‹ Recherches sur les plantules des conifèresChapitre 2 sur 13 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Depuis longtemps, nous avions l'intention de développer, avec planches à Tappui, les résultats de nos recherches sur le mode d'union de la tige et de la racine chez les Conifères ; ces résultats ont été condensés dans la note suivante publiée en 1890 dans les Comptes rendus de l'Académie des sciences :

« Précédemment, j'ai établi la manière dont les diverses parties de la tige et de la racine s'unissent région à région, je me propose, dans cette note, d'étudier au même point de vue les Gymnospermes.

« On sait que chez les Gymnospermes, le nombre des cotylédons varie non seulement avec les genres et avec les espèces, mais encore dans certaines espèces avec les individus ; il était nécessaire de voir quelle influence ce fait pouvait avoir sur l'insertion de la racine et sa structure.

« A. Lorsque le nombre des cotylédons est de deux{Taxus baccafa, Biota pendula, B. orientaliSf Abies Canadensis (1),

;i) Tsuga Canaden«is.

Actinostrobus pyramidalis, Cupressus funebris, etc.), il y a deux faisceaux ligneux à la racine alternant avec deux faisceaux libériens ; Tinsertion a lieu comme chez les Dicotylédones à cotylédons uninerviés ou penninerviés (l). On doit remarquer toutefois que la trace cotylédonnaire ligneuse ne se divise généralement que peu ou point pour Tinsertion, contrairement à ce qui existe chez la plupart des Dicotylédones.

«Si, dans les mêmes espèces ou des espèces différentes, la plantule possède trois cotylédons, ily a trois faisceaux à la racine.

« Jusqu'ici, la racine se trouve orientée dételle manière que le plan vertical médian de chaque cotylédon passe par un faisceau ligneux de la racine : c'est le cas général rencontré chez les Dicotylédones.

« B. Lorsque le nombre des cotylédons est plus élevé, le nombre des faisceaux de la racine, au lieu d'être égal à celui des cotylédons, devient moitié moindre : si 2n est le nombre des cotylédons, n sera le nombre des faisceaux de la racine. En effet, chaque faisceau de la racine, soit libérien, soitligneux, s'insère sur deux traces cotylédonnaires, ce qui peut être indiqué par le rapport 2n/n.

<r Onaura normalement les rapports suivants: 6/3 {Larix europacdy Abies alba, etc.); 8/4, 10/5, 12/6, 14/7 (Ptcea, Pinus Pinea, P. CanadensiSj P. Laricio, P. excelsa, etc.) ; mais il y a de nombreuses exceptions. Elles sont dues :

« 1* Ace que Tune destracescotylédonnaires se divise en deux pour donner insertion à un faisceau de la racine, les autres traces cotylédonnaires conservant la disposition ordinaire: ce fait correspond aux rapports 5/3, 7/4, 9/5, 11/6,13/7.

tt 2'' Âce que l'une des traces cotylédonnaires se réunità

()) P. -A. Dangeard. Recherches sur le mode d* union de la tige et de la racine chez les Dicotylédones (Le Botaniste, <" série).

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une autre sans servir à l'insertion, ce cas correspond aux rapports 7/3, 9/4, 11/5, 13/6,15/7.

« On voit que, dans le cas normal, la racine possède encore une orientation fixe, mais c'est à un intervalle entre cotylédons que correspond, dans un plan vertical, chaque faisceau ligneux.

<r Ajoutons que, Taxe hypocotylé étantle siège d'un accroissement intercalaire considérable, accroissement qui n'est pas le même pour toutes les régions, il ne saurait y avoirde collet théorique. Bienplus, parmi les éléments de raccord appartenant soit au tissu conducteur, soit au tissu conjonctif, il n'est pas toujours possible do distinguer nettement ce qui doit être attribué à la racine et ce qui fait partie de Taxe hypocotylé. » (Comptes rendus, 1890.)

Le travail que nous publions aujourd'hui est beaucoup plus complet : nous avons été amené à étudier la plantule tout entière à des états différents ; comme nous nous sommes placé à un point de vue particulier, la bibliographie proprement dite ne sera pas longue : nous citerons simplement, dans le cours du travail, les mémoires, notes ou observations qui nous intéressent plus particulièrement et nous donnerons ici la liste des principales recherches anatomiques entreprises sur la famille des Conifères.

Nous avons étudié précédemment les Cryptogames vasculaires en appliquant les principes de la théorie phytonnaire(l) ; aujourd'hui nous abordons avec les mêmes idées l'anatomie des Gymnospermes : il en résultera, je l'espère, la conviction que beaucoup de sujets gagneraient à être repris ainsi chez les Phanérogames. Il est bien évident que, le plus souvent, les observations des auteurs précédents restent avec leur valeur intrinsèque, mais

(!) P.-Â. Dangeard. Essai sur l'Ânatomiedes Cryptogames vasculaires (Le Botani8te,1re série, 1889).— Mémoire sur TÂnatomie des Tmesipteria (Le Botaniste 2* série).

l'interprétation devra être modifiée ; des faits en discussion depuis de longues années recevront leur explication naturelle : on arrivera à se faire une idée complète de la, plante t?ascuiaîre, de ses diverses parties, de leurs rapports exacts, ce qui ne peut manquer de profiter à la physiologie générale.

Que si, après avoir lu ce travail, on y voyait des tendancesfâcheusesjilyauraitunecontre-épreuve nécessaire : on pourrait se reporter à un travail cependant récent et consciencieux (1).

Si Ton comprend l'organisation de la plantule, telle que nous l'établissons ici, il ne saurait plus être question d'admettre l'existence d'une région tigellaire, distincte de la tige et de la racine, s; étendant souvent au-dessus des cotylédons et possédant une véritable autonomie : on a l'explication des différences que présentent les divers groupements des faisceaux et des tissus ; l'équivalence d'une branche verticale d'un arbre âgé et de la portion caulinaire d'une plante d'un an n'est autre chose que la traduction d'une identité de phytons dans les deux cas, et cette équivalence a des limites plus larges : elle s'étend aux branches de divers ordres dans la limite des variations des phytons d'une même plante.

(1) Léon Flot. Recherches sur la structure comparée de la tige des arbres. (Revue générale de Botanique, t. ii, 1890.)

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