur la couronne , et même l'absence de ces linéamens obligerait, pour les attribuer à des mammifères, de supposer que ce sont des incisives; mais c'est une supposition difficile à admettre, car on ne connaît point d'incisives de mammi-
fères qui ressemblent le moins du monde k celles-là.
Il y a de ces dents plus petites les unes que les autres^ et les moindres n'ont ordinairement à leur face externe qu'une arête longitudinale obtuse; mais alors on voit sur les côtés plusieurs arêtes plus petites et aiguës qui y forment des stries.
On en trouve aussi à tranchant simple , sans dentelure^ légèrement convexes à leurs deux faces ^ et terminées par une pointe obtuse , qui ressemblent assez à des canines ou à des incisives latérales de tapirs ou d'autres animaux à canines courtes.
Je pense que ces différences tiennent seulement aux places que ces dents occupaient dans la bouche de l'animal.
On voit, pi. 249, fig- 28, 29 et 5o, des figures de quelques-unes des dents que m'a envoyées M. Mantell, et fig. 3i , 32 et 35 , des copies de trois autres tirées de la planche de l'ouvrage qu'il va publier à ce sujet.
FOSSILES. âo5
Ces dents ne sont pas les seuls indices qui annoncent encore l'existence , à ces époques reculées y d'espèces gigantesques de sauriens^ égales ou à peu près au mégalosaurus^ àranimal de Maêstricht et aux crocodiles.
J'ai y surtout parmi les os recueillis à Honfleur, des vertèbres de plusieurs sortes que je ne puis rapportera aucune des espèces décrites] usqu'à présent^ et dont il convient que je marque . ici les caractères comme des pierres d'attente sur lesquelles s'élèveront un jour^ comme des édifices, les squelettes de ces espèces antiques.
J'en ai par exemple de très-grandes du Havre et de Honfleur, pi. aSo, fig. i et 2, à corps cylindrique, presque aussi long que large, marqué de chaque côté d'une petite fossette » à faces planes , circulaires , à canal médullaire fort étroit , à partie annulaire non articulée; l'apophyse épineuse haute et droite; les transverses au niveau du canal médullaire, grosses, cylindriques, dilatées verticalement au bout; et, ce qui est très-remarquable, les articulaires postérieures petites, pointueé.
ao4 SAURIENS
rapprochées , et donnant dans deux petites fossetles enlre les antérieures et au-devant de la hase de l'tipineuse.
Elles doivent appartenir à une espèce de , sauriens très-voisine des plésiosaurus que je décrirai plus loin. Leurs seules différences avec les Tert(;bres de ce dernier genre tiennent à une plus grande largeur proportionnelle de leur corps, et à ce que ses petiles fossettes sont creusées à ses côtés au lieu de l'être en dessous,
J'en ai dcNew-Castle d'un peu plus petites, mais dont le corps a les mêmes proportions, et manque seulement des petites fossetles latérales. Malheureusement les apophyses articulaires y sont brisées.
A l'une ou à l'autre des espèces annoncées par ces vertèbres doivent appartenir divers grands os d'extrémités trouvés avec elles.
Une extrémité inférieure de tibia de Honfleur avec l'astragale, un autre 03 du tarse et' un fragment que l'on peut croire de péroné^ (pi. 3^9, fig- 54 — 58) annoncent surtout une ] structure de pied de derrière tout-à-fait et-' traordinaire.
FOSSILES. ^o5
Pour en saisir l'analogie , il faut se représenter que la jambe à laquelle ces os appartenaient était fortement comprimée par les côtés , de manière à être tranchante en arrière comme les tarses des canards , au lieu d'être aplatie d'avant en arrière comme celle des' crocodiles y et plus encore celle des monitors.
Une fois cette idée admise, on retrouve dansTos^ a, a, fig. 34 > 35 et 36, quelque trace de la forme de l'astragale du crocodile; mais on voit que le calcanéum a dû être toutà-fait en arrière et fort petit.
La face articulaire du tibia est longue de o,i4; sa plus grande largeur est vers son quart antérieur, et de 0,04, en angle aigu; en arrière, elle a le côté interne serpentant.
Une arête courbée remonte obliquement à la face interne du tibia, et forme une articulation avec une apophyse montante et com^ primée de l'astragale.
La forme de cet astragale est si bizarre à cause de sa compression, qu'on le prendrait d'abord pour un calcanéum de mammifère.
ao6 SAURIENS
11 est en dessous en portion de cylindre convexe; en dessus, il est irrégulièrement concave pour s'accommoder aux sinuosités de la face articulaire du libia; de son bord interne , en arrière , s'élève cette apophyse comprimée dont j'ai parlé.
Sa face intérieure est semi-lanaire. En arrière, il est tronqué par une petite facette concave qui répond sans doute au calcanéum.
L'individu dont ce bas de jambe et ce tarse sont provenus ne peut avoir eu moins de trente-six pieds de long, en le supposant à peu près proportionné comme les gavials. En prenant pour type les proportions d'un monitor, il en aurait quarante-six.
Il ne serait pas impossible que l'os, fîg. Sg, fût la tête supérieure du péroné du pied que je viens de décrire. Sa face supérieure est eu triangle allongé , convexe selon sa longueur. La partie descendante du corps de l'os est ensuite comprimée en sens contraire de la tète; convexe du côté où la (ète est plus large, plane de l'autre. L'intérieur paraît avoir été entièrement rempli par de la cellulosité. La fig. 5j serait probablement l'extrémité inférieure à^ ce péroné.
La fig. 38 paraît aussi un os de tarse , mais je ne puis en assigner la place.
Dans les mêmes bancs que ces vertèbres et ce pied de Honfleur, se sont trouvés de grands os plats qui paraissent venir de l'épaule ou du bassin de très-grands sauriens.
Celui de la fig. 3, pi. 25o, ressemble un peu à un pubis de très-grand crocodile; il s'aplatit de même dans sa partie élargie, mais son extrémité rétrécie est comprimée dans un sens contraire à celui de l'extrémité élargie, ce qui n'a pas lieu dans le crocodile.
Les carrières d'oolithes de Caen m'ont fourni encore un os qui annonce à coup sûr un animal gigantesque de la classe des reptiles.
C'est un operculaire du côté gauche de la mâchoire inférieure, pi. 260, fig. 4^ long de 0,6.
Il a , en arrière , une échancrure qui semble montrer qu'à cet endroit se trouvait un trou
semblable à celui qu'on voit à la face internM des crocodiles; mais sur toute sa longueuffl vers son bord supérieur, règne une arête obtuse qui se bifurque en airière , et dont le crocodile n'offre aucune trace.
Dans aucun cas , cet os ne peut appartenir à l'espèce de gavial des mêmes carrières; il serait plus vraisemblable qu'il vient de la mâchoire d'un mégalosaurus : malheureusement il n'est accompagné d'aucunes dents.
ARTICLE V
is de Lanéville, qai se rapproche à plusieurs égards des crocodiles.
Cette espèce, aussi nouvelle pour la géolojie que pour la zoologie, a été découverte par M. Gaillardol, médecin de Lunéville, et très-habile naturaliste , dans les carrières qui fournissent à celte ville ses pierres de coq*' struction.
Ces carrières, qui s'exploitent à ciel ouvert \ près des villages de Kehainvilliers et de |
FOSSILES. 2og
Monts^ aune lieue au sud de Laiiévilieet sur la rive gauche de la Meurthe , sont peu élevées au-dessus du niveau de cette rivière.
La pierre qui les compose est compacte , en couches horizontales d'épaisseur médiocre, séparées par des couches minces formées de débris de coquilles ou de coquilles entières accumulées; des térébratules et des mytulites y sont surtout en grande abondance.
M. Brongniart, qui en a fait l'examen , y a observé la coquille nommée par M. Schlotheim Mjtjlus socialis^ Nachtr., pi. XXX Vil, fig. i, qui se retrouve au pied du mont Meissner, en Hesse , et au pied du mont Pharon , près de Toulon, dans un calcaire tout semblable.
Il y a vu aussi le Mjtjlus edulifovmis ^ Schloth. , ib.y fig. 4> ^^6 huître très-semblable à rOc<?^/*e^.v/?oW//o;V/<?^, il, y pi. XX XVI, fig. I, «, ^; le Terebratula suhroUinda.
On y trouve encore , selon M. Gaillardot , des gryphées de l'espèce suborhicuLiii'e, et une ammonite semblable à celle que Montfort- a décrite sous le nom de mipnrlie y et dont Ir diamètre va de quatre à quatorze pouces.
Des corps remarquables et qui offrent de$
rapports avec des becs Uc sèche, mais d'une sèche qui aurait le bec de nature testacée et non pas cornée , sont aussi très-comniuQS dans ces carrières ; ils ressemblent à ceux des environs de Gœttingue, décrits et représentés par M. Blumenbach , dans son JrchœologUm telluris. ' I
Ce qui, dans l'esprit de M. Gaillardot, a ajouté à la vraisemblance que ces becs viennent de quelque sepia, c'est qu'il les a toujours trouvés accompagnés d'une matière I noire semblable à de la suie , et qu'il suppose | avoir été l'encre de l'animal.
Il y en a de deux espèces.
Tous ces fossiles appartiennent, ainsi que 1 M. Gaillardot l'a très-bien reconnu, aux couches inférieures de l'ordre du Jura, ou aux supérieures de celles que l'on nomme mus' chel—kalk ou calcaire alpin.
C'est parmi ces différens corps, et parnp des dents de squale et des os nombreux, qui semblent venir de quelques tortues de mer que se sont trouvés les os que je vais décrire et qui appartiennent manifestement à un saurien.
FOSSILES. ai t
Ils consistent en une vertèbre , un côté de mâchoire inférieure, quelques côtes, et des os de l'épaule et du bassin.
Comme les autres os qui les accompagnent^ ceux-ci sont d'une couleur fauve-grisâtre; ils n'ont point conservé de gélatine et ne deviennent pas noirs au feu.
La vertèbre, dont on n'a que le corps, pi. 25o, fîg. 7 et 8 , ne ressemble qu'à une caudale d'une de ces espèces de crocodile dont les faces des corps des vertèbres sont planes ou légèrement concaves l'une et l'autre.
On V voit de même en dessus des sutures pour la partie annulaire , qui laissent peu de place pour le canal vertébral , et sur leurs côtés , deux autres sutures pour les apophyses transverses , qui , dans les caudales de crocodiles, sont des pièces séparées. En dessous, et à la moitié postérieure , il y a deux tubercules pour l'os en chevron, mais beaucoup» plus grands et à surface plus âpre que dans lei crocodiles.
La mâchoire , représentée (ig. 5 par sa face eitterne> et fig. 6 par sa face interne, a ^es caractères de crocodiles et d'autres de lézards.
Elle PSI longue et grèle plus que dans le crocodile vulgaire.
Les alvéoles de^ dents sont bien séparés eti clos, ils sont rangés sur une seule ligne, etroa, en compte vinjjl-sept dans le morceau que j'ai' soua les yeux , bien que mulilé en avant. Les^ dents |)araissent avoir été alternativement plus grosses el plus minces, et d'après ce qui en reste , on voit qu'elles étaient creuses intérieurement.
Jusque-là tout s'accorderait assez avec les crocodiles, mais la coinposilion de la mâchoire est très-diflerente.
L'apophyse coronoïde , qui est courte et obtuse, appaitient à l'os supplémentaire, qui.^ au lieu d'être petit et en forme de croissant,. ■ comme dans le crocodile, se porte en avant entre le dentaire et l'operculaire et le long des bords internes des dents sur une longueur de plus de dix-huit alvéoles, L'operculaire est 1 aussi porté très en avant , et au lieu d'un, simple trou intercepté entre lui et l'angulaire,! et indépendant de la grande ouverture derrière l'operculaire et l'angulaire qu'on observe dans le crocodile , i! n'y a qu'une seule ouverture très -longue, qui régne depuis'
la pointe postérieure de Toperculaire jusqu'à rarticulation , et qui a en dessus le complémentaire et le sur-angulaire , et en dessous l'angulaire.
A la face externe ^ le sur-angulaire présente une arête longitudinale aiguë.
L'articulation ressemble assez à celle d'un crocodile , mais l'apophyse post-articulaire semble avoir été un peu plus courte à proportion.
On peut, sur ces deux pièces seulement, prononcer sans hésitation qu'elles viennent d'un reptile inconnu ; très - probablement de quelque genre intermédiaire entre les crocodiles et les sauriens , tels que ceux que nous avons décrits dans les articles précédens.
Il s'est trouvé dans leur voisinage des côtes, fig. i6, T7 et i8, qui pourraient aussi venir de la même espèce , et qui , par leur (été simple et oblongue, ressemblent beaucoup à celles des lézards, et particulièrement à celles des monitors.
Les dents des fig. gais, trouvées dans les
mêmes pierres, pourraient très-bien venir au5si de la même ef^pèce, mais d'individus plus grands que la tnàclioire.
Toutes sont coniques et fortement striées; les unes sont courtes , droites et obtuses; les autres plus ou moins longues , et plus ou moins arquées; mais ces difTérences, qui ont aussi lieu pour les dents placées aux divers endroits de la mâchoire dans un crocodile, n'excluent pas l'identité d'espèce.
La fig. i5 représente un os qui, par la forme, ne peut être qu'un coracoïdien d'un animal voisin de l'icblhyosaurus ou du p)é- BÏnsaurus. Il porte en a, b deux facettes destinées à recevoir l'omoplate et l'humérus ; soB J corps éprouve , comme dans l'ichlhj'osauru»> | un rétrécissement; mais l'élarffissement dd ' Lord sternal est autrement figuré : il parait qu'il formait une pointe en avant.
La 6g. T 4 est un os qui ressemble beaucoup au pubis du squeletie de plésiosaurus que vient de publier M. Conybeare. La fifjuie it, a aussi beaucoup de rap[>ort avec l'buméru» de ce plésiosaurus, en sorte qu'il ne seraîC pas impossible que ces différens os appartins*sent à une espèce de ce genre.
FOSSILES. 2t5
ARTICLE VI
Sur un genre de sauriens , caractérisé par l'excessif allonge' ment du quatrième doigt de devant , auquel nous avons donné le nom de Ptérodactyle.
Ce n'était pas seulement par la grandeur que la classe des reptiles annonçait sa prééminence dans les anciens temps; c'était encore par des formes plus variées et plus singulières que celles qu'elle revêt de nos jours. En voici qui volaient non pas par le moyen de leurs côtes comme nos dragons ^ ni par une aile sans doigts distincts comme celle des oiseaux , ni par une aile où le pouce seul aurait été libre comme celle des chauves-souris, mais par Un aile soutenue principalement sur un doigt très-prolongé , tandis que les autres avaient conservé leur brièveté ordinaire et leurs ongles. En même temps^ «ces reptiles Yolans, dénomination presque contradictoire^ ont un long cou , un bec d'oiseau , tout ce qui devait leur donner un aspect hétéroclite. Les ichthyosaurus etlesplésiosaurus, par lesquels nous terminerons cette dernière partie de
3l6 3AURIE.NS
noire ouvrage, compléteront, par leur aspect de cétacés, tout ce (jui pouvait enrichir celte classe de formes extraordinaires et imprévuei^ J pour les naturalistes.
5 I". De la grande espèce à museau allongé
(pTEROT)\CTYr,tS L0\GlB08TRrS CuV.),
On en doit la première connaissance à feu M. CoUini.direcIeurdu cabinet de l'électeur palatin à Maiiheim, homme de lettres florentin, connu parmi nous pour avoir été pendant quelque temps atfnché à Voltaire, sur lequel il a donné des Mémoires. Avec de l'esprit et de lasafîacité, mais peu de connaissances positives d'hisloire naturelle et d'anatomie comparée, il n'a pas laissé que de rendre des services essentiels à ces deux sciences, en publiant les objets les plus inléressans du dépôt conBé à sa garde; attention que tant d'autres conservateurs (Je riches collections devraient bien imiter; car le seul mérite réel d'un cabinet, le seul but raisonnable des gouvcrnemens qui en font recueillir, est de fournir des accroissemens aux sciences, en offrant des sujets de méditation à ceuX qui les cultivent.
FOSSILES, mj
Dans un mémoire inséré parmi ceux de l'Académie palatine (partie physique^ t. V, p. 58 et suiv.)^ Collini décrivit les os fossiles de ce cabinet^ notamment ceux d'hyène, de rhinocéros et de crocodile dont j'ai parlé ailleurs , et le squelette entier qui fait l'objet de notre présent article.
Il avait été trouvé, dit l'auteur, dans une de ces pierres marneuses, feuilletées, grises, et quelquefois jaunâtres, d'Âichstedt, qui abondent en dendrites et en pétrifications animales.
On sait qu'Âichstedt est dans la vallée de l'Altmûhl, un peu au-dessous de Solenhofen, village du comté de Pappenheim, célèbre depuis long-temps parmi les amateurs de pétrifications, par ses schistes calcaires si abondans en poissons , en crabes et en écrevisses, en grande partie inconnus , et offrant quelquefois jusqu'à des animaux du genre du crabe des Moluques ÇMonoculus poljphemus Lin., limulus Fabr. ). Nous avons ci-dessus parlé amplement de ces schistes, d'aprèsM. de Buch, à l'article du crocodile de Monheim qui en a aussi été retiré. Les poissons qui s'y trouvent, et dont nous avons fait récemment
l'examen , appartiennent , au moins en partie, à des genres marins. Nous y avons parfaitement distingué, par exemple, une espèce bien caractérisée d'anchois, probablement le Chipea spratlifurmis de M. de Blainville.
La figure extraordinaire du squelette qnc j'examine dans cet article m'ayant beaucoup frappé, j'aurais bien désiré pouvoir observer ce morceau par moi-même; mais M, le baron de Moll, minéralogiste célèbre, à qui je m'adressai pour en avoir des nouvelles, m'écrivit qu'il n'avait pu le retrouver.
Je fus donc obligé, lors de ma première édition, de me contenter de la figure et de la description de Collini, qui heureusement sont mieux faites et plus détaillées qu'il n'arrive d'ordinaire, et me suffirent pour déterminer la classe de l'animal et pour en caractériser le genre.
Cependant le morceau n'était pas perdu il on le conservait au contraire avec beaucou] de soin , et il devint l'objet d'une dissertatio de M. de Sœmmerring, que ce savant anato-l miste lut à l'Académie de Munich, en décem- ' bre 1810, et qu'il accompagna de quelques
notes sur la mienne , dont il reçut un exemplaire au moment même où la sienne allait £tfe imprimée. Ce fut aussi seulement alors que feu M. Oppel voulut bien m'envoyer le nouveau dessin gravé pi. 25 1 , fait par luimême avec tout le fini qui distinguait son talent ; enfin mon ami M. Brongniart ayant passé à Munich en 1818 avec M. Prévost, ils y dessinèrent, sur ma demande, les défaib particuliers du carpe, du tarse et des phalanges qui me manquaient encore.
C'est d'après ces matériaux que je reprends ce sujet et que je l'examine tout de nouveau.
Collini ne s'en était pas fait une idée complètement exacte. A la vérité il avait bien distingué les diverses parties de la tête , le cou, la direction rétrograde du tronc , la petitesse de la queue, la jambe gauche et ce qui appartient aux deux bras ; mais il n'avait pas remarqué la division du métatarse; il doutait si les pieds R et S appartenaient au même individu, et il les croyait éloignés de leur place naturelle ; il n'attribuait à la jambe droite que les os T et U, et il prenait l'ischion L pour le coccyx.
Quant au genre de l'animal , après avoir
330 S.LUIIIENS
fait remarquer que ce n'est ni un oiseau m une roussette, il se demande si ce ne serait point quelque amphibie, et finit par conclure qu'il en faut chercher roriginal parmi les animaux marins.
Un léger examen ne tarda pas à me feiit voir que la seconde jamhe de derrière n'est ni auçsi dérangée ni aussi mutilée qu'il le dit; on peut, au contraire, en suivre toutes les parties. T est le fémur, U est le libia et R le pied, dont la jonction avec le tibia ne se distingue pas bien, parce qu'elle est cachée par l'épine du dos.
Ce pied R étant plus développé que l'autre me fit apercevoir une seconde erreur, qui est d'avoir pris pour un seul os le métatarse P, qui est au contraire composé de plusieurs, mais jetés les uns sur les autres.
Le pied K ne venant point d'un autre animal, et n'étant point détaché de sa plac^ naturelle, il n'y avait pas de raison pour croire que le pied S le fût. 11 me sembla donc voir en S trois doigts d'un pied de devant, attachés au bout d'un long métacarpe et aceompagnés d'un quatrième doigt 4, 5, 6, 7, beaucoup plus long que les autres. Le carpe se
rossiLïîS. a^t
trouva alors en 8 , où l'on distinfjue en effet plusieurs osselets. Les os 2 et 2' forment les avant-bras^ i et 1' sont les humérus; les os X et G sont les clavicules, et les os 9 et 9% dont GoUini ne parle pas^ les omoplates.
L'os détaché Y ne me parut autre qu'un pubis d'une forme particulière , ce qui acheva de déterminer à mes yeux la classe de l'ani-* mal.
Collini ne me parut pas non plus avoir bien compté les phalanges du pied R, et sa figure me sembla en montrer clairement deux au premier doigt, trois au second, et quatre aux deux suivans, sans compter les os du métatarse; les mêmes nombres exactement s'observent à ceux du pied de devant.
Enfin, ayant encore porté mon attention sur le petit os cylindrique marqué g; qui va du crâne à l'articulation des mâchoires, je me crus muni de tout ce qui était nécessaire pour classer ostéologiquemcnt notre animal parmi les reptiles.
11 était inutile de songer ni à un poisson ni à un cétacé.
Ge n'était pas non plus un oisçau; qiioiqu'il
eût été rapporté aux oiseaux palmipèdes p un grand naturaliste (i).
Un oiseau aurait des côtes plus larges, munies chacune d'une apophyse récurrent son métatarse n'aurait formé qu'un seul et n'aurait pas été composé d'autant d'os qu'il y a de doigts.
Son aile n'aurait eu que trois divisions après l'avant-bras, et non pas cinq comme celle-ci.
Son bassin aurait eu une toute autre étendue , et sa queue osseuse une toute autre forme; elle serait élargie, et non pas grêle et conique.
Il n'y aurait pas eu de dents au bec; les dents des harles ne tiennent qu'à l'enveloppe cornée, et non à la charpente osseuse.
Les vertèbres du cou auraient été plus nombreiises. Aucun oiseau n'en a moins de neuf;
(1) Blumenbacli , Mannel d'Histoire I de 1M7, p. 731.
les palmipèdes^ en particulier, en ont depuis douze jusqu'à vingt-trois, et l'on n'en voit ici que six ou tout au plus sept.
Au contraire, les vertèbres du dos l'auraient été beaucoup moins. Il semble qu'il y en ait plus de vingt, et les oiseaux en ont de sept à dix, ou tout au plus onze.
Feu Hermann, professeur de Strasbourg, qui m'avait rendu attentif à cet animal , le supposait un mammifère , et s'était même amusé à le dessiner entier , revêtu de son poil.
« Je voulais depuis long-temps publier un « mémoire sur cette pièce ( m'écrivait-il) , et. (( montrer que l'animal doit avoir formé une «espèce plus intermédiaire encore que. les « chauves-souris entre les mammifères et les « oiseaux. »
Malgré l'autorité de cet Imbile homme , je pensai qu'il y avait de fortes raisons pour ne point admettre son idée , et je les énonçai dans ma première édition d'une manière qui me parut devoir suffire pour la conviction des naturalistes.
424 S*tHIE^S
Cependant une autorité plus grave encore que celle d'Hermann , s'est élevée en favear de son opinion. M. de Sceminering avait rangé notre animal parmi les mammifères et daos le voisinage des cliauves-souris, et il a exposé en détail, à la suite de son mémoire, les motifs qui lui paraissent affaiblir ou détruire mesarguniens; je suis donc obligé de reprendre toute la description de ce squelette, de donner plus explicitement mes raisons sur chacun de ses caractères et d'examiner les raisons contraires de H. de Sœmmerring. C'est un petit procès que j'ai là avec un ami, doDt je respecte autant le savoir que le caractère, et dont je le ferai volontiers juge.
Ici j'aurai pour auxiliaire M. Oken, qui, ayant vil de ses yeux le fossile original, l'a considéré aussi comme un reptile, et en a même expliqué heureusement quelques parlies queje n'avais pu bien jugersur la gravure de Collini : son mémoire à ce sujet est daDS risis de ]8iç) , t. I , p. 1788.
Les dents , par où il faut toujours commencer l'examen d'un animal, ne présentent ici aucune équivoque. Elles sont toutes simples, coniques , et à peu près semblabkâ entre elles
FOSSILES. a 35
comme dans les crocodiles, les monitors et d'autres lézards. Tout le inonde sait que les dauphins seuls , parmi les mammifères > pour* raient présenter quelque chose de compa-* rable ; mais il n'y a pas moyen de songer à ce genre. M. de Sœmmerring s'est beaucoup appuyé sur les grandes diversités de nombres que MM, Pallas et Geoffroy ont assuré exister dans les chauves-souris , et en a conclu que ces variétés pourraient bien aller jusqu'à la dentition de notre fossile. Mais il est de fkit que les chauves-souris n'ont jamais que deux formes de mâchelières : les unes, savoir les roussettes, qui vivent de fruit, les ont à couronne à deux collines longitudinales qui deviennent plates par la détrition ; dans les autres, c'est-à-dire dans les innombrables vraies chauves-souris , quels que soient leurs sous-genres, ces mâchelières sont hérissées de pointes dans un ordre déterminé, et leur nombre ne va pas à plus de sept en haut et six en bas.
On peut s'en rapporter avec confiance à ce sujet à ce qu'en a dit mon frère dans notre septième volume , p. 62 et suiv. , et dans son ouvrage sur les Dents des Mammifères.
Les variations de nombre d'après lesquelles
3a6 SAURIENS
(faute d'assez d'éludé) MM. Fallas(i) et'( froy (2) avaient voulu infîrmer l'iinportaiv des caractères que fournissent ces dents , portent que sur les incisives et les lausses ma3 laires, et encore celles des dernières dépei dent-elles presque toujours de l'âge.
Ces variétés de nombre des incisives carao^ térisent plusieurs sous-genres, mais dans aucun de ces sous-genres on ne trouve toutes les dents égales et semblables, ni rien d'approchant; il y a toujours des incisives, des canines très-grandes, des fausses molaires et des mâchelières. Ainsi , de toutes les variations possibles des dents des chauves-souris , on ne peut rien conclure relativement à l'analogie de notre animal.
On y voit aujourd'hui, du côté conservé, dix-neuf dents en bas , et onze en haut , ce qui ferait soixante en tout ; mais la mâchoire supérieure en a probablement perdu quelques-unes.
(1) Spicil. zooi., IW cah.
(2) Annales du Muséum, t. XV et ailleurs.
Ce qui achève de prouver que ce sont des dents de reptiles , c'est qu'il y a dans les mâchoires^ le long de leurs bases, des trous bien figurés par M. Oken , et d'où devaient sortir les dents de remplacement. On en voit de tout semblables dans le sauvegarde , et surtout dans la dragone.
La mâchoire inférieure est également celle d'un reptile, n'ayant ni apophyse condyloïde saillante^ ni proéminence coronoïde; je ne vois guère que les pangolins qui offrent quelques rapports de forme avec cette mâchoire; mais ils n'ont aucunes dents. Quant aux chauves-souris , il n'y a pas le moindre rapprochement à faire.
On ne peut pas en faire davantage pour rénorme prolongement du museau. Les vraies chauves-souris ont toutes le museau assez court; la plupart l'ont même très-court et obtus ; les roussettes l'ont un peu plus allongé , mais non au-delà des proportions d'un chien ou d'un renard.
Sur ce point , M. de Sœmmerring (§ 22) a été induit en erreur par une phrase équivoque
tie M. Leschenault (1} , lequel , en parlant de la petite roussette des Indes { Pteropus minimum Geoffr.), qui n'a le corps long que de trois pouces et demi , dit que sa langue est loogne dç deux pouceg.
Supposant qu'il s*agit de sa longueur dans l'état de repos , M. de Sœmmerring calcule quelle doit être celle des mâchoires qui la reçoivent , et trouve qu'elle ne peut être guère moindre à proportion que dans l'animal fossile; mais M. Leschenault ne parlait que dé l'allongement que cette langue peut prendre quand la roussette la fait sortir, ce qui ne conclut pas plus pour les mâchoires que ne ferait celui de la langue du pic pour son bec. En effet, plusieurs chauves-souris ont la feculté d'allonger beaucoup leur langue, et Pallasen cite déjà un exemple dans son fespertilio soricînus; enfin , ce qui coupe court à tout, sur cet article, c'est que le Pteropus miniums, que nous représentons fig. 2 , de grandeur naturelle, n'a réellement la tête longue que de o,o5 , et les mâchoires qne, de 0,03. '"'1
(1) Annales du Muséum , t. SVl, p. fl7.
J'en avais envoyé I&.dessin à M. de Soam*^ merring , ainsi qu'il l'annonce dans une note^ et cependant cela ne lui a rien fait changer à son raisonnement.
L'apparence que présente 'anjourd'huî la tête fossile serait inexplicable en admettante qu'elle provînt d'une chauve*'^Q\iris ou d'un mammifère quelconque.
Aucun mammifère n'a le crâne si petit à proportion; il faudrait supposer que le grand vide à contour arrondi, c, est l'orbite, et alors on ne concevrait pas cet autre vide plus grand ^itué en avant , car il aurait dû appartenir à la cavité nasale | et il devrait y être resté des débris des cornets du nez et la lame du maxillaire qui couvre cet endroit.
Du petit vide en arrière du rond , il faudrait faire la fosse temporale , et on ne verrait pas comment l'articulation de la mâchoire inférieure serait portée sous son angle antérieur, sous sa jonction avec l'orbite^ tandis que dans tous les mammifères elle est sous son angle postérieur.
Admettoqs , au contraire, que ce soit une
35o SAUniENS
tète de reptile d'un genre voisin des mom-H tors , par exemple , qui ait été coucht côté droit, qui ait laissé adhérens à la pierre ses os de ce côté , et dont toutes les parties moyennes et gauches aient disparu. Il reste sans doute encore des caractères génériques et spécifiques singuliers, mais d'ailleurs tout devient susceptible d'être expliqué.
Le triangle, A a, dont la surface est concave, est l'os maxillaire droit vu par sa face interne et attaché à la pierre par l'externe; il lui manque probablement quelque chose vers a , et c'est ce qui allonge si fort l'espace vide, a b, qui est l'orbite. En d est un reste du frontal. Vers b descend une apophyse qui appartient au frontal postérieur, et qui se joint aune apophyse montante du jugal poar cerner l'orbite en arrière et le séparer de la fosse temporale. C'est cette dernière qui a laissé le grand vide C c, un des bords duquel est formé par l'apophyse postérieure de l'os basiiaire, ec, quivajoindre le ptérygoïdien, e g. L'apophyse postérieure de ce dernier , g , se porte en arrière. II paraît que le crâne n'a pas été divisé comme la face , ou du moins que son intérieur est resté moulé sur la pierre, où
quelque chose de sa convexité du côté gauche subsiste encore à la surface.
D'après cette manière de voir , la mâchoire inférieure ^ E F ^ dont on ne voit aussi que le côté droit par sa face interne , serait un peu déplacée , et ne tiendrait plus à son articulation qui aurait dû être plus en arrière ; mais tout ce qui regarde l'os tympanique est si obscurément exprimjé, soit dans le moule soit dans le dessin de M. Oppel^ que je ne puis en porter de jugement.
J'étais tenté autrefois de le voir dans cette pièce gf ce qui remettrait la mâchoire à sa place naturelle , et M. Oken , qui l'a observé en nature^ pense que j'avais raison. En effet, Collini paraissait l'avoir représenté comme un tympanique de lézard , mais M. de Sœmmerring affirme que cette partie de la figure de Collini est erronée. Il est rare aussi que cet os se porte aussi obliquement en avant dans< les lézards ; la sirène seule , parmi les batraciens, offrirait quelque chose d'analogue. C'est un point qui ne pourra être décidé que par trhe inspection nouvelle et soigneuse du fossile original.
M. de Sœmmerring (§ 5) parait croire que
«Sa SADRIB
c'est le côté gauohe des deux mâchoires qm l'on voit; mais leur concavité bien KnsibM sur l'empreinte m'avait suggéré une idée touli contraire, etles trous marqués sous leurs bai dans la figure de M. Oken ont achevé de m'aS! convaincre. C'est toujours à la face interne que les Irons pour les dents de remplacement se voient dans les lézards où ils existent.
Quant au rétrécissement que la mâchoire inférieure éprouve dans sa moitié postérieure , il serait possible qu'il vînt, comme le pense ce célèbre anatomiste, de quelque mutilation; mais peut-être aussi la partie antérieure plus large était-elle la partie sympi
La longueur du cou est proportionnée à celle de la tête. On y voit cinq vertèbres, grandes et prismatiques comme celles des oiseaux à long cou , et une plus petite se montre à chaque extrémité, peut-être même yen a-t-il deux vers la tête, en sorteque le nombr^u total serait de sept comme dans les mamiiû->5 fêres, dans les crocodiles, ou de huit comm<l>] dans les tortues. M. Oken en compte deux pe>4 tites en avant; mais il regarde la petite dftj l'arrièrecommeunepremièredorsale, attend!» 3 qu'elle lui a paru porter une côte.
FOSSILES. a33
Ce qui est le plus fait pour étonner y c'est que cette longue tête et ce long cou soient portés sur un si petit corps; les oi^aux seuls offrent de semblables proportions^ et sans doute c'est» arec la longueur du grand doigt , ce qui avait déterminé quelques naturalistes à rapporter notre animal à cette classe , dont il s'éloigne par tant d'autres caractères.
Le cou est tellement recourbé en arrière que l'occiput touche au bassin. Je compte dixneuf ou vingt vertèbres dans le dos et dans les lombes. M. Oken en admet vingt-deux» en y comprenant les sacrées.
Il est difficile de dire combien de ces vertèbres portaient des côtes , mais il semble qu'il en est resté au moins douze en place du côté gauche.
Les vertèbres montrent leurs corps et leurs apophyses épineuses, mais le côté gauche de la partie annulaire est enlevé à presque toutes» en sorte que l'on aperçoit le canal médullaire. Les apophyses épineuses antérieures sont un peu plus longues ; \qs postérieures sont courtes et coupées carrément. Ni les oiseaux ni les chauves-souris n'en ont de telles.
334^ SAUBIENS
M. Oken a vu encore les apophyses transverses , au moins des sept premières vertèbres, et c'est à ces apophyses que tiennent les côtes. Passé la neuvième , dit-it, il n'y en a plus, et la côte tient immédiatement à la vertèbre.
Toutes les côtes sont singulièrement grêles et filiformes, ce qui écarte encore absolument cet animal des oiseaux, où les côtes sont larges et munies chacune d'une apophyse oblique et récurrente fort particulière.
La petitesse de la queue est le principal argument que M. de Sœmmerring (§ 20 et 55) ait employé contre notre classification de cet animal. En effet, elle est très-courte, trèsgrêle, et l'on n'y compte que douze ou treize vertèbres. Mais rien ne prouve qu'une queue longue et épaisse soit un caractère essentiel de tous les sauriens; déjà le tapaje l'a beaucoup plus courte et plus mince que la plupart des autres ; elle est courte et mince dans presque toutes les tortues; on ne voit pas pourquoi cette singularité peu importante n'aurait pu coexister avec tant d'autres infiniment plus considérables qui caractérisent ce genre.
La faculté que l'animal avait sans doute é
voler, et la difficulté où il devait être de ramper et de marcher à cause de la longueur disproportionnée de son cou et de sa tête, sont probablement ce qui lui avait rendu une longue queue peu nécessaire.
Les épaules et le sternum sont assez mal conservés; mais, tels que je les vois, ce sont de vraies épaules et un vrai sternum de reptile et nullement de chauve-souris.
Mais pour comprendre ces parties, il ne faut pas les nommer comme M. de Sœmmerring, qui commence par déclarer (§21) que l'os g du côté gauche est pour lui problématique (i), et que 9' du côté droit n'est qu'un léger enfoncement sans restes d'os; qui voit ensuite le sternum dans les os G' et X , bien qu'ils soient pairs et jetés sur le côté, et qui enfin cherche les clavicules dans les os i et i', ce qui leur ôterait toute proportion et les supposerait entièrement déplacées , tandis
(1) n demande même dans sa note s'il n'y aurait pas quelque os impair analogue à celui-là, à l'endroit où le manteau de la céphalote ( Geoffroy , Ann. du Mus., YIIP ann., YII ) adhère à son dos ; mais on doit lui répondre négativement.
Sl56 - SAUMENS
que le reste du squelette tient éTidemm*nt' encore par ses articulations naturelles. Qw l'on veuille au contraire suivre avec un peu d'attention la détermination que j'ai donoév de ces os, on verra que tout est naturel, ol même que tout est encore à sa place.
9' est l'oiBoplate droite; 9, l'empreinte d» la gauche : elles sont toutes les deps longues, étroites comme dans te crocodile; de plus elles paraissent avoir été parallèles à l'épine comme dans les oiseaux, par la raison qu'ici comme dans les oiseaux elles devaient prêter un appui solide aux raouvemens de l'aile. J
Les os G' et X sont les deux os coracoîdieofi (que je nommais clavicules dans ma premièrti édition , parce que c'était alors leur déponoi^, naiion reçue). Celui du côté droit. G', est qB) mutilé ou en partie caché dans la pierre; il w rait même possible que ce ne fût, comme If^i pense M. Oken , que la crête deltoïdienne dA' l'humérus , I'. Celui du côté gauche est à peifij près entier. Il ne parait pas y avoir eu d^ vraies clavicules; mais le crocodile et le ca* méléon n'en ayant pas non plus, elles ont (Ht ti'ès-bien manquer à notre animal
I çst l'empreinte de l'humérus gauche te«
natit encore à son épaule et dans sa position naturelle relativement au tronc.
On peut remarquer que sa tubérosité anté^ rieure^ i'% est fort saillante comme dans les tortues de mer et dans ks oièeatix , ce qui convenait très*bien au premier os d'une véri" tabie aile. L'humérus droite t% à peu prés conservé en entier /tient aussi à son épaule; mais il est rejeté en arant^ tandis que ton congénère est resté dirigé en arrière.
Les parties minces , larges et comme mettibraneuses, placées en i8, i8, sont très-probablement la dilatation rhomboîdale du sternum y qui sans doute était assez robuste dans notre animal pour donner attache aux grands pectoraux. Je n'avais pu en parler dans ma première édition » parce que CoUmi ne les avait ni remarquées ni dessinées. M. de Sœmmerring croit y voir des omoplates; la seule empreinte qu'il m'a envoyée m'avait déjà suggéré que c'était la lame rhomboîdale du sternum y lorsque j'ai trouvé la même opinion exprimée par M. Oken, d'après Tinspeetion de ToriginaL II dit même que cette Mule pièce caractériserait Tanimal pour un lézard. On peut renwirquer, au reste, que
cette pièce, comme toutes les autres, est à peu près à sa place naturelle, et dérangée seulement autant que l'écrasement de l'animal l'a exigé. J
M. de Sœmmerrîng, qui faisait de i et l' des clavicules, a dû regarder les os 2 et 2 comme les humérus; mais comme évidemment ces os sont doubles de chaque côté, soit qu'on consulte les dessins ou le modèle en plâtre, je ne puis y voir que les os de l'avantbras, ce qui confirme bien la dénomination d'humérus donnée aux os i et i'.
Au bout de ces deux avant-bras doit naturellement venir le carpe; aussi voit-on à cet endroit de petits os qui m'avaient paru tels dans la gravure de Collini. M. deSœmmerring, qui est obligé , par ses suppositions relatives à l'humérus et à l'avant-bras , de porter son carpe plus bas vers u, u , croit (§ 28) que ce sont des fragmens de la tète inférieure de l'humérus, et que les vrais os du carpe ont disparu à cause de leur état cartilagineux. Cette question important beaucoup à la soIihjI tion générale, je priai mon confrère et mop^jl ami M. Brongniart, qui devait passer Munich, d'examiner avec soin ces petites 1
FOSSILES. 2^g
parcelles; il en prit avec M. Prévost un dessin un peu grossi que je donne à coté en fig. 3
et 4*
C'est f dans tout ce qu'on en voit , un vrai carpe de lézard.
Du côté gauche , il y a au premier rang un os à Textrémité du cubitus et un à celle du radius; on voit attaché au second rang un petit pisiforme dont la figure est la même que dans le monitor. Il ne reste au second rang que deux autres os , mais on voit qu'il en manque et qu'il reste une place vide.
Leur nombre est plus considérable du côté droit , et bien qu'ils y soient placés un peu en désordre , j'y en compte neuf comme dans les lézards.
Je n'ai donc aucune raison de douter que ces petits os ne soient les os du carpe.
M. de Sœmmerring demande comment les doigts , ^ , ont pu se détacher de ce carpe pour aller ensemble se placer où ils sont ; mais c'est qu'ils ne se sont point détachés, qu'au contraire ils sont à leur vraie place. Les articulations 3 et 3' sont les métacarpes » et en ^ il ne reste que les phalanges.
Je ne puîa distinguer de rombien d'os ces métacarpes se composent, mais i) est certain qu'il y en a plusieurs. II me semble en voir trois à droite, dont un épais et deux grêles. Peut-être même y en a-t-il un quatrième caché dessous.
Une fois ces os déterminés , les doigts achèvent admirablement de s'accorder avec ce qu'on observe dans les lézards relativement au nombre de leurs articulations.
Il y a d'abord trois petits doigts , dont an de deux phalanges et un de trois; la dernière, dans l'un et dans l'autre , est un onguéal coiïlprimé, arqué etpoîfitu.
Ud troisième de ces petits doigts, \, r trois phalanges , et est rompu avec la pierre à l'endroit où très-probablement s'en trouvait «ne quatrième, onguéale comme celle des deus autres.
M. de Sœmmerring assure même (dans son Inémoire sur l'espèce suivante) que cet onguéal existait du temps de Collini, qui en effet l'a représenté, et qu'il ne s'est perdu qu'à l'époque où l'on a encadré cette pierre.
Les nombres sont exactement ceux des
trois premiers doigts dans les crocodiles et dans les lézards.
Enfin il y a ce doigt énormément prolongé en tige grêle ^ qui caractérise éminemment notre animal.
Il a quatre articulations sans ongle. Le quatrième doigt des lézards aurait 'cinq articles et un ongle ; mais y dans les crocodiles , il n'a que quatre articles^ et il est dépourvu d'ongle comme ici; seulement il n'y éprouve pas ce prolongement extraordinaire.
Le crocodile et les lézards ont en outre un cinquième doigt qui dans les lézards a quatre articles^ et dans le crocodile est réduit à trois sans ongle.
Il paraît que dans l'animal fossile il ne reste qu'un vestige de cinquième doigt ^ mais assez obscur et sujet à contestation.
Le grand doigt est probablement le quatrième, car c'est aussi le quatrième qui est le plus long dans les lézards.
Les trois autres le précédaient dans l'ordre inverse du nombre de leurs articles.
i^3 SAURIENS
Pour compléter la ressemblance, c'est la pénultième phalange qui est la plus longue. Celie qui la précède dans le troisième doigt est la plus courte, absolument comme dans les lézards.
La forme des phalanges onguéales est aussi la même, celle d'un demi-croissant comprimé, tranchant et pointu ; il est vrai qu'à cet égard elles diffèrent peu des chauves-souris.
Il est fâcheux que les petits doigts de la main gauche soient enlevés vers 3' avec la portion de pierre qui les contenait probablement : car ils auraient sans doute confirmé ce que ceux du côté droit nous ont fait voir; mais nous en trouverons une confirmation complète dans la seconde espèce de ptérodactyle dont nous parlerons bientôt.
M. de Sœmmerring se borne à dire qu'il 3 a ici quelque erreur dans le dessin de Collini; mais le dessin de M. Oppel, et l'empreinteque M. de Sœmmerring m'a envoyée lui-même, sont en ce point parfaitement conformes au dessin de Collini. Ainsi je vois à cet endroit des doigts de lézard attachés à un carpe de lézard; de pareilles coïncidences dans dei
nombres compliques ne peuvent pas arriver par hasard.
Je ferai remarquer ici que les chauves-souris, loin d'avoir quatre phalanges ossifiées aux longs doigts de leurs ailes , n'en ont ordinairement que deux.
L'index des roussettes qui a un ongle, et le médius des phyllostomes et peut-être des rhinolophes, où la troisième phalange est allongée et osseuse , font exception ; mais, dans les autres doigts, la troisième phalange est toujours réduite à un vestige à peine cartilagineux.
11 n'est guère possible de douter que ce long doigt n'ait servi à supporter une membrane qui formait à l'animal, d'après la longueur de l'extrémité antérieure, une aile bien plus puissante que celle du dragon, et au moins égale en force à celle de la chauvesouris. Notreanimal volaitdonc autant que la vigueur de ses muscles le lui permettait; il se servait ensuite des trois doigts courts et armés d'ongles crochus pour se suspendre aux arbres.
Le bassin n'est pas disposé d'une façon bien
a(i4 SAURIBNa
claire : aussi M. de Sœmmerring (g 25)renoncet-il à l'expliquer. Tel que je le vois, c'est encore dans les seuls sauriens qu'il peut trouver une explication satisfaisante.
Les os M et m seraient les deux os des iles, adhérensà l'épine et dirigés en arrière comme dans tous tes sauriens; l'os L, l'ischion du côté gauche; l'os ç, le pubis du même côté dirigé en avant, étroit et pointu comme dans beaucoup de lézards; l'os Y, qui est détaché, sera peut-être l'ischion de l'autre côté. ' '
Four faire de ce bassin un bassin de mammifère, il faudrait supposer que l'os % est l'os des iles, ce qui en effet pourrait se soutenir; mais alors L serait le pubis , M serait l'ischion, et leurs symphyses ne seraient pas unies l'une à l'autre, ce dont je ne connais d'exemple que la taupe parmi les mammifères.
M. Oken admet cet arrangement, et coi dut cependant de cette séparation des syi physes ischiale et pubienne que c'est un bassin' ' de reptile; mais je ne connais aucun reptile où l'ischion se porte ainsi en avant et le pubis en arrière.
L'extrémité postérieure gauche
place , et montre toutes ses partie;) bien conservées et dans leur liaison naturelle ; N, la cuisse; 0, la jambe; P, le pied.
On retrouve aussi, avec uu peu d'attention, les trois parties de restrémité droite, savoir : T , la cuisse ; U, la jambe ; R. , le pied. Ce piedci même supplée à ce que l'autre n'offrait pas ussez clairement.
La rotule ne se voit ni d'un côté ni de l'autre.
On doit remarquer la longueur de cette extrémité pour un si petit corps. Elle peut faire croire que notre animal se tenait seulement sur ses pieds de derrière, et que son extrémité antérieure, repliée comme une aile d'oiseau , ne lui servait pas à la station.
Je ne puis dire s'il y avait deux os à la jambe; on n'en voit plus qu'un sur le fossile.
Le tarse ne présente pas de calcanéum saillant; on n'y voit que de très-petits osselets.^ D'après le dessin très-soigné que m'en a fait M. Brongniart (fig. 5), et qui s'accorde avec celui de M. Oppel, il y en aurait quatre ou cinq : deux un peu plus grands au premier
rang, deux ou trois très-petits au second serait un tarse de lézard. Un tarse de chauvb* souris aurait laissé quelque trace de la longua queue que forme son calcanéum. Tout autre quadrupèdeaurait montré quelque reste d'un calcanéum saillant en arriére. A la vérité M. de Sœmmerring (§ 4i ^^i ^t § '4} suppose que le tarse était encore cartilagineux; maisf il y a dans ce squelette tant d'os complets et sans vestiges d'épiphyses , qu'en général cette idée de jeunesse est difficile à admettre.
Les doigts -de derrière ne sont pas moins conformes que ceux de devant à ce qu'il|' doivent être dans les lézards. -
En P, les os du métatarse se recouvrent u* peu , mais on les voit bien en R ainsi que lesf phalanges; et, ce qui surtoutest important, lé. nombre de ces phalanges est, pour ce qu'on en voit, le même dans les deux pieds.
On en compte au premier doigt deux (sans le métatarsien), au suivant trois, au suivant quatre , et enfin cinq au dernier. Ce sont i exactement et rigoureusement les nombrèT des quatre premiers doigts des lézards. U p^^l raît qu'ici le cinquième était réduit à un légerl vestige de deux pièces.
Ce sont aussi les nombres des oiseaux quant aux phalanges ; mais les oiseaux n'ont qu'un seul métatarsien^ et, les martinets exceptés, ils n'ont jamais les quatre doigts dans la même direction.
Quant aux chauves-souris, elles auraient trois phalan{j;es à chaque doigt, le pouce excepté.
Je le demande, cette concordance peut-elle être l'efiFet du hasard ? en fait , elle n'est sujette à aucun doute ; car, bien qu'elle ait été négligée par M. Oken et incomplètement indiquée par M. de Sœmmerring, je la vois clairement sur l'empreinte envoyée par M. de Sœmmerring, sur le dessin de M. Oppel et sur celui que MM. Brongniart et Prévost m'ont fait à la loupe (voyez la fig. 6).
CoUini avait marqué une phalange de moins au quatrième doigt , ce qui m'avait fait dire dans ma première édition que le pied fossile avait les nombres du crocodile.
M. de Sœmmerring, dans sa figure, ne montre ni l'une ni l'autre de ces deux petites phalanges, ce qui est apparemment une inadvertance de son dessinateur.
a48 SAUHIENS
Il les a vues cependant, et il croit (§ iSi S 4^» S ^4^» S 5^) que Collinl avait pris li épipliyses des métatarsiens du troisième et i quatrième doigt pour des os particuliers; madi ces petites phalanges, sur lesquelles J'insiste^ viennent non pas après les métatarsiens, mai»; après les premières phalanges, comme il ar-. rive dans les lézards : or comment supposerait on que ces premières phalanges étaient encore épiphysées, et que les métatarsiens ne l'étaient plus? comment celle du quatrième doigt aurait-elle eu deux épiphyses au même bout? Ajoutez, comme l'observe M. de Sœmmerriag Jui-même , que les métatarsiens , comme dans les lézards, sont beaucoup plus longs que li secondes phalanges, et que dans les chauve! souris ils seraient plus courts.
Les ongles de derrière n'ont, comme ceux de devant, rien qui les distingue des lézards, qui , à la vérité, ressemblent assez en ce poia( aux chauves-souris.
Voilà donc un animal qui dans son ostéo^ logie, depuis les dents jusqu'au bout des ongles, offre tous les caractères classiques de» sauriens; on ne peut donc pas douter qu'il n'en ait eu aussi les caractères dans ses tégu-^
mens et dans ses parties molles; qu'il n'en ait eu les écailles, la circulation, les organes de génération, etc. Mais c'était en même temps un animal pourvu des moyens de voler, qui dans la station devait faire peu d'usage de ses extrémités antérieures, si même il ne les tenait toujours reployées comme les oiseaux tiennent leurs ailes, qui cependant pouvait aussi se servir de ses petits doigts de devant pour se suspendre aux branches des arbres , mais dont la position tranquille devait être ordinairement sur ses pieds de derrière, encore comme celle des oiseaux ; alors il devait aussi, comme eux, tenir son cou redressé et recourbé en arrière pour que son énorme tête ne rompît pas tout équilibre.
D'après ces données, on pourrait le dessiner à l'état de vie ; mais la figure que l'on obtiendrait serait des plus extraordinaires, et semblerait, à ceux qui n'auraient pas suivi toute cette discussion, le produit d'une imagination malade plutôt que des forces ordinaires de la nature.
On en voit quelquefois d'approchantes dans les peintures fantastiques des Chinois. Hermann m'en avait même indiqué une gra-
a5o SAURIKNS
vée dans le journal intitulé Naturforschi huitième cahier, pi. C, fig. 4) st tirée d'à livre d'histoire naturelle chinois que Tono serve dans la bibliothèque de Trew à Altorf. Elle représente une chauve-souris avec un bec d'épervier et une longue queue de faisan ; mais ce ne serait pas là ce qu'on pourrait appeler une représentation de notre animal.
S II. D'un petit Ptérodactyle
( Pterodactvlns brevirostris ).
seau court
Il vient des mêmes couches que le précédent, et a été trouvé dans les carrières de Windischhof, à une demi-lieue d'Aichstedt. M. Grassegger, conseiller municipal à Neubourg sur le Danube, l'avait acheté dans une ancienne collection , et M. de Sœmmerring, averti de l'existence de ce morceau par M. le comte dcKeisach, en ayant demandé communication, il lui fut adressé à Munich, où il en fit une description insérée avec une gravure dans le volume de l'Académie bavaroise pour 1816 et 1817.
Depuis lors , M. Oken s'est rendu à Neu-
FOSSILES. a5i
bourg pour Tobserver, et en a donné , dans risis de i8ig, une nouvelle description et une autre figure ^ à la suite de son article sur Tespèce précédente.
C'est d'après ces deux naturalistes que nous allons en parler^ et que nous le représentons
fig- 7-
La pierre qui le porte offre aussi les restes d'un très-petit poisson et quelques petites astéries. Elle est ^ comme tous ces schistes ^ d'un gris roussâtre. Les os s'en distinguent par une teinte plus brune ; leurs cavités sont remplies d'un spath blanchâtre.
L'individu est plus petit d*un tiers pour le tronc que le précédent ; et sa tête et son cou sont beaucoup moins allongés à proportion.
Sa tête est beaucoup moins bien conservée^ et qui la verrait isolée la prendrait plutôt pour celle d'un oiseau ( d'une oie sortant de l'œuf par exemple) que pour celle d'un reptile.
Les figures n'y marquent aucunes dents.
M. de Sœmmerring dit cependant qu'on y en voit de petites aux deux mâchoires ^ dont les
aSa SAURIENS
unes ressemblentaux antérieures des chauve»(J souris , les autres à leurs molaires ; que suiM la pierre opposée il en reste à la mâchoire in-' férieure huit pointues, et à la supérieure •cinq. M. Oken n'en parle pas du tout. Ce serait cependant un point assez important à éclaircir.
M. Oken pense avoir vu un os tympanique séparé et reconnaissable.
On compte sept vertèbres au cou. M. de Sœmmerring marque aux trois ou quatre dernières des apophyses épineuses qui ne reparaissent pas dans la figure de M. Oken. ' 1
Il y a dix ou onze vertèbres entre les cervicales et les sacrées , toutes munies d'apophyses épineuses peu élevées, coupées carrément, et qui paraissent avoir toutes porté des côtes. Celles-ci sont grêles et simples comme dans l'autre espèce.
La queue est aussi courte , grêle et pointue, mais il n'est pas aisé d'en compter les vertèbres : il semble que les dernières soient divisées en deux parties.
L'épaule et le sternum sont assez obscurs
tlaxis la figure de M. de Scemraerriiig , qui ne marque pas même d'omoplate. M. Oken voit l'omoplate dans un os long , A , où il aperçoit même une pièce cartilagineuse vers le bout spinal, l'os coracoïdien en £ , et le disque du sternum en C.
S'il en est ainsi, on y retrouverait à peu près l'épaule et le sternum du précédent et du crocodile.
Le bassin est encore plus nettement un bassin de lézard : A, l'os desiles; B, l'ischion; C, le pubis. Lorsque M. de Sœmmerring me communiqua pour la première fois ce beau morceau, je m'empressai de lui écrire que ce pubis seul prouverait que l'animal est un reptile; et plus je m'en suis occupé, plus je me suis confirmé dans cette conviction.
On voit dans sa figure le pubis de l'autre côté , qui manquait au morceau quand M. Oken l'a dessiné. Peut-être a-t-il été perdu dans les transports que la pierre a subis.
Le bras est le même que dans la grande espèce.
Celui du côté gauche est peu déplacé.
ïS4 SAURIENS
L'humérus, g, est en partie masqué par les côtes; l'avant-bras, h, relevé presque verticalement, ne se voit qu'à moitié. On y distingue une trace de division en deux os , et vers le bout sont ou de petits os, ou des facettes qui annoncent qu'à cet endroit était le carpe.
M. de Sœmmerring, qui, dans cette espèce comme dans la précédente , prend l'avant-bras pour l'humérus, ne voit dans ces petits restes que des traces d'épiphyses.
Il paraît n'être resté que le gros os du métacarpe, i, si toutefois l'animal en a eu plus d'un.
Les trois petits doigts onguiculés 2, 5,4» montrent distinctement ^ dans la figure de M. de Sœmmerring aussi bien que dans celle de M. Oken , les mêmes nombres de phalanges que dans la grande espèce et que dans tous les lézards. Celui de quatre phalanges nous montre même son onguéal , que nous n'avions pu que conclure dans le précédent, où il est emporté. Le long doigt a la même proportion que dans la grande espèce , et se compose de même de quatre articulations, dont la dei;- □ière n'a pas d'ongle. Elles sont marquées li /, m et n.
FOSSILES. a55
Les os de l'autre bras sont rejetés en arrière.
L'avant-bras est en oj vers p semblent être des os du carpe distincts; q est un métacarpe qui paraît aussi réduit à un seul os. Les deux petits doigts à deux et trois phalanges sont encore en place; celui qui en a quatre est un peu dérangé , mais on voit encore trois de ses articles , dont un est l'onguéal.
Quant au grand doigt, on ne voit que ses deux premières pièces , reis.
Les pieds de derrière sont tous les deux complets, a et d sont les fémurs; b et Cf les tibias , qui paraissent avoir été simples ; c et/J les pieds , composés chacun de quatre doigts avec un métatarse de quatre os, comme dans la grande espèce.
Quant aux phalanges, les deux figures de M. de Sœmmerring et de M. Oken s'accordent à en donner à ces doigts les mêmes nombres que dans les mammifères : savoir, deux au premier, et trois à chacun des trois autres; mais je soupçonne beaucoup que ces naturalistes n'ont pas remarqué dans les deux der-
356 SAUBIRKS
nkrs les petites phalanges intermédiaires qui sont si visibles dans la grande espèce.
Ces détails de l'organisation des eitrénaités suppléent à ce que la tête peut nous apprendre, et ne laissent aucun doute qu'il n'y ait eu dans ce canton , à l'époque où s'y formaient les couches lithographiques et où y vivaient les crocodiles, les monoculus et tant d'autres êtres dont les genres sont aujourd'hui confinés dans la zone torride; qu'il n'y aiteu, dis-je, deux espèces de sauriens qui volaient au moyen d'une membrane soutenue par un seul des doigts de la main ; qui se suspendaient et peut-être rampaient au moyen des trois autres doigts de cette main; qui se tenaient debout sur leurs pieds de derrière seulement, et dont la grande tête était fendue d'une énorme gueule armée de petites dents pointues , propres seulement à saisir des insectes et d'autres petits animaux.
Ce sont incontestablement , de tous les êtres dont ce livre nous révèle l'ancienne esisteace, les plus extraordinaires , et ceux qui , si on les voyait vivans , paraîtraient les plus étrangers à toute la nature actuelle.
FOSSILES. aSy
§ III. Sur divers os longs gui paraissent avoir appartenu à une grande espèce de Ptérodactyle.
M. Blumenbach a le premier fait connaître un de ces morceaux qu'il regardait comme provenant d'une aile de roussette (i). Il se composait de trois articles , et se voyait dans un ancien cabinet de Nuremberg , où on l'avait reçu des carrières de Solenhofen.
M. de Sœmmerring s'est donné beaucoup de peine pour être informé du sort de ce fossile, et a appris qu'il avait été acheté par un Français nomméGachet, qui le transporta successivement en différens lieux , et le plaça enfin dans le cabinet de l'évéque de Constance à Mœrsbourg. Ce cabinet ayant été réuni en 1802 à celui de Carlsruhe, on devait sup-
(1) Archœologia telluris, Gœtt., 1801, dans lesMéui. de la Société royale , p. 144 ; Anatomie comparée , Gœttingue^ 1805, p. 75, note ; Matériaux pour THist. naturelle, ibid., 1806, p. 119.
poser que ce morceau s y retrouverait; mais c'est en vain qu'on y en a fait la recherche.
En revanche , il s'est trouvé que l'on y possède une plaque bien plus remarquable, qui présente plusieurs os longs, encore en partie articulés ensemble, et dont l'examen a fait juger à M. de Sœmmerring qu'ils viennent d'animaux du même genre.
Nous en donnons la figure pi. aSo, fig. 8, d'après la lithographie de M. de Sœmmerring, et d'après une empreinte en plâtre prise sur l'original qu'il a bien voulu nous adresser.
Cest le même schiste calcaire qu'à Solenhofen , et même l'on voit au revers de la plaque une foule de ces petites astéries communes dans ces carrières, et qui ont été si souvent gravées (i), en sorte qu'on ne peut douter qu'elle ne vienne de cette formation.
On y voit d'abord deux os bien entiers, AetB, queM. de Sœmmerring regarde comme
(I) Bayer, Oryclogr. ûoric, VIII, 4, Suppléui-, VU, 2,3,4,5; Kotsel , Insecle' , III , pi, XC , f. 1 , 2 , 3 ;
FOSSILKS. 269
un fémur et un tibia , et au bout de ce dernier quelques restes de tarse.
Puis deux articulations longues et grêles , C et D , avec un reste , E , de celle à laquelle adhérait la plus forte des deux; elles ressemblent manifestement aux deux articulations moyennes du grand doigt des ptérodactyles.
Enfin l'empreinte et quelques fragmens d'un os plus gros qu'aucun des autres, F, à l'extrémité duquel paraît un petit reste indéchiffrable, G. M. de Sœmmerring juge que c'est l'os de l'avant-bras, et qu'il présentait son côté interne.
Il en conclut que cet animal , comme le galéopithèque et plusieurs chauves-souris, n'avait qu'un seul os à l'avant-bras, os que M. de Sœmmerring (dans une note sur le § 20 de son mémoire sur le premier ptérodacljie) croit plutôt devoir être appelé cubitus que radius.
Je remarquerai ici en passant que le galéopithèque et toutes les chauves-souris connues ont deux os à l'avant-bras, et que la nature de ces deux os s'y laisse déterminer sans aucune équivoque. Le plus grêle, qui dans le galéopithèque descend jusqu'au carpe , mais qui
dans les chauves-souris ne dépasse guère len lieu de l'avant-bras, ne peut être méconnm pour le cubitus , puisque c'est à lui qu'appai^l tient l'olécràne : ainsi le plus gros est le ra-l diusj il en a d'ailleurs toutes les formes et l»l articulations; et de plus cette théorie s'ao>J corde avec ce qu'on voit dans les ruminaas,' où le cubitus diminue par degrés, et se ré- 1 duit enfin à un olécrâne attaché en arrière du | radius.
Revenant à notre fossile , je dirai que lea j deux articles C et D me paraissent, comme à l'auteur que je cite, les deuxième et troisième phalanges du grand doigt d'un ptérodactyle.
La plus grande , C , serait presque qua-* druple de sa correspondante dans notre pre-1 mière espèce; l'autre ne serait que triple, mais J elle n'est peut-être pas entière.
Quant aux deux os A et B , leurs formes ne sont pas assez bien conservées pour que l'on puisse dire positivement s'ils sont le fémur et le tibia, ou bien l'iiumërus et le radius; mais leur proportion relative est assez semblable à celle du fémur et du tibia du premier ptérodactyle pour que l'on puisse adopter la con-
jecture de M. de SœmmerriDg. En ce cas, Fos F pourra être, comme le pense aussi M. de Sœmmerring^ celui de ravant-bras, ou le radius^ et je tirerai parti de sa ressemblance avec celui qui est marqué 2 dans notre fîg. 1 , pour prouver que ce dernier est aussi , comme je l'ai dit , l'os de l'avant-bras, et non pas l'humérus^ ainsi que le pense M', de Sœmmerring.
Ce ptérodactyle devait être considéraf>le pour la taille, et, comparativement aux deux autres , on peut très-bien le nommer Pterodactjrlus grandis.
Voici les dimensions des os conservés sur cette plaque :
Longueur du fémur A 0,11$
— du tibia B 0,506
— de l'os de Favant-bras F 0,169
— de la deuxième phalange G 0,195
— de la troisième phalange D 0,1 09l
SAlli;iENS
\ IV. D'une extrémité de doigt des mëiii^ carrières, pouvant provenir d'un plérodac lyle ou d'une chauve-souris.
M. Spix a publié encore dans lesMémoiretl de l'Académie de Bavière, t. V, une plaque des carrières de Soienhofen , qui contient deux articiUations longues et grêies, dont la seconde, terminée en pointe aiguë et un peu courbée, est manifestement la dernière du doigt auquel (outes les deux appartenaient. PTous en donnons une copie pi. aSo, fig. g.
On pourrait croire , d'après quelques osselets ou fragmens d'os qui sont à la base de l'autre, que ce doigt n'avait que deux articles, et ce motif a engagé M. Spix à le considérer comme un doigt de vampire, c'est-à-dire sans doute de pbylloslome-
En effet, -dans les phyllostomes comme dans la plupart des cbauves-souris, l'index n'a que deux articles ; mais quoique le second article soit un peu moins exigu dans les phyllostomes , et nommément dans le vampire, que dans nos chauves-souris vulgaires , il s'en
faut bien qu'il y approche de la longueur proportionnelle qu'il a dans le fossile. Le deuxième article fossile est plus long que l'autre , et celui du vampire n'a guère plus du quart de la longueur de celui qui le précède.
Des découvertes ultérieures pourront nous apprendre s'il s'agit ici , comme je suis disposé à le croire y des deux dernières articulations du long doigt d'un ptérodactyle, qui serait un peu moins grand que l'individu dont nous venons de décrire des fragmens , ou si, les petits os du bord appartenant au carpe , il s'agit d'un doigt à deux articles , et si ce doigt provient d'un nouveau genre voisin des ptérodactyles ou enfin d'une chauvesouris.
J'avoue qu'il me faudrait des preuves bien démonstratives pour me faire adopter cette dernière opinion, qui s'accorderait si peu avec ce que nous apprend jusqu'ici l'étude des os fossiles.