FORMATION DES COMPLEXES
THÉORIE DE VLÉS.
Mais les constituants de l’organisme et en particulier les albumines du sang sont formés par plusieurs ampholytes. La question devient donc plus compliquée, puisque nous aurons plusieurs ampholytes en solution dans le
même milieu. Vlès a donné une solution du problème au point de vue théorique grâce à sa conception des complexes (fig. 2 et 3).
Fig. 2. — Charge électrique E de deux ampholytes A et B mélangés, lorsque le p H varie. p Hi, pHiB, points isoélectriques de A et B; Z, zone de p H, où A et B, de charges inverses, peuvent s'associer en complexes (Vlès).
« Un mélange de deux ampholytes A et B pourra, en fonction du pH, donner lieu à la formation de complexes, toutes les fois qu’ils seront dans une zone de pH où l’un pourra fonctionner comme un anion et l’autre comme un cation, c’est-à-dire principalement dans la zone qui sépare les pHi des deux corps; il est facile de voir que ces complexes seront eux-mêmes des ampholytes et auront à leur tour des pHi particuliers, où ils jouiront des propriétés spéciales appartenant à de tels points (en particulier le minimum de solubilité). Lorsqu'il se trouve mélangé un nombre quelconque d’ampholytes, il est possible que les complexes primaires formés entre ces cons-
AMOLRE
tituants du fait qu’ils sont eux-mêmes ampholytes, forment entre eux des complexes de complexes, lesquels peuvent aller, si les conditions de pH le permettent, jusqu’à la constitution d’un complexe global de pHi résultant total » (VIès).
Fig. 3. — Association dans l’échelle des pH, d’ampholytes de p Hi P1, P2,... en complexes d’ordre divers, de points isoélectriques : P2:5, P16, P1-3-4-6... (Vlès).
Prenons par exemple une solution de deux ampholytes H-R-OH et H-R’-OH que nous désignons respectivement par À et B; À ayant son point isoélectrique vers pH 10, B ayant son point isoélectrique vers pH 6. Audessus de pH 10, la solution ne contiendra que des ions protéiques négatifs —R-OH et —R’-OH, en dessous de pH 6, il n’y aura que des ions protéiques positifs *R-H et tR’-H, mais dans les solutions de pH compris entre pH 6 et pH 10, nous aurons un mélange d’ions positifs et d’ions négatifs *R-H et —R’-OH. Ces ions pourront alors former un complexe qui sera également un ampho-
SN as
lyte et aura lui aussi un point isoélectrique. Ce complexe est réversible et, on le voit, ne peut exister que dans une étendue de pH très limitée.
Cette formation des complexes nous permettra de comprendre plus loin la présence du point neutre.