INTRODUCTION
Aucun perchlorate ne se trouve naturellement dans les substances biologiques, et la technique proposée aujourd’hui a été mise au point pour étudier leur répartition et leur concentration dans les différents organes d’un animal, après injection ou ingestion de perchlorate.
Ce problème présente un intérêt pratique en raison de la commodité de préparation et de purification des perchlorates de bases organiques dont l’emploi peut être envisagé en physiologie et en thérapeutique.
Ces perchlorates sont en effet des sels parfaitement définis, non hygroscopiques, bien cristallisés et généralement anhydres, susceptibles de purifications par recristallisations s’opérant dans de bonnes conditions.
On peut dès lors choisir pour l’expérimentation l'emploi de la base organique sous forme de perchlorate, sans craindre d’action propre de l’ion C10* [E. KAHANE (27) j. Il est vrai que cet ion possède une activité non négligeable, ainsi que l’ont signalé KERRY et RosrT dès 1897 (30), activité se traduisant selon ces auteurs par une augmentation de l’excitabilité du système nerveux végétatif, et par des contractions cloniques du muscle strié. Mais, si nous remarquons que cette action ne s’observe qu’à des doses relativement élevées par rapport aux doses de bases organiques pouvant être utilisées, nous admettrons qu’aux doses mêmes où l’ion perchlorique, combiné aux bases, sera employé, son action propre sera négligeable.
Les recherches des différents auteurs et celles que nous avons entreprises, étudiées plus en détail au chapitre VII, mettent d’ailleurs en évidence le peu de toxicité attribuable à l’ion perchlorique.
Le travail que nous présentons peut se diviser en sept parties.
Dans un premier chapitre, nous passons en revue très succinctement les principaux caractères et les propriétés des acides perchloriques, anhydre ou hydratés, et des perchlorates.
Le second chapitre est consacré aux travaux concernant les différentes méthodes actuelles de dosage de lion perchlorique, et présente deux techniques originales de dosage que nous avons mises au point, et dont l’une est directement applicable aux substances biologiques.
Les modalités en sont étudiées au chapitre III.
Nous poursuivons l’application de notre technique de dosage dans une étude sur l'élimination urinaire de l’ion perchlorique (chap. IV); dans des recherches sur sa répartition dans les différents organes, après absorption (chap. V) et dans la recherche de son sort au cours de la putréfaction (chap. VI).
Enfin le chapitre VII est consacré à des recherches générales sur la toxicité de l’ion perchlorique, à différents étages du monde vivant: animaux, plantes, champignons inférieurs et bactéries.
Avant d'entreprendre l’exposé de notre travail, nous tenons à remercier Monsieur le Professeur FABRE du bienveillant accueil qu’il nous a offert dans son laboratoire de Toxicologie de la Faculté de Pharmacie de Paris et nous permettons d’assurer ce maître bienveillant de notre plus vive et de notre plus respectueuse reconnaissance.
Que Monsieur E. KAHANE, docteur ès sciences, trouve ici l’expression de nos vifs remerciements pour nous avoir journellement prodigué ses conseils éclairés au cours de ces recherches.
Nous adressons à Monsieur P. CHERAMY, pharmacien en chef des hôpitaux, tous nos remerciements pour les
indications précieuses qu'il nous a si obligeamment fournies.
La partie mycologique et bactériologique de notre travail a été exécutée au laboratoire de bactériologie des laboratoires ByLA, à Gentilly; nous remercions vivement notre camarade Michel COMAR, docteur en médecine, pharmacien, de sa bienveillante hospitalité, et notre camarade GAUDUCHON, pharmacien, ancien élève de l’institut Pasteur, de tous les conseils et de l’aide qu’il nous a apportés pour ces recherches.
Merci enfin à tous nos camarades d’avoir contribué à conserver au laboratoire de la Faculté une atmosphère toute de sympathie et de bonne humeur.