EXAMEN DES GAZ OU VAPEURS SOUMIS A LA DÉCHARGE DISRUPTIVE
J’ai examiné l’action de la décharge disruptive sur les gaz ou vapeurs, dans deux cas très différents où l’expérience peut être faite assez facilement dans des conditions précises.
Dans une première série d'expériences, j'ai fait fonctionner pendant très longtemps une lampe à mercure d’une forme spéciale, et j'ai examiné les gaz dégagés.
L'appareil employé est représenté par la figure 11;
Fig. 11.
il est constitué par un tube assez large, incliné, qui porte une tubulure latérale de même diamètre et est relié par une de ses extrémités à un ballon de 100°% à 15o°%, Sur ce tube est soudé une électrode de platine, une électrode identique est soudée au fond du tube latéral. Un dispositif analogue à celui qui a déjà été décrit, permet de faire monter le mercure dans le tube à électrodes. L’extrémité du ballon peut communiquer avec une trompe à mercure et un appareil à absorption pour la recherche de lhéllum, et avec un tube à oxyde de mercure permettant d'obtenir de l’oxygène pur. L'appareil est complètement purgé d’air et le vide y est fait d’une manière aussi parfaite que possible ; puis le mercure est amené dans la position indiquée par
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la figure. On établit une différence de potentiel convenable entre les électrodes et, pour mettre en marche l’arc au mercure, on peut, soit provoquer une étincelle de rupture par un déplacement convenable du mercure, soit chaufler celui-ci et amorcer l'arc par la décharge d’une petite bobine de Ruhmkorff. Une fois l’are établi il se maintient de lui-même sans interruption. L'appareil, qui a été réalisé en 190, se distingue de tous les modèles de lampes à mercure alors en usage, par la présence d’un système spécial pour la condensation du mercure. Le ballon fixé à l’extrémité du tube joue le rôle d’un réfrigérant; la vapeur de mercure se condense abondamment sur ses parois et sa tension de vapeur ne peut pas s'élever notablement.
Dans tous les modèles employés alors (lampes Heraeus en quartz, etc.), la condensation ne pouvait se produire que sur le passage de l’arc; lorsqu'on voulait augmenter l'intensité du courant, la pression de la vapeur augmentait dans des proportions considérables et la résistance devenait si grande, que l’arc s’interrompait. Ces appareils ne pouvaient fonctionner qu'avec un voltage bien déterminé; l'arrêt de la lampe se produisait à chaque variation un peu notable du courant ou lorsque le refroidissement ne pouvait se faire dans des conditions convenables.
L’adjonction d’un ballon condensateur spécial permet de faire varier l'intensité du courant et, par conséquent, la puissance lumineuse de la lampe dans de très grandes limites. J’ai pu faire fonctionner la même lampe avec un courant de 2 ampères et avec un courant de 20 ampères. J’ai fait construire à cette époque un petit modèle de lampe à mercure basée sur ce principe par la maison Berlemont ; dans certains appareils, j'avais fait fixer une fenêtre en quartz (Pemploi du quartz fondu n’ayant pas encore été possible en France) qui permettait d'utiliser les rayons ultraviolets. La fenêtre était placée de manière à utiliser la source lumineuse dans la direction
où l'intensité était la plus grande. Un schéma de ce modèle est représenté dans la figure 11. Depuis quelques années, des modèles de lampes avec ballon condensateur, d’un modèle tout à fait semblable à celui que J'avais employé auparavant, ont été mis dans le commerce par la compagnie Westinghouse.
Pour faire une expérience on laissait fonctionner l’arc pendant plusieurs jours sans interruption, puis on faisait monter le mercure jusqu’au sommet du ballon condensateur; on introduisait de l’oxygène pur fourni par l’appareil à oxyde de mercure, et l’on faisait passer le gaz dans un appareil à absorption. L'opération d’élimination des gaz absorbables était menée comme à l’ordinaire et l’on examinait ensuite le spectre du gaz restant dans un tube de Plucker de très petites dimensions. Plusieurs expériences ont été faites de cette manière, et la raie de l’hélium n’a été aperçue dans aucun cas.
Enfin, j'ai examiné les gaz qui peuvent être extraits d’un tube de Crookes ayant fonctionné pendant longtemps. Ces gaz ont été extraits par refoulement à l’aide du mercure et par balayage avec loxygène pur, puis traités dans un appareil à absorption : le résultat a été encore une fois négatif. |
De toutes ces expériences qui demanderaient à être répétées dans des conditions plus variées, en perfectionnant le plus possible la technique, de manière à en augmenter encore la sensibilité, car la question est extrèmement importante, on peut tirer la conclusion que l’origine de l’hélium doit être seulement cherchée, pour le moment, dans la transformation spontanée des substances radioactives. Ces expériences mettent également en relief le caractère spécial de ces transformations qui semblent ne pouvoir être provoquées par aucun des agents physiques dont nous pouvons disposer.
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