‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 2)Chapitre 160 sur 289 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

DU GEXRE CATURUS Agass.

Dans l'origine , j'avais appelé ce genre Urœus: mais comme ce nom avait été affecté antérieurement à un genre de la classe des reptiles, je le changeai par la suite en celui de Caturus, qu'il porte maintenant. C'est un type très-régulier qui rappelle les poissons les mieux proportionnés de notre époque, tels que les Salmones d'eau douce et les Clupes. On pourrait même avoir des doutes sur la famille à laquelle il appartient si sa dentition ne nous disait assez hautement que c'est un vrai Sauroïde. 11 se rapproche à bien des égards du genre Pachycormus que nous venons de décrire, entre autres par sa forme générale, par son squelette trapu et par ses écailles qui sont d'une minceur extrême. Mais a côté de ces ressemblances nous reconnaissons en lui des dissemblances non moins frappantes. Les principales résident dans les nageoires : la caudale est grande, équilobe, anguleuse et largement échancrée et le premier rayon est garni jusqu'à son extrémité de petits fulcres , qui n'existent pas , à ma connaissance dans le genre Pachycormus. D'un autre côté, les rayons indivis situés en avant du rayon principal sont bien moins longs. La dorsale est très-avancée, opposée aux ventrales; elle est de moyenne grandeur, ainsi que l'anale et les ventrales. Les pectorales sont beaucoup plus petites que dans le genre précédent : les vertèbres sont courtes et fort larges , surmontées d'apophyses vigoureuses qui s'inclinent considérablement en arrière dans la partie caudale du tronc. Les côtes sont grêles; en revanche les osselets interapophysaires sont robustes. Les écailles sont très-minces et fort rarement conservées; leur forme est rhomboïdale ; leur surface quelquefois légèrement striée. Les mâchoires sont armées de grosses dents coniques, très-serrées. En résumé on peut dire que le caractère prépondérant de notre genre c'est de n'en point avoir de saillant. Aussi pour le bien circonscrire, faut-il nécessairement procéder par voie d'exclusion. Une conséquence de cet état de choses, c'est qu'il est très-difficile de distinguer les espèces, d'autant plus que les fragmens que l'on connaît, sont pour l'ordinaire très-détériorés ; ensorte qu'à cet égard un certain nombre de déterminations ne peuvent être envisagées que comme provisoires.

Ce genre est propre aux terrains jurassiques; il prédomine surtout dans les dépôts récens de cette formation.

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