‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 2)Chapitre 153 sur 289 · III. EuGNATHUS Philpotlve Affass · texte numérisé non relu

III. EuGNATHUS Philpotlve Affass

Vol. 2, Tab. 58.

Cette espèce ressemble à certains égards à VEuxjn. orthostomus, que nous avons décrite plus haut ; cependant elle est plus trapue et sa forme générale est si régulière , qu'elle rappelle les poissons les plus réguliers de notre époque. Quoique le museau ne sQJt pas conservé , je ne doute cependant pas que ce ne soit un véritable Eugnathus. Ce qui le distingue entre tous ses congénères , c'est la forme particulière de ses écailles, dont les antérieures sont plus hautes que longues. Les stries longitudinales dont elles sont ornées , sont aussi plus marquées ; elles sont parallèles , commencent à-peu-près au tiers antérieur de l'écaillé et aboutissent au bord postérieur, sans cependant occasionner une dentelure bien accusée. Le bord antérieur, qui en est dépourvu est entièrement lisse. L'articulation des séries dorso-ventrales a lieu au moyen d'un onglet articulaire assez obtus (fig. 2). Les stries longitudinales s'effacent de plus en plus vers la région caudale , à mesure que les écailles s'allongent davantage. Aux environs de la dorsale , là où les écailles sont sensiblement plus longues que hautes , les stries sont déjà bien moins longues et moins accusées (fig. 3). Enfin, au-delà de la dorsale, les stries disparaissent complètement et la surface des écailles est tout-à-fait lisse. En même temps la forme des écailles se rapproche toujours plus du losange. La ligne latérale est très-distincte dans notre espèce ; elle est à-peu-près parallèle à la ligne du dos et se reconnaît à une ouverture transversale située au milieu des écailles. Ces écailles n'ont au reste rien de particulier dans leur structure : elles sont striées dans la partie antérieure et lisses dans la partie postérieure du corps. La fig. k représente deux écailles de la ligne latérale, dans leur juxtaposition avec d'autres écailles , telles qu'elles se voient sur la partie postérieure du tronc. Les nageoires ont la même forme et la même disposition que celles de VEug. orthostomus. La dorsale est grande , composée de rayons profondément dichotomés et articulés. Le premier rayon est hérissé de fulcres roides qui s'étendent de la liase jusqu'au sommet. La caudale est largement échancrée , ses rayons sont plus gros et moins nombreux que dans l'espèce citée , et leurs articulations sont plus distantes. En revanche , les fulcres qui bordent le premier rayon du lobe supérieur et du lobe inférieur, sont plus petits. L'extrémité de la queue qui supporte la caudale est en forme de S , et comme le lobe inférieur de la caudale est plus reculé , il en résulte que pour égaler à leur extrémité ceux du lobe supérieur, ses rayons doivent être plus

longs que ceux du lobe supérieur. L'anale est petite et opposée à l'extrémité de la dorsale. Les pectorales ont les rayons les plus grêles.

Les os de la tète sont en partie assez bien conservés , au museau près. On distingue surtout les plaques du pariétal et du mastoïdien, dont la surface est granulée comme dans les Dapedius et les Tetragonolepis. La ceinture thoracique en revanche est lisse ; l'humérus en particulier est très-bien conservé ; faiblement arqué , il ne forme qu'une saillie peu marquée au-dessus de l'insertion des pectorales.

En dédiant cette espèce à Miss Philpot , je me fais un plaisir de reconnaître publiquement les services qu'elle a rendus à la paléontologie et notamment à l'ichlhyologie fossile , par les soins ([u'elle atnis à recueillir les débris fossiles du lias de Lyme-Regis. L'espèce que nous venons de décrire et qui fait partie de sa collection , peut être envisagé comme l'un des beaux poissons de celte formation.

l\. EUGNATHUS CumoTES Affass. .

Vol. 2, Tab. S7 6.

C'est la plus grande espèce du genre. L'exemplaire ligure doit avoir eu près de trois pieds de longueur, à en juger d'après ce qui est conservé. Un caractère qui frapj)c au premier coupd'oeil dans ce poisson , c'est sa tête courte et son museau obtus, qui contraste fortement avec le museau allongé des E. orthostomus et speciosus décrits ci-dessus. La tête n'a que sept pouces de long, ensorte qu'en évaluant la longueur totale du poisson à trois pieds, elle n'en égale que la cinquième partie. Les dents sont coniques , robustes , de grandeur inégale et plus ou moins recourbées en arrière. Les plus grosses occupent le milieu et le devant de la gueule. Les nageoires sont grandes , les pectorales surtout sont très-développées et composées de rayons fort gros. Le rayon externe , qui est le plus grand , est muni de fulcres très-distincts. Les autres ne sont articulés et divisés qu'à partir du milieu de leur longueur. Les ventrales se font également remarquer par de très-gros rayons, et ici aussi le rayon antérieur est garni de fulcres. La dorsale est grande ; ses rayons paraissent avoir été nombreux et articulés jusqu'à la base. Sa position est peut-être déplacée dans notre dessin ; du moins , les osselets interapophysaires qui correspondent aux rayons , sont-ils plus reculés que les rayons eux-mêmes.

Le squelette nous offre de très-grosses vertèbres , plus hautes que longues. En revanche, leurs apophyses sont très-grêles, ainsi que les côtes. Il existe des osselets interapophysaires tout le long du dos ; et bien que ceux qui précèdent la dorsale soient tous inermes, ils ne cèdent cependant pas en grosseur à ceux qui portent la dorsale ; les uns et les autres sont trèsvigoureux. Le seul caractère qui distingue ces derniers , c'est qu'ils sont terminés par une fêle articulaire. On reconnaît presque tous les os de la tête; la base du crâne paraît recouverte d'une (ine brosse de dents. Les palatins sont étroits : les os de la face et des pièces opère u laires ,

minces. L'orbite esl grande , le scapiilairc large et lisse, l'humérus strie et plissé longitudînalement.

Ces ditTérences très-considérables entre cette espèce et les autres Eugnathus sont de nature à faire naitre des doutes sur son identité générique. J'ai moi-même été dans l'incertitude à cet égard ; mais la découverte que jai faite, dans la collection de lord Enniskillen, d'un second exemplaire de même taille à-peu-près , et sur lequel une partie des écailles s'est conservée , m"a convaincu ((ue je ne m'étais pas tronq)é en rapportant malgré cela cette espèce au genre Eugnathus. Ces écailles qui proviennent des environs de la ceinture thoracique , sont armées de sillons ou stries longitudinales absolument comme dans les autres espèces , avec cette seule différence qu'elles sont un peu plus lînes et plus irrégulières. Les os de la tête sont finement granulés.

C'est encore une espèce propre au lias de Lyme-Regis. Lord Enniskillen en possède plusieurs exemplaires, entre autres l'original de notre planche. Un autre, non moins remarquable, se trouve dans la collection de Miss Philpot à Lyme-Regis. Ce dernier a l'avantage de nous faire voir une partie des écailles par la face inférieure ; et je me suis convaincu par là , à n'en plus douter, que l'articulation des séries dorso-ventrales ne se fait pas au moyen d'onglets saillans , mais seulement par les sinuosités des bords des écailles.

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