‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 2)Chapitre 114 sur 289 · XVII. Lepidotits Fittoni Agass · texte numérisé non relu

XVII. Lepidotits Fittoni Agass

Vol. 2, Tab. 30fl (excl. fig. 4, 5 et 6) ïab. 306 ; (excl. Hg. 2), et Tab. 50, fig. 4, 5 et 6 ,

(sous le nom de L. subdenticulatus).

Au premier abord , cette espèce paraît identique avec le L. Mantellii que nous venons de décrire. Nous avons déjà fait ressortir , à propos de cette dernière espèce , quelques-unes des différences qui les distinguent , entre autres celles qu'on découvre dans la forme des os de la tète et de l'appareil operculaire (voy. p. 264). Mais ces parties du corps sont rarement conservées; il importe par conséquent de rechercher s'il n'existe pas dans les parties moins destructibles , telles que les écailles et les nageoires , des différences qui puissent servir à caractériser l'espèce. Dans l'origine , je ne connaissais de ce poisson que les quelques fragmens qui se trouvent dans la collection du Muséum de Paris, et voyant qu'elles différaient de toutes les espèces connues , je les fis représenter sous le nom de Lepidotus subdenticulatus (Tab. 50 fig. k, ^ et 6), envisageant le petit nombre de dentelures qui se trouvent à la partie inférieiu'e du bord postérieur , comme un caractère spécifique. Plus tard je trouvai dans la collection de M. Cumberland un exemplaire qui présentait la plus grande ressemblance avec mes fragmens, mais qui en différait, en ce que les écailles étaient dentelées tout le long de leur bord postérieur. Je ne tardai cependant pas à me rendre compte de ces différences, car j'avais appris par l'étude d'autres espèces de Lepidoïdes, qu'il existait souvent des différences encore plus frappantes entre les écailles d'un seul et même poisson , suivant la région du corps d'où elles proviennent. Je vis dans l'échantillon de M. Cumberland un fragment provenant des côtés de la région moyenne du corps, et dans celui du l\Iusée de Paris une portion de la région caudale. Il me paraissait même assez probable, d'après l'état de conservation de ces fragmens et la nature de la roche qui les entoure , que c'étaient des lambeaux d'un même individu, d'autant plus que je croyais me rappeler que M. Cumberland avait fourni à Cuvier une partie de ses doubles.

Ces prévisions devaient recevoir une éclatante confirmation par un exemplaire d'une rare perfection qui montre ces diverses formes d'écaillés sur un même individu. Aussi je n'ai pas craint de lui consacrer deux planches, en le représentant de profil (Tab. 50 «) et par la face supérieure (Tab. 50 6). On voit par là que le poisson qui nous occupe n'était pas seulement large et grand, mais qu'il avait aussi une épaisseur considérable. Les écailles des flancs qui avoisinent l'appareil operculaire sont sensiblement plus hautes que longues et fortement dentelées, surtout leur bord postérieur. Plus en arrière, ces dentelures deviennent moins nombreuses , plus irrégulières et s'effacent même complètement. Les écailles de la région dorsale sont en général moins grandes que celles des flancs ; celles de la rangée médiane du dos ont une forme tout-à-fait particulière : les premières sont circulaires et usées , mais il se dé- ToM. II. 35

veloppe bientôt sur les suivantes une carène longitudinale qui donne lieu à un prolongement en forme d'éperon de plus en plus saillant (Tab. 306 iig. 1). Enfin l'appareil operculaire , au lieu d'être tuberculeux , comme celui du L. Mantelli, est parfaitement lisse.

Il existe à la Société géologique de Londres un autre fragment très-intéressant , qui contient la partie antérieure de la dorsale , et qui m'a servi à compléter la description de ce poisson. Le nombre des rayons dorsaux que l'on voit est de cinq seulement; le premier est le plus simple, les autres sont de plus en plus dichotomés. Les articulations transversales sont fort rapprochées proportionnellement à l'épaisseur et à la grandeur des rayons. Mais ce qu'il y a de plus intéressant , ce sont douze gros rayons raides, situés en avant du premier rayon articulé et dont les cinq premiers, qui sont les plus gros, sont implantés dans la ligne dorsale de la même manière que les rayons ordinaires ; les sept autres sont placés comme de simples fulcres sur le premier rayon dichotomé. Les uns et les autres sont composés, comme les rayons eux-mêmes, de deux parties latérales, paires. Leur base est arrondie et non émaillée ; le cinquième est le plus long. Je donnerai une figure de cette nageoire remarquable dans l'un de mes premiers Supplémens.

Quant aux dents, nous avons vu qu'elles différent de celles du L. Manlellii , en ce qu'elles sont à-peu-près hémisphériques. Elles sont, en revanche, d'autant plus difficiles à distinguer de certaines espèces de Sphaîrodus. Les difficultés à cet égard ne pourront être résolues que par une étude microscopique du tissu de ces dents. Je dois cependant faire remarquer que la plupart des dents de Sphœrodus qu'on trouve dans le Jura sont plus grandes que celles de notre L. Fittoni (Tab. 30c fig. 2-6). Les fig. 4 , y et 6 de Tab. SOft sont des dents du L. Manlellii.

C'est, comme le L. Mantellii, une espèce propre aux sables de Hastings. Le magnifique exemplaire de Tab. 30a et Tab. 30 6 se trouve en la possession de M. Mantin , à Londres.

XVIIL Lepidotus sPECiosus Mnstr.

Vol. 2, Tab. 3ia, fig. S-7.

Je ne connais cette espèce que par des dessins que je dois à l'obligeance de M. le comte de Miinster. La forme et la nature des écailles ne permettent pas de douter que ce ne soit un vrai Lepidotus , voisin du L. minor. Mais ce qu'elle a de particulier, c'est la structure des rayons de la caudale qui, vus à la loupe , ressemblent à des entonnoirs placés les unes dans les autres (fig. 6). Aussi loin qu'on aperçoit cette structure, les rayons ne sont point dichotomés, ou du moins s'ils le sont, leurs divisions ne sont pas visibles à l'extérieur. Le rayon extérieur des deux lobes est en outre garni de fulcres , qui s'étendent jusqu'auprès de son extrémité.

Le fragment figuré représente la partie postérieure du tronc d'un individu d'assez grande

taille , et j'ai pu m'assurer par d'autres dessins , que la partie antérieure du corps atteint jusqu'à six pouces de largeur. Outre la caudale qui est échancrée et dont le lobe supérieur est un peu plus allongé que le lobe inférieur, on remarque aussi dans notre exemplaire une partie de l'anale . dont les rayons sont articulés de très-près , mais sans présenter au même degré cette forme d'entonnoirs ind)riqués qui est propre à la caudale. Chacun de ses rayons se bifurque un granil nombre de fois , au point que les dernières ramifications ressemblent a de lins filets . ainsi que le montre la fig. 7, qui représente un rayon grossi de l'anale , pris sur un autre individu. Le premier rayon est garni de fulcres nombreux et plus gros que ceux des rayons externes de la caudale. Les écailles ne paraissent irrégulières que parce qu'elles sont •oblitérées. A l'état intact, elles sont en forme de rhombes très-réguliers, comme on en voit quelques-unes en avant du lobe supérieur de la caudale. Leur surface est lisse et leur bord postérieur non dentelé.

Il existe plusieurs exemplaires de cette espèce dans la collection de M. le comte de Miinster. Ils proviennent selon toute apparence des schistes liasiques de Seefeld.

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