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EXAMEN DES GAZ OBTENUS DANS LA DÉCOMPOSITION DE L'EAU

Pour rechercher si, dans une réaction chimique, une proportion infinitésimale des atomes intéressés dans la réaction n’est pas transformée avec production d’hélium, j'ai choisi la décomposition de l’eau. Cette réaction demande une intervention extérieure particulièrement puissante, ce qui peut être favorable au phénomène cherché; de plus, on peut la réaliser de manière à faire intervenir une quantité relativement importante de maüère, et à éliminer ensuite facilement les produits de la réaction en laissant l’hélium séparé, s’il a été produit.

La décomposition de l’eau fut effectuée par électrolyse d’une solution d’acide sulfurique. L'expérience présentait alors un autre intérêt d’ordre pratique, le gaz tonnant ainsi préparé ayant été employé dans certaines expériences de recherche d’héllum; elle constituait une expérience de contrôle qui montrait que, dans la suite des opérations, aucune introduction d’hélium ne pouvait se produire.

L'appareil utilisé permettait de produire du gaz tonnant par électrolyse, d'éliminer ensuite l’hydrogène et l'oxygène par recombinaison, et de garder les gaz restants pour la recherche de l’hélium; il est représenté dans la figure 10.

Il comprend un voltamètre en forme d’U portant deux électrodes de platine et communiquant par un robinet à un flacon contenant de l’acide sulfurique, ce qui réalise une dessiccation approximative des gaz; ceux-ci passent ensuite dans un tube contenant du cuivre réduit et de oxyde de cuivre ; ce tube est chauffé à une température suffisante pour absorber l'oxygène et réagir sur l’hydrogène; l’eau formée se, condense dans un vase refroidi extérieurement par de la glace. On peut, par ce procédé, obtenir une recombinaison continue des éléments du gaz tonnant sans provoquer d’explosion; il suffit, pour cela, de maintenir la pression assez basse dans l’appareil à

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recombinaison. L’expérience consiste à éliminer d’abord complètement l’air de l'appareil, puis à régler le courant de manière que la pression indiquée par le manomètre reste assez basse et à peu près constante. Ce réglage est facile à obtenir et l’on peut laisser marcher l’appareil pendant des journées entières en refroidissant l’électrolyseur et en renouvelant la glace autour du ballon condensateur. Lorsqu'on juge que la quantité des gaz formés puis recombinés a été suffisante, ce que l’on peut déterminer facilement par la quantité d’eau condensée ou par la quantité d'électricité qui a traversé le voltamètre, on cesse de chauffer et on laisse une pression assez notable dans l’appareil.

Celui-ci est alors relié avec un appareil à absorption pour la recherche de l’héllum, et l’on recherche celui-ci par le procédé ordinaire. Plusieurs expériences ont été faites dans de bonnes conditions et avec 10 ou 20 litres de gaz tonnant je n’ai pu constater la présence d’aucune trace d’hélium ou d’un autre gaz non absorbable.

Lorsque j’eus montré que l’eau pouvait être décomposée par l’action des rayons pénétrants du radium, je recherchai la présence de l’hélium dans les gaz formés. Ici, la probabilité d’une transformation atomique paraissait plus grande ; car, à côté du phénomène d’électrolyse qui prenait place par suite de la formation des ions, il se produisait un très grand nombre de rencontres entre des particules $ lancées à des vitesses très grandes et voisines de la vitesse de la lumière et les molécules d’eau. Ces expériences qui ont été faites plus tard, ont été particulièrement soignées, car la quantité de gaz n'était pas très grande. Le résultat a été encore absolument négatif,

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