‹ Recherches sur les Perturbations Physico-Chimiques du Sérum Sanguin dans le Choc OpératoireChapitre 35 sur 39 · RON · texte numérisé non relu

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Ainsi, jusqu’au sixième jour, nous n’avons constaté que des élévations du point #. Parmi les trois malades étudiés le septième jour, deux présentent encore une élévation, tandis que le troisième (Obs. IX) montre déjà un abaïssement des points isoélectriques.

Nos deux opérés étudiés le huitième jour montrent l’un une élévation (X), l’autre un très léger abaissement (XI).

Enfin, dix jours après l'opération, nous pouvons noter dans les deux cas étudiés un décalage vers les fai-

bles pH.

2° L’étendue des décalages des points isoélectriques.

L’étendue des décalages des points isoélectriques est très variable. Cependant, on peut noter que les différences les plus importantes entre les deux mesures, avant et après l’opération, se retrouvent dans les observations I, II, IV et V, c’est-à-dire parmi celles qui sont le plus rapprochées du jour de l'opération.

La courbe de la figure 15, sur laquelle nous avons porté les différences entre les points isoélectriques 4 avant et après l’opération en fonction du temps, nous montre que ces valeurs ont tendance à diminuer à mesure que l’on s’éloigne de l’intervention, pour devenir négatives vers le dixième jour.

Cette courbe peut être rapprochée de celle établie par Rossier pour le cas des maladies infectieuses (cf.

fig. 7).

3° Causes de ces variations du point isoélectrique *. Quelles causes pouvons-nous invoquer pour expliquer les décalages de * que nous avons constatés?

L’infection, l’anesthésie ou le traumatisme opératoire ?

Variation des différences du pHi « post-opératoires T7 —- en fonction du temps.

Fig. 15. — Variation des différences entre le point isoélectrique « avant et après

l'intervention en fonction du temps. Enordonrées: différences de p Hi; en abscisses : jours après l’opération.

a) L’infection. — Comme nous l’avons vu dans la première partie de ce travail, l’infection entraîne des décalages parfois très importants des points %, en général vers les forts pH.

Nos expériences ont porté autant que possible sur des sujets non infectés. Sauf la réserve que nous avons faite à propos de l’observation VI, sujet vraisemblablement infecté, sauf nos trois cas d’adénome prostatique (également sujets à critique, mais cliniquement indemnes, comme le montre la courbe de leur température) nos cas peuvent nous permettre d'éliminer cette première cause.

D’autre part, comme nous étudions la différence entre deux mesures successives, l’une avant et l’autre après l’intervention, seule l'infection opératoire pourrait entrer en ligne de compte.

b) L’anesthésie. — Cinq de nos malades ont été opérés sous anesthésie locale; sept sous anesthésie générale à l’éther, un dernier sous anesthésie locale complétée par une narcose à l’éther.

En comparant les résultats obtenus, il ne semble pas que l’on puisse conclure à des différences de décalage du point * suivant le mode d’anesthésie employé. Deux cas identiques (Obs. XII et XIIL, cancer pylorique) ayant subi la même intervention (gastro-entérostomie), mais l’un sous anesthésie locale à la novocaïne, l’autre sous anesthésie générale à l’éther, et examinés tous deux dix jours après l’opération, montrent des variations de “« presque identiques.

Nous pouvons donc admettre que probablement le mode d’anesthésie n’a pas joué un rôle important dans les résultats de nos mesures.

c) Le traumatisme opératoire. — 11 semble donc que l’on puisse considérer le traumatisme opératoire comme une cause probable des variations constatées.

Comme nous l’avons vu dans l'introduction de ce travail, depuis les recherches de Cannon, de Quénu, de Delbet et d’autres, les chirurgiens considèrent le choc traumatique comme résultant d’une intoxication due à la résorption des tissus lésés. Cette toxémie traumatique se révèle par toute une série de perturbations sanguines. Celles-ci se retrouvent également dans le choc opératoire, qui n’est en somme qu’une variété du premier.

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