XIV. Lepidotus oblongus Ag
Vol. 2. Tab. 34 a, (Cah. siippl.^
Il existe au Musée cle Munich plusieurs grands fragmens d'un Lepidotus provenant de Solenliofen, et qui diffère beaucoup du L. notopterus de la même localité. Mais comme aucun de ces exemplaires n'est assez bien conservé pour donner une juste idée de ses formes, je me suis borné pour le moment à en faire représenter quelques parties, dans l'espoir que les reclierclies assidues de M. le comte de Munster me fourniront plus tard les moyens d'en publier une bonne figure dans un de mes Cahiers supplémentaires.
Cette espèce atteignait des dimensions considérables, comme le prouvent deux plaques correspondantes du Musée de Munich, où le tronc, depuis la tête jusqu'à l'insertion de la caudale, mesure plus de deux pieds. On y distingue les deux ventrales, qui sont très-grandes; le long de leur bord extérieur se voient de gros fulcres; les os du bassin auxquels elles s'attachent, ont la forme d'un triangle très-allongé. On y voit aussi quelques traces de l'anale. D'autres fragmens montrent que la dorsale était formée de gros rayons , de même que les pectorales, dont les fulcres sont gros et courts. Les os de la ceinture thoracique sont fortement striés longitudinalement. La caudale (fig. 3) est large et fourchue; son lobe inférieur est très-développé, il est même plus grand que le sxqDérieur; ses rayons sont de moyenne grandeur, trèsbifurqués jusque vers le milieu de leur longueur; il y en a i/j. au lobe infériexu', et i5 au lobe supérieur. Les fulcres des bords de cette nageoire sont très-serrés, assez gros à sa base, mais très-fins à l'extrémité de ses rayons extérieurs. Cette queue est très-intéressante, en ce qu'elle fait voir comment les apophyses épineuses inférieures sont développées dans les Ganoïdes homocerques, chez lesquels la colonne vertébrale se prolonge dans le lobe supérieur de la caudale. On remarque en effet, que les apophyses épineuses inférieures d'une dizaine des dernières vertèbres caudales sont tellement allongées, que leurs extrémités forment un arc vertical auquel s'attachent tous les rayons du lobe inférieur de la nageoire; tandis que les rayoï^s du lobe supérieur sont articulés sur des apophyses épineuses de plus en plus courtes. L'extrémité de toutes ces apophyses est aplatie et dilatée en forme de spatule. Ce n'est cependant qu'avec doute que je rapporte cette caudale au L. oblongus, n'ayant trouvé
sur ce fragment aucune écaille , ni aucune autre pièce qui ait pu me donner la certitude qu'elle appartient à la même espèce que les autres fragmens susmentionnés. Il serait donc encore possible qu'elle appartînt à une autre espèce de ce genre.
Les écailles du Z. oblongus sont petites, proportionnellement à sa taille; j'en ai compté 35 dans une série dorso-ventrale du grand exemplaire de Munich. Elles sont généralement plus longues que hautes; leurs bords supérieur et inférieur sont droits, ainsi que le bord postérieur qui est finement dentelé. La fig. i en représente plusieurs de grandeur naturelle, et la fig. 2 une grossie.
L'opercule est grand, à-peu-près carré. Le subopercule a aussi des dimensions considérables. Il m'a été impossible d'étudier les autres os de la tête.
Cette espèce est déjà mentionnée au Feuilleton, page 10. ^