XIII. Lepidotus notopterus Ag
Vol. 2. Tab. 35.
Sir Phil. Egerton et Lord Cole possèdent dans leurs collections les deux plaques du seul exemplaire complet que je connaisse de cette espèce. Celle que j^'ai fait figurer appartient à Sir Phil. Egerton. Il en existe aussi des fragmens de tête au Musée de Baie. Ce poisson paraît être fort rare, puisque je n'en ai trouvé aucune trace dans les diverses collections d'Allemagne. Pourtant il provient des schistes de Solenhofen. C'est du L. minor de Purbeck, que cette espèce se rapproche le plus, tant par sa forme que par sa taille ; cependant elle en diffère beaucoup dans les détails.
Cette espèce est intéressante à plus d'un égard ; et l'exemplaire figuré m'a fait connaître en particulier plusieurs caractères génériques que je n'avais point remarqués dans d'autres espèces. Tous les os de la face étant disloqués, et la plupart se présentant par leur face interne, j'ai reconnu qu'il y avait des dents sur tous ceux qui forment les parois de la cavité buccale. La tête paraît être de moyenne grandeur;
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son profil fait suite à la nuque en formant avec elle une ligne peu arquée. Le museau paraît avoir été arrondi. La surface des os du crâne est complètement lisse. L'orbite est proportionnellement très-grande. Les sous-orbitaires et les plaques buccales, qui sont refoulées au dessus du cr^ne , sont assez étroites et assez petites. L'opercule , refoulé au dessus de la nuque , se présente par sa face interne; il est étroit et beaucoup plus haut que long. On voit à son extrémité deux larges rayons branchiostègues. Le vomer , qui forme la saillie arrondie du bout du museau, est garni à sa face inférieure de petites dents arrondies. En arrière et au dessous de cet os, on aperçoit le palatin gauche, dont la surface est armée de dents toutes semblables; il y en a aussi de pareilles sur les intermaxillaires. L'un de ces os se voit en avant et au dessous du vomer, qu'il déborde. Les maxillaires supérieures en offrent de plus grandes le long de leur bord; ces deux os sont brisés, et leurs fragmens ont glissé en avant. Les deux maxillaires inférieurs sont mieux conservés ; on les voit les deux par leur face interne ; celui de droite est en arrière et en dessous du plus grand fragment des maxillaires supérieurs; celui de gauche, placé verticalement, est en arrière de celui de droite. A la face interne de ces deux os se voient plusieurs rangées de dents arrondies, généralement plus grandes que celles delà mâchoire supérieure, mais dont les externes sont cependant plus petites que les internes. Derrière la tête on voit une portion de l'opercule et l'humérus gauche, parleur face interne; et sous l'angle arrondi de celui-ci , une partie des écailles du côté gauche , aussi par leur face interne ; l'angle supérieur de leur racine est très-allongé. A la nuque oii voit également plusieurs rangées d'écaillés par leur face interne, et l'on y remarque de gros onglets articulaires obtus. Du reste, tout le poisson présente la surface extérieure de son côté droit. La partie antérieure du tronc est très-large; mais le pédicule de la queue se rétrécit considérablement. Les écailles des flancs sont plus grandes que celles de la queue, et un peu plus hautes que longues ; celles des bords du ventre sont plus allongées. La surface de toutes les écailles est parfaitement lisse, et leurs bords sont entiers. Leur angle inférieur et postérieur est pointu, tandis que le supérieur est arrondi.
Ce qui caractérise surtout cette espèce, c'est la série de très-grands fulcres qu'il y a au bord antérieur de la dorsale ; ce qui lui a valu de ma part le nom de Notopter rus. Les rayons de la dorsale sont d'ailleurs de moyenne grandeur, fréquemment divisés et articulés de très-près. La caudale est fourchue ; tandis que dans les autres espèces elle n'est que plus ou moins échancrée; ses rayons sont plus gros que ceux de la dorsale; les fulcres de son bord supérieur sont beaucoup plus petits que ceux de son bord inférieur. On ne voit de l'anale que quelques rayons très-divisés ; elle est plus reculée que la dorsale. Vis-à-A'is du bord antérieur de la dorsale, on
distingue quelques rayons brisés, qui indiquent le point d'insertion des ventrales. La pectorale droite, qui est refoulée sous le ventre, montre que les nageoires tlioraciqucs étaient très-allongées^ ses rayons sont plus gros que ceux de la dorsale; mais les lulcres qui s'étendent le long de son bord extérieur sont plus petits.