‹ Recherches Sur Les Ossemens Fossiles (volume 5)Chapitre 7 sur 27 · DE L'OSTEOLOGIE DES BATRACIENS · texte numérisé non relu

DE L'OSTEOLOGIE DES BATRACIENS

ARTICLE PREMIER

Des Grenouilles, Rainettes, Crapauds et Pipas.

§ I. De la tête.

Dans les batraciens ^ la composition du crâne se simplifie beaucoup.

Il n'y a plus que les deux occipitaux latéraux ^ sans occipital supérieur ni basilaire; un seul sphénoïde, sans ailes temporales ni orbitaires ; un seul os remplaçant à la fois le frontal principal et l'ethmoïde, et pouvant prétendre à l'un et à Tautre nom ; point de frontaux postérieurs, deux frontaux antérieurs , deux pariétaux et deux rochers.

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La fiice est également simplifiée en ce que le transverse ne fait qa'un avec le ptérygoidien , et le temporal avec le tympanique ; et qa'il n'y a point de mastoïdien.

La grenouille verte commune {Rana escwienia L.)f pi- ^Sa, fig. i et 2 (i), a Tensemble de la télé déprimé à cause de Fécartement des maxillaires et des jugaux, de la grandeur des orbites, de la situation presque horizontale de leur plan , etc.

Le contour extérieur, formé par les intermaxillaires, les maxillaires et les jugaux, et terminé de chaque coté par l'extrémité postérieure des tympaniques, est de figure à peu près parabolique.

Entre les orbites est le crâne, de forme paralléHpi()ède allongé , s'élargissant en arrière en

^r U ^ a une figure de tète de grenouille dans le CevAvdo|>^i<«î« de Splx , pi. I, fig. 8 , et d'autres plus mHt^ |vir M. Bojauus , dans VIsis de 1821, XII' cahier , \^1< S « fig. 10 « 11 et li. On en voit beaucoup d'autres \Uu« divers ouvrages . mais qu'il est inutile de dter y \\\\\^ qu\>u y a donné peu d'attention à la division

DES BATRACIENS. 26g

deux bras transverses qui contiennent les oreilles internes, et qui s'unissent à Tangle postérieur externe de la parabole par 1^ moyen des tympaniques.

Le crâne est formé en avant par un os en prisme triangulaire , a , dont une face est en dessus , les deux autres de côté , et qui s'appuie par son arête inférieure sur le prolongement antérieur du sphénoïde- Cet os s'évase en avant, et y est creusé de deux cônes pour servir de fond aux deux narines; le nerf olfactif passe par un trou de la pointe de chaque cône , et celui de Willis par un autre plus petit , i , percé à la face orbitaire en avant et en dessus,- et donnant dans le cône de son côté.

Ainsi le tube du crâne est complété à sa partie antérieure par un seul os qui l'entoure entièrement. Cet os, en forme d'anneau ou de ceinture , représente très-bien les deux frontaux des serpens réunis; je ne l'ai pas trouvé divisé , même dans des individus trèsjeunes qui avaient encore un grand espace membraneux entre les os du dessus du crâne.

En arrière , le pourtour du trou occipital

est entièrement formé par les deux occipitaux latéraux , b, b, qui ont chacun un condyle.

Il n'y a aucun occipital supérieur ni aucun basilaire; ce que l'on aura sans doute quelque peine à concilier avec la théorie qui compose toujours le crâne d'un certain nombre de vertèbres.

Le dessus du crâne est i'ormé par des os qui se réunissent de bonne beure en un seul , c, c, de forme à peu près rectangulaire , qui règne depuis le dessus des occipitaux j usque sur l'os en ceinture, sur la partie supérieure et postérieure duquel il s'étend par une avance écailleuse. En arrière, il s'élargit pour s'unir aux rocbers et aux occipitaux. Sur les côtés , il se replie un peu en dessous , mais pas assez pour descendre jusqu'au spl^uoïde, comme le lait l'os en ceinture.

Dans les individus plus jeunes, cet os du dessus du crâne se divise longiiudinalementen deux , et même il y a des espèces, telles que la rainette et le crapaud sonneur, où leur intervalle demeure très-tong-lemps , et peut-être toujours, membraneux; mais il n'est pas sîi aisé d'y voir une suture transversale,

DES BATRACIENS. 2Jl

Ce n'est que dans les jeunes têtards que Ton sépare une partie postérieure de forme ronde de l'antérieure qui est allongée (i). Si ^ comme on peut le croire, ces deux pièces sont le frontal et le pariétal^ l'os en ceinture deviendra naturellement un ethmoïde ossifié , ce qui sera une grande singularité.

Le sphénoïde y d, est semblable à une croix , dont la branche impaire la plus courte s'étend sous la suture moyenne qui unit les occipitaux entre eux ^ dont les branches latérales s'étendent sous la suture inférieure des occipitaux avec les rochers , et dont la tige se porte en avant jusque sous l'os en ceinture, qu'il garnit sous toute son arête inférieure (2).

De chaque côté , sur la branche de la croix

(1) M. Bojanus marque cette division dans une tête adulte ; mais c'est à peine si j'ai pu la retrouver dans de très-jeunes têtards.

(2) M. Bojanus divise aussi cet os en deux par une ligne transverse , pour en faire un sphénoïde antérieur et un postérieur ; mais un trait de plume n'est pas une suture ; j'ai trouvé cet os simple, même dans les têtards.

373 05TEOL0GIE

et en avant, est le rocher, e , e, ayant te pariétal en dessus , l'occipital latéral en arrière, et formant avec celui-ci , auquel il se soude de très-bonne heure, la fenêtre ovale et la cavité de l'oreille interne.

L'espace entre le rocher, l'aile descendante du frontal, le pariétal et la tige du sphénoïde, où seraient naturellement la grande aile temporale et l'aile orbitaire , est simplement membraneux.

Dans cette membrane est le trou optique,

Le trou de la cinquième paire est dans échancrure du rocher, a.

Si nous examinons maintenant la face nous trouverons d'abord en avant les intermaxillaires,/, y": leur partie dentaire complète le pourtour des mâchoires. Ils ont chacun une apophyse montante , peu longue plus étroite que la partie dentaire, et qui n'at^ teint pas le frontal antérieur.

Ces deux apophyses ne se touchent pas. Le trou de la narine extérieure est percé dans la membrane, près de leur pointe. En dehors de ce trou, dans cette même membrane, est

DBS BATRAC«£^S. 2^5

suspendu un tpèa-^ietit os dentelé > gf g, qui est un vestige de nasal (i)»

Les frontaux antérieurs, h^ h, sont trèsgrands, de forme triangulaire, plus larges que longs , leur angle externe se prolongeant pour s'articuler avec la maeliôire et lîticiiter l'orbite en avant.

Il n'y a pas de lacrymal , et l'espace où il serait naturellement à la face antérieure de l'orbite est occupé par une membrane.

Je ne ^is pas de trôû làarymàl, et noiis avons déyk remarqué que lë troti poût* Vititrbductien du nerf ophthâlmique dans le nez eHi pëfoé daiis l'ailé descendante du frontal prilicipal.

SôOS la partie antérieure et étasée de l^os ett celffture , ett avant de la pointe du sphénoïde, est, de chaque côté, une branche transversale osseuse, i, i, qui va se joindre à ToB maxillaire, k',Âf sous l'endroit d'où cet o^ donne utie petite apophyse nloti tante q«i visi

(i) M. Bojanus , qui n'a pas C9juiu ce petit nasal , eu a transpoilé le nom au frontal antérieur.

374 OSTÉOLOeiR

s'agir à l'aagle latéral da frontal antérienr. C'est raoalogue da palatin.

L'espace triangulaire entre ces deux palatins et le bord antérieur des mâchoires est occupé, du côté du palais, par deui os plais, /, /, qui répondent à ceuxqae nous avons Dominés vomers dans les autres reptiles. Du côté externe , ils ont trois pointes et deux échancrures, et c'est dans leur échancrure postérieure, et en avant du palatin, qu'est percée la narine interne , laquelle ss trouve , comme on voit, fort en avant (i). Du bord par lequel il se touche naît , sur chacun, une lamcTerticale, le plus souvent cartilagineuse, adossée à son analogue, et formant avec elle la cloison des narines.

Dans la grenouille , les vomers portent chacun, près de leur articulation avec le

(1) H. Bojaitus appelle l'os grêle placé en travers, ptérygûidien , et le regarde comme analogue à mon os transverse : il nomme l'os plat et anguleux patatin; mais ces dénotninatioiis me paraissent incompatibles avec leur position. La narine dans les lézards s'ouvre ver» la bouche , absolument comme ici , par une échancrure du Tomer et en avant du bord antérieur do. palatin.

DES BATRACIENS. 2j5

palatin^ nne rangée transversale de petites dents pointues.

En examinant toujours la tête en dessous , on voit , en arrière de Torbite , un os à trois branches , m, m, dont l'une , antérieure et externe, s'unit par son bord externe à l'os maxillaire , et par sa pointe antérieure à l'extrémité externe de la traverse palatine et au bas du frontal antérieur ; la seconde , postérieure et externe , va s'unir au bas de l'os tympanique en dedans de son extrémité postérieure; la troisième, intermédiaire et interne, va rejoindre l'extrémité de la branche transversale du sphénoïde et la partie voisine du rocher. Il est sensible que cet os répond à l'os ptérygoîdien et au transverse des lézards , et par conséquent que dans la grenouille ces deux os n'en font qu'un ; mais que c'est un ptérygoîdien dont la branche palatine a manqué. Ce rapprochement de la pointe antérieure avec l'extrémité externe du palatin et l'inférieure du frontal antérieur répond à celui qui a lieu dans plusieurs lézards de la part de l'os trans verse.

L'OS tympanique , n, n, bien reconnaissable par sa situation et sa fonction , a aussi trois

a^6 08TÉ0U>GIE

branches : une supérieure postérieure, qui rentre en dedans pour s'articuler avec le rocher j une supérieure antérieure , qui se porte eu avant en descendant un peu , et dout ■ la {H>inte reste libre en arrière de la fosse oivV bilo-temporale. Ces deux branches font l'office de l'os que nous avons appelé temporal dans les autres reptiles, mais qui» dans la grenouille, est uni, au moins de très-bonne heure , avec le tympanique. La troisième branche de ce tympanique , qui en est la partie essentielle, descend et se lermine prés de la facette articulaire pour la mâchoire inférieure, entre l'extrémité postérieure du plérygoïdien et celle du jugal.

Ce dernier os, o, o, est une lige courte et grêle , allant depuis la pointe postérieure d» maxillaire jusqu'à la facette articulaire, qui Ivi 1 appartient presque entièrement, le tympan nique ne faisant que s'appuyer sur ga face exr terne.

Cette disposition du. jugal est, couunç. ojt voit, très-différente de ce qui a Heu da^s 1^ autres reptiles, le crocodile excepté , qui en approche un peu ; mais elle ressemée à ce qu'on ol^serve dans les oiseaux, et surtout 4

ce que noud retrouTerons dans les poissonë.

Le tympan est tendu sur un grand cadre cartilagineux ovale , Htti, de son bord aïité* rièfur, se dôllé en partie sur Tes tyi!npanique , et dont le postérieur est entre Ta peau et le muscle analogue du digastrfque on abai^seur de la mâchoire.

Une partie du bord de là tetiêtré ôvale dû c6té de Toccipital e$t formée par un âinlple cartilage.

De cet examen , il résulte qUe le crâné de f à grenouille n'a que dix os : un ethmoïde^ deux frontaux, deux pariétaux, deux occipitaux , un sphénoïde , deux rocher»; et la face seize : deux in ter-maxillaires, deux nasaux, deux frontaux antérieurs , deux palatins , deux vonlers, deux ptérygoïdiens, deuxtympaniques et deux jugaux; et ce crâne ne s'accorde pas plus avec la théorie des trois , des quatre ou des sept vertèbres , même avec celle d'une vertèbre^ qu'avec celle de Tiden-^ tité de nombre des os«

En effet, l'argument le plus plausible de ces dernières théories consiste dans la ressem-

ayO OSTEOLOGIE

blance de l'articutation de la tête sur l'atlas avec celles des vertèbres entre elles.

Or, dans la grenouille, la tête s'articule par deux condyles, et les vertèbres par un seul tubercule donnant dans une facette concave de la vertèbre suivante.

Les vertèbres ont toutes un corps et une partie annulaire, et dans l'occiput de la grenouille, il n'y a ni corps ni partie épineuse possible , puisque la suture qui divise les deux seuls occipitaux est une suture mitoyenne et dans le plan vertical.

Cette composition , prise d'une grenouille verte (Rana esculenta L.) d'âge moyen , peut servir de type principal à cette famille.

Dans des individus plus jeunes , l'os en ceinture est moins ossifié en longueur, les pariétaux restent séparés par^un espace membraneux plus large en avant.

Dans des individus plus âgés , l'os en cein-

ture s'étend davantage en arrière; Téchan* crure du rocher pour la cinquième paire se ferme et se change en un trou.

La grenouille brune ( JRana temporaria L. ) a la tête plus courte^ plus large, plus arrondie , en quoi elle se rapproche un peu du crapaud.

Dans de grandes grenouilles d'Amérique (Rana boans L.) , fig. 3^ les frontaux antérieurs et les pariétaux couvrent l'os en ceinture en dessus 9 au point de n'en laisser voir qu'un petit losange. La cloison mitoyenne du frontal principal entre les deux cônes se porte si avant dans les narines, qu'elle- y forme une cloison osseuse.

Les parties latérales de ce même os se portent tellement en arrière , que l'espace membraneux des côtés du crâne est très^petit; c'est une espèce de trou optique uni à la fente sphéno-orbitaire , et compris entre le sphé-< noide , l'os en ceinture , le pariétal et lé rocher.

La cinquième paire passe par un vrai trou de rocher.

Sur le derrière du crâne , on voit , sur le

9^ OSTEOfiOGfB

pariétal , use crête sagittale et tuie crête oocin pitale; cette dernière fait un angle en avanU Les dents des vomers sont plus nombreuses , leurs rangées forment ensemble un anj obtus dirigé en arrière.

Dans la rainette commone(iï«na arboreah.), les pariétaux restent pendant très-iong-t«mplt séparés l'un de l'autre en dessus, et laissent ainsi un espace membraneux considérable à la paroi supérieure du crâne.

L'espèce que l'on nomme çommuqémeB* «rapaud sonneur (Jîa/ia bombiaa) est uœ vr^t^ grenouille, par les dents qu'elle a i la inè»] choire et aux vomers. Son crâne, coinm« celui de la rainette, est long-temp», et pe«Uêtre toujours, membraneux entre les parties antérieures des frontaux.

Le crapaud commun a la tète plus courte fé plus large à proportion que la grenouille , eé k contour de la face à peu près en demicercle.

Son crâne est surtout plus court, plus' large, plus plat; tes pariétaux restent plus long-temps séparés , et couvrent presque total' lement l'os en ceinture.

DBS BATRACrENS. j8i

It n'y a aucunes dents , pas même aax vomers.

Les petits osselets nitsaux sont un peu plus considérables.

Le crapaud à bande dorsale jaune {Bxifù calamita) dif£ère du commun par une crête temporale relevée le long de chaque pariétal y qui s'unit à sa correspondante en arrière par une arête transversale. Son jugal est aussi à proportion plus court et plus gros , et son frontal plus découvert en dessus.

Dans un crapaud de la Caroline, ces crêtes se relèvent encore plus , et se termincïit «chacune par un gros tubercule sur le bord postérieur de chaque orbite.

Dans le crapaud du Bengale (Daud.), fig. 4* les pariétaux et les frontaux antérieurs , fort élargis et un peu c(M3caveS| s'unissent en croix par-dessus l'os en ceinture^ sans en rien laisser voir à la surface supérieure du crâne« La partie de l'os de la caisse ipii représente le temporal y et que l'on pourrait aussi prendre pool* analogue ao mastoïdien ^ s'élargit beaucoup , mais toujours sans qu'on puisse la séparer du reste de l'os.

08TEOLOGIE

Dans le crapaud perlé, fîg. 5, une < osseuse mince et haute commence au-dessi de l'orbite sur le frontal antérieur, continue sur le pariétal, et se termine par un grand élargissement de la partie temporale du tympanique.

La têle du pipa, ûg. 6 et 7 , ditFère beaqj coup de celle des autres crapauds, et mén^ elle est fort anomale par rapport à la familH entière des grenouilles,

La partie antérieure est écrasée et mince^ comme une carte. £lle est formée d'abord en dessus par deux frontaux antérieurs élargis en avant; sous leur bord sont comme collés les deux Inter-maxillaires, et plus extérieurement les deux maxillaires ; et entre les uns et les autres sont les nasaux, semblables à un filet aplati , courbé en forme d'S, qui ne laisse de narine externe qu'un très-petit trou vers, le bout du museau. .vM

Les maxillaires joignent la branche antérieure des ptérvgoïdiens , et se collent dessous sans la dépasser. Il n'y a qu'un très-petit jugal , et n'occupant que la place de l'articulation. Le pariétal s'étend depuis la crête ceci-

pitale jusqu'entre les frontaux antérieurs ^ où il s'avance par une pointe. Au lieu d'un os en ceinture ^ il y a deux os qu'il est difficile de ne pas prendre pour les deux frontaux principaux ^ et qui sont séparés l'un de l'autre par cette partie avancée du pariétal , triangulaires et engagés par leur angle postérieur chacun dans une échancrure du pariétal. Il n'y a que deux occipitaux, savoir les latéraux, comme dans toute la famille , qui s'étendent en dehors comme les branches d'une croix; ils sont tellement unis avec les rochers qu'on ne peut les séparer, au moins dans les adultes. A l'ex-' trémité de cette branche saillante est l'o^ de la caisse, qui représente en avant un petit cadre de tympan plus osseux que dans les autres grenouilles, quoique dans le pipà le tympan lui-même reste toujours caché sous la peau. En arrière et en dessous de cet os est le jugal, qui fournit, comme à l'ordinaire^ l'articulation pour la mâchoire inférieure , et qui paraît rester long-temps cartilagineux. Un petit osselet auditif un peu courbe va s'ap-* puyer sur la fenêtre ovale, qui est percée dans cet os formé du rocher et de l'occipital latéral; elle sert d'orifice à un long conduit cylindrique creusé dans l'axe de cet os , et qui mène au vestibule creusé lui-même dans la partie de

a84 OSTÉOLOGIE

Tos plas rapprochée de la oavtté cér^bM

Le dessous du crâne est formé principatement par on très-grand spliérioïde plat presque rectangulaire, et qni dirige aussi en avant une pointe répondant au-dessoits de celle du pariétal. Ce pariétal et ce sp^ïénoïde s'unissent de bonne heure très-intimement par lenrî

En arrière , ce même crâne est complété en dessous par les branches rentrantes des os ptérygoïdiens et par les occipitaux latéraux qui se divisent, presfjue par moilié avec ces branches, la face inférieiire de cette partie en forme de croix , au bout de lat^uelle sont l'os tympanique et le jngal.

L'aplatissement excessif du crâne fait que ses côtés sont très-peu élevés; ilssont creusés d'un sillon profond. Leur partie antérieure appartient au frontal; la postérieure, qui se <lirig|e ensuite en deliors et devient le devant de la braBche de croix , appartient au rocher.

Je ne trouve pas plus de palatin que de jugal. ie ne ti-ouve non plus aueun vomn*. La cavité de chaque na«ine, qui est singatié-

DES BiiTAACI&NS. >d5

rement plftte, n'ert; fermée en dessocis que par la membrane du palais^

Le nerf olfactif, a.vant dp sortir du crâoe^ traverse un Ipng conduit creusé dans une celliilosité ossçuçe entre le pariétal et le sphénoïde» mais dont, je ae puis affirmer si elle appaftientà l'un ou à Tautre. Le nerf optique sort par un très-petit trou de cette partie du côté du crâne qui appartient au frontal. Les pietît» nerfs de l'œil. et ta. plus grande partie de la cinquième paire sorteAt par un grand trou entre cette partie du frontal et le rocher.

Il y. a ensuite, à la face intérieure de la branche ea croix ^ un trou médiocre pour le nerf de Willis, qui entre dans le nez par un très-petit trou percé sous le sphénoïde près de son bord antérieur.

Les osseleu de Toreille des grenouilles se preiteraient plus aisément que ceux de beau-coup d'autres reptiles au système de l'identité du nombre des os.

Sur la fenêtre ovale est appliquée une e&-

OSTEOLOGIE

pèce de lentille cartilagineuse; une tîgeosseuse, attachée au tympan par une queue cartilagineuse, va s'articuler par son autre extrémité, qui est dilatée et un peu écbancrée, à la lentille dont je viens de parler. Si on veut voir dans l'appendice cartilagineux le marteau, et dans la tige osseuse l'enclume; on pourra faire l'étrier du cartilage lenticulaire.

Le vestibule a iotérieuremeot. la mèmi petite masse amylacée que dans les autres reptiles.

Chacun sait par quelle large ouverture de chaque côté l'arrière-bouche communique avec la cavité tympanique, qui n'en est presque qu'un sinus.

§ II. De la mâchoire inférieure.

Je ne puis apercevoir à la mâchoire inférieure de la grenouille que trois os de chaque côté.

Un principal, r, 6g. i, qui en fait sans comparaison la plus grande partie , surtout

, auituui

du côté interne y et où l'on voit une élévation qui tient lieu d'apophyse coronoide; il est creusé extérieurement d'un sillon ^ dont la moitié antérieure est fermée par un second os , plat et mince ^ s , qui dépasse le premier en avant et s'y renfle pour former la symphyse avec celui de l'autre côté ; enfin un tubercule articulaire ^ t , posé sur l'extrémité postérieure du premier os. Si nous regardons l'os qui forme la symphyse comme analogue du dentaire, nous serons obligés de convenir que le grand os répond à la fois à quatre ou cinq des autres os des lézards. La même structure se répète dans les autres sous^enres.

§ m. De Vos hyoïde.

C'est surtout la grenouille qui nous apprend quelle est la vraie nature de l'os hyoïde des poissons, elle qui dans son premier état respire à leur manière , et dont l'appareil braachial se change par degrés et à vue d'œil en un os hyoïde véritable.

J'ai dû étudier avec soin cette métamorphose, excité par l'intérêt général dont elle

aOO USTEOLUGI E

est pour Le» théories OËLéologjques, et je donnerai ici mes pramiers résultats, bien que leur difTicullé ne me permette pas de les croire encore parfaits, dans l'espoir que quelque observateur, qui pourra mettre dans cette rex^icrclie plus de temps et de suite que moi, complétera ce que je n'ai pu qu'ébaucher (i). ^

Lorsqu'on prend le têtard au mom^ent où ses branchies sont en pleine aetivité , et où ses poumons sont encore réduits à un tissu noirâtre qui n'a point pris l'air, les rangées de dents attachées à ses lèvrea et les lames cornées qui revêtent ses mâchoires servent seules à la mastication; ses mâchoires à peine cartila-

(1) M- Steinheini , qui, dans un inéinoire imprimé à Hambourg en J820 (le Développement des Grenouilles, en allemand J , adonni; plusieurs bonneg observations sur la métaniorpliose du têtard , a précisément négligé ce qu! concerne les cliangemens des cartilages brancbiaux. n s'en est pas question non plus dans la diaserlation latine de M. van Haaselt, impiimée k GronîngM la même aunée, de Melamorphosi quarandam partiu Raiiœ tempoi-ariœ . l.'Acadéinie des Sciences principal^iieLil en vue lorsqu'elle proposa , en '. prix sur ce sujet.

DES BATftA.GIENS. ^^Ôg

gineuses ont pris très^^peu de développement; 6es os tympaniques au contraire en ont un fort grand : c'est à eux qu'est suspendu l'appareil branchial.

Il y est suspendu de chaque côte par une branche assez grosse , anguleuse , a , fîg. 8 et 9, et qui représente celle qui, dans les poissons, composée de trois os, suspend tout l'appareil branchial à l'os que je crois représenter le temporal 9 et porte, les rayons branchiostéges (i). On y voit même dans les premiers momens une trace de division.

Entre ces deux branches est une pièce impaire, b, qui répond à la chaîne d'osselets impairs placée dans la plupart des poissons entre les deux premiers arcs branchiaux (2).

 sa pointe postérietire s'attachent latéralemekit deux pièces rhdmboïdales , c, c, au bord externe desquelles sont suspendus les arceaux

(1) M. Geoffroy nomme deux de ces os hj-ostemal et hjrpO'Sternal , et celui qui opère la suspension ^fz7^^a/. Sur ce dernier , je suis entièrement d'accord avec lui.

(2) M. Geoffroy les nomme glossohj-al, basihj-alet urohj-al.

a^O OSTEOLOGtE

qui portent les branchies. Ces deux pièces tiennent lieu des osselets pairs qui termiaeni ta chaîne dont je viens de parler, et qui , dans beaucoup de poissons , portent les deui derniers arcs branchiaux (i).

Si l'on prend ensuite tes têtards de plus en plus âgés, on voit les branches qui suspendenl l'appareil devenir de plus en plus longues, de plus en plus grêles , et finir par se changer en ces deux longs filets cartilagineux qui supportent l'os hyoïde et l'attachent au crâne un peu au-dessous de la fenêtre ovale. L'angle que leur extrémité antérieure formait en avant devient un petit crochet de ce filet.

En même temps, la pièce impaire et les deux pièces rhomboïdales se soudent, s'étendent, s'amincissent, perdent petit à petit les arcs branchiaux qui s'y attachaient et qui sopt résorbés, deviennent enfin un grand disque | ou bouclier dont les angles antérieurs s'élargissent en fer de hache, dont les postérieurs po^ tent souvent encore dans une échancrure qui les divise la trace des arcs branchiaux qui en

(i) Les tiiytkénëauxdt'M. Geoffroy.

DBS BA.TRA6IEMS. 2g\

partaient y dont le bord postérieur enfin porte deux eornes osseusesqui se sont formées dans les angles postérieurs des pièces paires, et qui pourraient bien correspondre aux pharyngiens inférieurs des poissons (i), en sorte que ces pharyngiens inférieurs seraient tout simplement les cornes postérieures de l'hyoïde.

On voit encore assez long-^temps dans ce grand disque hyoïdien des sutures qui distinguent les trois pièces dont il se compose.

Et ni le sternum ni le larynx ne sont intéressés dans toutes ces variations de forme , ne prennent part à cette composition ; car le larynx se fait déjà très-bien voir avec les poumons qui en dépendent, et le sternum avec les os qui s'y appuient, que l'appareil branchial ou hyoïdien montre fort nettement encore toutes les pièces qui le composent (2).

(1) Les cricéaux de M. Geoffroy.

(2) Tel est l'exposé qui m'a été demandé plusieurs fois des motifs qui m'empêchent de reconnaître que les pièces du sternum et du larynx interyiennent dans la composition de l'appareil branchial des poissons ; ils seront renforcés encore par ce que nous allons voir dans la

292 OSTliOLOGIE

Cependant on ne peut pas dire que le larynx des grenouilles soit moins complet que celui des autres ovipares; il prend même dans le pipa une grandeur et une consistance osseuse tout-à-fait surprenantes (r).

Nous avons montré dans notre pi. 35a, fig. 8 — 3 1 , ces transformations de l'appareil branchial telles qu'elles ont lieu dans la grenouille commune, et (îg. 22 — sS dans \& jackie (Rana paradoxd). Dans toutes ces figures, la branche qui suspend l'os hyoïde est marquée a, la pièce impaire du milieu b, les pièces laté-

sirène et les salamandres, A la vérité . dans les batraciens ne compte pas :

dans la plupart des poissons , inai.s coup que dans ceuï-ci le noinbie et les squales , par exemple , il n'y a d, que deux pièces pour en leprésente de la nioi-ue 011 du turbot.

l'appareil branchial Luiant de pièces que il s'en faut de beausoit constant ; dans uis ta li[;ne médiane ' sept ou même ûeaf

(1) L'organe que M. Schneider a trouvé dans la pottrine du pipa mâle , et qu'il a dpcrit sous le nom de r.ûta pectoralis , n'est »utre qu'un ('norme larynx consistant en quatre grandes pièces parraitenient ossifiées ; une grande plaque Inférieure, répondant jusqu'à un certain point au thyroïde ; une supérieure , au cricoïde , et deux intérieures cylindriques qui sont les arythénoïdes.

DBS BA.TRÀGIBNS. 2g5

raies c, la mâchoire inférieure d, les os tympahiques e.

L^ fîgt 26 représente Tos hyoïde da cra^ paud agiiHp avec le larynx et les poumons; et la fig. 27 , celui de la grande grenouille de l'Amérique septentrionale, placé de manière à laisser voir comment le filet a s'attache au crâne.

§ IV. Des os du tronc.

L'épine des grenouilles ^ fig. :28 (1), est singulière par le petit nombre de ses vertèbres.

On n'y en compte que neuf. Les sept intermédiaires ont toutes les faces articulaires de leurs corps concaves en avant et convexes en arrière; mais ce tubercule convexe qui entre dans la concavité de la vertèbre suivante est produit par l'ossification du carti-

(i) Cette figure et celle des extrémités sont prises de la grande grcnoiûUe d'Amérique.

394 03TK0L0GIE.

lage inter- vertébral. Dans le têtard, les deux faces sont concaves, ainsi que l'a très-bien remarqué M. Dutrochet et que je l'ai vérifié, Ces vertèbres ont de longues apophyses transverses, des épineuses courtes, et des articulaires presque horizontales, les postérieures d'une vertèbre posant sur les antérieures de la suivante.

La première, qui est l'atlas, n'a point d'apophyses transverses, et offre en avant deux facettes pour les deux eondyles occipitaux.

La dernière, A,fig. 39, ou la première sacrée, a au contraire de grandes et larges apophyses transverses auxquelles se suspendent les os des iles, et en arrière elle offre deux tubercules qui s'articulent dans deux facettes d'un os unique, qui s'étend depuis cette vertèbre jusqu'au-dessus de l'anus, et que )'on peut considérer ou comme une seconde vertèbre sacrée, ou comme un coccyx (i).

(1) Comme il ne dépasse pas les os des iles , et qa~il se termine au-dessus de l'anus , j'ai mieux aimé l'appeler sacrum que coccyx. M. Scbidtïc ( dans les Archives physiologiques de Meckel , 1. IV, p. 3fil ) prétend que

DE3 BATBACIENS. 2^

Cet OS est très-long , terminé en pointe cartilagineuse f et relevé tout du long de sa face dorsale d'une crête da&s la base de laquelle le canal vertébral se termine en se rétrécissant beaucoup.

Il y a de la variété dans les apophyses transverses des vertèbres ; la troisième les a ordinairement les plus longues. La vertèbre sacrée les a plus larges et dirigées un peu en arrière. Elles y sont en général plus larges dans les crapauds. Dans le sonneur {Rana bombina), elles s'évasent au point que leur bord externe surpasse leur largeur transverse.

Le pipa , fig. ^itg , n'a que sept vertèbres , parce que l'atlas est soudé avec la seconde , et la vertèbre sacrée avec l'os allongé ou coccyx.

c'est à tort , parce qu'il naît dans la tige cartilagineuse de la queue , qui , dit-il , s'ossifie plus tard que les vertèbres , mais ne disparait point tout-à-Cedt ; or il suffit de regarder un squelette de têtard pour voir que l'os en question ne se forme que dans le bassin et nullement dans la queue.

ag6 osTÉoujdB

Les apophyses transverses de la troisièm et de la quatrième sont très-longues, cybH driqaes, dirigées obliquement en arriére, et terminées par une lame cartilagineuse. Les trois suivantes les ont petites et dirigées obliquement en avant. Celles de la vertèbre sacrée sont si larges et s'évasent tellement en debors, que leur bord externe est plus que double de leur dimension transversale.

g V, De L'extrémité antérieure.

L'épaule de la grenouille est remarquable eu ce que ses trois os concourent à la formatïOQ de la cavité cotyloïde.

L'omoplate, fig. 3o, Si et 02, est divisée en deux parties : une spinale, a , plus large, beaucoup plus mince, et qui ne s'ossifie pas entièrement, conservant toujours un bord cartilagineux (i). Elle s'articule par syn-

(1) M. GeofTroy ( Philos, anat., 1, 118) pense que celle partie spinale n'est que le cartilage qui existe dans toutes las omoplates de mauimifères , etc.; mais ce cartilage existe aussi dans l'omoplate des grenouilles, et prM-

des' BATRAaENS. ^297

chondrose , et en conseryant sa mobilité avec l'autre partie , b^ qui va en se rétrécissant vers le col^ est bien osseuse et plus épaisse que la précédente. Sa face pour la cavité glénoïde est au bord postérieur de son col ; puis l'os s'avance en s'élargissant pour s'articuler avec la clavicule.

L'extrémité humérale de la clavicule^ c^ fig. 3i et 32, est élargie pour correspondre au bord articulaire de l'omoplate. Son angle postérieur contribue à la cavité glénoide , qui a, entre cette partie de ses parois et celle que lui fournit l'omoplate, un trou assez large.

Elle est complétée par Vos coracoidien , d^ id. j qui s'articule à cet effet avec la clavicule et avec l'omoplate.

sèment dans cette partie dorsale , ce qui n'empêche pas que le reste de cette même partie ne soit encore un véritable os, très-fibreux , fort dur dans les grandes espèces, et sëparé par une articulation mobile de la partie humérale ; en un mot , l'omoplate des grenouilles est composée de deux os , sans compter la clavicule et le corarcoïdien.

agS OSTKOLOGIE

Le corps de la clavicule est grêle, ferrae'J droit, et va s'unir à son semblable dans I ligne moyenne.

Le coracoîdien en fait autant; mais il s'é-^ largit beaucoup à sa ligne de rencontre après s'être rétréci dans son milieu.

Le sternum n'a ordinairement que deux pièces ossifiées, placées l'une, e, en avant des clavicules , l'autre , J^, en arrière des coracoïdiens.

La première est large en arrière, étroite en avant, où elle se continue en une lame carth-J lagineuse en forme de croissant. I

La seconde est rétrécie dans son milieu, i large dans ses deux bouts , et se termine par | une lame cartilagineuse syphoîde, aussi en forme de croissant, mais plus large, et dont le bord postérieur ou convexe est fortement échancré.

On ne voit guère entre les clavicules et entre les os coracoïdiens que ce qu'il y a toujours de fibro-cartilage dans les articulations de ce genre, en sorte que l'on peut déjà dire que la jonction de ces os de l'épaule entre e interrompt le sternum.

Il y a cependant des espèces où il s'ossifie aussi un filet intermédiaire ; on voit un filet semblable en g^ fig. 5i et 5a ^ mais dans les crapauds et certaines rainettes, il n'y a pas même de fibro-cartilage.

On voit dans certaines espèces, par exemple dans la grande grenouille d'Amérique, représentée fig. 5i et 32 , Ay à la partie antérieure de la clavicule, une petite pièce triangulaire qui passe par dessus cette clavicule, s'élargit et va s'unir à celle du côté opposé, de sorte que la clavicule ne s'unit à sa congénère que par sa face inférieure. Si ces pièces ne sont pas simplement des épiphyses de la clavicule ou de la pièce antérieure du sternum, il faudra les regarder comme deux pièces du sternum. Les extrémités sternales de la clavicule et du coracoïdien sont jointes dans chaque épaule par un cartilage en forme de croissant , et les cartilages croisent un peu l'un sur l'autre , le droit passant sous le gau^ che comme dans les salamandres (i).

(1) Dans la thèse de M. StefFen ( de Ranis normulis Obs, anat, ) , ces arcs cartilagineux sont considérés comme des pièces du sternum.

5oO OSTÉOLOGIE

Dans ces.[némes espèces, la pièce postérieure du sternum est suspendue en arrière, et entièrement cartilagineuse. L'anlérieure manque totalement.

Il en est de même dans le pipa, fig. 35 eE 34) où seulement les cartilages en forme de croissant et le cartilage xyphoïde ont pris une très-grande extension. Les premiers se joignent sur la ligne médiane sans se croiser; le dernier est rhomboïdal et aussi large que long (i).

On doit remarquer aussi que l'omoplate (dans la partie humérale, b, iù.) est fort petite'; que sa partie spinale, a, a son os fourchu et petit , en comparaison de son cartilage qui est

(I) Or voit une bonne figure de ces parties dans la thèse de M. Bieyer (Ob^erv. anat. circa fabr. Ranœ, Pipte) , pi. II, fig. 1 ; mata l'auteur nDiiime aussi ona stemi antica et postica les cartilages en forme de croissant qui ne fout chacun qu'une pièce , et qui appartiennent à l'épaule bien plus qu'au sternum, comme on peut le voir dans les lézards , où ils esislenl simultanément avec un vrai sternum. En réalité, le pipa . comme les crapauds , comme les salamandres , n'a de sternum que le cartilage xyphoïde.

DES BATRACIENS. ^ 5oi '

Irès^îlatéy et que son coraeoîdien , dy s'élargit beaucoup^ mais obliquement, a son extrémité sternale.

Le sonneur (/{^/i/i bombinà) a le sternum réduit à un cartilage qui se bifurque en arriére en deux longs filets. La clavicule est grêle , arquée y et se recourbe avec son opposée. Le coracoïdien est grêle aussi , et non élargi; mais plus court que la clavicule.

L'humérus^ fig. 35 et 56, a la tête supérieure convexe, un peu échancrée du côté interne. En avant est une forte crête deltoïdale; vers le bas, il est aplati en arrière, et la plus grande partie de sa poulie est occupée par ' une espèce de globe pour Farticulation avec l'avant-bras; il a du côté externe une crête un peu aiguë.

L'os de l'avant-bras, fig. 57 et 58, /z, est court, et se compose d'un radius et d'un eu* bitus soudés ensemble, et qui ne se distinguent que par un sillon de chaque côté dans leur moitié inférieure, et par un double canal médullaire intérieurement.

La tête supérieure -est très-concave; le cubi-

tus s'y porte un peu en arrière et y forme un trèfr-petit olécràne.

Il se forme quelquefois un petit osselet.! séparé dans le tendon des extenseurs de 1' vant-bras.

etH

La tète inférieure est plus grande, oblongue, et a à sa partie cubitale une petite convexité , et à la radiale , une plus large et plus plane.

On compte six os dans le carpe, savoir : deux au premier rang, un radial, b, fig, 38, à face supérieure un peu concave, l'inférieure en poulie oblique ; un cubital c, qui offre en arrière un petit creux pour la convexité dn cubitus; un au second, d, interposé entre le radial et les deux premiers du troisième rang. Ces deux-ci e, e , sont petits, et répondentau métacarpien de l'index et au vestige de pouce. Le troisième et dernier, y, du troisième rang est le plus grand de tous; il répond à la fois aux deux os du premier rang , et porte les trois derniers métatarsiens. En dessous, il donne une assez forte protubérance sous le poignet.

Les quatre métatarsiens diffèrent peu

DES BATRAGIBNS. 3o3

en longueur; celui de l'index est gros et anguleux.

L'index et le médius ont chacun deux phalanges; les deux autres doigts chacun trois. C'est l'index qui est si gros dans les mâles. Le médius est généralement plus court que lui et que l'annulaire.

§ VL De l'extrémité postérieure.

Une singularité du bassin des grenouilles, fig. !28 et 28% c'est la réunion de ses pubis et de ses ischions en un disque vertical qui se biftirque en dessus pour les os des iles.

On pourrait même y contester l'existence séparée du. pubis, qui n'est représenté que par

un cartilage en avant du disque.

La suture de séparation des os des iles traverse directement de l'angle postérieur du disque à son bord antérieur, en divisant en deux la cavité cotyloide. Son aile est très-longue , trés-étroite , rétrécie immédiatement audessus de la cavité cotyloîde , puis un peu dilatée, et ensuite se rétrécissant peu à peu jusqu'à

3o4 OSTÉOLOGIE

son sommet, qui est creux et rempli par un cartilage qui le suspend à l'apophyse transverse de ia dernière vertèbre. Le bord supérieur ou spinal de celte partie allongée de l'os est tranchant; l'inférieur est mousse ou arrondi '.

Dans le pipa, fig. 29, les ailes des os des jles, c, deviennent horizontales en avant, et s'attachent sous les énormes apophyses trauS' verses de l'os sacrum.

Tout le monde sait combien l'extrémité postérieure des grenouilles surpasse celle du de- J vanten longueur et en force. ' 1

Le fémur, fig. 39 et 40 7 ^^^ un long; M cylindrique, un peu courbé en S, à tête supérieure arrondie; l'inférieure un peu dilatée et tronquée, et ayant à sa face postérieure une crête longiludînale pour tout trochati-

Sa longueur proportionnelle, ainsi que celle du tibia, varie selon les espèces,' plus grande dans les grenouilles et les rainettes, moindre dans les crapauds, etc.

La jam^be, fig. 41 > se compose de deux os

DES BATRACIENS. . 3o5

soudés ensemble sur toute leur longueur, comme le métacarpe et le métatarse des ru- 4[ninans/et qui ne font plus sentir leur distinction que par un sillon plus ou moins marqué de leur face antérieure et postérieure, par un trou percé au milieu de leur longueur d'avant éh arrière, et par le double canal médullaire dont leur intérieur est creusé (i).

(1) ]]^. Rudolphi , à en juger d'après plusieurs thèses de ses élèves * , considère les deux grands os du tarse coQdiïie le tibia et. le péroné, et donne à l'os de la jambe le nom de fémur secundàrium; mais cette nomenclature n^estaucunenient Idmissible : non-seulement ce prétendu fémur secundàrium^ serait sans aucun analogue , ihais on peut prouver directement qu'il se compose du tibia et du péroné 1®, par son double canal médullaire; i* par sa direction en arrière ,. tandis que les deux grands os du tarse , comme tout le pied , se dirigent en avant f 3** parce que c'est à lui que s'insèrent les muscles ordinaires de la jambe, soit extenseurs soit fléchisseurs; 4* parce que c'est le long de ses faces que régnent les muscles ordinaires . du pied , gastrocnémiens , tibiaux et. péroniens,

On prétend que les deux os de la jaihbe de la sala-

* Steffen, de Ranis nonnnllis, Obs. anat. , 'Berl. 1815 « p.- 1 8 et 1 9. Klœtzke, Diss. anat. de Ranâ comutâ , Berl. 18 1 6^

3o6 OSTÉOLOGIE -

La tête supérieure Je cet os double est arrondie en avant et en dessus , et forme une demi-poulie pour le fémur; l'inférieure est aplatie, et forme aussi une poulie plus lar^ en travers, pour le pied.

Les extenseurs de la jambe s'y insèrent immédiatement sana rotule, et au plus avec uq léger renflement cartilagineux.

Il n'est pas très-facile d'assigner les noms des os du tarse.

mandre répondeiit aux deux grands os du tarse des grenouilles , que ceux-ci par conséquent sont vraimeot les os de la jambe ; mais , ilans k-s salamandres , on retrouve ces deuK derniers os dans te tarse avec tous les autres: ils y sont seulement de la grandeur ordinaire , et noo pas aussi excessÎTement prolongés que l'organisation des grenouilles pour le saut l'exigeait. Du reste , les os de la jambe de. la salamandre reçoivent et soutiennent les mêmes musclesque l'os unique des grenouilles.

Un autre élève de M. Rudolphi laisse k la jambeM vrai nom, et ce sont les deux longs os du -tarse q nomme crus secundarium , opinion qui serait an t plus sontenable', et sur laquelle l'auteur hésite cepc dant, puisqu'il ajoute vel astragaîus diiplicatus *

' Breyer, Obi. anat. circa fabricam Raoa II, p. 11 et 23.

Pip» , Ba4.U

DES BATRACIENS. , ioj

Les deux principaux , àetb,ÛQ./^2f soudés ensemble par leurs extrémités, laissant entre eux un grand vide ovale , égalent en longueur la moitié de l'os de la jambe ; l'externe est le plus gros; ils sont rétrécis dans leur milieu. Leurs extrémités , renflées et soudées ensemble, présentent à la jambe une poulie articulaire obliquement creusée d'une larjge fosse dans son milieu , et au pied une autre , qui est échancrée en arrière du côté ex« terne , en sorte que celui-ci se termine en petit crochet.

Souvent en arrière de rarticulation de ces deux os avec la jambe se * trouvent un ou deux petits osselets dans le tendon des extenseurs du tarse ou du court fléchisseur des doigts (i).

(1) Dans les thèses que je viens de dter, on appelle ces osselets ro^<//e^ ^, mais leur seide position en arrière répugne à' cette dénomination : aussi , dans l'une de ces thèses , propose-t-on encore pour eux la dénomination de calcanéum , et même dans le pip^ > où il y en a dçux, celle de calcanéum duplex **.

* Breyer, de Pipâ, p. 10; Steffen, dé Ranis nonnullis, p. 1 8 ; Klœtzke , de Ranâ cornutâ , p. 5.

♦* Breyer,.loc. cit., p. il.

3o8 OSTÉOLOGIE

Entre ces deux grands os et le métalarsefl il y en a quatre petits : un triangulaire , c} hors de rang au bord interne, deux anguleux, d et e , sur le métatarsien du pouce , et un très-plat, /, de forme semblable à un scapboïde , qui porte le deuxième et ie troisième mélatarsien.

Le deuxième des anguleux et le plat tiennent à l'interne des deux grands os précédens.

Le quatrième et le cinquième métatarsien tiennent immédiatement au grand os «xterne.

" II y a dans le pipa encore un osselet en dessous des autres.

Les os du métatarse vont en grandissant du pouce au quatrième; le cinquième redevient un peu plus court.

Il en est de même des premières phalanges, qui ont à peu près chacune les deux tiers de la longueur de son métatarsien.

Le pouce et le premier rfoîgt ont chacun deux phalanges; le deuxième doigi

DES BATRACIENS. SOQ

trois; le quatrième^ quatre; et le cinquième^ trois.

Ils Vont en s'allongeant da pouce au quatrième doigt; le cinquième- est un peu phis court que le troisième.

L^os hors de rang ^ c , prend quelquefois assez d'extension pour sembler un vestige de sixième doigt.

ARTICLE II

Des Salamandres et des Axolotls.

§ I. Des Salamandres.

La SALABtANDRB TERRESTRE , pi. 253 , fig. I ^

g et 10^ a le crâne presque cylindrique, élargi en avant pour former la face qui est en demi-cercle, et en arrière, pour ces deux branches en croix semblables à celles des grenouilles, et contenant les oreilles internes^

La composition dé sa tête , qui ressemble à celle des grenouilles pour l'arrière et le des-

5io osTËOLocie

SOU9 du crâne, en dilïère étonnamment par

d'autres parties.

Il n'y a point d'os en ceinture, et tout ce qui peut représenter l'ethmoïde demeure à letat membraneux.

En dessus, le crâne estdivisé presque égalemententrelesdenxfrontaux, c, c, et les deux pariétaux, c , c' . La partie antérieure des frontaux s'articule en avant avec les in ter-maxillaires et les os du nez, et latéralement avec lesfrontaux antérieurs. Les apophyses montantes des inter-maxillaires sont très-larges, ce qui fait que les narines osseuses externes sont très-écartées. Le nasal , g, occupe le dessus de chacune d'elles, entre rinter-maxillaire,y, le frontal antérieur, h, et le maxillaire k. Le frontal antérieur occupe la joue en avant de l'angle antérieur de l'orbite, mais ne descend pas dans cette cavité , dont la paroi antérieure est simplement membraneuse. Je crois cependant voir à l'angle externe du frontal antérieur urt très-petit lacrymal. La partie dentaire du maxillaire se porte en arrière comme à l'ordinaire, mais sans se joindre au plérygoïdien ni au jugal.

Non-seulement je ne trouve que deux occi-

DES BiiTRACIBNS. Si I

pitaux, bf by comme dans les autres batraciens, mais chacun d'eux s'unit intimement avec la partie analogue au rocher, e. Un grand trou rond, bien encadré, sert d'entrée au vestibule, et par conséquent de fenêtre ovale.

Il est fermé dans l'animal* frais par une plaque cartilagineuse , sans tige , et entièrement cachée sous les muscles.

A cet os, remplaçant k la fois l'occipital latéral et le rocher, s'en attachent trois, dont le plus inférieur, le ptérygoïdien , m, rappelle encore par sa figure triangulaire les trois branches dont il est formé dans les grenouilles. Son angle antérieur, comme nous l'ayons dit, n'atteint point le maxillaire, et ne s'y lie que par un ligament; l'interne n'atteint pas non plus au sphénoïde; l'externe règne sous le second des trois os dont nous parlons, l'os intermédiaire, o, celui auquel appartient la facette pour l'articulation dQ la mâchoire.

Cet os est bien difficile à définir;

Je paraîtrai peut-être bien téméraire si je le nomme jugal, car loin d'être placé hori-

5ïa oSTlioLOGlE

zontalement et d'aller en avant joindre le maxillaire, il est transversalement sur le bord postérieur du ptérygoïdien . Il y a cependant un ligament qui l'unit à la pointe postérieure du maxillaire.

Le troisième et le supérieur des trois os dont je parle, n, est collé sur le précédent et dans la même direction ; il est oblong et plat, et s'attache par son extrémité interne sur l'occipital latéral , sans atteindre jusqu'au pariétal. En supposant que le jugal soit bien nommé, celui-ci sera le tympaniquej et en effet, si la platine qui couvre la fenêtre ovale avait un manche, il passerait derrière l'os dont nous parlons, comme dans les grenouilles il passe derrière le tympaniquë.

En dessous, il n'y a qu'un seul sphénoïde, d, oblong; deux larges os triangulaires, /, qui sont manifestementanalogues à ceux que dans les grenouilles nous avons nommés vomen, forment le plancher des narines en dessous, et donnent chacun une apophyse grêle, qui marche en arrière sous le sphénoïde parallèlement à sa correspondante. C'est à ces os et à leurs apophyses qu'adhèrent les deux ran-

DBS BATRAGIKNS. Si 3

gées longitudinales des dents du palais des salamandres (i).

Il y a entre la partie antérieure de ces os, derrière les ^nter-maxillstires y un large espace ovale y qui çi'est rempli que par la membrane du palais. Leur apophyse postérieure et dentaire s'étend presque aussi loin en arriére que le sphénoïde. Peut-être est-elle partagée à certaines époques en deux par une suture y et y distirigue-t-on alors un palatin , mais je n'ai pu m'en apercevoir.

Dans l'orbite, à sa paroi antérieure, est un grand espace membraneux, entre le maxillaire , le frontal antérieur et ce vomer dont je viens de parler;' et c'est au bas de cet espace, et dans une échancrure du vomer, qu'est percée de chaque côté la narine interne.

(1) On ne conçoit pas comment M. Rusconi (Amours des Salamandres t p. 55) a pu dire que ces os sont seulement dentelés et ne portent pas de dents : il faut qu'il n'ait observé que des têtes dont les dents étaient tombées ; autrement la moindre loupe les lui aurait fait voir avec leur émail et tous leurs autres caractères.

3l4 OSTHOLOGIE

Le fond de l'orbite, ou le côté du crâne, entre le frontal et le pariétal, d'une part , et le vomer et le sphénoïde, de l'autre , est occupé par un os oblong , u , dans lequel est percé le trou optique, et q.ui ne peut répondre qu'à l'aile orbitaire du sphénoïde,

C'est précisément cette partie , qui est membraneuse dans les grenouilles, qui n'existe point du tout dans les serpens, où le pariétal et le frontal la suppléent chacun pour moitié, et qui ici se trouve subitement reporté) à la dignité d'un os particulier.

Les deux condyles occipitaux sont trèaséparés i'un de l'autre, et placés aux dent cotés du trou occipital.

La tête des salamandres aquatiques de notre pays, pi. 354. fig- 6, 7 et 8 (où les mêmes lettres désignent les mêmes os que dans la salamandre terrestre de la planche précédente), diffère en général de la terrestre parce que l'ensemble de la tête est plus oblong ; que les narines externes sont plus rapprochées; , que l'espace vide d'entre les vomers est U|^ simple petit trou; que l'os ptérygoïdieii n'e qu'une lame large en arrière, pointue eiiil avant, etc., etc.

leur j

téej "1

DES BATRAGIBNS. 3l5

Elles différent entre elles par des traits assez marqués.

Le Triton gesneri a un. petit trou sur le devant du museau entre le^ os du nez, et au

frontal^ une apophyse pqst-orbitaire pointue, fort marquée , dirigée en arrière.

Le trou devient une petite fente dans ValpestriSf où le museau est plus court , et l'apophyse post-orbitaire plus petite et plus transverse.

Dans le Triton cristatus , l'apophyse postorbitàire est peu marquée, et la région antérieure du crâne, singulièrement rugueuse, n'a qu'un simple enfoncement au lieu de trou.

Dans le Triton punctatus et dans le palmon tuSf l'apophyse post-orbitaire est plus longue, même que dans le Triton gesneri y et sur le devant du crâne, il y a deux lignes un peu saillantes , qui se réunissent en avant comme unY(i).

(1) Ces différences dans les têtes osseuses, jointes à celles que nous indiquerons plus bas dans le nombre des

5l6 OSTÉOLOGIË

Dans la TRès-bHA.rfDE salamandre des monts Alleghany, fig. 5, 4 et 5 , ib. {Salamandra gigaritea Barton) (i), les frontaux principaux et antérieurs sont plus étroits et plus allongés. Les premiers pénétrent en pointe en arrière entre les pariétaux; en avant , ils se porteol jusque sur l'ouverture extérieure des narines, Les nasaux se touchent entre eux et sont placés entre les frontaux, les in ter-maxillaires et les ouvertures des narines.

Les ailes orbitai ressent peu élevées, percées de trous optiques fort petits, et laissent encore entre elles et les rochers un espace menibraneux. Les rochers sont bien distincts des occipitaux latéraux , et s'en séparent -dans

vertèbres, réfutent suffisamiueDt l'assertion de M. Rusconi, qui prétend (Amours desSalamaudres, p- 32} qu£ toutes les abservations sui lesquelles Dufay et M. Lutreille ont établi différentes cspÈces de salamandres aquatiques sont vaines. Apparemment que lui n'en a vu que deux.

(I) fiai ton, Menioir concerning an animai oftheclass of reptilia or amphibia, wbich is kuown by die u of alligator and hellèender.

DES BATRACIENS. 5lJ

leur totalité par un cartilage dans lequel est percée la fenêtre oyale.

Les ptérygoîdiens sont très-larges , et s'articulent par un de leurs* côtés à presque tout le bord externe du sphénoïde. Celui-ci est lui-même très-aplati çt très-large, bes deux vomers portent leurs dents non pas longitudinalement ,, mais en travers , à leur bord antérieur, et parallèlement aux dents des inter-maxillaires et des maxillaires*

La tête des salamandres aquatiques à l'état de larve offre des différences qui mériteraient d'être étudiées mieux que je n'ai pu le faire au milieu de tant d'autres occupations.

Ainsi les os que je nomme T^o/Tzer^ sont moins fixés à la base des narines, et au lieu d'une seule série de dents ,. ils en ont leur surface toute garnie (i). Les apophyses montantes des inier-maxillaires sont plus longues et plus étroites, les maxillaires sont moins développés , etc. ; toutes circonstances que nous re-

(1) C'est une observation due à M. Ruscodî , et que j ai Tenues.

5l8 OSTÉOLOGIE

trouverons dans l'axolotl , et dont il y a des traces jusque dans la sirène.

Les salamandres ont à leur mâchoire inférieure un véritable dentaire , formant la symphyse avec son congénère , et portant les dents à peu prête comme dans le commun des lézards. Le reste se compose , dans les salamandres ordinaires adultes , d'une seule pièce , qui double la précédente à la moitié postérieure de sa face interne, donne une crête coronoïde, une proéminence en arrière , et porte le (ubercule articulaire qui s'y soude intimement.

Dans la grande salamandre d'Amérique, ce deuxième, os est lui-même divisé en deux, un coronoïdien et un articulaire.

L'os hyoïde de la salamandre éprouve dçs changemens analogues à ceux delà grenouille, mais non pas aussi complets.

Dans son état de larve, elle a de même deux branches hyoïdiennes venant des os occipitaux, se réunissant en avants sous la mâchoire inférieure, et un appareil branchial cartilagineux suspendu au point de réunion de ces branches et portant quatre arceaux de chaque côté , attachés , le premier à une tige

DBS BATRACIENS. SlQ

intermédiaire, les trois suivans à une seconde de deux articles, et ces deux paires de tige à une branche impaire , comme nous le verrons plus clairement dans l'axolotl (i).

Les salamandres aquatiques adultes , fig. g , conservent, à l'état osseux , les branches qui y tiennent encore au*<iessous de la fenêtre ovale , et se terminent en avant par une troncature, sous le milieu de la mâchoire inférieure ; mais l'articulation antérieure de ces branches est devenue membraneuse,

La tige impaire , à l'état osseux ^ porte de chaque côté une branche osseuse de deux articles, terminée par une pointe cartilagineuse, et, plus en dedans, une autre branche simple' et réduite à un filament qui va de la tige impaire à la seconde articulation de la branche externe.

Dans la salamandre terrestre , qui qe peut

(c) M. Rusconi représente bien cet appareil dans sa Descr. anat. des organes de la circulation des. larves de Salamandres, Milan 1817, en îtal., in-4* , fig. 5.* Il donne aussi l'os hyoïde de l'adulte dans la Monographie du Proteus^ Pavie 1819, pi. IV, fig. 10.

OSTËOLOCIB

avoir été qu'un temps très-court à l'état de larve, tout reste cartilagineux. Les deuï branches suspensives ou cornes antérieures sont minces et plates, et ne tiennent pas aa crâne; et la tige impaire avec ses deux branches de chaque côté soudées par leurs deus bouts ne forme plus qu'un seul cartilage en chevron , dont chaque branche est percée d'un grand vide.

Ce reste ou vestige, d'appareil branchial n'empêche point qu'il n'existe aussi un larynx et un vestige de sternum; à la vérité l'un el l'autre faibles et membraneux plutôt que ca^ tilagineux.

L'épaule des salamandres (fig. lo et ii, prises de la salamandre aquatique) est fort curieuse par la prompte soudure de ses trois os en un seul , qui porte la fossette glénoïde à son bord postérieur, envoie vers l'épine un lobe carré iln peuélaj'gi dans le haut, qui est l'omoplate, et vers la poitrine un disque arrondi, légèrement lobé , qui se compose de la clavicule et du coracoïdien, où l'on voit assez long-temps une suture qui leg sépare, et où il reste même toujours un petit trou. L'omoplate a son bord spiual augmenté d'un pro-

DES BATRACIENS. S^S^t

longement cartilagineux. Le disque cléido-cofracoïdien est aussi entouré- d'une grâtide lame cartilagineuse en forme de croissant, qui croise sur sa congénère sôus la poitriiie , car il ne reste absolumeJtit de vestige de sternum qu'une lame cartilagineuse placée en arrière des deux précédentes, et qui représente le xiphoide.

« L'atlas delà salamandre, fig. 12, a, s'articule avec la tête par deux facettes concaves, et avec la seconde vertèbre par la face de son corps qui est aussi concave; car, à l'inverse des grenouilles et des lézards , toutes les faces antérieures des corps des vertèbres sont convexes dans les salamandres, et toutes les postérieures concaves; le dessus en est plat.

Les apophyses articulaires sont horizontales et réunies de chaque coté par une crête qui , jointe à celle de l'autre côté , donne à la ver* tèbre une sorte de toit rectangulaire, mais à bords latéraux un peu rentrans. Les posté-^ rieures d'une vertèbre posent sur les antérieures de celle qui la suit. Il n'y a pour apophyses épineuses qu'tme légère apparence d'arête longitudinale. Le corps, cylindrique,

$aa osTioLociB

rétréci ilans son milieu , adhère snus le (oit

tlpnt nous venons de parler.

Les apophj^ea transverses adhérent de même sous les crêtes latérales et sont dirigées un peu en arriére, et divisées par un sillon à chacune de leurs faces, en sorte que leur extrémité a comme deux tubercules pour porter ceux dans lesquels se divise la base de la petite côte. Il y a de ces petites côtes à toutes les vertèbres du dos et des lombes, excepté à l'atlas , mais lonjjiies seulement de deux ou trois lignes. Elles sont fort loin de pouvoir entourer le tronc ou arriver jusqu'à un sternum.

Parmi les J'riton gesneri a plus relevée et terrestre; elle Triton alpestris, palniatus; mais, cieément le Tr.

effacée , et où preBque plaoe.

Les vertèbres de la queue, au nombre de vingt-cinq ou vingt-six dans la salamandre ter-

alamandres aquatiques, le la crête des vertèbres dorsales plus aiguë que la salamandre l'est aussi un peu plus dans le et même dans Xepunctalus elle , ce qui est singulier , c'est précristalus qui a cette crête plus le dessus de la vertèbre est

DES B4TRACIEI^S. 525

restre, pi. ^55, fig. i , ont des crêtes et des apophyses transverses comme celles du dos ; ces dernières deviennent de plus en plus petites , et^ à compter de la troisième caudale, il y a sous le corps une lame transverse dirigée obliquement en arrière, percée d^un trou à sa base qui Remplace les os en chevron des lézards et des autres animaux à longues queues.

Je compte trente-trois caudales au Tr. alpestris et au cristatus ^ trente-quatre au Tr. gesnerij trente-six au Tr. punctatus. Elles forment une queue aplatie latéralement, à cause de l'élévation de leurs crêtes supérieures et inférieures.

Les os des membres sont proportionnés à la petitesse des membres eux-mêmes.

L'humérus a, dans le haut, une tête ronde; un peu plus bas, en avant, une tubérosité comprimée et obtuse, et en arrière, encore un peu plus bas, une autre très-pointue. Sa tête inférieure est aplatie d'avant en arrière, élargie pour arriver aux condyles , entre lesquels est une tête articulaire, ronde pour l'avant-bras , et au-dessus , en avant , une petite fossette.

524 USTKOLOGIB

La salamandre aquatique l'a moins élai^i dans le haut que la terrestre.

L'avant-bras se compose de deux os séparés. Le radius a une tête supérieure ronde, un corps rétréci , et une tète inférieure comprimée et élargie. Le cubitus est plus égal dans sa grosseur; son olécràne est très-court et arrondi.

Le carpe a cinq os el deux cartilages qui en tiennent lieu, sept en tout; tous plats, anguleux, disposés un peu comme des pavés, el annonçant déjà, à quelques égards, ce que nous verrons dans l'ichtyosaurus.

Au premier rang, il y en a deux, dont le plus petit, radial, est cartilagineux. Le plus grand tient au radius et au cubitus. Entre eux en est au second rang un seul; puis 60 viennent au troisième rang quatre pour les quatre métacarpiens. Le premier reste cartilagineux; les métacarpiens sont courts, plais, rétrécis dans leur milieu ; je ne trouve qu'une phalange ossifiée au premier doigt, deux au second et a» quatrième, et trois au troisième.

C'est une chose très-singulière que la va-

riété des points où le bassin s'attache à Té-* pine. J'ai des individus de salamandre terrestre où il est suspendu à la quinzième vertèbre (l'atlas compris) , et d'autres où il l'est à la seizième.

M. Schultze en a vu une (i), dont il ne détermine pas l'espèce y où il l'était d'un côte à la seiz^ième y de l'autre à la. dix-septième.

Quant aux salamandres aquatiques , je l'ai constamment trouvé suspendu à la quator* zième dans le Triton palmatus et le TV. alpestrisj à la quinzième , dans le Tr. punctatus et le 2>. gesneri ; à la dix-septième ou à la dixhuitième j dans le TV. cristatus. J'en ai même un individu de cette dernière espèce où il l'est d'un côté à la dix-septième , et de l'autre à la dix-huitième.

Ce bassin est tout autrement fait que celui des grenouilles; la vertèbre qui le porte est semblable à celles qui la précèdent^ et' a^ comme elles ^ de chaque côté une petite

(1) Archives physiologiques de Meckel, etc., t. 4, p. 379 , note.

5j6 ostéologie

côte, à l'extrémUé de laquelle l'os des iles

est suspendu par un liframent.

Il est cyliudrique, et s'élargit ud peu en arrivant à la cavilé cotyloïde. Le pubis et l'ischion se soudetitrun à l'aulie, el forment, avec ceux de l'autre côté , dont ils demeurent distincts, un grand disque , concave en dessus, plat en dessous, coupé carrément en avant et à !a partie antérieure des côtes, échancré latéralement et rétréci derrière les ftwses cotyloïdes, terminé en arrière en arc concave.

Le pubis est bien plus long-temps cartilagineux que l'ischion, avec lequel il s'unit par une suture qui fait une croix avec la symphyse, et en avant de cette symphyse est un cartilage en forme d'Y dans les muscles, qui rappelle les o$ marsupiaux des didelphes.

Le fémur a une tête supérieure ovale; à la face interne du col, une apophyse trèspointue , tenant lieu de trochanter; la tête inférieure, élargie et aplatie d'avant en arrière.

Il y a deux os à la jambe.

DES BATRACIEIVS. S 2^

Le tibia ; fbrt gfos dsn^ le baut^ porte en avant uriearete.({ui 6e détache de la partie su- |)érieure del'ois^ en nne tigfé grêté, ressemblante an vestige de péroné de divers Mngeurs; ëe qui n'empêche pas qu*il n*y ait un vrai 'péroné aussi gros'que le tibia ^ et qui descend un peu plus bas.

Le tarse a neuf ps^ tous plats et disposés en pavé. Le rang inférieur en compte cinq pour les cinq métatarsiens; le5 quatre autres sont comme il suit : un petit , tibial/au bord interne; un grande péronieq, au bord éxrterne; un ôblong entré deux , placé obliquement et répondant au tibia et au péroné ; enfin un carré au milieu de. toùsjes autres^.

Je né trouvé qu'une phalange aii premier doigt; détik ati second;' trois au troisième et au quatrième; deux au défnier.

Oiitre lé squelette dé salamandre terrestre^pi. 255^ fig. i^.on voit, pi. 254» la tête et les os séparés du tronc et des membres.de la salamandre aquatique au double de leur grandeur naturelle. Les j5g. 6, 7 et 8, représentent la tête vue par-dessus, par-dessous et de côté; la fig. 9, Tos hyoïde; les fig. 10

Sao OSTHOLOGIE

et ti, l'épaule et le sternum; la fîg. ia^ |( six premières ve?^tèb''es; les fig. i3 et 14 l'ha* mérus dépouillé de ses têtes supérîetires et i»-' fërieures cartilagineuses; la fig. i5, l'avaiitbras et Ja main; les fig. 16 et 17 , le bassinf la fig. 18, le fémur, également dépouillé dft< ses têtes cartilagineuses; la fig. ig, la jamfag^ et le pied.

-'»"l'* '■•t°^.-m'fja:ololl.

t AXOLOTL (t) tient beaucoup de la sala-! mandfe, et surtout de sa larve. Son crànej pi. 2^4,, '^S' ^4 ?•■ ^5 (les mêmes lettres y sont placées aux mêmes os que dans la salamandre), est plus déprimé; son sphénoïdf plus large et plus plat; ses os propres du ne» proportionnellement plus petits; les apophyses montantes desesinter-maxillaires plus longu^ et plus étroites; n^ais surtout, au lieu de cei os larges et fixes que j'ai appelés vomers ou paWti^i^p il a dçux,plac{ues;oblQngues,,4^'^

(1) J'ai doDné Jaiis 1h I" volume des Observa zoologiqiies de M. de ïïuinlwlilt , une description M* l'axolotl, avsc des figures parmi lesquelles plusi^enii^. sont reUtÎTes à son squelette; mais on n'y rbit pulw sutures'des os de ja.tèlâ.

chées du crâne ^ chargées de dents en quinconce, et se continuant avec les ptérygoïdiens ^ qui les atteignent parce qu'ils sont plus longs que dans la salamandre^ et qui portent aussi des dents en avant à leur bord externe. En arrière , ces ptérygoïdiens sont élargis y sans toutefois s'articuler au sphénoïde comme dans la salamandre des monts Alleganys.

L'espace membraneux entre l'orbitaire et le rocher est aussi plus considérable que dans les salamandres.

La mâchoire inférieure de l'axolotl a un dentaire régulier , formant la symphyse et la plus grande partie de la face externe , et armé le long de son bord supérieur de petites dents fines et pointues; un articulaire, qui double la partie postérieure de la face interne du précédent^ forme l'angle postérieur, et porte le tubercule articulaire; enfin un vrai operculaire , long et mince , couvrant à la face interne l'intervalle des deux précédens, mais garni partout de très-petites dents pointues eu quinconce.

C'est la structure que nous retrouverons

55o OSTEOLOGIE

dans ta sirène, avec cette diiTérencc que le dentaire n'y a point de dents , mais qu'on en voit seulement à l'operoulaire.

Dans tous les axolotls que j'ai examinés, l'appareil branchial était demeuré cartilagi* I

11 consiste en deux branches suspensoires ou cornes antérieures attachées au crâne sous la fenêtre ronde, portant une pièce impaire, à laquelle s'attachent de chaque côté deiUl branches latérales; la première porte le pre*! inier arceau des branchies; la seconde, les trois autres. Le premier de ces arceaux a des dentelures à son bord postérieur; le dernier, à son bord antérieur ; les deux intermédiaires, à leurs deux bords. Sous la pièce impaire eii est encore une qui se porte en arrière, cl dont l'extrémité se bifurque,

C'e»t ce qui existe dans les larves de salamandre, et presque littéralement ce que nous allons voir, mais en partie très-ossifîé , dans la sirène.

Tout le reste de l'ostéologie de faxolotl reproduit celle de la salamandre, mais d'une salamandre non encore parfaitement adullc;

seulement les os des membres sont plus grêles, les apophyses épineuses des vertèbres un peu plus hautes, et surtout les faces articulaires de leur corps concaves l'une et l'autre , ainsi que l'a bien observé sir Everard Home. Le bassin est suspendu à la dix-*septième ; il y ^ des cotes à toutes, excepté à l'atlas ; la queue en a vingt-trois.

Plus j'ai examiné de ces animaux, et plus je me suis convaincu qu'ils sont des larves de quelque salamandre inconnue, mais ce ne peut pas être, comme je l'avais soupçonné, la larve de celle des monts Âlleganys, car nous en possédons maintenant une bonne figure (i), et elle ressemble à son adulte beaucoup plus que ne fait l'axolotl. La concavité des deux faces du corps des vertèbres

(1) Je considère du moins comme telle wie larve l<mgue d'mi pied et plus , qui me parak entièrement semblable à cette grande salamandre , sauf les branchies qu'elle conserve , et do/it un individu , envoyé du lac Saint-Clair au docteur Mitchill , a été dessiné par M. Milbert. Les cicatrices que l'on voit à la grande salamandre ' prouvent bien qu'elle conserve très-lonf;-temps ses branchies.

ne me paraît nullement devoir détourner de* cette idée , comme l'a pensé M. Home, allen-f du que j'y trouve un cartilage inter-verlébrali qui pourrait bien se fixer et s'ossifier dans; l'adulie. C'est précisément ce qui arrive dans' les autres batraciens, qui, ainsi que l'a ob-' serve M. Dutrocbet, ont à l'état de larve les deux faces du corps de leurs vertèbres concaves comme l'axolotl.

De la Sirène et da Proteus,

§ I. De la Sirène.

ien sure- i

La SIRÈ^E (Siren lacertina L.) est bien sûrement l'un des êtres les plus remarquables de la classe des reptiles et de tout le régne animal, par les anomalies de son organisation, et par ces rapports apparens avec des famille* et des classes diverses qui étonnent toujours' le naturaliste quand il les rencontre. Chacun ^ sait que l'on en doit la connaissance à UQ médecin de Charlestown, nomme Alexandre, Garden, qui en envoya en 1765 et 17G6, une

description et des individus à Linnœus et à J. EUis. Sur rassurance qu'il donna que cet animal ne change point de forme^ Linnœus se décida à créer pour lui un ordre particulier d'amphibies sous le nom de meantesj mais son assentiment ne détermina point celui de plusieurs autres naturalistes de distinction : Fallas (i), Hermann (2), Schneider (3), M. de Lacépède (4)^ ne virent dans la sirène que la larve de quelque grande salamandre inconnue 9 et Camper^ suivi par Gmelin ^ alla même jusqu'à en faire un poisson du genre des anguilles (5).

Il y a dix-sept ans que , dans' un mémoire lu à l'Institut le 19 janvier 1807, et inséré dans le premier vol. des Observations zoolo-^

(1) Nos^. Comment. Pelrop,, t. XIX, p. 438.

(2) Commentarius Tabulœ qjffimtaium jénimalium , p. 256.

^ (3) Histor. Amphihior. nat, et litteraria , I, 41.

(4) Hist. nat. des Quadr. ovip., I, 611.

(5) Opuscules, trad. franc., II, 292.

354 OSTEOLOGIE

giques de M. de Humboldt^ p. gS, j'ai essayé d'établir , par des observations faites sur ]'ostéologie et la splanchnologie de la sirène^ que, quelques changemens qu'elle puisse subir, c'est un reptile d'un genre à part^ qui ne peut prendre de pieds de derrière, et dont toute la charpente osseuse diffère essentiellement dé celle des salamandres; que même il n'y a aucune probabilité qu'elle change jamais de forme ni qu'elle perde ses branchies , et que c'est par conséquent un véritable amphibie, qui respire à volonté pendant toute sa vie, ou dans l'eau avec ses branchies , ou dans l'air avec ses poumons.

Le temps n'a fait que confirmer ces conjectures.

D'une part on a publié à Londres, en 1821 , la correspondance de Garden avec Linnaeuset avecEllis (i), où l'on voit que ce médecin avait observé des sirènes depuis la loiigueur de quatre pouces jusqu'à celle de trois pieds

(1) À Selectiou of the Correspondence -of Linnaeus and other naturalists , by sir Jaines Edward Smitb y 2 vol. in-8*, Lond. 1821.

et demi; qu'il s'était assuré que dans toute la province on n'avait^ à l'exception du crocodile, aucun lacerta (ni saurien, ni salamandre) qui passât six ou sept pouces (i), et qu'il avait fini par se convaincre qu elle est ovipare et qu'elle propage sans quitter ses branchies (2).

D^autre part^ tous les voyageurs, tous les naturalistes américains (5), ont confirmé les faits annpncés par Garden; plusieurs sirènes de toute taille ont été envoyées en Europe » toujours avec des branchies et sans vestige de pieds de derrière. Tout nouvellement encore en 1822, le docteur Mitchill de New-York, dans une note adressée à notre Muséum , en décrit une espèce beaucoup plus petite , rayée et tachetée de blanc, et rapporte que toutes les deux rendent leurs œu(^ pour peu qu'on leur

(1) Voyez sa Lettre du 4 août 1766, p. 321 du 1" vol.

(2) Lettre du 20 juin 1771 , p. 334.

(3) Voyez surtout Barton , Some accouut of the Siren lacertina and other species of thc same genus , Philadelphie, août 180B.

presse l'abdomen , bien que leurs branchies soient dans toute leur vigueur.

Cependant M. Rusconi, médecin de Milau, dans un ouvrage sur le proteus , a eneore élevé des doutes contre tous ces témoignages, et même, dans un écrit plus récent intitulé Amours des Salamandres, il croit être arrivé à la démonstration des métamorphoses de la sirène, parce qu'un voyageur allemand lui écrit avoir vu au Muséum des Chirurgiens de Londres une sirène à quatre pieds et sans branchies.

On a peine à concevoir que ce voyageur ne se soit pas informé un peu plus exactement de ce qu'il voyait, ou que M. Rusconi ait fait si aisément fond sur son témoignage. Ce reptile à quatre pieds, très-dilTérent de la sirène par plusieurs caractères essentiels, était bien connu de Garden , qui l'avait décrit et caractérisé dans ses lettres à Linnaeus (i), et l'avait nommé , dans cellesàElIis, ^mplûuma means (2). Le docteur Mitchill en a envoyé,

(1) Leure du 2o'jaln'l'7^ï ," p! 333,' '". '' ' '

(2) LeUre Ju 15 mai 1773 , p. 599;

DES BATRACIENS. S5j

en 182:^9 une description fort exacte à notre Muséum , et il en a paru ui^e autre par le docteur Richard Harlan , avec une lithographie par M. Lesueur , dans le Journal de l'Académie des Sciences naturelles de Philadelphie du mois de mai iS^S. Il y en a même une dans le Médical Recorder de juillet 1822, où on le nomme Chrysodonta larvœformis .

Cest encore un genre à part, plus voisin du proteus que de la sirène^ par ses quatre pieds , mais différent de l'un et de l'autre parce que^ du moins dans son état adulte ^ il n'a point du tout de branchies , et que les ouvertures percées aux côtés de sa gorge paraissent ne servir qu'à l'évacuation de l'eau , comme les évensdes cétacés. Ses pieds de devant n'ont que deux doigts , et non pas quatre comme à la sirène, ni trois comme dans le proteus : ceux de derrière n'en ont aussi que deux , et en cela ils ressemblent à ceux du proteus. Ses dents sont encore très-différentes; il n'en a qu'une rangée autour de chaque mâchoire, et deux rangées longitudinales dans le palais : toutes ont à leurs pointes un éclat doré. Ses petits rudimens de côtes sont aussi faibles que ceux du proteus.

Ce n'est donc point d'après Vamphiuma qu'il faut juger de Ja sirène , mais d'après ellemême; pour cet effet y je m'en suis procuré encore quelques-unes , et j 'y ai vu une ostëologie tellement finie ^ tellement durcie^ qu'il m'est impossible de croire qu'elles ne soient pas adultes^ et je ne doute pas que les anatomistes qui verront les têtes que je vais décrire ne partagent mon avis; cependant les branchies des individus dont j'ai tiré ces squelettes et ces pièces osseuses étaient parfaitement entières, et leurs poumons complètement développés et riches en vaisseaux trésremplis. Je ne doute donc pas non plus qu'ils ne se soient servis des uns et des autres.

On avait fait l'objection qu'il doit leur être impossible d'inspirer de l'air sans côtes ni diaphragme y et sans pouvoir, comme les tortues et les grenouilles, le faire entrer par les narines et l'avaler , puisque leurs narines ne donnent point dans la bouche, et que les ouvertures branchiales doivent le laisser échapper. Mais des observations plus exactes que celles que j'avais pu faire d'abord sur des individus mal conservés, m'ont appris que les narines communiquent avec la bouche par un trou percé , comme dans le proteus.

DBS BATRACIENS. SSg

entre la lèvre et Tes du palais qui porte les dents (i).

Les opercules membraneux de leurs branchies sont musculaires intérieurement , et capables d'en fermer hermétiquement les ouvertures; alors il leur est bien aisé, en dilatant leur gorge, d'introduire de l'air dans la bouche , et de le forcer ensuite, en la contractant, à entrer dans leur larynx. A défaut de narines, ils pourraient produire le même effet en entr'ouvrant un peu leurs lèvres, et j'applique cette théorie au {>rojtée comme à la sirène.

L'existence simultanée d'un larvnx et d'une trachée artère avec un appareil branchial nonseulement permanent, mais parfaitement ossifié dans plusieurs de ses parties, est aussi un fait sur lequel je dois rendre mes lecteurs attentifs, et qui achève de prouver

(1) Pai fait cette recherche sur l'invitation de M. Oken (Isis de 1821 , XII* cahier), qui y mettait avec raison de l'importance , attendu que cette communication des narines avec la bouche est pour lui le principal caractère distinctif entre les reptiles et les poissons.

34o 08Té0U>GlE

œ que déjà nous avions rendu assez évident aux articles des grenouilles et des salamandres : c'est que l'appareil branchial n'est autre qu'un os hyoïde plus compliqué , et non pas une combinaison de pièces provenues du sternum et du larynx.

C'est des salamandres que la sirènb se rapproche encore le plus par la tête , bien que ni la forme générale , ni les proportions des parties ne soient pas à beaucoup près sem« blables (i).

Le museau est rétréci en avant , à cause de l'excessive réduction des maxillaires , qui De consistent que dans un très-petit point osseux. En arrière est une forte crête occipitale sur les pariétaux et les rochers. Les pièces qui portent la mâchoire inférieure', au lieu d'être transverses comme des branches de croix , se dirigent obliquement en avant , etc.

Les pariétaux (pi. 355, fig. i — 6, c) occu-

(1) Les seules figures ostéologiques que l'on ait de la sirène sont celles que j'ai données dans les Obsenrations zoologiques de M. de Humboldt ; mais les os de la tête n'y sont pas détaillés.

DBS BATRACIENS. 54 1

pent la plus grande partie du dessus du crâne. Us ont ^ en avant ^ chacun une pointe qui s^écarte pour loger entre elles deux la partie postérieure des frontaux principaux ^ c. Ceuxci ont chacun une rainure dans laquelle se loge la pointe postérieure de deux os grêles , g, qui marchent à côté l'un de Tautre jusqu'au bout du museau. A leurs côtés en sont attachés deux autres , f, grêles et pointus en arrière 9 qui descendent et s'élargissent pour soulever le bord antérieur de la mâ^

ehoire.

Je suis porté à prendre les premiers pour des nasaux , les autres pour des inter-maxillaires. Ceux-ci ne portent point de dents , mais leur bord est tranchant et garni dans l'ani-^ mal frais , ainsi que celui de la mâchoire inférieure, d'une gaine presque cornée , qui se détache aisément de la gencive^ et qui a son analogue dans les têtards de grenouille. Entre eux y au bout du museau osseux , est une ouverture; mais ce n'est pas celle des narines. Dans l'animal frais , elle est fermée^ et la narine est percée de chaque côté en dehors de l'inter-maxillaire. Que Tinter-maxillaire adhère au côté externe du nasal , c'est ce que nous voyons dans le crocodile; que la narine

soit en dehors de l'apophyse montante de l'inter-maxillaire , c'est ce qne les reptiles nous montrent tous /excepté le crocodile; mab ce qui est particulier à la sirène, c'est que Tinter-maxillaire, remontant jusqu'au frontal, rende le nasal entièrement étranger au cadre de la narine externe. Le maxillaire donne au nasal la même exclusion dans le caméléon y comme nous l'avons vu.

Un très-petit os suspendu dans les chairs, k y en dessous de la narine externe et sans aucune dent y est le seul vestige de maxillaire que j'aperçoive.

La cavité de la narine est couverte en dessous d'une simple membrane ligamenteuse.

La narine interne est , de chaque côté , près de la commissure des lèvres, entre la lèvre et les dents palatines.

Tout le dessous du crâne et de la face se compose d'un grand et large sphénoïde , rf, qui s'étend depuis le trou occipital jusqu'aux inter-maxillaires.

Les côtés du crâne, dans la région orbi taire et le devant de la temporale , sont fermés par un seul os, u, dans lequel sont percés, en

avant, le trou olfactif, plus en arrière le. trou optique , et un autre trou pour la première branche de la cinquième paire ^ et probablement pour les petits nerfs de l'œil.

La face inférieure de cet os latéral , Uy fig. 5 , fait partie du palais aux côtés du sphénoïde. Il est sensible qu'il fait les fonctions de la partie orbi taire du sphénoïde ou de ce qu'on a appelé le sphénoïde antérieur, mais qu'il remplit aussi en partie celles de l'eth-^ moïde.

Entre lui et le rocher est un grand espace membraneux , dans lequel est percé le trou du reste de la cinquième paire.

Le rocher, e, et l'occipital latéral, i, sont parfaitement distincts. C'est dans le rocher seul qu'est percée , ou plutôt coupée , la fenêtre ovale ; mais la partie inférieure de son cadre est cependant complétée par l'occipital latéral et le sphénoïde. Son ouverture, qui est grande , se dirige un peu vers le bas. Dans l'état frais, elle est fermée par une plaque cartilagineuse ou étrier, semblable à çè qu'on voit dans la salamandre.

Il n'y a que le seul os tympanique, o , cojlé

344 OSTEOLOGIE

obliquement par sa tige postérieure sur la face supérieure du rocher, et s'élargi&sant en dessous presque comme une trompette ^ pour fournir une large facette à la mâchoire inférieure.

Je ne trouve ni mastoïdien, ni ptérygoklieDy ni jugal, ni occipital supérieur, ni basilaire; ces deux derniers sont même impossibles, vu la position de ta suture qui sépare les occipitaux latéraux.

Au palais, sous la partie antérieure et latérale du sphénoïde et de Porbitaîre, sont collées deux plaques minces, toutes hérissées de dents en crochets. On les voit enj, fig. 3, en place, et fîg. 5, détachées. On pourrait les prendre pour des vestiges de vomers et de palatins , ou, si on Taime mieux, de palatins et de pté^ rygoïdiens; mais je ne leur trouve pas des rapports assez marqués pour leur attacher ces noms. La. première, qui est la plus grande, porte six à sept rangées obliques de dents pointues, et faisant la carde. Celles du milieu • ont chacune douze dents; les antérieures et les postérieures en ont moins. La seconde plaque porte quatre rangées de dents pareilles, cl\acune de cinq à six dents.

La mâchoire inférieure de la sirène se compose de quatre os de chaque côté : un, s, fig. I et i', qui" forme la symphyse et le bord tranchant de la mâchoire, qu'il revêt extérieurement juêque vers son extrémité postérieure. On ne peut s'empêcher de le reconnaître pour l'analogue du dentaire ; mais ce n'est pas lui qui porte les dents , et il a seulement son tranchant revêtu dans l'animal frais d'un e couverture cornée, analogue à celle qui forme le bord opposé à la mâchoire supérieure. L'extrémité postérieure de ce tranchant, plus relevée que le reste du bord de l'os, sert d'apophyse coronoïde.

Le second' os 9 /*, îd., fait la plus grande, partie de la face interne et l'angle postérieur , et porte en dessus le troisième, t, qui est le tubercule articulaire.

Enfin le quatrième, fig. i% est une lame mince et étroite , qui fait l'ofiice de l'operculaire, et couvre à la face interne un vide laissé entre les deux premiers.

Tout cet os est chargé de petites dents pointues, disposées en quinconce comme celles des plaques du palais.

546 OSTEOLOGIE

Je n'ai pas besoin d'insister sur le peu d'aocord de cette composition de tête ^vec la théorie des trois ou des cinq vertèbres ; chacun le sentira à la moindre réflexion.

L'os hyoïde de la sirène, fig. i et 7, est un os hyoïde de larve de salamandre ou d'axolotl , mais très-ossifié dans plusieurs de ses parties.

La branche suspensoire ou corne antérieure , ^ , est un os plus gros et plus long qae Phumérus , dilaté à ses deux bouts , rétréci dans son milieu, suspendu au crâne par un ligament.

La première pièce impaire, A, est également un os très-dur, dilaté en avant, comprimé en arrière , rétréci dans son milieu. La deuxième pièce impaire , b' , est un pédicule qui, en arrière, se divise en plusieurs apophyses rayonnantes : le tout est encore trèsosseux. Les deux branches latérales le sont également. La première, t, qui lest la plus grosse , porte le premier arceau des branchies; la seconde , 2 , qui est la plus grêle , porte les trois autres.

Ces arceaux ne sont pas ossifiés ^ mais de-

DES BA.TRACIENS. 547

meurent toujours cartilagineux comme dans l'axolotl y dont ils ont aussi lee dentelures. Us se réunissent par des ligamens à leur extrémité externe^ qu'un ligament rattache aussi à la racine de la corne antérieure.

Nous reverrons encore les mêmes pièces ou à peu près dans les proteus.

L'omoplate de la sirène , 3 j fig. i ^ est grêle , presque cylindrique, rétréciedans son milieu, et augmentée, du côté spinal, d'une lame cartilagineuse.

La clavicule et le coracoïdien sont représentés par deux lobes cartilagineux, fig. 8, a et h y l'un dirigé en avant, l'autre, beaucoup plus large, se poitant sur la poitrine et croisant sur celui du côté opposé. Dans le bord externe de ce cartilage corapoîdien , près et un peu en arrière de la fosse -articulaire, est une lame osseuse semi-lunaire, c, qui est la seule représentation du coracoïdien osseux; mais il n'y a rien de semblable pour la clavicule.

L'humérus, 4? %• ^9 comprimé latéralement dans le haut, d'avant en arrière dans le

548 OSTEOLOGIE

bas^ et rétréci dans son milieu^ a ses extré** mités cartilagineuses.

Il en est de même des deux os de Tavant-brasy 5^ ib. , tous deux assez grêles, et dont rinterne ou le radius est élargi par en bas.

Les os du carpe restent cartilagineux.

Chacun des quatre doigts a un métacarpien et deux phalanges seulement.

Il n'y a bien certainement aucun vestige de bassin et de pied de deriiére , ni osseux ni cartilagineux.

Je ne trouve à un grand individu^ représenté fig. I , que quarante-trois vertèbres dans le tronc et quarante-quatie dans la queue. Celui que j'ai décrit en 1807 ^^ avait trois de plus.

Ces vertèbres, toutes parÊiitement complètes et ossifiées , ne ressemblent certainement à celles d'aucun des reptiles précédens, ni même d'aucun animal.

Leurs corps ont leurs deux faces articulaires creuses, et réunies par un cartilage en

DES BÂTRAaENS. > 349

forme de double cône comme dans les pois-

sons.

Leurs apophyses articulaires sont horizontales, et les postérieures d'une vertèbre posent sur les antérieures de l'autre.

Une crête horizontale de chaque côte va de l'antérieure à la postérieure.

Au lieu d'apophyse épineuse , elles ont une crête verticale^ qui^ à moitié de leur longueur; se bifurque^ et dont les branches vont se terminer sur l'apophyse articulaire postérieure.

Leurs apophyses transverses ^ très-larges, se composent de deux lames , unies à leur bord postérieur jusqu'à leur pointe commune: la supérieure y oblique, venant de dessous l'apophyse articulaire antérieure et de dessous la partie voisine de la crête latérale; l'inférieure venant des côtés du corps , auquel elle tient par une ligne horizontale.

Le corps en dessous est aussi comprimé en une arête aiguë.

Dans les vertèbres qui portent des côtes^ la lame supérieure de l'apophyse transverse est

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d'oars. Ils sont devenus ainsi plus faciles à obtenir ^ et il s'en est répandu un assez grand nombre chez les naturalistes. M. de Schreibers, directeur du cabinet impérial de Vienne, et M. Pictet, célèbre professeur de physique à Genève f m'en ont procuré de vivans ; M. de Zoîs lui-même m'en avait envoyé quelque&-uns, et des plus grands. C'est avec les premiers de ces matériaux que j'avais donné t en 1807^ une description de l'ostéologie de ce reptile dans le P' volume des Observations zoologiques de M. de Humboldty et je la compléterai aujourd%ui avec les autres.

On a d'ailleurs une très-bonne description de ses viscères par M. de Schreibers^ dans les Transactions philosophiques de 1801 , et MM. Configliacchi et Rusconi en ont publié , àPaviCyen 1819, une monographie ornée de très-belles figures^ dans laquelle cependant on ne trouve point encore la division des os de la tête. C'est à cette lacune que nous avqps dû surtout chercher à suppléer.

On a fait (i), pour établir que le proteus

(1) Herniann , Tab. aff. Anim, p. 256 et 257 ; Schneider, Hist. Amphib. nat. et litter., I, p. 45 et suiv.

§ II. Du Proteits (ProteusanguînushBMrenû).

Le proteus ^ cet animal non moins extraordinaire que la sirène , n'a été découvert qu'après elle, quoique bien plus voisin de nous. On en doit la connaissance au baron de Zoïs, gentilhomme de Carniole, pays où ce reptile se montre quelquefois lors des débordemens des lacs souterrains si nombreux dans la contrée. Ce fut d'après les individus recueillis par M. de Zoïs que Laurenti (i) et Scopoli (2) en donnèrent les premières descriptions.

On a cru long-temps que les lacs des environs de Sittich, dans la Basse-Carniole, étaient les seuls dans lesquels on pût en rencontrer; mais on en a découvert récemment dans la grotte d^Adelsberg ou Fostoina, sur la grande route de Trieste à Vienne, dont nous avons déjà parlé à l'occasion de3 ossemens fossiles

(1) Specim. med.dc A mphibiis , Yïenne , 1768/

(2) Annus quintus Histor, nat., p. 70.

554 osTKOi,otir.

rien. Lesinter-maxillaires ont de longues apophyses montantes, entre lesquelles se glissenl les três-peiits nasaux. Leur bord est garni d'une rangée de huit ou dix dents pour chacun. Derrière ces dents inter-maxillairescnest une rangée parallèle, mais qui se prolonge beaucoup plus , en se dirigeant en arrière, le long de chaque côté du palais. Elle appartient aux os que je crois représenter les vomers, gui, plus considérables que les plaques delà sirène, garnissent en dessous la partie antérieure du museau. Chacun d'eux a vinglquatre dents dans sa rangée. Ils se continuent chacun en arrière avec une branche, m, fig. i5, qui porte aussi quelques dents, et qui va s'attacher au bord interne du tvmpanique, eu laissant un vide entre elle et la base du crâne, et ne peut repi'ésenter par conséquent que le ptérygoïdien. Il n'y a conséquemment ni maxillaires ni palatins, ou du moins ils sont réduits à des vestiges cartilagineux ou membraneux. Tout le dessous du crâne est plat et formé par un seul sphénoïde comme dans la sirène. Je ne trouve aussi que deux tympaniques , deux rochers et deux occipitaux. La fenêtre ovale est é lement tout entière dans le rocher.-

Les dents sont donc le principal caractère i]ui différencie la tête du proteus de celle de la sirène , et leur disposition se rapproche de <^lle de la salamandre.

Les narines sont^ comme dans la sirène, sans enveloppe osseuse en dehors ni en dessous : elles pénètrent aussi dans la bouche sous la lèvre inférieure; mais les deux mâchoires étant garnies de dents en avant^ il n'y a point de lames cornées aux lèvres.

La mâchoire inférieure est aussi plus semblable à celle de la salamandre ^ et a le pourtour de son dentaire garni de dents. Elle est assez haute. Son apophyse coronoïde, quoique obtuse, est fort marquée. Le muscle crotaphyte passe sur l'os que nous avons appelé ptérygoïdien : c'est à lui qu'est dû le renflement apparent de la tête.

L'os hyoïde du proteus, fig. i6, diffère très-peu de celui de la sirène et de l'axolotl; seulement ses arcs brahchiaux sont ossifiés comme le reste.

Ses branches suspensoires tiennent, comme à l'ordinaire, au crâne sous la fenêtre ovale. Sur leur réunion est porté en avant un carti-

lage qui soutient la langue , et en arrière Une tige impaire assez longue. A l'extrémité postérieure de celle-ci s'attachent les branches latérales qui portent le premier arceau de chaque côté. Celles qui portent les deux autres arceaux sont petites^ suspendues seulement par des ligamens^ et c'est aussi par des ligamens que les arceaux y tiennent. Ceux-ci 9 5y 4» ^f comme je viens de le dire, sont tous osseux. C'est à leur extrémité ex-* terne qu'adhèrent les houppes branchiales.

La tige impaire n'a point cette seconde articulation fourchue ou divisée en rayons que nous avons vue dans la sirène et dans l'axolotl.

Il y a trente vertèbres entre la tête et le bassin; deux auxquelles ce dernier est suspendu ^ et vingt-cinq depuis le bassin jus-* qu'au bout de la queue : cinquante-sept en tout. Excepté les dernières de toutes , elles sont bien ossifiées.

Les corps des vertèbres^ comme dans la si' rêne et dans les poissons , s'unissent par des faces creuses remplies de cartilages.

Les vertèbres du tronc (voyez le squelette,

fig. i4, et pour les détails, la vingtième vertèbre, fig. 19, vue par-dessus; fig. 20, pardessous; fig. '21 f par le côté; fig. 23, en avant; et fig. ^5, en arrière) sont plus longues à propqrtion que dans les salamandres; plates en dessus, rétrécies dans leur milieu, élargies aux deux bouts pour les apophyses articulaires qui sont horizontales, et posées, les postérieures d'une vertèbre sur les antérieures de la suivante. Il n'y a point d'apophyse ni de crête épineuse , si ce n'est dans les quatre ou cinq premières , qui en ont de petites sur l'arrière; mais dans toutes le bord postérieur de la partie annulaire se relève un peu sur la partie suivante, et y est un peu bilobé où échancrédans le milieu.

En dessous, le corps est comprimé et tran-^ chant, et a de chaque côté , sous la crête qui unit les apophyses articulaires et la dépassant, une autre crête latérale triangulaire qui tient lieu d'apophyse transverse.

C'est à l'extrémité de celle-ci que s'attache, dans les antérieures, le rudiment de côte, et alors l'apophyse transverse est plus courte.

Je trouve de chaque côté sept de ces rudimens^ à compter de la deuxième vertèbre. Ils sont fort petits ^ et leur tête ne se divise pas.

La première vertèbre ou l'atlas est courte et em forme d'anneau. Dans la queue , les vertèbres deviennent de plus en plus comprimées, perdent leurs crêtes latérales, et prennent • en dessous des apophyses qui tiennent lieu d'os en chevron.

Excepté le col de l'omoplate, 5, fig. 17, et Â, fig. 14^ tout le reste de l'épaule est cartilagineux; mais le cartilage est divisé par de profondes échancrures en trois parties, qui répondent à l'omoplate, à la clavicule et au coracoïdien. Les deux coracoïdiens croisent l'un sur l'autre, et il y a en arrière d'eux une lame cartilagineuse xiphoïdale. Je trouva mêoie le péricarde ou cartilagineux ou entouré d'un cartilage qui est peut-être un reste de sternum.

Le bassin est encore moins ossifié , s'il est possible, que l'épaule; à peine trouve-t-on quelque chose de dui*ci dans le cartilage qui répond n l'os des ilcs, et deux petites pla-

DES BATRACIENS. ^ SSq

queSf a, a, ûg. iS, dans celui qui répond à l'ischion.

Les os des quatre pieds«ont leurs extrémités constamment cartilagineuses ^ et sont tous petits et grêles. Il y a deux os à l'avantbras et à la jambe entièrement séparés. Les doigts 9 au nombre de trois devant et de deux seulement derrière , ont chacun un métacarpien ou un métatarsien et deux phalanges ossifiées, mais le carpe et le tarse restent cartilagineux.

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