XV. Pholidophorus Stricklandi Agass
Vol. 2, Tab. ^2 a, fig. 5 et ?i. •"">>'
Cette petite espèce est plutôt trapue qu'élancée. Sa partie abdominale surtout est assez large, et le corps se rétrécit sensiblement en arrière, vers l'origine de la caudale, qui est assez étroite. Les écailles sont en général plus hautes que longues, surtout celles des rangées médianes; mais ce qui les caractérise surtout, c'est leur forme arrondie; leur bord postérieur ne montre aucune trace d'entailles ni de plis sur quelque partie du corps qu'elles se trouvent; mais en les examinant à la loupe, on y reconnaît des lignes concentriques distinctes, qui indiquent sans doute les termes d'accroissement de l'écaillé. La forme particulière des écailles de cette espèce avait fait penser à M. Strickland que ce poisson était un Cycloïde , et que je m'étais trompé en affirmant que les poissons de cet oi-dre n'apparaissent qu'avec la série des terrains crétacés. Un examen attentif de ce fossile m'a cependant prouvé que ses écailles sont émaillées et qu'elles sont articulées entre elles comme chez les Ganoïdes en général. 11 ne saurait donc y avoir de doute sur la classification de ce poisson. La ligne latérale se reconnaît à un renflement médian de ces écailles (fig. ^ «) , le tube muqueux s'ouvrant sous le bord postérieur. La caudale est la seule nageoire qui soit complètement conservée dans les exemplaires connus jusqu'ici. Elle est courte et peu profondément entaillée. Ses rayons sont grêles et dichotomés nombre de fois. La tète est assez bien conservée dans l'exemplaire de fig. k. On y reconnaît distinctement les mâchoires, ainsi que l'appareil operculaire, entre autres l'opercule et le préopercule. Les rayons branchiostègues sont également visibles au-dessous des mâchoires. L'orbite est de grandeur moyenne.
La connaissance de cette espèce est due à M. Strickland, qui l'a recueillie dans les schistes du lias de Barrow. L'exemplaire de fig. k se trouve dans sa collection ; celui de fig. 5 fait partie de la collection de lord Enniskillen.
XVL Pholidophorus Hastiisgsiae Agass.
Vol. 2, Tab. 42 a, fig. I.
Je désigne sous ce nom un petit poisson de la collection de lord Enniskillen , que je croi;» être une espèce particulière. C'est de tous les Pholidophores connus jusqu'ici le plus élancé. Son corps est tout d'une venue et le tronc en arrière des ventrales est à peine plus large que le pédicule de la queue. La ligne latérale est remarquable , en ce qu'elle part de l'angle supérieur de la nuque et descend par une pente continue et régulière jusqu'au milieu de la eau-
— 28S — dalc , tandis que dans la plupart des autres espèces, elle part du milieu de la ceinture thoracique et suit une direction à-j)eu-près horizontale. Les écailles n'ont laissé (jue leurs empreintes, qui sont en forme de losanges assez réguliers , du moins dans la partie antérieure du tronc . d'où sont prises les écailles grossies de iîg. i a.
Il existe des rudimens de la caudale , de l'anale , des ventrales et des pectorales. Toutes ces nageoires sont composées de rayons fins et grêles ; la caudale surtout frappe par le peu de développement de ses lobes qui sont à peine plus larges que le pédicule de la queue. La tête n'est pas conservée, mais le contour de la ceinture thoracique est nettement indiqué.
Cette espèce a été découverte par Lady Haslings, dans le lias de Barrow.
XVIL Pholidophorus aîsghstus Agass.
Vol. 2, Tab. k^a, fig. 2.
Cette espèce a dans sa forme extérieure la plus grande ressemblance avec le Ph. Hastingsiœ que nous venons de décrire ; elle est même, si possible , encore plus grêle , car la largeur du corps n'excède nulle part celle de la tête. Quoique l'exemplaire que nous avons pris pour le type de cette espèce , soit très-fruste , on y reconnaît cependant quelques vestiges des nageoires paires , en particulier les ventrales , dont la position est tout-à-fait normale. Les écailles n'ont laissé que leurs empreintes, mais elles sont assez distinctes pour permettre d'en reconnaître les principaux caractères. Celles du milieu du corps sont sensiblement plus hautes que longues, mais du reste régulièrement carrées. La ligne latérale est très-distincte ; mais , au lieu de partir de l'angle supérieur de la nuque, comme dans le Pholidophorus Hastinysiœ , elle prend son origine à-peu-près au milieu du corps , derrière la ceinture thoracique. Les contours de la tête sont assez bien conservés ; on y découvre un caractère particulier, qui ne se retrouve pas dans d'autres espèces ; c'est la présence d'une série de petites erénelures sur la nuque , qui rappellent un peu les épines qu'on rencontre sur la tète de certains Cyprins. Je suis cependant disposé à croire que ces erénelures ne proviennent ici que de l'empreinte d'écaillés disjointes.
Je ne connais qu'un seul exemplaire de cette espèce, que je dois à l'obligeance de M. le professeur Pusch, de Varsovie. L'original se trouve dans la collection de M. Puseh et provient du grès rouge jurassique de Pologne»
XVIII. Phoudophorus gracilis Mùnslr^ Vol. 2 , Tab. 42 , fig. 2.
M. leccrmte de Munster désigne sous ce nom un petit poisson du calcaire de Kehiheim , qui fait partie de sa collection. Ce savant, qui a bien voulu m'en communiquer !e dessin . observe positivement que les écailles , qui sont petites et minces , ne montrent aucune trace
de dentelure. L'original est couché sur le dos, de manière qu'on reconnaît, près de la tête, les deux pectorales. Le tronc est d'égale largeur, et la colonne vertébrale est grêle et composée d'un grand nombre de vertèbres. La tète a dû être assez large. Les fig. « et 6 représentent des écailles grossies d'après le dessin que m'en a communiqué M. le comte de Miinster. Il est probable que la fig. h indique la face externe, la fig. a, la face interne. La forme pentagonale de ces écailles est encore un problème pour moi.
XL\. PlIOLIDOPHORUS MINOR AgaSS.
Il existe dans la collection de lord Enniskillen une portion du crâne d'un petit poisson, que je crois être un Pholidophore. On y reconnaît distinctement les deux frontaux, qui, réunis , ont à-peu-près la forme d'une courte massue, leur partie postérieure étant élargie, la partie antérieure, au contraire, très-atténuée. Ne connaissant pas d'espèce à laquelle on puisse rapporter ce fragment, je le désigne provisoirement sous le nom de Ph. minor. Il provient de l'oolite de Stonesfield.