‹ Recherches sur les plantules des conifèresChapitre 9 sur 13 · GENRE CUPRESSUS · texte numérisé non relu

GENRE CUPRESSUS

Les feuilles sont, en général, verticillées par deux ; on ne saurait choisir de meilleur type pour comprendre Torganisation phytonnaire d'une plante, les rachis restant presque indépendants dans l'axe, ce qui fait souvent dire que les feuilles sont appliquées sur les rameaux.

Les stomates se rencontrent sur la face externe des feuilles : il y aune tendance très prononcée sur toute cette face à la formation d'un parenchyme en palissade ; en effet, sous l'assise exodermique dififérenciée en fibres de sclérenchyme, une assise au moins de parenchyme allonge ses cellules perpendiculairement à la surface ; le reste du tissu fondamental est un parenchyme chlorophyllien accompagné de grandes cellules incolores ; au milieu de ce parenchyme, dans Tangle médian, se trouve un canal sécréteur à diamètre très grand ; nous avons quelquefois rencontré, par exception, deux canaux sécréteurs dans la même feuille, symétriquement placés à droite et à gauche {Cupressus Lawsoniana).

Lefaisceaufoliaire présente de chaque côté deux ailes vasculaires dont la nature va nous arrêter un instant

Le faisceau foliaire des Conifères est fréquemment accompagné de chaque côté par un tissu aréole ou réticulé

(1) Bertrand. Loc. cit., p. i34.i38.

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qui s'étend latéralement jusqu'à Tendoderme, et le dépasse parfois : ce tissu a été vu pour la première fois par Thomas dans les Podocarpus macrophylla^ chilina, chinensis (1); un peu plus tard, H. de Mohl l'étudié dans les Podocarpus neriifoliay macrophylla (2) ; Bertrand distingue ce tissu en tissu réticulé s' étendant jusqu'à l'endoderme et tissu de transfusion (H. de Mohl) allant de l'endoderme plus ou moins profondément dans le tissu fondamental ; dans le cas particulier des Cupressées, il considère cette forme de tissu comme intermédiaire entre le tissu réticulé et le tissu aréole (3) ; De Bary a figuré plusieurs caractères de ce tissu (4).

Récemment Zimmermann (5) et Schoit (6) se sont également occupés de ce sujet ; enfin Van Tieghem propose de conserver le nom de tissu de transfusion à la partie qui va du faisceau à l'endoderme, et d'appeler tissu dHirigation l'aile vasculaire qui s'étend plus ou moins loin dans le parenchyme (7) : ce savant pense que ces « deux tissus et l'endoderme qui les sépare servent à transmettre latéralement la sève ascendante depuis le bois du faisceau libéroligneux jusqu'au tissu palissadique du bord du limbe ».

Dans les Cupressées, l'endoderme étant mal différencié, la démarcation est impossible ; mais ce tissu y présente des caractères remarquables ; le Cupressus Lawsoniana fournit un bon type d'études.

Dans le faisceau foliaire, le bois est très réduit et de bonne heure, ses trachées et vaisseaux grêles sont hors de service ; il ne reste donc, pour établir la circulation de la

(1) Fr. Thomas. Loc. cit. p. 37.

(2) Hv de Mohl. Ueber Morphologie der Blattern Sciadopitys verticillata (Bot. Zeitung, 4871).

(3) Bertrand. Loc. cit. p. 62 et p. 136.

(4j A. de Bary. Vergleichende Anatomie, fig. 183, 184.

(5) Zimmermann. Flora 1880.

(6) Scheit. Jenaische Zeitschrift, xvi, 1883.

(7) Van Tieghem. Structure et aflinités des Stachycarpus (Bulletin Société Botanique de France, 1891, n* 3, p. 170).

sève ascendante, que quelques trachéides peu nombreux ; c'est sans aucun doute à cette insuffisance prématurée du faisceau ligneux qu*est dû le grand développement de ce tissu ; examinons d'abord sa structure et sa disposition, nous essaierons ensuite d'établir son rôle.

Structure du tissu de transfusion et du tissu d'iiTigation. — Lorsque le faisceau foliaire quitte le cylindre central, les deux ailes vasculaires sont très développées ; les cellules qui les composent, sont polyédriques à parois lignifiées couvertes d'aréoles ; ces ailes suivent à quelque distance le bord interne de chaque phyton ; mais, avant d'accompagner le faisceau dans le limbe, elles se recourbent sous le sillon qui les sépare pour s'unir avec l'aile correspondante de la feuille opposée. Nous devons donc remarquer déjà que les deux feuilles opposées avant de se séparer sont en communication directe par ce pont vasculaire qui s^étabut sous le sillon ; d'autres communications s'établissent avec les feuilles supérieures ; voici comment :

Le pont vasculaire situé sous le sillon est à un niveau donné complètement séparé par du parenchyme chlorophyllien, du tissu vasculaire analogue voisin du cylindre central ; chacune de ces moitiés s' écartant beaucoup se mettra en relation avec le tissu de transfusion de chaque faisceau foliaire des deux feuilles du verticille supérieur ; ainsi donc le tissu de transfusion établit aussi une communication directe d'un verticille à Vautre^ sans Vintei^médiaire du cylindre central ; la communication se fait de même entre une branche et son rameau ; nous pouvons maintenant essayer de comprendre le rôle de ce tissu.

Rôle du tissu de transfusion. — On sait que, chez les animaux, si l'on vient à ligaturer un des vaisseaux, la circulation se fait quand même ; d'autres vaisseaux prennent plus d'importance : il s'établit une compensation. Le tissu de transfusion représente, il me semble, quelque chose

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d'analogue ; le faisceau ligneux, incapable de remplir son rôle, est suppléé par le tissu de transfusion qui établit dans les rameaux supérieurs de la plante une circulation de la sève ascendante presque indépendante et en tout cas fort remarquable. Et, pour généraliser, il serait sans doute possible démontrer que, dans les divers genres, le plus ou moins grand développement de ce tissu est en relation avec la nature du faisceau ligneux ; si le faisceau foliaire a des trachéides nombreux, le besoin du tissu de transfusion se fera moins sentir et la communication indépendante d'un phyton à Fautre ne sera nullement nécessaire ; si, au contraire, le nombre des éléments ligneux est faible, si leur cavité se trouve obstruée de bonne heure, le tissu de transfusion deviendra nécessaire avec circulation indépendante, comme chez les Cupressus.

V Cupressus funebris Endl.

(Pl.XVI, fig.i-4'.)

Nous n'avons eu à notre disposition que de très jeunes plantules (fîg. 1, PI. XVI) ; aussi, nous nous bornerons à constater le mode d'insertion des faisceaux de la racine. Les deux faisceaux cotylédonnaires ligneux descendent verticalement et, sans se diviser, donnent insertion chacun à un faisceau ligneux de racine ; les faisceaux libériens cotylédonnaires se divisent en deux et chaque moitié se réunissant à celle du côté opposé, forme un faisceau libérien unique qui se continue par celui de la racine (fîg. 2-4'); dans chaque massif ligneux (fîg. 4), le développement des vaisseaux ne devient nettement centripète qu'à partir du collet.

V Cupressus Comeyana Hort.

(PI. XVI, fig. 5-9.)

Les plantules de cette espèce ont été étudiées à Fétat représenté flg. 5, PL XVI ; un certain nombre de feuilles primordiales étaient développées, ces feuilles présentent dans leur disposition surlatigedes caractères particuliers; ainsi au-dessus de deux cotylédons allongés,- se trouvent insérées les deux premières feuilles ; mais elles sont si rapprochées des deux cotylédons qu'elles paraissent former avec ces derniers un verticille de quatre feuilles ; vient ensuite un entre-nœud, surmonté par un verticille de quatre feuilles ; elles sont opposées en croix avec les deux cotylédons et les deux premières feuilles ; un peu plus haut, un second verticille de quatre feuilles alterne avec le précédent (fig. 5-6, PI. XVI) ; ces feuilles sont aciculaires, aplaties, les quatre rachis phytonnaires s'accusent à la surface de la tige par des décurrences, ce qui rend la section de l'axe quadrangulaire.

Structure des cotylédons. — Les cotylédons sont dépourvus de canaux sécréteurs ; les stomates se trouvent sur la face interne ; sous Tépiderme, il y a quelques rares fibres exodermiques ; le faisceau médian n'est pas entouré d'un endoderme caractérisé ; son bois et son liber secondaires sont bien développés ; le tissu fondamental est homogène.

La racine est binaire et le mode d'union de la tige et de la racine se fait comme dans l'espèce précédente.

Dans Taxe hypocotylé, au stade considéré, il existe quelques fibres exodermiques sous l'épiderme ; Técorce est réduite à quatre ou cinq assises de larges cellules : Tendoderme s'est cloisonné un certain nombre de fois ; le péricycle est peu épais; le liber secondaire, large, régulier, présente seulement dans sa partie externe des fibres libé*

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Tiennes ; tout le reste du cylindre central est lignifié jusqu'au centre.

Il nous reste à étudier le développement de Taxe épicotylé et de ses premières feuilles!

Structure de Vaxe. —La section de Taxe intéresse quatre rachis phytonnaires, nettement délimités extérieurement par quatre sillons (fig. 7, PI. XVI) ; leur partie médiane proémine en formant un angle à Fintérieur duquel se trouve logé un canal sécréteur séparé de Fépiderme par une gaine de cellules : Texoderme est différencié en fibres ; un groupe de ces fibres se trouve de chaque côté du canal, un autre au voisinage des sillons. Le cylindre central comprend quatre faisceaux foliaires F et quatre faisceaux anastomotiques A (fig. 7, PI. XVI) ; il n'y a pas d'endoderme; la moelle est étroite, à cellules petites ; l'écorce a une partie médiane comprenant de grandes cellules ; elle se continue par des cellules plus petites du côté de Técorce et du côté de la moelle.

Immédiatement au-dessus des cotylédons, Taxe, ne comprenant que deux phytons, ne possède que deux canaux sécréteurs, deux foliaires et deux anastomotiques.

En avançant vers la partie supérieure d'un entre-nœud, on voit le sillon se bifurquer ; l'angle de bifurcation correspond à l'angle médian des phytons du verticille supérieur ; aussi voit* on apparaître à ces angles un canal sécréteur ; on est arrivé au point de séparation des feuilles.

Les relations des faisceaux foliaires et anastomotiques dans la plantule sont indiquées en course longitudinale (fig. 8, PL XVI).

Structure des feuilles. — Les quatre feuilles, près du point d'insertion, ont la forme indiquée fig. 9; plus loin, la section s'élargit un peu. Les stomates, d'abord localisés sur la face interne, se montrent plus loin également sur

la face inférieure ou externe; le. faisceau a un endoderme complet ; une ou deux cellules endodermiques aréolées représentent seules ici le tissu de transfusion. Le mésophylle, vers les parties moyennes et supérieures, est palissadique sur sa face interne ; il est rameux sur l'autre face ; en approchant de Taxe, le parenchyne rameux se trouve remplacé par des cellules chlorophylliennes mélangées à de grandes cellules incolores; en général, de chaque côté du canal sécréteur, se trouve un groupe de fibres exodermiques ; deux occupent les ailes, et sur l'autre face, il en existe encore deux autres opposés aux premiers.

30 Cupressus Lindle3rl Klotsch.

(PI. XVI, fig. 11-16.)

Le phyton, dans cette espèce, esta peu près identique à celui de Tespèce précédente, mais leurs rapports différents de position entraînent des modifications de structure dans Taxe et dans la racine ; le point de départ de ces modifications est le nombre trois des cotylédons.

La plantule possède trois cotylédons (fig. il, PI. XVI) ; un peu plus tard, les trois premières feuilles étant situées presque au même niveau, il semble qu'il y ait six cotylédons (fig. 12, PI. XVI) ; on distinguera toujours les cotylédons à leurs dimensions plus grandes; le second verticille de feuilles est superposé aux cotylédons, mais Fentre-nœud, ainsi que ceux qui suivent, est assez allongé.

La présence de trois cotylédons détermine trois faisceaux à la racine, chacun des faisceaux se comportant comme chez les précédentes espèces ; dans une partie de Taxe hypocotylé, Tendoderme n'est pas muni de plissements, récorce est épaisse de sept ou huit assises de cellules; plus bas, en arrivant à laracine,rendoderme est bien diffé-

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rencié (fig. 14, PL XVI), et les assises cortioales voisines de Fendodermeont des cadres d'épaississement.

Immédiatement au-dessus des cotylédons^ la tige montre trois canaux sécréteurs qui passent dans le premier verticille; la section d'un entre-nœud est triangulaire (fig. 15, PI. XVI) et on y trouve trois foliaires et trois anastomotiques; les relations de ces faisceaux sont établies pour la plantule tout entière (fig. 17, PI. XVI) ; comme chaque anastomotique peut être divisé en deux, il en résulte que la section peut offrir trois foliaires et six anastomotiques.

La structure des feuilles rappelant étroitement celle du Cupressit5 Comeyana, il est inutile de s'y arrêter (fig. 16, PI. XVI) ; nous dirons seulement que nous y avons trouvé un plus grand développement du tissu de transfusion qui se met nettement en rapport direct avec le bois du faisceau.

GENRE ACTINOSTROBUS

Dans ce genre, les phytons foliaires sont disposés par verticilles de trois ; aussi, on aurait pu croire que les plantules possédaient trois cotylédons normalement ; cependant, dans nos semis, nous avons rencontré des plantules ayant soit deux, soit trois cotylédons.

Actlnostrobus pyramidalid Miq.

(PI. XVI, fig. 18-19.)

Le plus grand nombre des plantules possédait deux cotylédons (fig. 18, PI. XVI) ; ils ont un faisceau très large qui n'est accompagné que d'une ou deux cellules aréolées, et encore ces dernières manquent-elles fréquemment ; l'endoderme n'est pas différencié ; on peut cependant attribuer' ces cellules aréolées au tissu de transfusion ; il existe des stomates sur les deux faces ; ils sont plus nombreux à la face interne.

Dans l'axe hypocotylé, les deux cordons ligneux descendent directement, éloignés l'un de l'autre par un large intervalle (fig. 19, PI. XVI); ils se continuent directement parles faisceaux de la racine; à la face interne des deux faisceaux libériens^ se trouvent de petites cellules hexagonales dans lesquelles s'établira la zone génératrice ; le péricycle est double en général ; l'endoderme n'offre des plissements qu'à partir du voisinage du collet ; l'écorce a une épaisseur de huit ou neuf assises de cellules.

Si la plantule possède trois cotylédons, la racine est ternaire, chacun des faisceaux ligneux cotylédonnaires se continuant directement par un faisceau ligneux de racine, alors que les faisceaux libériens se divisent en deux moitiés qui s'unissent deuj: par deux dans l'intervalle.

GENRE THUIA

Ce genre comprend les Thuia proprement dits et les Biota; un grand nombre de variétés du Biota orientalis sont cultivées en Europe. Eichler place à côté des T/iuia, les Thuiopsis et les Libocedrus (1) ; dans le Libocedrus chU lensis End. il n'y a guère, de chaque côté du faisceau foliaire, que du tissu de transfusion ; dans le Thuiopsis dolabratay il en est autrement : au tissu précédent, s'ajoute une bande de tissu d'irrigation qui atteint presque, au niveau de l'insertion du limbe, les deux bords de la feuille; il est formé de tissu aréole ; enfin, dans le Biota orientalis, ce tissu prend encore un plus grand développement ; il rappelle par sa disposition et sa structure celui des Cupressusy avec circulation indépendante.

Nous devons remarquer que le phy ton chez le Thuiopsis dolabrata nous a présenté une particularité qui semble avoir passé jusqu'ici inaperçue; à lapartie supérieure des

(1) Eichler. Loc. cit., p. 05.

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branches, les rameaux sont très aplatis et les phytons n'y présentent, comme chez les autres Cupressées, qu'un canal sécréteur cortical opposé au faisceau foliaire ; plus bas, les rameaux sont presque arrondis ; à ce niveau, les phytons possèdent trois ou cinq canaux sécréteurs ; dans le premier cas, le canal sécréteur médian est accompagné de deux canaux sécréteurs, situés à quelque distance ; dans le second cas, il existe en outre un canal sécréteur situé plus ou moins loin du bord du limbe; faut-il voir dans ce caractère une affinité plus ou moins proche des Thuiopsis avec les Araucariées ? Je me borne à signaler le fait intéressant en lui-même, puisqu'il semble unique jusqu'ici, sans en tirer aucune conséquence ; ces canaux sécréteurs appartiennent à Tensemble du phyton ; autrement dit, ils se continuent du limbe dans Técorce.

Thuia ozientalis L.

(PI. XVII, fig. 1.4.)

Dans la plantule, nous avons étudié les stades représentés fig. 1, 2, PL XVII. Les cotylédons sont bien développés ; leur section est large (fig. 3, PI. XVII); le mésophylle est homogène ; le faisceau foliaire est très aplati ; de chaque côté du bois, on trouve une aile vasculaireà cellules aréolées-réticulées qui ne représente guère que le tissu de transfusion ; l'endoderme n'est pas délimité; il existe de nombreux stomates à la face interne.

L'écorce de Taxe hypocotylé est épaisse d'une dizaine d'assises de cellules ; l'endoderme à la partie supérieure y est mal délimité ; on peut dire cependant que le péricycle n'est formé que de deux ou trois assises ; en passant dans Taxe hypocotylé, le faisceau cotylédonnaire se courbe en forme de V à pointe externe, de telle sorte que les deux moitiés libériennes sont isolées de très bonne heure^ alors que les deux moitiés ligneuses restent réunies; les deux

moitiés libériennes se portant vers l'intérieur de la tige se réunissentà cellesdu côté opposé, pour se continuer directement ensuite par le faisceau libérien de la racine ; pendant cetqmps, les deux branches ligneuses du V se rapprochent suivant le diamètre ; c'est à ce moment que s'insère le faisceau ligneux de la racine qui ne présente rien de particulier.

Dans Taxe épicotylé, les deux premières feuilles sont opposées aux cotylédons ; le faisceau foliaire, même sur les très jeunes feuilles que nous avons étudiées, présente du tissu de transfusion ; les quatre feuilles qui suivent s'insèrent entre les cotylédons et les deux premières feuilles, comme s'il s'agissait simplement de feuilles verticillées par quatre; cette disposition est indiquée (fîg. 4, 5, PI. XVII).

Les Taxées comprennent, d'après Eichler (1), les genres PhylloclsLdu8i Ginkgo, CephalotaxuSy Torreya^ Taxus ; ces trois genres sont caractérisés par Bertrand de la manière suivante (2).

Taxus. — Pas de glande résinifère dans le parenchyme herbacé, cellules de l'épidermede la tige à parois minces; pas d'hypoderme, ni de sclérite ; fibres libériennes très lentes à s'épaissir; leliège primaire apparaît dans leparenchyme herbacé. — Feuilles sans glande résinifère ; cellules de l'épiderme à parois minces, mamelonnées dans les bandelettes, pas d'hypoderrae ; les bords de la feuille portent de très petites saillies.

Ton-eya. — Des glandes résinifères dans le parenchyme herbacé ; cellules de l'épiderme de la tige à parois épaisses,

(1) Eiohler. Loc. cit.

(2) Bertrand Loc. cit., p. 56-ii7.

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pas d'hypoderme, des sclérites ; fibres libériennes s'épaississant rapidement ; le liège primaire apparaît entre Tépiderme et le parenchyme herbacé. — Feuilles avec une grosse glande médiane sous la nervure ; cellules de Tépîderme à parois épaisses ; celles des bandelettes ont leurs parois minces et sont mamelonnées ; pas d'hypoderme ; les bords de la feuille sont lisses.

Cephalotaxus. — Des glandes résinifères dans le parenchyme herbacé ; cellules de Tépiderme de la tige à parois minces ; de Thypoderme, des sclérites ; fibres libériennes s'épaississant très rapidement ; le liège primaire apparaît dans le parenchyme herbacé. Feuilles munies d'une petite glande médiane sous la nervure ; cellules de l'épiderme à parois minces, lisses; de Thypoderme ou des fibres pseudolibériennes ; les bords de la feuille sont lisses.

Van Tieghem, qui vient de signaler un canal sécréteur médullaire axile dans les Cephalotaxus ^ éia,hlit la parenté étroite de ce genre avec les Ginkgo : « en effet, dit-il, le Ginkgo a, dans Técorce de sa tige et de sa feuille, des poches sécrétrices ovales ou fusiformes, représentant les canaux corticaux des Cephalotaxus, et surtout il possède, dans la moelle de sa tige, deux canaux sécréteurs, par où il se distingue de toutes les autres Conifères, mais en même temps se rapproche singulièrement des Cephalotaxus (I) ».

Nous avons cherché à nous faire une opinion personnelle au sujet des divergences d'opinion qui se sont manifestées relativement à la nature des canaux sécréteurs ou poches sécrétrices des Ginkgo.

€ M. Van Tieghem a décrit les glandes résinifères du Salisburia comme formant un double système de canaux, les uns corticaux, les autres médullaires ;ces glandes sont de courtes lacunes closes de tout côté et qui ne sortent

(i) Van Tieghem. Affinités des Gephalotaxus. Loc. cit., p. 189.

pas de la tige ; elles sont en outre absolument indépendantes les unes des autres et n'ont rien de commun avec les réservoirs glanduleux que nous allons voir dans les feuilles (1). »

La réponse est toute récente : <c Contrairement à la description que j'en ai donnée le premier, M. Bertrand a afiîrmé plus tard que ce sont, non des canaux continus, mais € des glandes résinifères closes très courtes ». L'examen de nouvelles coupes longitudinales, où les canaux s'étendent sans discontinuité dans toute la longueur des entre-nœuds dans les rameaux longs, m'oblige à maintenir mon ancienne manière de voir (2) i.

Voici ce que nous avons observé sur des échantillons pris au Jardin botanique de Poitiers : Les poches sécrétrices qui se trouvent dans l'écorce de la tige et dans la feuille appartiennent à un même système d'éléments sécréteurs ; dans la moelle, ce sont également des poches sécrétrices et nous n'y avons pas trouvé la disposition régulière indiquée par Van Tieghem, deux canaux situés de part et d'autre de Vaxe ; selon les niveaux, il y avait absence complète d'éléments sécréteurs, une seule poche sécrétrice ou bien deux; en approchant du point végétatif d'un rameau court, nous avons même trouvé au même niveau cinq poches sécrétrices ; par contre, chez les Cephalotaxusj il y a bien un canal sécréteur médullaire, axile, unique, comme l'a établi Van Tieghem.

Nous n'avons eu à notre disposition, dans ce groupe, que les plantules du Taxus baccata.

GENRE TAXUS

Ce genre est caractérisé, on le sait, par l'absence complète de canaux sécréteurs ou poches sécrétrices dans

(1) Bertrand. Loc. cit., p. 32.

(2) Van Tieghem. Affinités des Cephalotaxus. Loc. cit., p. 189.

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toutes les parties de l'individu ; de plus, les trachéides ont, sur leur paroi, des épaississements spirales très marqués. Le liber secondaire est constitué par une succession de parenchyme libérien, de cellules grillagées et de fibres libériennes, analogue à celle des Cupressées.

Le mésophylle de la feuille comprend du parenchyme rameux et du parenchyme en palissade ; le faisceau de la feuille est accompagné d'une aile vasculaire réticulée qui représente le tissu de transfusion.

Taxus baccata Tourn.

(PI. XVII, fig. 6-42.)

Il est facile de se procurer de jeunes germinations de cette espèce, qui a été étudiée un grand nombre de fois ; le parcours des faisceaux primaires a été indiqué d'abord par Frank, puis par Geyler, enfin par Strasburger (1).

Structure des cotylédons. — Les deux cotylédons sont foliacés, bien développés (fîg. 6, PI. XVII), avec une seule nervure médiane (fig. il, PI. XVII); le faisceau qui la constitue, est très aplati et possède la structure ordinaire. On doit remarquer toutefois la présence de vaisseaux réticulés qui forment bordure dans le péricycle interne à rassise de parenchyme représentant sans doute l'endoderme : ces vaisseaux ne forment pas une assise continue ; ils peuvent être séparés les uns des autres par des cellules ordinaires; Tensemble se met en relation de chaque côté avec le bois du faisceau : c'est la première fois que nous trouvons ainsi disposé du tissu de transfusion dans les cotylédons, et comme l'observation n'est pas générale, nous avons dû nous demander si ce n'était point là une particularité de l'endoderme interne. Le mésophylle est homogène ; mais Fépiderme est mamelonné.

(1) strasburger. Das Botanisohe Praoticum. 2« édit, p. 276.

Structure de Vaxe hypocotylé. — Au moment où les cotylédons deviennent concrescents pour former Taxe hypocotylé, le faisceau cotylédonnaire se courbe en forme de V à pointe tournée vers l'extérieur ; les deux faisceaux ainsi formés restent plus ou moins séparés ; entre eux, on voit quelques trachées qui représentent, en approchant de la racine, Tamorce du faisceau ligneux de la racine; près des cotylédons, les cotylédonnaires sont séparés de la masse anastomotique qui, au-dessus fournira les foliaires (fig 10, A, PI. XVII) ; plus bas, ils se réunissent à cette masse libéro-ligneuse qui devient le bois secondaire de la racine (fig. 9, PI. XYII). Dans Taxe hypocotylé, Tépiderme est mamelonné ; l'écorce a une épaisseur de sept ou huit cellules ; Tendoderme est mal différencié ; mais on reconnaît cependant le péricycle à la présence de tubes à paroi cutinisée, larges ; on retrouve les mêmes éléments sous répiderme; ils appartiennent à la catégorie des tubes que nous désignons sous le nom de tubes sécréteurs et qui doivent leur origine à de simples méats intercellulaires. Lia moelle disparaît par rapprochement des deux lames libéro-ligneuses, formées de traces cotylédonnaires et de traces foliaires.

L'insertion de la racine s'annonce par la présence de l'assise pilifère, par la différenciation de Pendoderme et des assises corticales internes, par le remplacement des traces ligneuses cotylédonnaires et foliaires qui font place à la bande ligneuse diamétrale des deux faisceaux de la racine.

Structure de la racine. — La section de la racine comprend une écorce limitée intérieurement par un endoderme à plissements ordinaires ; l'assise contiguë a des bandes d'épaississement ; le péricycle possède trois ou quatre épaisseurs de cellules ; il contient des tubes sécréteurs ; les deux faisceaux ligneux se rejoignent au centre ; les

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deux faisceaux libériens sont larges et ils se oontinuent avec les faisceaux cotylédonnaires à la manière ordinaire.

Structure de Vaxe épicotylé. — Au moment où les cotylédons se détachent de Taxe hypocotylé, la moelle s'est élargie et les deux anastomotiques se sont divisés en trois ; chaque médian se rend dans une des deux premières feuilles qui font croix avec les cotylédons; les quatre feuilles suivantes se placent deux par deux, commerindique le diagramme représenté fig. 7, Pî. XVII; au-dessus des deux premières feuilles, on trouve quatre faisceaux anastomotiques ; à droite et à gauche, un des faisceaux anastomotiques semble se diviser ; Tune des moitiés est un faisceau foliaire (fig. H', PI. XVII). Strasburger a donné un excellent schéma de la course des faisceaux primaires dans la jeune plantule et dans les branches de Taxus baccata (1).

(1) Strasburger, Loc. cit., p. 276-277.

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