‹ Recherches Sur Les Ossemens Fossiles (volume 5)Chapitre 4 sur 27 · DEUXIÈME SECTION · texte numérisé non relu

DEUXIÈME SECTION

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ARTICLE PKBMIElt.

Dfi ftMmu {tu mnm d«é mçHitqn fui yf IfrtaYf pt d^ j|^ K^tff PJfiteux ie U T]^ijurîiij|sç et dVutrfs cfntréet de l'AUeiQagiiÇ.

Bant preique toutèB les JNirtîefl 4e là Th«« rliigs et dtt Voigiland^ dani lei pcM'ti^ns lithin trophes de la Hesse , et jusqu'en Franconit tt en Baviçre, régne une couche de schjjste marneui et Lituteineux^ qiie M. Werner regarde comme la plus b$isse (le ce *m% nomme première formation du càlcaii*e se^ eàndaire j et qui, se trouvant presque totrjoiuni pansemée de graina de pyrite wtvre^se contenant argent > est exploitée en' ^IsâièÉM

lOO SAURIENS

endroits pour ces deux métaux, quoiqu'elle çn soit assez pauvre; car M. Karsten m'écrivait qu'elle donne à peine deux pour cent de cuivre. Elle n'^est pas non plus fort puissante^ car elle a rarement plus de deux pieds d'épaisseur; souvent elle ne passe point un ou deux pouces, et les ouvriers sont obligés d'y travailler couchés, afin de ne point enlever plus de pierre qu'il n'est nécessaire. Cependant on ne laisse pas que d'en tirer un revenu considérable. Les mines de Rothenbourg, dans le pays de Halle, par exemple, produisent, année commune, 5300 quintaux de cuivre, dont on extrait 5 à 4000 marcs d'argent. Celles deHekstedt, d'Eisleben , de Mansfeld , de Burgorner en Thu-* ringe, de Riegelsdorf en Hesse, dé Munsteroppel dans le pays de Cologne , de Weissbach en Franconie, etc. , fournissent sans doute aussi des quantités suffisantes de ces deux métaux pour rendre leur exploitation profitable.

On peut consulter au sujet de cette couche 81 intéressante l'ouvrage spécial où M. Freyesleben en a fait l'histoire (i).

(1) Geognoetischer Beytrag zur Kentniss des Kqpfer- Sdhiflfer Gebirgs t etc.^ 4 vol. ip^\

FOSSILES. lOI

M. de Humboldt en a traité plus nouvelle-' ment dans son ouvrage sur le gisement des roches^ et l'a retrouvée dans plusieurs contrées de TAmérique.

Elle repose -sur un grés rouge qui contient de la houille en divers endroits, et que les mineurs ont nommé das lodte lîegende, ou la couche morte, parce qu'il ne donne point d(« cuivre.

Au-dessus du schiste cuivreux sont des cou . ches calcaires désignées, dans le pays, sous le nom de zechrstein , et par les géologistes actuels sous celui de calcaire alpin , qui contiennent les coquilles et zoophy tes les plus anciens , tels que bélemnites, en troques, anomies et autres. Le gypse, accompagné de sel gemme, surmonte ce calcaire, et est surmonté à son tour par des grès que recouvre une seconde sorte de gypse dépourvu de sel et surmonté par un autre calcaire analogue à celui du Jura , et dont quelques couches sont creusées de ces fameuses cavernes remplies d'ossemens d'ours et d'autres carnassiers dont nous avons parlé ailleurs.

Ainsi cette couche de schiste bitumineux est des plus anciennes parmi celles qui contiennent des débris de corps organisés.

C'est fl'^^^^^ ^^ feuillets qn% Y^^ retire cette foule de poissons fossiles qui ont rffi4v les cantons de Mansfeld^ d'Eislebçn i dllmf-! nauy et d'autres endroits de la Tburinge et da Voigtlandy si célèbres parmi les descripteurs et les coUeoteurs de pétrifications (i).

Les poissons s'y trouvent coinpriinés«om«|| dans tous les schistes qui en recèlçut , çt qi sont eux surtout qui sont pyritifiés^ <H» q^i sans doute en a déjà fait détruire un graiid nombre de très-curieux.

L'opinion générale est que ce sont des poii^ sons d'eau douce; et tout extraordinaire qu'il puisse paraître de voir des productions d'eta douce recouvertes par des masses immenses des productions marines les plus anciennes;! nous avons tant d'autres preuves, même dans nos environs, que la mer a plusieurs fbif recouvert les continens, que ce ne serait fpi une raison de mettre cette opinion en douta*

L'examen que j'ai fait de ces poisspns ^î

(1) Voyez surtout le Couimentaire de Walch fur les MoQumens du Déluge de Koorr, ^t le cat^logu^ d^l cabinet de Davila , par Rome ^ Lill|^

proQTe piecîséiBe&t m poar m emtra octte opinion, car j'ai o&nsialé ifn'ils apputicBscnt à ungeore aojoard'bui inconnu desichibycrfogistes; mais elle prend de la Tiaiseniblance â Ion considère que les seuls genres auxquels on puisse les comparer , ceux des estui^peons et des lépisostées , sont d'eau douce , et que les quadrupèdes ovipares que je vais décrire ha* bitent le mémo séjour. Ces reptiles, il esterai, ne sont pas des crocodiles comme on Ta cm ; mais ce sont toujours des animaux dent le genre fréquente les marais et les bords des rivières.

Je n'ai vu par moi-même aucune de ces empreintes de reptiles, mais j'en ai trouvé trois gravées dans des livres , et mes amis de Berlin m'en ont procuré le dessin d'une quatrième. Ces images , sans me mettre en état de porter un jugement aussi complet et aussi sûr que si j'avais eu les pièces mêmes à examiner et à disséquer, me fournissent cependant déjà des données suffisantes pour déterminer le genre et pour caractériser, jusqu'à un certain point y l'espèce des animaux qu'elles présentent.

La première ast celle que Chrétien-JVIaximi«

lien Spener ^ médecin de Berlin ^ sur l'invitation du grand Leibnitz, publia, en 1710, dans les Miscellanea heixdinensia ^ I, 6g. 124 ^^ ^^^ p. 99, comme une empreinte qu'il supposait de crocodile, mais avec quelque doute. Le morceau venait des mines de Kupfer-Suhl , à trois lieues d'Ëisenach , et à une et demie de Sàlzungen. Od l'avait tiré de près de cent pieds de profondeur. Les os étaient en quelque sorte métallisés comme la plupart des poissons des mêmes couches.

La seconde de ces empreintes, donnée aussi pour celle d'un crocodile, fit l'objet d'une lettre de Henri Link, pharmacien de Leipsick, au célèbre géologiste anglais Woodwardt, imprimée en 17 18, et dont une partie, ainsi que la planche, fut insérée dans les Acta Eruditorum de la même année, p. 188, pi. II; elle est du même lieu et sur la même sorte de pierre que la précédente (i).

La troisième est gravée dans le traité de

(1) kimdinaim, llar. Xat. et Art., p. 77; il y en a aiibsi une copie dans la Physique sacrée Je Sclicuclizei , t. l, pL LU.

Cupro du fameux Emmanuel Swedenborg^ pi. II. L'auteur la regarde comme une espèce de guenon ou de sapajou ^ et c'est sous ce titre qu'elle est citée dans la plupart des traites sur les pétrifications (i); elle venait des mines de Glûcksbrunn près d'Altenstein, dans le pays de Meinungen, où on l'avait trouvée en 1733(2).

Enfin la quatrième , dont je donne aujourd'hui une gravure ( pi. aSy, fig. i )» a été retirée , en 1 793 y des mines de Rothenbourg près de la Saale, dans le pays de Halle ^ à deux cent soixante-quatre pieds sous le sol , et est aujourd'hui dans le cabinet royal de Berlin. J'en dois un beau dessin à l'amitié du célèbre minéralogiste M. Karsten , et au talent de l'habile artiste M. Wachsmann.

(1) Comme d'Ai^enville , Oryctologie , p. 331 ; Walcb, sur KnoiT, t. 11^ sect. II, p. 150; Gmelin, Syst. nat. lin., t. III , p. 387. En effet, meer^katze (chat de mer) signifiant en allemand une guenon ou un sapajou , on a dû croire que c'était là ce que Swedenborg voulait dire par les mots Felis marina, M. de Sœmmerring croit qu'il aura plutôt entendu le Phocn ursina , que Millier a aussi nommé chat de mer; mais le fossile dont il est question n'est pas plus un phoque qu'un sapajou,

' (î) Voyci-en une partie, copiée pi. 23T, frg. 2.

Ces quatre morceaux^ trouvés daii$( ^ couches de même nature^ présentent cert^nement aussi des animaux d'une même espècfd comme on peut en juger par la ressemblance de forme et de grandeur de toutes les parties communes , et spécialement de Tépine » <)a l(t queue et d'une partie des membres.

On peut donc les employer toutes ppur reconstruire un individu complet, en rattachant au tronc commun les parties isolées dans chaque morceau.

Spener nous fournit la tête, le pied de devant et presque toute la queue. Celle-ci se trouva aussi dans Link, avec une extrémité de dei^ rière , les deux de devant complètes et une bonne partie du tronc. Swedenborg a les côtes, presque toute la queue, les deux extrémités de derrière bien complètes, et plusieurs parties de celles de devant. Enfin ce que le dessin de M. Wachsmann offre de plus important, c^est l'empreinte d'une portion du bassin.

Ces diverses parties sont plus que suffisantes pour nous éclairer sur la nature de cet animal.

La forme de sa tête, ses dents toutes aiguéi, la grandeur des vertèbres de w queue , 0|imi<-

trent déjà suffisamment que c'est un quadrupède ôyjpare;^ sans avoir besoin de ses mero^ bres postérieurs, qui le confirment encore mieux.

La tête n'est pas sans ressemblance avec celle du crocodile du Nil, et Spener, qui ne connaissait que la figure extérieure du crocodile d'après des gravures , est excusable de l'avoir pris pour tel. M. Faujas lui-même, qui paraît n'avoir connu ni la figure de Link ni celle de Swedenborg, n'aurait peut-être mérité aucun reproche s'il s'était borné à voir dans le morceau de Spener un crocodile en général ; mais comment a-t-il pu affirmer que c'est un cro^ codile à long bec, un véritable gavial (Hist. d€ la Mont, de Saint-Pierre, p. 226), et redirq encore la même chose en d'autres termes (Essai de Géologie, I, p. iS")?!! est au contraire évident que son museau est très-court, et difiEëre plus du gavial que d'aucun avitre reptile saurien.

Mais je vais plus loin, et j'affirme que cette tête, gravée par Spener, indique déjà à elle seule le genre de l'animal. Si c'était un crocodile ^i elle aurait au moins quinze dents de cl^iique ç6té à la mâchoire inférieure, et dix-

sept ou dix-huit à la supérieure^ lesquelles régneraient jusque sous le milieu des orbites; elle n'en a que onze qui s'arrêtent sous l'angle antérieur de l'orbite : c'est le caractère de Tune de ces nombreuses espèces qui ont été entassées par Lianœus sous le nom de Lacerta monitorj et distinguées par Daudin^ mais sous le mauvais nom générique de tupinambis.

Ce premier trait une fois saisie tous les auti*es le confirment.

Les pieds de derrière, qui sont d'une conser* vation admirable dans l'empreinte de Swedenborg, y montrent cinq doigts très-inégaux, dont le quatrième est le plus long, et qui ont les nombres d'osselets sui vans, en commençant par le pouce et en comptant les os du métacarpe : 3, 4^ ^f ^9 4«

On ne peut soupçonner l'auteur d'avoir suppléé à son échantillon d'après ses connaissances d'an a to mie ; car soit qu'il regardât cet animal comme un singe ou comme un phoque, ces nombres réfutaient déjà son idée: une guenon aurait eu 5, 4» 4t 4> 4, et le troisième doigtaurait été le plus long ; un phoque aurait eu ce:v niomeb nombres, mais ses

deux plus longs doigts auraient été les deux extrêmes.

Link donne aussi les mêmes proportions et les mêmes nombres; quoique sa figure ne les exprime pas aussi clairement , parce qu'elle est rapetissée.

Or, ce nombre et cette proportion des doigts, ce nombre des articulations de chaque doigt, sont exactement les mêmes que dans les monitors , ainsi que dans les lézards ordinaires et les iguanes , mais ne conviennent nulle<ment aux crocodiles, qui n'ont aux pieds de derrière que quatre doigts peu différens en longueur, et dont les nombres soi^t 5, 4> ^9 4*

Les pieds de devant ne se voient que dans la figure de Link , et ils y sont rendus d'une manière peu nette. On y distingue cependant cinq doigts presque égaux. Les crocodiles ont bien cinq doigts devant comme les lézards , mais leur petit doigt est sensiblement moindre à proportion.

Spener conjecture que la longueur de son animal devait approcher de trois pieds ; ceux cfe Swedenborg et de Link ont à peu près la inên^e dimension , et c'e3t à peu près aussi

lia SAURIENS

second ta en a lui-même recueilli quelqu€S«i uns sur place.

Ce qui est bien remarquable, c^est que dans plus de soixante morceaux , soit des mines de Thuringe^ soit des mines du Palatinat, je n'ai trouvé qu'une seule forme générique di»' tincte f et à peine deux ou trois individus imparfaits d'une autre.

La première de ces formes est celle dont il a été gravé si souvent des échantillons dans Scheuchzer (i) ^ dans Knorr (2) et dans beaucoup d'autres auteurs (5). •

(1) Piscium querelae, pi. II, fig. 1, de Elsleben; pi. IVy fig. 2 , de Hesse.

(2) Monumensdu Déluge, 1. 1, pi. XVII, fig. 1 et 2; pi, XVHI, fig. 2; pi. XIX, fig. 1 et 2 ; pi. XX, fig. 2 et 3.

(3) Mus. Besler., pi. XXXII, fig. 1 et 4; Butiner, Kudera diluv.^estes , pi. XTIII, fig. 3 et 4; Wolfart, Hist. ûat. Hass. inf., I, pi. XII , fig. 1 ; pi. XIV, fig. 3 et 4 ; pi. XV, XVI , XVII ; pi. XX, fig. 2 ; Liebknecht, Hass. subterr. Spécimen, pi. V,'fig. 1 ; Hf yliûV, Mémo* rab. Saxon, subterr., !'• part.^p. 4» .. . /

Je dois croire que c'est elle qui » dans ses diverses dimensions et dans les diverses apparences qu'elle a prises suivant les hasards de la position des poissons lorsqu'ils furent saisis par le schiste y a donné lieu à M. de Blainville d'établir ses genres palœoniscum et palœothrissum (i) , ou du moins une partie des espèces comprises dans ce dernier.

Ce qui est étonnant, c'est que personne en* core n'ait été frappé de la singulière ressemblance des écailles de ces poissons avec celles des Lépisostées de Lacépède ou de VJEsox osseus de Linnœus.

Il est vrai que Knorr (2) avait pu éloigner cette idée en soutenant que les lozanges qu'offre la surface des fossiles proviennent des couches de leurs muscles et non pas de leurs écailles , mais un naturaliste n'aurait pas dû s'y laissler tromper.

Il suflGit d^examiner quelques-uns de ces

(1) Nouveau Dictionnaire d'Histoire naturelle t Viàh lion , t. XXVII (1818), p. 320.

(3) MoaivnfiM à^ OélogQ, 1 1 , mà^ fir»» p. 33. X, N 3

iditfa^olithëfe avec uh peu de soin pour se convaincre que leur corps est entièreirtent revêtu a^ëcâilleâ ëpâiàseâ y listes y ossëtisek > de forÀè l'KbtUbéidàlfe , et dîè'jib^és sur des lignes dès^ ciëndant dblîtjuemérit d'avant en arrière , ab- ^Itiment bbmmè dans le lépisdsiéè ou Aki le )>6l7^ëriis ; oh trouvé ifaême qilélc{iiéft)ié de ces écailles détàbhées et jetées à c6té dit ^8^ son.

Là queue y iSp\ est ce qilë Toci voit d^ordiiiairé le jpilûs distifaciemënt, se termine par linë nageoire fourchue^ dont le lobe supérieur est le plus long y et a ses deux faces en grande partie revêtues de petites écailles rhomboîdalesplas aigués.et plus étroites que celles du corps y et son tranchant dorsal garni d'écaîlles triangulaires qui se recouvrent comme des tuiles.

Cette conformation pourrait conduire à placer ce poisson dans le voisinage dé. TesÉirgeon I dont la caudale a les mêmes écailles et i^^etnble encore plus que celle du léjpiisôstêe àja^udale fossile par sa lùfurcatioD ;^t par Finégalité de ses lobes. -,

Cèpenduit le lipisoMéê â Ml- n tediiale

FOSSILES* il 5

carrée une ^roductiah écaîlletiâé (i) , ^ifiitië^ qui rappelle très-bîen celle qui revêl le tS^e supérieur du fossile^ et les écailles de son

bord dorsal sont exactement led nvêdiéli

Dans le fossile ^ il y ^ en avant dt la oaaéale y sur le dos de la queaè j une série longitudinale de quelques écailles plus grandes que lés autres.

La n^êxne chose a lieu en a^nr^ 4e latdor-

sale^ dont le tranchant antérieur est an^ai garni de fortes écailles se recouvrant comme i|es tuil^^çe qui e^t,^9^t&m«iit de viême dans. le. lepisostée , àr W dîfféi>eAiee 4b rdstnfegeoui,. où. le revêtement, de- ,ee:tjrandiaiit œ consiste que dans les pointes des preiHters rayons qui se dépassent successivement.

Cetfe dorsjE^le. ^t placée un p^uplus avaiit que l'anale , ciroonstonee par où le fossile di^ fère du lépisostée pojnr se rapprcicbir de i'ciBturgeon; car dan3;^Uii-ci la dorsale jést;phpée de même , tandis que dans le lépisostée elle esl au eairfiraire iititpdu plus cfn «ilrièrei Les

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H) '^^\imiâA^^jm'^iS^Mii\:M: '

Teatnies sont à pea près à égale disiance » entre les pectorales et Tanale.

Quant À la tête, elle ne ressemble à edle d'aacon des deox genres aaxiinels mnis comparons ees fiMsiles ; elle parait avcrir été courte et obtuse; mais la compression Ta tellemait déformée que je ne puis en distinguer les parties y ni même dire quelle était la direction de la boucbe , si elle était ou non armée de dents, et s'il t avait des raTons a la membrane brandùostége.

CTest de ces deux cireonstances que dépendra le ptacenaent de ce poisson dans la praiimité des esturgeons ou «lans celle des Iqn-

Leur squelette n^ayant presque jamais laissé de traces disunetes» on pourrait être porté a cnwre que ces poissons étaient carfil^nem , et cette idée serait encore &Torable à leur rapprocbcment avec resturgcon.

ftunni les diten échantilloifcs que j*ai soi» ks yeux» j^en Tob qui ont le corp^ plus grêle et la dorsale plus en avant ; ils Tiennent tous dtt Yrab «Umb cwnvm^ bitmmncnca noî^

FOMtLB». l i ^

D'autres sont pluls éleTes, et leur dt)t^le ti'e^Vque de peu de chose plus ayancée que l'atiale : I je n'en trouve que dans les ^inesde mercure du Palatinat. J'ai lieu de croire que ce sont deux espèces différentes , mais dû mêm^ genre ; genre qui ne parait pas, au reste, ' avoir été absolument particulier au schiste ' cuivreux bitumineux; car je vois ' dans )é's schiste^ gris de Papenheim des restes d^ur\é grande espèce qui, par ses écailles et par l'ar-'' rnure de sa caudale, ne peut . manquai; 'd^' avoir appartenu, et j'en ai sous les yeux '^é' nombreux échantillons de deux autrësT aajis ' des schistes noirs non cuivreux, tes ùùsde^^ environs-d'Âutun (i), les autres dû Conhecti*^' eut, dans les État»-Unis.

Ainsi , lors de la première déposition de^ ' terrains secondaires, un genfe de poisson^ aujourd'hui inconnu était répandu sur des points qui appartiennent maintenant aux deux hémisphères.

L'autre forme, peut-être générique, mais'-

(1) C'est probablement celui que M. de Blainville désigae sous le nom de PaUtothrissum in(9^uihbum^

préeé^fltm., 9i^t9 représentée fiaesi par dimv»

Oa la trouve surtout dans des ros^nons de schiste noir mêlés de veines de calcaire blanc: sa forine est bien plus haute et plus courte : ses ^c|till/^s paraissent avoir été rectangulaires et 4.Vspos6^sg^p ^gg^^^^^ verticales; s^ dor-

salç et.spn^ anale occupaient une plus grande lopguçufj p^jE^is sa caudale étsiit ^e mêmp fQl^,r^ue,jL.lot>es inégaux^ revêtue d'écailjjeç 8e^l0ment;,j5Lii Jpbe s^upén^r. Ceux qui ppt cru y yoir ^j|es plei^ ronec tes sç^sont fpjrtçaieçt

Je reviendrai sur ces poissons et stir les autres ppissoQS fossiles dans l'ouvrage que je me proposé de publier immédiatement après celui-ci.

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(1) Scheuchzer, Piscium querelae , pi. IV, fig. 1 et 3;

pL XI Y, fig. 1; Mylius, Meinoràbllia Sasoniae infer., II^-fMUPtî», pr^f Saorr^ MaauuMB» â« Déluge, pk i3Lf fig. 1^

FOMlUMw 119

ARTICLE tîK ».'■.: î i- • . -'• • ' ' . . j » * ■ iî ?••"•"

J'i^i traité ^ cUd3 l'un des çh^pjf res préç^(|jepjf et d^us celui-ci, de la plupart 4^6 animqiijix fpsr siles qui ont été considérés à tort ou à ^rPf^ comme des crocodiles. 11 me restQ à parler du plus célèbre et de celui qui: a occasioné le plus de controverses y ayant été pria tantàt pour un crocodile y tantôt pour un saurien de quelque autre genres, tantôt enfin po^c un cétacé ou pour un poisson.

On n'en a découvert jusqu'ici les ossemeiis que dans un seul canton assez peu étendu, x dans les collines dont le côté gauche ou océidental de la vallée de la Meuse est bordé aux environs de Maestricht , et principalemicnf dans qpl|)5qui p9r|Le le fort S^Mit-Pie^rc pr^ de cette ville , et qui forage upi cap f^tf^ 1^. Meuse et le ruisseau du Jaar (i).

mmmimmmmmmmmmifmmÊÊmmmmm9t*'V*-»rf9'ff

(1) Je vois dans uaç note 9dfm^ P4f- h ê^l^f^

La gangue est une pierre calcaire trèft-ten» dre, dont beaucoup de parties se réduisent aisément en poussière , et s'envoient en Hollande f où on mêle cette poussière au terreau destiné pour la culture des fleurs. D'autres portions de cette pierre sont assez dures pour fournir des moellons propres à bâtir, et ces deux usages en ayant fort étendu l'exploitation , les carrières en sont aujourd'hui trèsvastes.

Celles du fort Saint^Pierre ont environ vingt-cinq pieds de haut; le massif calcaire au-<l^sus d'elles a été trouvé de deux cent onze pied8> et l'on a creusé à deux cent treize au-dessous sans découvrir d'autre pierre. Tout

MkdiiU f de New-York ^.à radmiaistraûon du Muséum d'Histoire naturelle , que ce savant a des dents fossiles tirées des marnières du comté de Monioouth , dans Télat de New-Jersey, qu'il considère comme de la même espèce que l'animal de Maestricht. L'auteur n'en donné point de description détaillée*

Quant à l'animal fossile de Monheim, que M. de Scemmerring avait aussi l^egardé comme identique avec celui de Maestricht , nous verrons à l'aiticle suivant qa'il tn diffère à phisieorà égards,

est de même nature, à réception de seize pieds enTÎron d'argile ou de terre végétale qui couronnent la colline.

Ce massif calcaire a donc au moins quatre cent quarante-'ueuf pieds d'épaisseur ; on y trouve en beaucoup d'endroits des rognons de silex; et ce qui achève de montrer qu'il appartient à la formation crayeuise ^ c'est que la pierre se change par degrés en une véritable craie, quand on remonte à quelques lieues la vallée de la Meuse ; elle contient d'ailleurs les mêmes fossiles que nos craies de Meudon et des autres environs de Paris , savoir, des dents de squales, des gryphites, des échinites, des bélemnifes et desammonites. Toutes ces co^ quilles se trouvent avec le||^os dans les parties inférieures de la masse , qui sont aussi les plus tendres; les parties supérieures sont plus dures et contiennent plus de madrépores : aussi n'at-on de ces derniers que lorsqu'il s'éboule quelques fragmens du haut de la montagne. Il y en a plusieurs de changés en silex.

Je dois cette description à l'amitié de M. le docteur Gehler de Leipsick, qui la tient lui* même de M. Minkelers , pharmacien à Maestricht, autrefois professeur à. l'école centrale

lâs sAxntmis

de la Meuse4iifê rienre , et très-habile diimiste et qaturaliste. On s --étonnera sans doute de la trouver si différente de celle que présente l'Histoire naturelle de la montagne de Saintr- Pierre, par M. Faujas^ p. 40; mais il paraît que celui-ci n'avait connu la compositiou in-* tërieure de la montagne que par une excavation qu'une mine avait produite pendant le siège, et où tout était bouleversé y au lien que la description de M. Minkelers résulte de fouilles régulières faites sous les ordres des ingénieurs français pour les travaux des fortifies^ tiôns.

Af. Fauja^ n'a pas mepfie exactement assir gné.la nature de la pierre, car il l'app^lfe ( p* 4< ) ^^ 8^^ qiMrtzeux à grain fin p fiur bhment Hé par un gluten calcaire peu dur.

^. liQi^el, associé j4|S l'Ipstitut /qiii a ét^ long- temps préfet de la Meuse -Inférieure^ m'ayant assuré qu'elle ét^jt entièrement qalcaire , j'ep ai fait Texpérience, qui. était d*au-? tant plus aisée que nous en avons ici de nombreux échantillons. En effet , tout s'est dissous dans les acides; à peine est*-il re^té un pisii 4^. poudre siliceuse ; la plupart des pîeriies icalr caims^. des craies denoft euvii^ons !^ laîfM-

raient davantage. Delue ayait déjà fait eettè observation/ dans ses Lettres :à la reine d^ An-' gleterre^ t. IV^ p. iisS, et elle est confirmée par M. Clère, ingénieur des mines ^ dans un mémoire sur le terrain des environs de Maesr tricht y inséré dans le Journal des Mines d'octobre i&i^.

, Les produits fîmUipliés de la pier dont cette pierre est . remiplie sont, généralement très^ bien conservés^ quoiqu'ils soiei^t rarement pétrifiés^ m^isiqiie.l^ plupart aient seulement perdu une partie d^ leur substance animale.

Les plus volumineux de tous ces objets^ et ceux qui par leur forme extraordinaire pnt 4u frapper de préférence les yeux des ouvriers et s'attirjer davantage l'attention des curieux, ce sont les os de l'animal que nous alloi^s exar miner.

. U ne jparaii^^pas cependant qu'on s'en sôitr bi^^iicoup occupé .avant l'année lyâô^qu'il»^ o^ûer^ nommé Drouin ^ commença à s^en . î^f^ une collection qui a passé depuis an Mu«^ séiwi' teyJérien.A Haarlèm. Le chirurgien da> 1% .gwnîâon t - Mminé flofi^ann y marcha sur ; le$ lontocs. ide . OiMium , et acquit un eectaia noncihm4i» note^aus: qui fiirènt achetés apcéa ^

1^4 âALRIKKS

sa mort , arrivée ea 1782, par l'illustre Pierre Camper, lequel fit hommage de quelques-an» au Muséum britannique.

Cependant la plus belle des pièces recueillies parHofmann, qui était une tète presque entière trouvée en 1780, lui fut enlevée en vertu de je ne sais quels droits du chapitre de Maestricht, et passa dans les mains du doyen de ce chapitre , nommé Goddin , qui , à/ l'époque de la prise de la ville par l'armée française, céda ce morceau pour le Muséum d'Histoire naturelle , où il est encore aujourd'hui conservé avec^plusîeurs autres.

Les carrières creusées sous le fort Saint- Pierre de Mat'strichl sont celles qui ont fourni le plus grand nombre de ces objets intéressans; mais on en trouve aussi dans toutes les autres collines, et , dans ces derniers temps p^ le village de Seichem , placé à deux lieues an} Qord-ouest de la ville, en a donné un assâPJ grand nombre, et entre autres plusieurs se*" ries de vertèbres qui ont été aussi apportées au Muséum par les ordres de M. Loisel. Elles y avaientété précédées d'un excellent mémoire de Miukelers , et de dessins aussi exacts qu'élègana faits par M. Hermans, son collègue.

FOSSILES. ta5

•Tels seront les principaux md!ériaux qne j'emploierai dans mes recherches.

J,e ne manquerai pas non plus de secours littéraires.

Cinq auteurs ont traité avant moi de ce sujet curieux^

Le premier fut Pierre Camper, qui porta sur les os de Maestricht cette même curiosité ardente , ce même coup d'œil rapide qui lui ont donné matière à tant d'aperçus brillans, mais qui ne lui ont presque laissé approfondir aucun des sujets qu'il a si heureusement effleurés.

Dans un mémoire imprimé parmi les Tran- ^ sactions philosophiques , en 1786^ il déclara que ces os venaient de quelque cétacé.

* M. Van Marum vint ensuite , et décrivit les objets du cabinet de Teyler dans les Mémoires de la Spciété qui porte aussi le nom de ce généreux bienfaiteur des sciences^ année 1790. Il adopta entièrement l'opinion de son maître Camper.

Ceprodaut ks pr«at^il» «ollècteur», 00f-^

ia6 SÂURISlfS

aaann et Drouin y s'étaient figuré que leur animal devait être un crocodile^ et leur idée s'était répandue à Maestricht et ailleurs. Camper ne put les faire revenir à la sienne.

M. Faujas^ qui, en sa qualité de commissaire pour left sciences dans la Belgique ^ à la suite de Tarmée du Nord, avait cûhtribuéà procurer au Muséum les pièces de la collection de Goddin et quelques autres qu'il recueillit j[iehdant son séjour à Maestricht, commença bientôt après soti retour à publier par liviraî- SOtiS un ouvrage intitulé : Histoire naturelle de la montagne de Saint-Pierre, où il fît graver dé trës-beltes figures de tous ces objets. Il s'y attacha aux idées en vogue à Maestricht, et y donna constamment à notre animai le titre de crocodile. .H

Mais aVant que Son livre fût entièrement terminé, M. Adrien Camper, digne fils d'uD grand anatomiste (i), examinant de nouveau les pièces laissées par son père, se convainqfiit qu'elles ne venaient ni d'un cétacé^ ni d'ua jpoisson f lii d'un crocodile , mais ^en d'un

(1^ Jounudi dé Pliyttiqiic , vciidénuaâtt «ilIXv

FOSSILES. tay

genre particulier de reptile saurien qui a des rapports avec les-sauv^gardes ou monitors (i), ël d'autres arec les iguanes. .

Toutefois M. Faujas continua d'appeler cçt animal crocodile de Maestricht, et même il annonça quelque temps après que M» Adrien Camper s'était rangé de son opinion (2) , quoi-^ ^oHl y ait bien loih du crocodile à riguané ou ftii tupinambis ; car ces trois animaux y plaoés pir Libnseiis et par Gmelin sous le geni^e La^ sériai dijfféusnt plus entre eux par les os , par les dents^ par les viscères de la déglutition , de Itt digestioii et de la génération , qiie le iïu^ du chat; oti l'éléphaiit du cheval.

Nous allons prouver aujourd'hui que M. Adrien Camper est le seul qui ait réellement saisi les caractères de cet animal ^ et en même temps nous allons donner une description

(1) L'animal que M. Camper appelle dragon e dans iBtt di^éi*tàtioh , îét <Jui lest éb efret te Lucertà âràiœna de Lin., est du genre fàJôfittoi^ fc'est inâmié trë^)>rdbâblement le moniior d! eau dEgjpte, ouaran des Arabes,

et le Làùena nitoiicTï de Lin.

(S) Emii deOéôlôgiti:, ly 1^. im.

ia8

aussi complète qu'il nous sera possiUe de T teoli^e de ce monstrueux reptile : description que le grand ouvrage sur la montagne de Saint-Pierre n*a point rendue superflue ; car on n*y donne que des figures et quelques dimensions sans aucune comparaison, ni rien qu'on puisse appeler ostéolc^que.

Un deuxième mémoire de M. Adrien Camper 9 imprimé depuis notre première édition dans le XIX* toL des Annales du Mosémn d'Histoire naturdle, nous aidera à compléter cette description , par plusieurs morceaux qu'il possédait seul , et qui, depuis sa mort, ont passé arec tout son cabinet dans celui de TuniTcrsité de Groningue.

Mais avant de procéder à ce travail , il est couTcnable d'examiner en peu de mots les raisons sur lesquelles s'appuient les sentimens opposés au nôtre et à celui de M. Adrien Camper.

Celles de Pierre Camper (i^ sont au nombre de sept y dont voici Texposé fidèle :

*MWii«^VMXMi^B<^M>^^>i^l^P«

(1) Toya ks Tna» plut pou 1786, Tpl. i;!(STI,

Tous les objets qui accompagnent les os de Maëstricht sont marins et nonfluviatilesj

2^ Les os sont polis et non rudes j

3° La mâchoire inférieure a en dehors plu'sieurs trous pour V issue des nerfs ^ comme celle des dauphins et des cachalots ;

4^ La racine des dents est solide et non pas creuse;

5^ Il y a des dents dans le palais^ ce qu'on voit dans plusieurs poissons ^ mais non pas dans le crocodile j

& Les vertèbres n'ont point de sutute qui sépare leur partie annulaire de leur corps ^ comme il y en a toujours dans les crocodilesj

7® lljr a des différences entre les phalanges et les cotes fossiles et celles des crocodiles.

Ces raisons , excepté la première qui n'est pas de grande valeur, prouvent en effet d'une manière démonstrative que l'animal en ques-

p. 443 et sulv. ; et dans la traduclion française des Œuvres de Camper, t. I , p. 357.

pctic en beaucoup deudroiis ec qu il Mmble y mettre beaucoup de confiauce.

Cl L'illustre Camper ^i^, dit-il, s'appayait ce sur le système particulier des deati de Tace nimal dont il est ici question» pour soatf tenir qu'il ne pouvait |'>as être de la famille a des crocodiJes. La conformation de ces mèi< mes dents nous servira 9 a nous, d'indice « pour r^arder au contraire ranimai ^de. K Àjaéstricht comme plus rapproche des cro* (c coddes que des physeters. m . ^-

£t il représente en effet sur deux plaBches diOc: eraés les dents des crocodiles et celles, de cet. animal pour &ire saisir leur ressem^^. blance.

H Un fait des plus remarquables et de^ ptiis Il instructifs . dit-il ailleurs ''2^ . est celui qtii u a rapport à la structure des dents. — - On fc reconnut y en tirant quelquâï-unes des ft dents de cet amphibie ( le crocodile^ , que K d^autres petites dents se montraient dans le

;i 7'îo..:a^;:2e de Sa.îi>P:crf? , p. "3- 5) Ksvii de Ciêoîogie. I. 1 46 et i-T.

<c fond des alvéoles. Ce caractèt*e , qui m'a été

ce si utile pour déterminer dans quelle classe

(c il fallait ranger l'animal inconnu de Maês-

i< tricht , etc. »

. Voilà le seul et unique motif apporté par

M. Faujas pour soutenir Topinion des habi-

tans de Maëstricht. Or, j'ose affirmer que la

dentition de cet animal n'a. rien du tout qui

soit propre au crocodile; que tout ce quelle

a de commun avec cet amphibie lui est aussi

commun avec une infinité de poissons et de

reptiles; enfin qu'elle a plusieurs choses que

le crocodile n'a point, et qui distingueraient

par conséquent à elles seules notre animal de

cet amphibie, quand même on ne trouverait

pas encore entre eux toutes les différeiices

alléguées par les deux Camper et la foule de

celles que:Rûus y ajouterons.

. Nous, ayons vu, dans notre .ostéologie du crocodile , que.dans c^t animal la dent en place reste toujours creuse ; qu'elle ne se fixe jamais à l'os de la niâchôire, mais- y reste séuleiment emboîtée ; que la dent de remplacement naît dans le même alvéole;'qtie»souVent*^lle pénètre dans le' creux de lia dent en 'place,* et la fait éclater et tomber,' eie. ' ' *• *

lS4 9*lipiB«S

L'aaiipal de Maéstricht, au contraire, □% les dents creuses que pendant qu'elles croissent, comme le sont alors celles de tous les animaux ; elles se remplissent à la longue, «l on les trouve le plus souvent entièrement solides; elles finissent par se fixer à la mâchoire au moyen d'un corps vraiment osseux et fibreuK très-difîférent de lenr propre substance, quoiqu'il s'y unisse fort intimement; la dent de remplacement naît dans un alvéole particulier qui se forme en même temps qu'elle; elle perce tantôt à côté, tantôt an travers du corps osseux qui porte la dent en place; es grandissant, elle finit par détacher œ corpa de la mâchoire avec laquelle il était orgaeir quemeot lié par des vaisseaux et pardesnerfe; il tombe alors par une espèce de nécrose comme le bois du cerf, et fait tomber avec loi la dent qu'il portail; petit à petit la dent de remplacement et son corps, improprement appelé s« racine osseuse, occupent la place que l'ancienne dent a quittée, etc.

Mes lecteurs pourraient voir la plus grande partie de ces diflëreoceâ dans les ptaDches luétites dc' l'ouvrage dç M. Faujas. Celle de ('fxislencfe d'unt^ ravciu^ ou plutôt d'un eo<^ Milide. <K!^u\. et lîbreu>, lié orjjaqîtfueHieBl

FOSSILES. l55

à la mâchoire , socle au côté ou dans l'épaisH seur duquel s'ouvre quelquefois Talvéole de la dent de remplacement ^ y est surtout trèa^ frappante.

Pierre Camper^ qui s'était fort bien aperçu de ce mode de dentition , n'avait garde de le comparer à celui du crocodile. Il parait même qu'il en fut extrêmement frappé.

a La dentition est si singulière, dit-il^ dan^ « ces mâchoires fossiles^ qu'elle mérite uqç << description particulière (i). — Une peti|;ç u dent secondaire est formée tout à la fpi^ (( avec son émail et sa racine solide dans I9. (c substance osseuse de la dent temporaire. « — En continuant à croître , elle semble « former par degrés une cavité suffisant^ (c dâ-ns la racine osseuse de la dent priinitive^ « mais il m'est impossible de décider ce qu'elle (c devient ensuite , ni de quelle manière ejil.e « tombe (2). »

Tout l'embarras de cet habile homme ven9.it

(1) OEuvres de Camper, trad. franc.) I, 366.

(2) Ibid.,367.

l36 SACRIBXS

de oe qo'il n'aviit pas étudié la dentition des poissons osseox^ ni celle des monitors et de plusieors antres reptiles sauriens on ophidiens ; car elle est la même que dans notre animal.

lis déjà exposé Fhisloire de cette dentition dans mes Leçons d'Anatomie comparée, Illy m, ii5, etc.; mais j> ai aussi commis Terreur d^appeler racine cette partie celluleuse et osseuse qui s*unit à Tos maxillaire. J*ai reconnu depuis, et c'est ce que j*expliqne p. 4g ci-dessus , dans Thistoire de la dentition des lézards, que c'est simplement le noyau de la dent qui, an lieu de rester pulpeux comme dans les quadrupèdes jusqu'à ce qu'il se détruise, s^ossifie et fait corps avec son alvéole. La dent n'a point de vraie racine , mais elle adhère fortement à oe noyau qui l'a sécrétée, et elle y est encore retenue par le reste de la capsule qui avait fourni rêmail , et qui , en s*ossi(ïant aussi et en s'unissant. et à l'os maxillaire et au novau devenu osseux . enchasse ou sertit la dent avec une nouvelle force. On conçoit très-bien que ce noyau identifié avec Tos maxiiiaire puisse subir les mêmes ohangemens que lui : que ralvécie de la dent do remplacement pui>>e pèaètrer sa solidité;

FOS8ILE8. l57

que la compression puisse le détacher, soit en le cassant, soit.en oblitérant les vaisseaux qui le nourrissent; en un mot, qu il soit exposé à des révolutions analogues , comme je l'ai dit» à celles du bois des cerfs, mais trës-difTérentes de celles qu'éprouve la dent qui est toujours un corps devenu étranger à l'animal qui l'a sécrété, ainsi que je l'ai démontré après Hunter,dans mon chapitre sur les ossemens d'éléphans ( t. I , p. 5o6 et suiv. ).

Les cétacés n'offrent rien de semblable, non plus que les crocodiles ; les dents des cétacés se remplissent, il est vrai, avec Tàge et deviennent solides ; mais loin d'adhérer à l'alvéole par une pièce osseuse intermédiaire, elles n'y sont que faiblement retenues par la substance fibreuse de la gencive, une fois qu'elles sont remplies de la substance de l'ivoire et que leur noyau pulpeux s'est oblitéré.

On ne peut donc hésiter sur la place de notre animal qu'entre les poissons osseux et les iguanes et monitors. Un examen attentif de ses mâchoires mettra bientôt fin à ce doute, en même temps qu'il confirmera l'exclusion donnée aux cétacés et aux crocodiles.

iS8 i^

Paar ▼ prwséder pin* t^tîileîneTit- Cioas «worefeit destiner •?? p-i^-rr. d.?. r. la grande tèt& de E'LCre Mnîè'im . iii Ti de^i été à scm- "wetït , maii tcakars a^éez i'-ccfregtpment et

Cette tète, an pea eci désordre^ prêsentB:

I* Le côté .'^aach-î de li mâchoire in^rienre bien entier, et vu à 5a face externe , j i/

a" Le coté droit , ^^i a sa fice interne, r i/, dont la partie po^têrieare. an pen marquée par les palatins , se contiiLne jaiqu'en e/

3** L'ûâ maxillaire supérieur droit , J'g^ tu

.1" E y eTi 1 une gri'nrs ^•i&ài.èr'; ■Im* le» Hoas de la^acore. par Baohoz. pi. ô. '.i:if i:iir«. qui me Tesl guère moins, dani li >li^x.'in e--:y:l.:pêJiqae, première année , t VI , p. :54 : iine ir-^LàLeme . oà elle etf reprt?5enLée i r»;fco::r'î . Blsz. .i-r 'jl M: cl:, de Sainc-Pfcerre, pL nr : une qTLitri-cLîie . très— î:c.e . â"ipr»e< Mxrêvhal , nais mai termiaée danâ Le hjat. i5:d.. 7I. Ll : une doqBiènLe. qui n'est qae Li retijcoion de la prêcédeote, Edsaî de Géologie, I . pi. VIII izj. Enrin 31. VaxiSIa-' nun. donne les os palaùiLS i«epar;is . Meoi. de Li Sodàé Teylérienne , année î*9«) . pi. II , ec >I. A«irieii Camper 1 la partie postérieure de li miohoire inférieure • Jouni. àt Phys.. vendémiaire an rx . pi. FI . fi^ 4.

FossiLBs. iSg

par sa face interne et par le palais ^ conservant à peu près sa situation naturelle relativement au précédent ;

4^ Un fragment de celui du côté gauç^^, déplacé et tombé sur la mâchoire inférieure ,

h ij

5^ et 6^ Les dpux os ptérygoidiens, k, l, m^ et k\ Tf 7n\ o , déplacés et jetés l'un sur l'autre , et sur la partie droite de la mâchoire inférieure.

Il y a encore dans le morceau original une pièce osseusie fracturée, posée de m yersp^ et |ine autre en ç, que j'ai fait omettre dans le dessin^ parce qu'elles sont mutilées et indé.chifTrableS; et qu'elles masquent les pièces instructives.

La mâchoire inférieure nous montre d'abord quatorze dents de chaque côté , toutes conformées f ainsi que nous l'avons dit^ à la manière de celles des monitors: mais les monitors n'en ont que onze ou douze ; les crocodiles en ont quinze, mais très-inégales : celles-ci sont égales ou à peu près. Leur nombre est plus considérable daps les iguanes.

On y voit des trous grands et assez régu-

liers, au nombre de dix à douze. Il y en a cinq ou six dans les i<>;iianoâ, six à sept dans lesmonitors; les crocodiles en ont une infinité de petits et d'irréguliers ; un dauphin n'en aurait que deux ou trois vers le bout.

Il y a, en ^, une apophyse coronoïde relevée, obtuse, dont le bord antérieur est élargi comme dans les monitors. Aucun crocodile ti'a rien de semblable; celle du dauphin est beaucoup plus petite et plus en arrière; daM j l'iguane, elle serait plus pointue. J

La facette articulaire, /■, est concave et trèsprès du bout posiérieur, comme dans tous \ei sauriens ; mais elle est plus basse que le bord dentaire, comme clans lesmonitors; dans les 3 crocodiles et les iguanes, elle est plus hautera ou au moins de niveau. Les dauphins l'on^ convexe et placée tout-à-fait au bout.

L'apophyse, ù, pour le muscle analogue da digastrique, est courte comme dans l'iguane; le crocodile l'a plus longue, le monitor enr core plus.

Enfin la composition de cette mâchoire annonce de plus grands rapports avec le monitor qu'avec aucun autre sauriea, et exclut

FOSSILES. î4(

entièrement tous les cétacés, ces derniers ayant, comme tous les mammifères, chaque côté de la tnâchôire inférieure d'une seule pièce.

Four bien entendre ceci , il faut comparer la mâchoire inférieure du monitor (i), fig. 4 et 5 , à celle du crocodile donnée dans Tosléo- Ibgie de ce genre , pi. 25i , fig. 5 et 4-

Les mêmes os composent l'une et Tautre; mais dans le monitor, l'os angulaire ^ \^ , beaucoup plus court et plus étroit , et le sur-^angU" laire , x, ne laissent point entre eux de grand trou ovale ; x est coupé carrément en avant pbur s'iihif au dentaire , u. L^apophyse coronoïdè cstferinêe par l'os que dans le crocodile J'ai^nommé supplémentaire y z. ISarticu^ laïrCf j<, forme seul l'apophyse poslérieurej. ét'i'a la face interne, il va rejoindre l'os sup-. plémentaire^ et reporte au bord supérieur de

(1) J'ai choisi Tespèce appelée en Egypte ouaran aqua^ tiqua, qui.|)arai^ le .Çac^rf a m/o/ica. C'est aussi celle que représente Séba dans la planche que Linnseus cile sous son Lacerta dracœna. J'y ai joint à côté (pi. 246, fig. 6 et 7) la mâchoire de Yiguane cornu du Sainte VèMîhgùe/*

1^2 SlUnlEA!l>

l'os l'ouverture si grande dans le crocodife pour l'entrée du nerf maxillaire; enfin , il n'y a pas non plus d'ouverture à la face interne, entre V nperculaire , ^, et Y angulaire v; mais il y en a une petite dans l'operculaire même, et une plus grande entre lui et le dentaire.

On voit dans notre animal, soit par la grande tête , soit par les portions de mâchoires publiées par MM. Camper et van Maram:

1° Qu'il n'y avait pas de grand trou ovale à là &ce externe ;

a" Que l'apophyse coronoïde était aussi un os à part , analogue au supplémentaire , zj

3° Qiîe l'os articulaire' faisait à lui seul l'apophyse postérieure , et repoussait l'angulaire fort eh avant ;

4° Que le sur-angulaire se joignait carrément avec ie dentaire ;

y Qu'il y avait une petite oùvertùfé dâtiâ f6^fculàiré.

Ainsi , à tous ces égards y c'est du monîtor

que notre animal se rapproche le plus; il s'en rapproche même plus que de l'iguane, tant par la mâchoire iiiférieuie que par la structura des dents, leur figure et leur insertion , quoiqu'il ait aussi en ce point quelque chose de particulier.

En effet , dans le monitor comme dans l'iguane, les dents adhèrent simplement à la face interne des deux mâchoires, sans qtic les os maxillaires se relèvent pour les envelopper dans des alvéoles; mais ici les socles ou noyaux osseux qui portent les dents adhèrent dans des creux ou vrais alvéoles pratiqués dans l'épaisseur du bord de la mâchoire.

La mâchoire supérieure de notre tête fossile porte onze dents; mais comme l'os intermaxillaire paraît avoir été enlevé, et qu'il pouvait fort bien en avoir trois comme dans les monitors , il y en aurait eu le même nombre en haut qu'en bas. Le monitor d'eau d'Egypte en a aussi quatorze en haut, niais seulement douze en bas.

M. Adrien Camper a cru avoir l'os intermaxillaire dans une pièce qu'il figure, et que nous copions pi. 248, fig. 3, au quart; il suppose que c'est Tinter-maxillaire gauche, que

le troii a est la base où aboulissaient les narines, et il en conclut que notre animal avait Tinter maxillaire double, et l'ouverture des narines unique ei supérieure comme le crocodile, et non pas l'inter-maxillaire simple et les narines latérales comme les sauriens. Ni ce raisonnement, ni le fait sur lequel il s'appuie, ne me paraissent exacts. Ce fragment est très-probablement une extrémilë de mâchoire inférieure; et le trou qu'on y voit est la terminaison du canal dentaire qui vient au bout de la mâchoire se rapprocher et peut-être se joindre à celui du coté opposé.

Dans l'animal fossile , toutes les dents sont, pyramidales, un peu arquées; leur face es terne est plane , et se distingue par deux arêtel aiguës de leur face interne, qui est ronde <M plutôt en demi-cône.

Une partie des monitors a les dents conU ques; une aulre les a comprimées et tranil chantes; le sauvegarde d'Amérique, ainsi] que les ameiva, les iguanes et beaucoup d'au-' très sous-georea , les ont à tranchant dentelél^ 11 y a seulement des dentelures très-Fine; presque microscopiques dans les monitors i

dents tranchantes. Dans notre fossile, Taréte est entière et sans entailles.

Jusqu'ici l'animal de Maestricht serait donc plus voisin des mon i tors que des autres sau-« riens; mais tout d'un coup nous trouvons dans ses os ptérygoïdiens un caractère qui l'en éloigne pour le porter vers les lézards proprement dits et les iguanes : ce sont les dents dont ces os sont armés qui constituent ce caractère.

Les crocodiles y les monitors, les sauvegârdes, la dragone de M. de Lacépède, les amei vas, les dragons, les stetlions, les cordyles, les agames, les basilics, les geckos, les caméléons, plusieurs scinques et les chalcides ont tous le palais dépourvu de dents. Les iguanes, les anolis , les lézards ordinaires , les marbrés et un certain nombre de scinques , parmi les sauriens , partagent seuls avec plusieurs ser-* pens , batraciens et poissons , cette armure singulière- Mais les iguanes et autres sauriens la portent aux ptérygoïdiens seulement; les serpens, aux palatins comme aux ptérygoïdiens; les grenouilles, les rainettes, les salamandres,

i46 SAUJEal£^s

aux vomers, les premières sur une ligne transversale, les autres sur une ligne longitudinale. Plusieurs poissons y tels que les gades, les saunions et les brochets , en ont aussi sur une ligne longitudinale ^ et c'est ce qui avait fait quelque illusion à Pierre Camper et à M. Van Marum ; mais si nous comparons les os mêmes qui portent ces dents, nous verrons bientôt qu'ils sont de reptiles et non pas de

poissons.

Pour cet effet, nous avons fait graver la tête d'un monitor, fig. 3, et celle d'un iguane, fig. 2 , vues en dessous. L'os ptérygoïdien n'est plus, comme dans le crocodile, uni à son semblable, ni élargi en une grande plaque triangulaire. C'est ici un os à quatre branches, dont une, k f se porte en avant et s'unit au palatia antérieur, B; la seconde, o, va de côté se joindre à l'os A , qui est mon os transverse, lequel s'unit lui-même à l'os maxillaire supérieur, D; la troisième, m, appuie, par une facette garnie d'un cartilage, sur une apophyse de la base du crâne ; enfin la quatrième, l, se porte en arrière et donne attache à des muscles , mais ne s'articule à aucun os.

C'est sur le bord de la branche antérieure

FOSSILES. l47

qu^est implantée la série de dents qui caractérise les iguanes. Les anolis ôiit cet os plus large dans toutes ses parties, et la Branche postérieure, /, plus courte^ mdis du rest^ à peu près comme les iguanes. Les monitors, au contraire ^ ont toutes les parties de Tos plus grêles et n'y portent point de dents j^ comme on le voit par la figure.

Que Ton jette maintenant léâ yeux iiiit \ék os ptérygoidiens de hothé animal fossile, ëk Ton y reconnaîtra Sur^lé-cHamp Vé^ pàrtiëi qiie nous venons de décrire. Celui qui paràlfc éh dessus ^ ^, ^f^f ^st béluî dii feôté droit» Son apophyse etterhe, 6; Së trdiivë bacHéëj mais la postérieure, /, qubi4uë èàsséeaù bônt^ montre qu'elle devait être ausisi longue à jpirci^ portion que dànâ Tiguahe.

L*autre, o\ k* , t ^ m\ est èeltii tfii W3k gauche. Il montre ses k[iiatrèi épo|]lh^H Iifiëtt distincte^. La principale différënrcè §{)efelfi^ii(è qu*il offre , c'est que rihtérhé, ni, èsit jilûS léÙ^ ^iië à proportion que dahà lëî dëftit §etl^éé ^tiéf nous fui cofnpârdn^.

Il n'y a pas ici le moindirè rapport de fornié avec l'os palatin des poissons , encore moins

l48 " ftAURlKNS

avec leur ptérygoîdien , qui entre dans un tout autre système.

Cet os paraît avoir porté dans notre animal fossile huit dents qui croissaient^ se fixaientet se remplaçaient comme celles des mâchoires, quoique beaucoup plus petites.

Les autres petites pièces qui sont placées dans ce groupe sont, comme je Tai dit, malaisées à reconnaître, surtout à cause de la pierre qui les encroûte encore en partie; je crois pourtant y avoir distingué les os tympaniques, mais on les voit encore plus entiers dans une figure donnée par M. Camper, du moins si, comme il le croit , elle représente un de ces os. Je la copie pi. 24s , fig. 2, au quart, et je la place en sens contraire du dessin original. En effet, en considérant lé bord a b comme celui par lequel cet os était suspendu au mastoïdien et au temporal, et le bord c d comme celui par lequel il portait la mâchoire inférieure, on lui trouve assez de ressemblance avec le tympanique de plusieurs lézards , nommément du basilic à crète (Lacerta amboïnensîs, L.); mais dans aucun cas il ne peut avoir de rapports ayec celui d'un crocodile.

M. Camper a aussi publié le dessin d'une

pièce de son cabinet qu'il considère comme, le frontal vu en dessous, et à laquelle il trouve de la ressemblance avec le frontal, ou , comme il l'appelle d'après M. Geoffroy, Fethmoïde du gavial; mais ce n'est qu'une ressemblance apparente du contour, que la face inférieure du gavial dément aussitôt.

Pour nous , après avoir bien étudié ce fragment, que nous copions pi. 248, fig. i (au quart de sa grandeur), nous ne pouvons y apercevoir que des restes d'un frontal principal et des deux frontaux antérieurs, tous fort mutilés par leurs bords. En prenant la chose ainsi , il y aurait assez de ressemblance avec les parties analogues d'un crocodile ordinaire. Les deux apophyses, a et a, seraient celles par lesquelles les frontaux antérieurs vont s'articuler avec les palatins; b, b, seraient leurs parties latérales qui s'étendent sur la^ base de la joue; on verrait en c, c quelques restes du frontal principal qui s'avancerait jusqu'en d, entre les faces inférieures des os propres du nez.

Si l'on veut n'y voir qu'un frontal prineipal seulement, il faudra admettre que ses bords latéraux s'élargissent sur les orbites en lances ^

y5ô saurieivs

horizontales , b,b , ce qui n'a d'exemple dans aucun saurien.

Nous n'avons ni le pariétal , ni aucune des parties de l'occipital et du sphénoïde ; mais le grand morceau conservé à Harlem nous donne sur le maxillaire supérieur des idées un peu plus complètes que celui du Muséum ; nous le copions pi. 246 , fîg. 8, On voit qu'il était allongé et peu élevé; que ses bords le long de l'ouverture extérieure des narines étaient entiers sur un long espace, à peu près comme dans les monitors et l'iguane cornu , ce qui doit faire conjecturer que ces narines étaient grandes, et les os du nez fort peu étendus, circonstance qui exclut absolument les crocodiles et les sauvegardes.

Le principal trou pour la sortie du nerf sous-orbitaire est pins près du bord des narines que dans aucune espèce que je connaisse.

Au reste , quelques doutes qui puissent suIk sister touchant ces pièces éparses, ils n'empêchenlL pas d'assigner avec précision la place de notre animal. Sa tête le fixe irrévocablement, ctomme nous lavons dit , entre les monitors et

FOSSILES. i5i

les iguanes. Mais quelle énorme taille en comparaison de celle de tous les iguanes et rnool-^ tors connus. Aucun n'a peut-e(re la tête longue de plus de cinq pouces, et la sieniie approchait de quatre pieds.

Voici les dimensions de toutes les pi< restées dans le beau morceau du Muséum, pi. 240, fig. t.

Longueur de la demi-màchoire inférieure ^a^b, 1 ,24

Hauteur à l'endroit de l'apophyse coronoide, j, t. 6,257

— à l'endroit de la dernière dent, q, u, . 0,127

— vers la troisième ^ x , jr 0,07

Dimension de l'os palatin postérieur , kj n^. . 0,405

Id. A:, / 0,53

Id k\ o' 0,26

En zoologie , quand la tête et surtout les dents et les mâchoires sont données, tout le reste est bien près de 1 être , du moins pour ce qui regarde les caractères essentiels; aussi n'ai-je point eu de peine à reconnaître et à classer les vertèbres , quand une fois j*ai bien connu la tête.

Pierre Camper en avait dessiné une isolée , qu'il prétendit comparer à celle d'un cétacé.

M. Faujas en a représenté quatre groupes (Mont, de Saint-Pierre, pi. VII, VIII, IX et LII); mais il n'a songé à les comparer à rien : car s'il Teût fait, il se fût aisément aperçu qu'elles n'avaient point d'analogie avec celles du crocodile; il n'en donne même aucune description détaillée.

Les découvertes faites à Seichem , et le mémoire de MM. Minkelers et Herraans qui les expose, en y joignant le supplément que M. Adrien Camper y donne dans son second mémoire , me procurent la facilité , non-seulement de décrire les diverses sortes de ces vertèbres en particulier et de les comparer à leurs analogues dans les animaux vivans, mais encore d'indiquer avec beaucoup de vraisemblance leur succession et le nombre de chaque sorte dans l'épine.

Toutes ces vertèbres, comme celles des crocodiles vivans , des monitors, des iguanes, et en général de la plupart des sauriens et des ophidiens , ont leur corps concave en avant et convexe en arrière , ce qui les distingue déjà notablement de celles des cétacés, qui l'ont à peu près plane, et bien plus encore de celles

FOSSILES. l55

des poissons y où il est creusé des deux côtés en cône concave.

Les antérieures ont cette concavité et cette convexité beaucoup plus prononcées que les postérieures.

Quant aux apophyses, leur nombre établit cinq sortes de ces vertèbres.

Les premières, pi. 24? * ^S' ' > ^^^ ^^^ ^P^~ physe épineuse supérieure , longue et comprimée; une inférieure, terminée par une concavité ; quatre articulaires, dont les postérieures sont plus courtes et regardent en dehors, et deux transverses , grosses et courtes : ce sont les dernières vertèbres du cou et les premières du dos. Leur corps est plus long que large, et plus large que haut; les faces sont en ovale transverse ou en figure de rein.

D'autres, iù^, fig. 2, ont l'apophyse inférieure de moins , mais ressemblent aux précédentes pour le reste; ce sont les moyennes du dos.

Il en est ensuite, ib. , fig. 3, qui n'ont plus d'apophyses articulaires : ce sont les dernières du dos, celles des lombes, et les premières de

l54 SAURIENS

la queue ; et leur place particulière se reconnaît à leurs apophyses transverses qui s'allongent et s'aplatissent de plus en plus. Les faces articulaires de leur corps sont presque triangulaires dans les postérieures^ telles que celles delà fig. 4»

Les suivantes, fig. 5, ont, outre leur apophyse épineuse supérieure et les deux transverses, à leur face inférieure deux petites facettes pour porter l'os en chevron. Les faces articulaires de leur corps sont pentagonales.

Puis il en vient, fig. 6, A etB, qui ne diffèrent des précédentes que parce qu'elles manquent d'apophyses transverses. Elles forment une grande partie de la queue, et les faces de leur corps sont en ellipses, d'abord transverses, et ensuite de plus en plus comprimées par les côtes, comme celle de la fig. 7. L'os en chevron n'y est plus articulé, mais soudé, et fait corps avec elles.

Enfin les dernières de la queue, fig. 8, finissent par n'avoir plus d'apophyses du tout.

A mesure qu'on approche de la fin de la queue, les corps des vertèbres se raccourcissent, et presque dès son commencement ils sont moins longs que larges et que hauts.

FOSSILES* l55

Leur longueur finit par être moitié moindre que leur hauteur.

Cette suite de vertèbres donne lieu 9 plursieurs remarques importantes.

La première est relative à l'os en chevron et à la position de son articulation. Sa longueur et celle de Tapophyse épineuse qui lui est opposée prouvent assez que la queue était trèsélevée verticalement.

L*absence des apophyses transverses sur une grande partie de la longueur de la queue prouve en même temps qu'elle était fort aplatie par les côtés.

L'animal était donc aquatique et nageur à la manière des crocodiles, faisant agir la rame de sa queue à droite et à gauche, et non pas de haut en bas comme les cétacés. Les monitors ont la queue plus ronde , et les apophyses transverses y régnent beaucoup plus loin.

Dans les crocodiles, les iguanes, les basilics, les lézards , les stellions , et en général dans tous les sauriens que je connais, excepté les monitors, e;; même dans les cétacés et dans tous les qqadrupéde^ à grande queue , Yop en

l56 SAURIEJVS

chevron est articulé sous la jointure et se trouve commun à deux vertèbres. Les monitors seuls ont sous le corps de chaque vertèbre deux facettes pour le recevoir comme notre animal; seulement le corps de leurs vertèbres étant plus allongé^ ces facettes sont au tiers postérieur. Dans le fossile, qui a les vertèbres fort courtes d'avant en arrière, les facettes sont presque au milieu.

Mais je ne connais aucun reptile où l'os en chevron se soude et fasse corps avec la vertèbre, comme dans celui-ci, pour toute la partie postérieure de la queue. C'est un caractère de poisson, et il devait beaucoup en augmenter la solidité.

Un autre caractère qui distingue notre fossile et des monitors et de tous les sauriens, c^est la prompte cessation des apophyses articulaires des vertèbres, qui manquent dès le milieu du dos , tandis que dans la plupart des animaux elles régnent jusque très -près du bout de la queue.

Les dauphins montrent ce caractère, et c'est probablement ce qui, joint à la brièveté du corps des vertèbres , aura encore contribué à faire illusion à Pierre Camper.

FOSSILES. l57

Les premières vertèbres dorsales ont leurs apophyses transverses courtes et terminées par une facette bombce, oblongue, et dont la direction est oblique par rapport à Vsi^e de la vertèbre. Cette facette, qui porte la cote, est unique : en conséquence la côte ne s'y attache que par une seule tête. C'est un caractère des monitors et de la plupart des sauriens, excepté les seuls crocodiles, dans lesquels précisément il n'a point lieu ; car dans le cou il y a deux tubercules de chaque côté pour chaque côte; dans le dos, les apophyses transverses sont longues, déprimées , tranchantes, et les antérieures ont deux facettes pour chaque côte , l'une au bord antérieur, l'autre à l'extrémité. Les trois dernières côtes sont les seules qui n'aient qu'une tête. Aussi peut-on regarder comme Tuiie des grandes singularités de Touvragc de M. Faujas, qu'il ait fait graver^ pi. LU, une partie de dos trouvée à Seichem, ajoutant, p. 24^, que ce dessin prouve mieux que tout ce quil pourrait dire que Vanimal de Maestricht a appartenu à un crocodllej tandis que cette pièce à elle seule nous mettrait en état de prouver le contraire.

Une partie de ces vertèbres antérieures qui portent un tubercule ou apophyse épineuse

l58 &AURIENS

inférieure appartenaient sans doute au cou; mais comme on ne trouve dans aucune les deux tubercules qui, dans le crocodile , portent la petite fausse côte de chaque côté , c'est encore une preuve que notre animal n'est pas un crocodile, et qu'il avait plus de liberté que cet amphibie pour porter sa tête de côté. Les apophyses épineuses inférieures sont bien danï les crocodiles; mais elles sont aussi dans les autres sauriens et dans beaucoup de serpens; il y en a même dans les ruminans et dans les chevaux. Quant aux cétacés, la brièveté de leur cou, la fréquente réunion de plusieurs de leurs vertèbres cervicales en une seule, ne leur permettent pas de montrer la moindre apparence de ces tubercules.

La figure et la position de cette apophyse inférieure varient : la plupart des genres de sauriens Font comprimée et au bord postérieur; les crocodiles Tout ronde et au bord antérieur; notre animal fossile Ta ronde, tronquée et au milieu de la vertèbre.

Nous n'avons pas trouvé dans nos morceau! l'apophyse transverse de toutes celles des vertèbres de l'arrière du dos ou des lombes qui manquent d'apophyse articulaire. Elle est

FOSSILES. xSg

cassée dans presque toute la suite gravée par M. Faujas; mais nous avons lieu de croire que c'est à cette sorte que doivent appartenir celles que donne M. Adrien Camper dans son deuxième mémoire, et que nous copions pi. 248, fig. 12 et 1 3. Leur caractère consiste dans des apophyses transverses . fortes et montantes, et il avait fait croire à M. Camper que ces vertèbres pouvaient bien venir d'une autre espèce. A la vérité, il n'y a rien de semblable dans les sauriens ordinaires , où les apophyses transverses vont en se rapetissant en arrière; mais les sauriens ordinaires n'ont jamais non plus de vertèbres dorsales sans apophyses transverses, comme notre animal; d'ailleurs le crocodile a aux lombes ces apophyses trèsgrandes et au moins horizontales, et nous en verrons de montantes comme celles-ci dans plusieurs des vertèbres du plésiosaurus, qui, au totalise rapproche aussi beaucoup des lézards.

Dans toutes ces descriptions de vertèbres, nous n'avons pas parlé de l'atlas ni de Taxis, parce qu'on ne les connaît que sur des dessins* laissés par Hofmann sans explication, que M. Adrien Camper a fait graver, et que nous copions fig. 14 et i5. Ils Jes représentent , à

l6o PAUHIENS

ce qu'il me semble, fig. i4, obliquement en dessus et en avant, et fig. i5, en dessous et enàï'rièie. L'axis est eu a, b, i; son osselet odontoïde ou peut-êtie, comme l'a cru Camjjer, le corps de l'atlas , en c , c; enfin les deus pièces latérales de l'atlas, ea d , d.

Ces os tiennent à quelques égards du crocodile et s'en éloignent à d'autres.

Et d'abord il semblerait, à l'ccartement des arceaux latéraux de l'atlas, qu'ils avaient au-dessus d'eux une pièce impaire comme dans le crocodile; pièce qui leur manque dans les lézards. On volt aussi que les apophyses articulaires supérieures de l'axis sont très-rapprochées de son apophyse épineuse, ce qui a lieu dans le crocodile, mais non dans les lézards. La pièce inférieure, c, soit qu'elle appartienne à l'axis ou à l'atlas, ne ressemble à celle d'aucun des deux genres auxquels nous la comparons; enfin et surtout la largeur extraordinaire du corps de l'axis .distinguerait à elle seule cette vertèbre de ses analogues dans tous les autres reptiles.

M. Camper avait considéré la petite côte, fig. 3o, comme répondant à celle qui, dans

FOSSILES. tfil

le crocodile y adhère au corps de l'atlas; mais elle ressemble davantage aux côtes des dernières cervicales des monitors et autres lézards.

Il s'agit à présent de déterminer le nombre absolu des vertèbres de chaque sorte. C'est en replaçant dans leur ordre les vertèbres trouvées récemment à Seichem , et qui paraissent y avoir formé une seule et même épine, que nous y parviendrons; et c'est ici que nous trouvons surtout des secours précieux dans le mémoire de MM. Hermanset Minkelers.

L'un de ces morceaux, qui a été gravé isolément dans l'ouvrage de M. Faujas, pi. LU, en montre déjà onze qui occupent une longueur de 0,77, avec des portions ou des empreintes de douze côtes qui y adhéraient. C'étaient donc autant de vertèbres du dos; les deux premières seulement ont des apophyses articulaires.

Cependant la première des onze vertèbres n'ayant pas de tubercule inférieur, comme notre fig. i , pi. 247 , devait encore être précédée de quelques autres vertèbres dorsales.

x. XI

l62 SÀURIKNS

En effet y on a encore trouvé à Seichem cinq de ces vertèbres à tubercules inférieurs , qui étaient probablement en avant de ces onze. Mais un morceau du cabinet de Camper, cité dans la dissertation de son fils (i), et que nous copions pi. 248, fig. 9, prouve qqe le véritable nombre de cette première sorte était au moins de onze. Je trouve le même nombre de ces vertèbres à tubercules inférieurs dans le crocodile : mais le monitor n'en a que sept ou huit; l'iguane, que quatre ou cinq seulement.

Trois autres vertèbres trouvées à Seichem devaient encore se placer entre ces onze et les onze mentionnées d'abord; car elles avaient des apophyses articulaires très-marquées et manquaient d'apophyses inférieures, comme notre fig. :a , pi. 347-

Enfin il y en a neuf, toujours du même lieu , pareilles à celles de notre fig. 3 , qui , par la forme de leur corps et l'absence des apophyses articulaires, devaient venir à la suite des onze , mais dont une partie portaient

(1) Journ. dePhysiqae, yendéiuiaire an IX.

FOSSII^ES. i65

encore des côtes ^ à en juger par leurs apophyses transverses.

Ce seraient donc trente-quatre vertèbres en tout pour le cou, le dos et les lombes, et trente-six en comptant l'atlas et l'axis; je n'en trouve que trente-une dans le monitor, même en y comprenant les deux vertèbres

sacrées.

La longueur totale de ces vertèbres cervicales, dorsales et lombaires doit être de bien peu au-dessus de deux mètres , toujours sans compter l'atlas et l'axis. • .

On a trouvé de plus à Seichem deux séries qui faisaient suite l'une a l'autre, et dont l'une est encore aujourd'hui encastrée dans la pierre. Elles constituent utie portion ()e queue de soixante-onze vertèbres.

« Les vingt premières ont l'apophyse épineuse, les transverses et les d^ux facettes pour Tosselet en chevron , comme notre fig. 5, pi. :347*

Les quarante-T quatre suivantes manquent jdea apophyses transverses, comme notre fig. 6, et deviennent de plus en plus comprimées et petites. Les sept dernières^ quî terminaient

l64 SAURIENS

éyidemment la queue, sont fort petites, et n'ont plus d'apophyses du tout.

Ces deux séries forment ensemble une longueur de 2, 65, ou de huit pieds deux pouces.

Mais elles ne composaient pas toute la queue, et il s'en est trouvé encore une autre série de vingt-six, dont les six dernières seules opt des facettes inférieures. Les vingt qui n'en ont pas, mais qui sont plus grandes et qui ont leurs apophyses épineuses et transverseis, comme notre fig. 4^ devaient être à la base de cette queue.

La longueur de ces vingt-six est de 1,6. Ce serait donc pour la totalité de la queue 3,35 ou dix pieds divisés en quatre-vingt-dix-sept vertèbres.

Nous voilà bien loin du nombre du crocodile, qui n'en a qup quarante-*deux ; mais nous égalons à peine celui des monitors.

Je compte quatre-vingt-six vertèbres caudales à un de mes squelettes de Touaran dont la queue est bien entière, etceat seizeau gcand monitor élégaqt de Suosatra^:

FOSSILES. i65

Si nous récapitulons maintenant ces différentes séries^ en classant les vertèbres d'après leurs formes et le nombre de leurs apophyses^ nous trouverons que l'épine de notre animal se composait de ; '•

L'atlas 1 long de

L'axis 1

Onze' vertèbres avec Tapopliyse

inférieure , les articulaires , les

transvejses. 11 0,77

Cinq id. sans l'apophyse infér. ... 6 0,^

Dix-huit id. sans apoph- articul.y

dans le nombre desquelles les sa-

crces sont peut-être comprises. . 18 . ... 1,2

Vingt id. de la queue 20 1 ,2

. Vingt-six id. avec les deux facettes

infér. pour l'os en chevron. . . 26 1,3

Quarante-quatre id. sans apophyse

transverse 44 1,65

Sept sans aucune apophyse 7 0,15

Total 133 .... 6,59

Ce nombre de vertèbres est plus que double de celui du crocodile, qui n^n a que soixantehuit, mais s'accorde très-bien avec les monitors, où j'en compte de cent dix-sept à cent quarante-sept.

l66 SAURIENS

Cependant le grand nombre des vertèbl*es de la base de la queue qui n'auraient point porté d'os en chevron, tandis qu'il n'y en a qu'une ou deux de telles dans les monitors aussi bien que dans les crocodiles, m'a causé un instant quelque doute. En vain aurais-je voulu placer le bassin plus en arrière; car alors j'aurais multiplié les vertèbres dfes lombes, et je me serais écarté des monitors pour la structure du tronc qui est naturellement plus constante que celle de la queue. J'ai donc fini par croire que c'est iciTun des caractères propres et distinctifs de notre animal qu'il ne partage point avec d'autres sauriens, et qui contribue à en faire un genre particulier. Sa queue était donc trèsvraisemblablement cylindrique à sa base, et. s'élargissant dans le sens vertical ; seulement à quelque distance, en même temps qu'elle s'aplatissait par les côtés, elle ressemblait à une rame, beaucoup plus encore que celle des crocodiles.

Ce qui coixjribue. a rendre assez vraiseihblable cçtte mutliplication des vertèbres caudales sans osselets en chevrons dans le squelette de notre animal , c'est qu'on en rencontre beaucoup de cette sorte isolées

FOSSILBS. '167

OU en groupes de cinq ou six dans les pierres des cardères.

Au reste^ il ne faut point oublier, qu'excepté la sérié des vingt-six caudales et celle des onze dorsales avec leurs côtes , toutes ces xertèbres sont aujourd'hui détachées de la pierre, et que les ouvriers qui les ont rassemblées peuvent en avoir igaré ou mutilé quelques-unes, qu'ils peuvent aussi en avoir ajouté qui ne s'étaient point trouvées tout-^ à-fait dans l'alignement des autres; mais ces altérations ne peuvent pas avoir été considérables, vu l'accord remarquable qûî se trouve entre ces nombres et ceux du genre le plus analogue. ^

M- Faujas, qui a profité, comme moi, du mémoire envoyé de Maéstrich t , en a tiré un résultat bien différent, car il annonce (Hist. de la Mont, de Saint-Pierre, p. 247) une épine dorsale de trois pieds neuf pouces , et une queue de quatre pieds neuf pouces ou de cinq pieds quatre pouces ; mais c'est qu'il n'a pas fait attention que ce qu'il nomme épine dorsale appartient aussi à la queue, et qu'il néglige de faire entrer en ligne de compte

l68 SAURIENS

plusieurs morceaux , et notamment celui d'onze vertèbres avec les côtes.

Mon énumération résulte d'une comparaison attentive des notes contenues dans le mémoire de M. Minkelers avec les objets mêmes que j'ai maintenant sous les yeuX; et avec le mémoire et les figures de M. Caniper, et Ton peut y avoir d'autant plus de confiance qu'elle est parfaitement d'accord avec les rapports naturels.

Dans cette longueur commune du tronc et de la queue de 6,59, ou de vingt pieds Hx pouces ; nous ne comprenons point l'atlas ni l'axis , parce qu'ils étaient sans doute placés entre les deux apophyses postérieures de la mâchoire inférieure, et qu'ils ne contribuaient point à la longueur totale du corps.

La mâchoire ayant trois pieds neuf pouces^ l'animal entier devait être long de vingtquatre pieds trois pouces ou à peu près, et sa tête approchait du sixième de sa longueur totale, proportion assez semblable à celle du crocodile, mais fort différente de celle des monitors, où la tête forme à peine un douziènîc. Aussi M. Adrien Camper était-il parvenu à deviner à peu près cette longueur

en calculant d'après la proportion du crocodile.

La queue ayant dix pieds n'est que la moitié â peu près du total. Elle est donc encore plus courte que dans le crocodile, où elle surpasse d'un septième la longueur du reste du corps, et à plus forte raison que dans les monitors, où elle a moitié en sus. La brièveté extrême du corps des vertèbres fossiles est ce qui rend cette queue si courte.

Elle devait être fort robuste, et la largeur de son extrémité devait en faire une rame très-puissante, et mettre l'animal en état d'affronter les eaux les plus agitées, comme l'a très-bien remarqué M. Adrien Camper. Aussi n'y a-t-il nul doute, par tous les autres débris qui accompagnent les siens dans les carrières, que ce ne fût un animal marin.

Je ne puis parler beaucoup des côtes, ni surtout de la manière dont elles se joignent en dessous, soit entre elles^, soit avec le sternum; mais une chose est certaine, c'est que toutes celles que l'on a trouvées sont rondes

170 dAURXENS

comme dans les lézards, et non pas plates comme dans les crocodiles.

Il ne s'agit maintenant que de rétablir les extréAilés de notre animal ; mais les os qui les composent n'ont élé recueillis qu'en trèspetit nombre, et même la rareté de ces os m'avait fait mettre un moment en doute s'il n'était pas dépourvu d'extrémités; mais je fus détrompé dès ma première édition en reconnaissant un os de bassin. qui ne peut être qu'à lui.

Il est gravé (Mont, de Saint-Pierre , pi. XI) sous le nom d'omoplate , mais c'est un pubis j et un pubis presque entièrement semblable à celui d'un monitor. Us ont tous deux la même courbure , la même articulation , une échancrure. semblable au bord antérieur; seulçment celle du fossile est plus profonde. On peut s'qi assurer en comparant notre fig. 10, pi. 247, qui représente ce pubis fossile, avec la fig. 12, qui représente celui du monitor.

J'ai trouvé aussi, parmi les morceaux envoyés de Seichem , une portion d'un os plat qui m'a paru d'abord avoir été une omoplate, très-semblable par sa grande largeur , par la courbure, la grosseur et la brièveté de son

COU y à cette itiême partie dans les monitôrs , mais très-différente de Tomoplate étroite du crocodile , et même de celle de l'iguane. Nous donnons l'omoplate fossile fig. 9, pi. 247 f et celle du monitor, fig. 11.

Mais tout récemment , M. Henkelius^ pharmacien de Maêstricht, a bien voulu m'adresser le dessin colorié et de grandeur naturelle d'un os, fig. 14, qui parait avoir été le même, mais où il semble qu'il y ait eu une profonde écliancrure , et vers la base duquel il paraît y avoir eu un trou, ce qui le fait fortement ressembler à l'os claviculaire d'un lézard ordinaire.

Sûr la même pierre, est un autre os, fig. i5, plat, plus large à proportion que le précédent, et qui paraît avoir eu une large échancrure d'un côté de son bord , et une petite de Fautre. Sa face glénoïde est large. Peut-être a-t-il autant de droit que le précédent à être regardé comme l'os coracoïdien; dans tous les cas, Tépaule de notre animal doit avoir eu de grands rapports avec celle des lézards.

Je n'ai pu me procurer encore aucun os' long.

Celui qui est donné pour un fémur (Mont de Saint-Pierre, pi. X) n'est autre chose que rhumérus d'une grande tortue vu par le côté de sa petite tubérosité , et dont la grande est détruite ou cachée dans la pierre. Nous le représentons pi. 247, fig. i3.

M. Adrien Camper, dans son second mémoire , en représente un où il a cru voir un humérus mutilé. En renversant sa figure ^ j'y trouve plutôt (pi. 248, fig. ^4) le cubitus d'un monitor, et s'il vient de notre animal, il annoncerait que ses extrémités étaient assez élevées.

Les os des mains et des pieds , autant qu'on les connaît, sembleraient au contraire avoir appartenu à des espèces de nageoires assez contractées, et plus ou moins semblables à celles des dauphins ou des plésiosaurus. C'est à M. Camper qu'on en doit les figures; mais ces os tirés de la collection deHofmann, recueillis à différentes époques et sur différens points, n'offrent que leurs formes individuelles pour moyen de détermination.

Quelques-uns paraissent ressembler beaucoup aux deux os principaux du carpe du crocodile : fig. 4 y pl- ^^^} par exemple, à Tin-

fOSSlLËS« 175

terne; et fig. 6, à l'externe ; d'autres , comme fîg. 7 et 8, pourraient être des phalanges; 6g. -21 serait probablenaent une phalange onguéale ; fig. 5 ne peut guère se compare^qu'à Tos cubital du premier rang d'un saurien, mais qui serait de taille énorme; ïjuant aux fig. 32 et 23 , leur largeur me fait mettre en doute s'ils ne proviennent pas des tortues^ non moins communes dans ces carrières que le grand saùrien.

Au reste , je n'ai pas besoin de dire que ce n'est qu'en tiési tant que Jie me periïiets 4e présenter des conjectures, d'après* de simples dessins, sûr des os où la comparaison immédiate elle-même suffirait à peine, tant est grande'leur variété et le peu de précision de leurs formes dans les reptiles.

Il n'en reste pas moins constant que le grand animal de M aêâtricht a dû former un intermédiaire entre la tribu des sauriens sans dents au palais, qui comprend les monitors, les sauvegardes, les ameiva , et celle des sauriens à dënt^ palatines ou plutôt ptérygoïdiennes, tels que les lézards ordinaires , les iguanes , les ttiarbfesiet les anolîs; inaii^ 'qu'il ne tenait aux 4fro0§^Kte&«iîie par quétfoes caractères partiels

et par les liens gétiéraux qui réunissent toqtc U grande famille des quadrupèdes ovipares.

Sans doute il paraîtra étran^p à -qfielqije^ paturalistea de voir un animal surpi^sser autant en dimensions les genres dont il se rapproche le plus dans Tordre naturel, et d'en trpuver les débris avec des produclSppQ marjpes, tandis qu'aucun saurien ne paraît aujourd'hui vivre dans l'eau salée; mais c^s 9in^ gularités sont bien peu considérables eD comparaison de tant d'autres que nous offrent Içs nofpbreux monumens de l'histoire naturelle dii monde ancien. Nous avons déjà vu un tapir de la .taille de l'éléphant; le mégalonyx pous offre un paresseux de celle du rhinocéros : qu'y a-t-il d'étonnant de trouver dans l'animal de Maêstricht un lézard grand conime un crocodile? Bientôt d'ailleurs nous allons voir plusieurs autres lézards aussi grands et même davantage.

Mais ce qui €^t surtout important ^ remiirquier^ c'e$t cette constance admir^blç d^s lois zoQlç^iques qui pq se dément dao^ gucupe classe, dans aucun^ fijirpille. Je n'avais examîp^ ni les vertèbres , ni les membres, quji^ jjf m» suis occupé 4^3 4mt^ et des in|U4»m«eii.ftf

une seule dent m'a, pour ainsi dire, tout annonce. Une fois le genre déterminé par elle, tout le reste du squelette est en quelque sorte venu s'arranger de soi-même , sans peine de ma part comme sans hésitation. Je ne peux trop insister sur ces lois générales, bases et principes des méthodes, qui, dans cette science comme dans toutes les autres, ont un intérêt bien supérieur à celui de toutes les découvertes particulières, quelque piquantes qu'elles soient.

M. Conybeare a récemment proposé pour cet animal fossile- de Maéstricht le ndm de mosasaurus f que l'on peut adopter en attendant un nom générique* mieux calculé sur ses caractères.

ARTICLE III

D'an grand reptile des enTirons de Monheim , découvert par M. de Soemmerring , nommé par lui Lacerta giganiea, et que je considère comme un nouveau sous-genre intermédiaire entre les crocodiles et les monitors {Geosaurus Cnv.).

Les restes de cette espèce remarquable ont été recueillis dans le canton dit Meulenhardt ,

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