II. EuGNATHUS spEciosus Agass
Vol. 2 , Tab. 57.
Syn. Lepidosteus? dentosus Kœnig Scones sectiles. Tab. XII. fig. 140.
Cette espèce, quoique connue seulement par des fragmens. nous fournit un exemple frappant de la netteté avec laquelle les os peuvent se conserver intacts dans leur position naturelle. La tête est allongée , le museau est saillant , la gueule est profondément fendue. On distingue fort bien parmi les os de la tête les frontaux , les maxillaires supérieur et inférieur, l'intermaxillaire et les pièces des appareils ptérygopalatin et operculaire. Le maxillaire supérieur est large en arrière et se termine en pointe très-effilée en avant. L'intermaxillaire qui lui succède pour former l'extrémité du museau, est beaucoup plus petit, et d'après la manière dont il repose sur l'extrémité antérieure de l'intermaxillaire , il n'y a pas lieu de s'étonner qu'il soit si rarement conservé dans ces poissons. Le maxillaire inférieur est beaucoup plus large que le supérieur. On reconnaît distinctement la manière dont il s'articule en arrière à l'os carré. Les dents du maxillaire supérieur sont les plus uniformes ; cependant les antérieures sont en somme un peu plus développées que les postérieures. Les dents implantées dans l'intermaxillaire sont sensiblement plus fortes et plus crochues. Mais c'est à la mâchoire inférieure qu'on remarque la plus grande variété dans les dimensions des dents ; celles du milieu de la mâchoire , surtout, sont les plus grosses de toutes. J'ai représenté dans les fig. 3 et 4 deux dents, dont l'une (fig. 3) est de la mâchoire supérieure, et l'autre (fig. h), de la mâchoire inférieure. L'appareil operculaire est admirablement conservé. Le préopercule est presque droit, en quoi il diffère de celui de l'espèce précédente qui est sensiblement arqué ; l'opercule est anguleux et fait saillie en arrière , l'interopercule a sa branche montante très-haute , tandis que la branche horizontale s'étend sous le préopercule et sous le subopercule. Les rayons branchiostègues sont très-développés ; on en distingue une dizaine qui vont en se raccourcissant d'arrière en avant. La plaque temporale et palatine est également très-bien conservée , mais il n'est pas possible d'y reconnaître le contour des différens os dont elle est composée. On remarque seulement les contours de l'os carré en contact avec le maxillaire inférieur, qui forme avec lui une vigoureuse articulation.
Le fragment de fig. 2 qui a été trouvé avec la tête que nous venons de décrire , et qui provient sans doute de la même espèce , nous montre d'une manière très-complète la forme et la structure des écailles. C'est un fragment de la partie antérieure du corps. Les écailles supérieures sont plus allongées que celles d'aucune autre espèce. Leur surface est marquée de plis longitudinaux très-distincts , qui aboutissent au bord postérieur à des dentelures trèsprononcées (fig.. 5). Le bord antérieur, ou la racine de l'écaillé, est parfaitement lisse. Il paraît que les diverses écailles d'une rangée étaient simplement juxtaposées ; on ne voit du
moins aucune trace d'un onglet articulaire au bord supérieur. Vers la région ventrale , les écailles deviennent toujours plus étroites , mais elles sont du reste conformées comme les autres (lig. 6),
Les deux exemplaires figurés ont été trouvés dans le lias de Lyme-Regis , et font Tun et l'autre partie de la collection de miss Philpot à Lyme-Regis.