‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 2)Chapitre 100 sur 289 · II. LePIDOTUS SEMISERRATUS Ag · texte numérisé non relu

II. LePIDOTUS SEMISERRATUS Ag

Vol. 2. Tab. 29 a ei 29 è ( Cah. suppl. )

Lepidotus latissimns et umbonatus Ag. Tahl. synopt. p. 8. — Figuré en petit dans la Géologie du Yorksldre de M. Young, pi. 16, fig. 7 et 8. (Dans cette dernière fîg. le poisson est renversé. ) — Mentionné ég;dement parmi les espèces douteuses de Palœoniscus, à la page 82 de ce 2""° vol., d'après les figures de M. Young.

Le premier indice que j'ai eu de l'existence de celte espèce, a été une plaque de grosses écailles provenant du Lias d'Angleterre, qui se trouve au Muséum de Paris,

et que j'avais inscrite dans mon Tableau synoptique sous le nom de L. latissimus, sans me douter que les figures de l'ouvrage de M. Young que j'ai citées à la suite des espèces du genre Palœoniscus, sur lesquelles j'invoquais de nouveaux rcnseignemens, représentassent la même espèce. Ces rcnseignemens, je les ai trouvés moi-même au Musée de Whitby , où M. Young a eu l'obligeance de me faire voir les originaux de ses figures, et plusieurs autres exemplaires découverts depuis la publication de son ouvrage, tant par lui que par M. H. Belclier et par M. Ripley. Ces pièces m'ont fait connaître presque tous les détails de la structure des parties solides de ce poisson, et m'ont engagé à changer le nom de latissimus que je lui avais d'abord donné en celui de semiserratus.

Cette espèce paraît être très-commune dans le Lias des environs de Wliitby et de Scarborough ; du moins j'en ai vu un grand nombre d'exemplaires provenant de ces localités, dans les Musées de Scarborougli, d'York, de New-Castle , d'Oxford, et dans la collection de M. Randyl à Stockton. Lord Fitz-William en possède aussi du Lias de Loftus. L'exemplaire figuré pi. 29 a, est le même que celui de la fig. 8, pi. 16 de l'ouvrage de M. Young. Celui de la fig. i de ma pi. 29 è, se trouve au Musée de Scarborougli; et celui des fig. -2 et 3 de la même planche appartient à M. Randyl.

Les dimensions de ce poisson sont à-peu-près les mêmes que celles du L. gigas; seulement son corps est plus allongé, plus arrondi et proportionnellement moins large; en sorte que sa plus grande largeur n'est que du quart de la longueur totale. La tête est aussi plus allongée et moins arrondie en avant; mais elle est plus large en dessus, et le diamètre transversal du corps paraît avoir été plus considérable, proportionnellement à sa hauteur.

Une circonstance particulière m'a singulièrement facilité l'examen de cette espèce. La plupart des exemplaires que j'ai vus ont été trouvés dans des schistes marneux du Lias, contenant beaucoup de pyrites qui ayant pénétré la masse de tout le poisson, ont rendu sa séjiaration des couches environnantes très-facile. Aussi existe-t-il aux Musées de Whitby et de Scarborough surtout, des exemplaires entièrement dégagés de la roche, et qui ont conservé leurs formes naturelles.

La tête, de moyenne grandeur, présente un profil à-peu-près droit, et formant à la nuque un angle très-obtus avec le bord du dos, qui est très-peu voûté. Le museau forme une saillie conique et arrondie; le bord inférieur est également droit; ce qui donne à toute la tête la forme d'un large cône tronqué. La surface du crâne est trèslarge, légèrement arrondie, de même que les plaques buccales supérieures et la partie supérieure de l'opercule; ce qui donne au diamètre transversal de la tête une dimensidn presque aussi considérable qu'à son diamètre vertical. De larges frontaux et

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de grands pariétaux forment la plus grande partie de sa voûte. On les voit très-bien dans l'exemplaire de la fig. 3, pi. 29 ô^ qui se trouve dans la collection de M. Bandyl. Mais, chose assez curieuse, ces os ne sont pas égaux sur les deux côtés du crâne : le frontal gauche est sensiblement plus court et plus étroit que celui du côté droit; et la suture qui les unit est sinueuse, le bord interne du frontal gauche formant une saillie arrondie qui avance sur le milieu du bord correspondant du frontal droit; tandis que plus en arrière, le bord interne du frontal droit avance sur le frontal gauche. Ces deux os sont à-peu-près du double plus longs que larges ; leur extrémité antérieure est sensiblement rétrécie, et se termine par plusieurs dentations profondes dans lesquelles s'engrène l'ethmoïde; leur extrémité postérieure, surtout celle du frontal droit, est notablement plus large. Les pariétaux sont aussi larges que les frontaux, mais beaucoup plus courts; et à l'inverse de ces derniers, celui du côté gauche est plus grand que celui du côté droit , et forme une saillie entre le frontal droit et le pariétal du même côté.

Cette inégalité des os du crâne n'est point accidentelle : dans tous les exemplaires où j'ai pu examiner ces os, je leur ai retrouvé cette même disposition. Dans la fig. 5, j'ai fait représenter ces os très-en petit, d'après un exemplaire dans lequel ils sont très-bien conservés, qui a été déposé au Musée de Whitby par M. Belcher.

En arrière des pariétaux, l'on distingue une ceinture étroite, formée par ces plaques particulières que j'ai appelées 7ZMcA«Ze5^ et qui s'étendent jusqu'au bord supérieur de l'opercule. Sur les côtés des pariétaux se voient les mastoïdiens, qui sont étroits, mais aussi longs qu'eux. L'orbite est plus petite, proportionnellement, que dans le Z. gigcis. Les sous-orbitaires , qui l'entourent en arrière, en dessous et en avant, sont beaucoup plus petits que les plaques buccales ; mais à son bord supérieur, le long du frontal, on remarque trois plaques osseuses, qui s'unissent aux sous-orbitaires pour entourer l'orbite comme un cercle, et qui paraissent être des démembiemens du frontal. Ces trois plaques se voient très-distinctement dans la fig. 3. Tous les os de la surface du «âne sont lisses, et n'offrent que quelques sinuosités évasées, qui deviennent plus fiéquentes sur les pariétaux^ et qui^ sur les plaques nuchales , se resserrent de manière à leur donner un aspect rugueux. Les plaques buccales sont très-développées : elles recouvrent entièrement les joues, et occupent tout l'espace compris entre les mâchoires, les sous-orbitaires et le préopercule; leur surface ne présente que quelques inégalités. Quant aux pièces operculaires, elles sont très-larges et occupent environ la moitié du côté de la tête ; leur surface est complètement lisse; il n'y a que le préopercule et le subopercule, qui présentent quelques rugosités à leur bord postérieur. L'opercule est le plus grand de ces os ; sa forme est celle d'un carré long, dont le côté supérieur est un peu plus étroit, et dont le bord

postérieur est légèrement arrondi. Le subopercule est aussi très-grand; son bord postérieur est arrondi ; tandis que son angle supérieur et antérieur se prolonge en une apopbyse étroite, qui s'élève assez haut entre l'opercule et le préopercule. La branche montante de ce dernier est très-longue et étroite, et son angle arrondi. L'interopercule est petit et de forme triangulaire. Dans la fig. 4? ces pièces operculaires sont représentées en petit, d'après un exemplaire oii l'on voit surtout bien l'apopliyse montante du subopercule.

Les mâchoires sont plus allongées dans cette espèce que dans le Z. gigas ; la mâchoire inférieure, surtout, s'étend plus en arrière, et son extrémité postérieure est plus haute. Leur bord ne m'a non plus présenté que de petites dents coniques et obtuses. La fig. i de la pi. 29 b représente un exemplaire très-instructif du Musée de Scarborough, qui m'a été communiqué par M. WiUiamson, et dans lequel on voit ^ distinctement les deux branches de la mâchoire inférieure par leur face inférieure. On y reconnaît la forme particulière de ces os, qui donne au museau son aspect tronqué. En effet, l'extrémité antérieure des deux branches de la mâchoire inférieure se recourbe presque à angle droit, et s'attéiuie avant que leur réunion ait lieu à la symphyse du menton. Dans l'intervalle compris entr' elles, on voit distinctement le grand os des deux cornes latérales de l'os hyoïde, à l'extrémité duquel on distingue de chaque côté la partie antérieure de sept rayons branchiostègues. Ce nombre paraît être normal pour le genre Lepidotus j bien que je n'aie pas vu ces rayons dans toutes les espèces. Dans celles où j'en ai trouvé moins, j'ai toujours remarqué qu'il en manquait, ou que leur position ne permettait pas de les voir tous.

La forme générale du tronc indique im poisson plus allongé et plus arrondi que le L. gigas; comme on peut s'en convaincre en comparant les fig. i des pi. 29 a et 29 b. Ses mouvemens devaient être par conséquent plus rapides et plus dégagés. Les dimensions de ses mâchoires, plus fortes et plus allongées, et qui font présumer que ce poisson était plus vorace que le premier, confirment ce que la vue du tronc seul ferait déjà supposer.

La ceinture thoracique est étroite, quoique assez vigoureuse; l'angle de l'humérus est arrondi, et ne forme point de saillie au dessus de l'insertion des pectorales. Ces nageoires se voient très-bien les deux dans la fig. i de la pi. 29 1>; elles sont beaucoup plus allongées que celles du L. gigas. Celle du côté droit, surtout, laisse deviner ses dimensions : elle s'étend au-delà de la moitié de l'espace compris entre les pectorales et les ventrales. Elles ont 1 5 rayons de moyenne épaisseur, arqués à leur base, simples jusqu'à la moitié de leur longueur, articulés et bifurques à plusieurs reprises de là jusqu'à leur extrémité. Le long de leur bord extérieur, il y a de petits fulcres, dont on voit quelques traces sur le côté de celle de gauche dans la figure citée. Je les ai vus plus

distinctement dans d'autres exemplaires. Les ventrales ne sont bien conservées dans aucun des exemplaires que j'ai examinés^ cependant, danscelui de la fig. i, pi. 29 h, on voit la base de ces deux nageoires; on distingue même 10 rayons à celle du côté droit. La partie qui en est conservée est simple et sans articulations. Dans celle du côté gauche, où il n'y a que 9 rayons de conservés, on voit que ceux du bord interne, qui sont entiers, se bifurquent depuis leur milieu ; leur dimension et celle des rayons extérieurs brisés, prouve que ces nageoires étaient beaucoup plus petites que les pectorales. Dans les nombreux exemplaires que j'ai vus, je n'ai d'ailleurs remarqué aucune trace des autres nageoires; sans doute à cause de l'état de conservation même du tronc, qui, devenu plus compact par la masse de pyrites qu'il contient ordinairement, s'est toujours séparé en même temps delà roche et des nageoires verticales, qui ont du rester dans la masse environnante; tandis que les nageoires paires, accolées au tronc, ont été plus fréquemment préservées d'une dislocation complète. Cependant, à l'extrémité postérieure de la fig. I, pi. 29 by on aperçoit deux grosses écailles impaires, qui indiquent quelle était la position de l'anale , et qui font voir que cette nageoire était plus rapprochée des ventrales que celles-ci ne le sont des pectorales.

Les écailles forment des séries dorso-ventrales très-distinctes. Celles qui recouvrent les parois delà cavité abdominale sont les plus grandes; le long du dos, sur le pédicule de la queue et sous le ventre, elles sont sensiblement plus petites. Toutes ont une forme rhomboïdale. Leurs bords supérieur et inférieur sont droits; mais la moitié inférieure du bord postérieur présente quelques grosses dents , ou simplement un prolongement de l'angle inférieur. Ce sont les écailles de la partie antérieure du tronc, qui ont le plus grand nombre de ces dents ; celles qui suivent immédiatement la ceinture thoracique au-dessus de l'insertion des pectorales, en ont cinq ou six; celles des flancs, trois ou quatre; celles du commencement de la queue, deux; celles de son pédicule, des bords du dos et de dessous le ventre , ont simplement leur angle inférieur et postérieur allongé. La pi. 29^ donne une juste idée de toutes ces différences. Ces écailles sont très-épaisses, toutes articulées par des onglets covirts et larges. Ija partie émaillée est beaucoup plus grande que la racine, qui est cachée dans l'imbrication, et dont le bord est moins échancré que dans les écailles du Z. gîgas. Dans la fig. i de la pi. 29 Z>^ on voit que toutes les écailles de dessous le ventre sont plus uniformes et en lozanges plus allongées que celles des flancs. La ligne latérale n'est marquée que par une légère protubérance sur le milieu de chacune de ses écailles. La fig. i de la pi. 3o représente une de ces écailles détachées, de la partie postérieure du tronc, qui se trouvait dans la collection de feu M. Régley , et à laquelle j'avais d'abord donné le nom de L. umhonatus. (i)

(1) N'ayant jamais eu à ma disposition les poissons fossiles que j'avais examinés antérieurement lorsque j'étudiais de

Cette espèce remarquable n'a point encore été trouvée sur le continent.

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