‹ Recherches sur les Perturbations Physico-Chimiques du Sérum Sanguin dans le Choc OpératoireChapitre 22 sur 39 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Toute opération chirurgicale ou tout traumatisme important entraîne dans les jours qui suivent un ensemble de perturbations chimiques ou physico-chimiques du sang.

Dans ces dernières années, ces troubles ont fait l’objet d’un grand nombre de travaux, dont plusieurs ont déjà permis de remédier à certains accidents.

I. MoDiFiCATIONS CHIMIQUES DU SÉRUM SANGUIN A) Dans le choc opératoire.

Augmentation du taux de l’urée, augmentation de la glycémie, diminution du chlore et variation du calcium au cours de la période post-opératoire sont des faits admis aujourd’hui par la grande majorité des chirurgiens.

Citons en particulier les acquisitions toutes récentes sur la chloropénie et l’azotémie post-opératoire.

La chloropénie a été étudiée en 1932 par Legueu et Fey au XXXII Congrès d’Urologie, puis par Fey, à la

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Société Nationale de Chirurgie, en 1933 par Legueu, Fey, Palazzoli et Lebert à l’Académie de Médecine, et par Chabanier et Lobo-Onell dans toute une série de publications et dans un livre qui vient de paraître.

L’azotémie a fait l’objet d’un rapport de Chabanier et Lobo-Onell au XXXI° Congrès d’Urologie en 1931, et plus récemment d’une très intéressante communication de Robineau à la Société Nationale de Chirurgie. A la suite de cette communication, une longue discussion s’est ouverte, à laquelle ont pris part Pierre Duval, Pierre Fredet, Picot et Lambert, et Robineau a pu rédiger les conclusions suivantes :

« L’hyperazotémie post-opératoire et la diminution du chlore sanguin sont en liaison si étroite que l’étude isolée d’un seul de ces éléments perd beaucoup de son intérêt; elles exercent l’une sur l’autre des réactions réciproques. Cependant ni l’une ni l’autre ne sont la cause initiale des phénomènes toxiques générateurs d’accidents; cette cause doit être cherchée dans les tissus. La composition chimique du sang n’est que le reflet, pas toujours immédiat, de l’état des tissus et des glandes chargées de l'élaboration et de l’élimination des produits chimiques. SRE L’acte opératoire libère dans les tissus traumatisés des albumines toxiques; secondairement, on observe une désassimilation de l’azote dans les tissus de l’organisme ; les substances protéiques sont transformées par le foie en urée, et leur abondance insolite explique l’augmentation du taux de l’urée sanguine; le foie semble ne pas remplir sa tâche jusqu’au bout, puisque le taux de l’azote résiduel monte également. D’autre part, la sécrétion rénale diminue; qu’il s’agisse d’une atteinte fonctionnelle ou du mécanisme de l’oligurie relative, le résultat est une élévation de la rétention d’urée dans le sang.

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.....Dans les heures qui suivent l’acte opératoire, les tissus traumatisés, imprégnés d’albumines toxiques, retiennent le chlore qu’ils prennent nécessairement dans le sang. L’hypochlorémie apparaît donc comme une conséquence et non comme une cause... »

Citons enfin l’abaissement du taux du calcium sanguin, étudié à la suite des recherches d’Oppel et de Ssamarin, par Leriche et Jung, notre Maître, R. Simon, puis par Grégoire, Lyonnet et Delavenne et, tout dernièrement, par Ménégaux, Guillaumin et Delavenne dans leur rapport, présenté par Grégoire à la Société Nationale de Chirurgie, où ils constatent qu’à la suite d’une intervention, quelle qu’elle soit « le calcium baisse, comme la glycémie augmente (Lefèvre, Amorosi, Lino), comme l’azotémie augmente en même temps que le chlore diminue, comme la réserve alcaline s’abaisse (de Candia, Leveuf). Ménégaux et ses collaborateurs ont remarqué encore que souvent on peut noter une chute du phosphore sanguin. »

Diverses recherches ont été faites par M. Labbé et ses collaborateurs, et par Chabanier et Lobo-Onell, sur les modifications possibles de l’équilibre acide-base au cours du choc opératoire. Elles ont montré une chute soit immédiate soit secondaire de la réserve alcaline. « L’effet essentiel de tout acte opératoire sur l’équilibre acide-base est d’en déterminer la déviation, soit immédiate, soit tardive (concomitamment alors à une poussée d’azotémie) vers une alcalose de type gazeux, et cet effet est puissant au point de dominer dans la grande majorité des cas l’action antagoniste de phénomènes le plus souvent associés, comme l’apparition d’une cétose, l’hyperproduction d’acides organiques, l’accroissement du SO* plasmatique, etc. » (Chabanier et Lobo-Onell.)

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