‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 2)Chapitre 145 sur 289 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

DU GENRE SAURICHTHYS Agass.

Ce type n'est guère connu que par quelques fragmens de mâchoires et par quelques deîits isolées. Le nom que je lui donne a trait à sa grande affinité avec les Sauriens, Les dents surtout ressemblent si fort à celles de différons Sauriens des terrains secondaires, que je les confondis dans l'origine, et il est probable que plusieurs naturalistes les ont rangés et les rangent encore dans cet ordre des Reptiles, dans leurs collections. C'est une erreur d'autant plus pardonnable , que ces dents sont munies de plis verticaux et logées dans des rainures semblables à celles des Plésiosaures ; elles sont en outre placées à dislances inégales et diffèrent considérablement de grandeur entre elles ; le plus souvent elles sont légèrement comprimées sur les côtés. L'os qui porte la couronne d'émail est finement strié dans le sens de la longueur des dents. Ce n'est qu'après aAoir fait une étude minutieuse de plusieurs fragmens de mâchoires munies de leurs dents, que j'ai acquis la certitude que l'animal qui les portait n'était pas un Saurien , mais bien réellement un poisson ; et aujourd'hui que les recherches microscopiques sont venues compléter d'une manière si inattendue les caraclères de la dentition propre à chaque classe, il ne peut plus exister de doutes, même sur les dents isolées. Il suffit de faire une coupe transversale ou longitudinale et de l'examiner au microscope, pour y reconnaître aussitôt le caractère de la famille des Sauroides. La ressemblance est même si grande à cet égard entre ce genre et les Pygopterus, qu'il est assez difficile de les distinguer génériquement (voy. plus bas sur la structure microscopique des dents des Sauro'ides). Un caractère commun à toutes ces dents , c'est d'avoir un cône d'émail lisse au sommet , supporté par une racine plissée. Quelquefois, il est vrai, les plis s'étendent aussi sur l'émail ; mais c'est une exception que je n'ai pas pu examiner au microscope. Le capuchon d'émail est d'ordinaire séparé de la racine par un étranglement assez prononcé, qui ne se retrou^e pas dans le genre Pygopterus.

D'après les dimensions des dents, on pourrait croire que les Saurichthys étaient des poissons de très-petite taille ; mais quand on a vu ces dents en place, implantées dans la mâchoire , et que l'on a constaté le développement extrême de la racine , comparé à celui de la couronne, on change complètement d'idée sur ce point, et la supposition que les cônes émaillés, qui n'ont guère plus d'une ligne de haut , puissent provenir de poissons dont la mâchoire a quatre ou cinq pouces de long , n'a plus rien de surprenant.

Les espèces connues jusqu'à ce jour sont en petit nombre, et ce type, qui parait être propre à la formation (riasique, ne s'étend pas, à ce qu'il paraît, dans l'époque jurassique. Je le place à la suite des genres Acrolcpis et Pygopterus , à cause de la ressemblance de ses dents avec celles de ce dernier, et parce qu'étant originaire de la formation triasique, il est probable qu'il était hétérocerque . comme tous les poissons antérieurs à la formation jurassique.

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