‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 2)Chapitre 108 sur 289 · X. Lepidotus palliatus Ag · texte numérisé non relu

X. Lepidotus palliatus Ag

Vol. 2. Tab. 29 Cj fig. 2 et 3. fCah. suppl.J

Lord Cole possède dans sa collection deux écailles de Lepidotus , très-difïérentes de toutes celles que j'ai déjà décrites, et qui doivent avoir appartenu à une espèce gigantesque. Elles ont été trouvées dans la glaise, sur la plage entre la tour d'ordre et le moulin Hubert, à Boulogne-sur-mer. Leur forme est rhomboïdale; la plus grande (fig. 3), qui provenait sans doute du milieu des flancs, est plus carrée que la petite (fig. 2), qui provient probablement du pédicule de la queue. Quoique ces deux écailles différent passablement dans leur aspect, j'ai cependant la conviction qu'elles appartiennent à la même espèce, non point seulement parce qu'elles ont été trouvées ensemble, mais encore parce que la surface de leur émail présente vers son milieu de très-petits tubercules semblables. D'ailleurs, la petite écaille est lisse ; mais il n'en est pas de même de la grande : bien que rugueuse vers son centre, elle présente des arctcs arrondies, scparccs par des sillons peu pi'ofonds, divergeant vers le bord postérieur en s'élargissant, et formant comme un faisceau pyramidal de baguettes faisant corps avec la surface de l'écaillé. Ces rayons ne s'étendent cependant pas jusqu'aux angles postérieurs de l'écaillé, qui sont lisses et arrondis-, mais ils forment une espèce de feston au milieu du bord postérieur. Le reste de la surface de l'émail est lisse, comme dans la petite écaille. Au bord supérieur de la grande, on voit à la hauteur de la limite de l'émail la partie inférieure d'un grand onglet articulaire brisé. Son bord antérieur est également endommagé; ensorte qu'il n'est pas possible de s'assurer comment il était échancré. Dans la petite écaille, ce bord est droit; ce qui confirme mon opinion qu'elle était placée sur le pédicule de la queue.

A en juger par les dimensions de ces écailles, comparées à celles des espèces de ce genre dont je connais des exemplaires entiers, et en tenant compte des légères différences que présentent les écailles chez différentes espèces dans leurs proportions avec la grandeur du corps, on peut en conclure que le L. palliatus avait au moins deux pieds de large sur huit pieds de long ; dimensions auxquelles les plus grands Lépidostées sont loin d'atteindre.

LePIDOTUS RADIITUS Ag.

Vol. 2. Tab. 3o, fig. 2 et 3.

Je ne connais encore de cette espèce que les fragmens représentés dans la pi. citée, et qui sont déposés au Musée de Paris, sans indication de gisement ni d'origine. Cependant ils ressemblent trop aux espèces suprajurassiques de ce genre, pour qu'il soit permis de douter qu'ils proviennent de la même formation. A certains égards, le L. radiatus se rapproche beaucoup du palliatus : la face extérieure de ses écaillesprésente également des sillons divergens vers le bord postérieur. Mais ce en quoi cette espèce diffère considérablement, c'est que ces sillons sont de simples rainures dans l'émail, qui, loin de partir d'un même point pour diverger insensiblement, vont en augmentant de nombre ^ vers le bord postérieur, et que les côtes comprises entre ces rainures sont plates. Cependant le bord postérieur est aussi ondulé; mais la surface de l'émail est parfaitement lisse, même à son bord antérieur et sur le milieu. Une autre différence notable qui existe entre le L. palliatus et le radiatus, c'est que dans celui-ci la surface émaillée de l'écaillé est équilatérale , et la partie recouverte par l'imbrication très-allongée ; ce qui donne au diamètre longitudinal des écailles une dimension beaucoup plus considérable qu'à leur diamètre transversal. Cette partie cachée est fortement échancrée, et se termine en avant en deux grosses pointes mousses ; on les voit très-bien à l'écaillé détachée que représente la lig. 3, et aux écailles inférieures et postérieures du fragment, fig. 2. Au bord supérieur de l'écaillé de la fig. 3, on remarque vm très-gros onglet articulaire, court et très-large à sa base, et placé de manière qu'il se trouve moitié en avant et moitié en arrière de la limite de l'émail. Cette pièce est la plus grande que j'aie vue de ce poisson; les écailles qu'elle contient indiquent un poisson de plus d'un pied de large, et dont la longueur était probablement plus considérable, à proportion, que celle des autres espèces du genre.

Ces fragmens proviennent probablement de quelque terrain jurassique du nord de la France.

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