‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 2)Chapitre 161 sur 289 · I. Caturus fiircatus Agass · texte numérisé non relu

I. Caturus fiircatus Agass

Vol. 2, Tab. S6a.

Syn. Vrœus nuchalis Agass. insc. — Pachycormus furcatus Agass. nisc.

Cette espèce a d'abord été rangée dans le genre Pachycormus , à cause de sa caudale fortement échancrée. Mais un examen plus attentif m'a appris que c'est au genre Caturus qu'il convient de la rapporter. L'espèce est l'une des plus grandes du genre ; l'exemplaire figuré n'a pas moins d'un pied quatre pouces de long, sur près de quatre pouces de large. La tète est courte ; car elle n'égale que le cinquième de la longueur totale. Quoique l'abdomen soit la partie la plus large du corps, il est cependant bien moins prépondérant que chez les Pachycormus et, d'un autre coté, le pédicule de la queue est loin d'être aussi grêle. Ce qui frappe surtout dans notre poisson, ce sont ses apophyses épineuses, qui sont très-robustes , surtout les supérieures ; les plus longues sont au dessus de l'anale ; elles égalent même en longueur les côtes qui sont excessivement grêles. Les apophyses des dernières vertèbres abdominales, près de la ceinture thoracique, sont sensiblement plus courtes et très-serrées, ce qui fait supposer que les vertèbres qui les portaient, étaient très-étroites ; celles de la l'égion caudale sont trèsinclinées comme dans toutes les espèces de ce genre. Les osselets interapophysaires, ceux de la dorsale, comme ceux de l'anale, sont assez larges et très-serrés. A part la caudale , les autres nageoires ne sont pas très-développées , mais elles sont toutes composées de rayons très-divisés et articulés. La caudale compte un grand nombre de rayons; mais comme elle est trèséchancrée, il n'y en a qu'un petit nombre de très-allongés. Les fulcres du premier rayon sont très-distincts : ceux du lobe supérieur s'étendent même au-delà du rayon , sur la ligne dorsale, où l'on en compte une douzaine. Les rayons du milieu de la nageoire sont comme d'ordinaire les plus divisés. Tous, à l'exception des fulcres, sont articulés ; les articles sont en général plus longs que larges , mais ils ne s'étendent pas jusqu'à la base des rayons. La gueule est profondément fendue et les mâchoires , supérieure et inférieure , sont armées de grosses dents coniques , très-uniformes , qui forment un i*atelier très-serré. On distingue , sous la mâchoire inférieure , une série de rayons branchiostêgues très bien conservés, mais assez petits et arqués en arrière. L'orbite est grande , les écailles sont rhomboïdales , assez petites , fort minces et à bord lisse. M. le comte de Miinster possède un exemplaire dans lequel l'intestin est conservé. Il est reconnaissable à un dessin enzig-zag très-particulier.

Celte espèce est fréquente dans le calcaire lithographique de Solenhofen. L'original de ma planche est une double plaque qui a été déposée au musée de Prague par feu M. le comte de Sternberg. Il en existe aussi des exemplaires dans la collection de M. le comte de Munster, dans celles de Lord Enniskillen et de sir Philipp Egerfon, ainsi qu'au musée de Munich.

L'espèce que j'ai étiquetée, dans plusieurs collections, du nom à'Urœus nuchalis, n'est autre que notre C. furcatus.

W. Catitkus LATiTs Miinst.

Vol. 2, Tab. ^6.

Cette espèce est le type d'un poisson régulier. Sa plus grande largeur, qui égale à-peu-près le quart de sa longueur, est en avant de la dorsale, d'où le corps se rétrécit insensiblement jusqu'à l'origine de la caudale. Ses nageoires sont très-régulières. La caudale est vigoureuse, profondément et largement échancrée , et parfaitement symétrique. La seule différence qu'on remarque entre les deux lobes , c'est que les fulcres du premier rayon sont un peu plus développés au lobe supérieur qu'au lobe inférieur. Tous les rayons sont articulés jusque près de leur base et divisés un grand nombre de fois. Les articles sont plus longs que larges, du moins à la base des rayons. La dorsale est composée d'une douzaine de rayons qui vont en décroissant d'avant en arrière , de manière que le bord postérieur a l'air d'être tronqué verticalement ; son premier rayon est garni de petits fulcres jusqu'au sommet. L'anale a beaucoup de ressemblance avec la dorsale, ; seulement elle est un peu plus petite. Les pectorales sont composées d'une douzaine de rayons , tous très-gros , divisés nombre de fois et articulés jusqu'à leur base. Ici aussi les articles sont plus longs que larges. Les ventrales ne sont qu'imparfaitement conservées dans notre exemplaire; mais l'on voit, par ce qu'il en reste, qu'elles étaient très-grèles. Les vertèbres sojit très-grosses surtout celles de la région abdominale, et quoiqu'elles ne soient pas parfaitement intactes, on peut juger, par la position des apophyses supérieures, qu'elles étaient notablement plus larges que longues. Les cotes sont plus longues, mais aussi plus grêles que les apophyses. Ces dernières sont le plus vigoureuses dans la région abdominale. Celles de la queue sont beaucoup plus grêles et tellement inclinées sur les corps de vertèbres, qu'elles paraissent n'en être que des fulcres latéraux. Ce n'est qu^à l'extrémité inférieure delà colonne vertébrale que l'on voit aparaitre de nouveau quelques grosses apophyses, destinées à supporter le lobe inférieur de la caudale. La tête est petite, un peu plus longue que haute ; elle est contenue à-peu-près cinq fois dans la longueur du corps. L'œil est petit. La gueule est profondément fendue et armée d'un nombre considérable de dents très-fortes et coniques. Les écailles n'ont laissé que leurs empreintes , et d'après ce que l'on peut en juger, il paraît qu'elles étaient lisses et à bords unis.

En combinant tous ces caractères, on trouve une très-grande ressemblance entre cette espèce et mon Caturus furcatus décrit ci-dessus ; ensorte qu'il se pourrait très-bien qu'elle ne fût qu'une variété d'âge de ce dernier. L'original d'après lequel M. le comte de Miinster a établi cette espèce est un magnifique exemplaire provenant de Solenhofen et faisant partie de sa collection.

Page 1