‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 2)Chapitre 173 sur 289 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

DU GENRE BELOXOSTOMUS Agass.

Ce genre est évidemment trés-voisin du genre Aspidorhynchus. Sa forme générale est la même, et son squelette tégumentaire présente à peine quelques légères variations. Mais ce qui le distingue surtout, c'est que les deux mâchoires sont d'égale longueur ou à-peu-près, et que la mâchoire supérieure n'a pas d'échancrure dans laquelle s'engaine l'inférieure. J'ai été longtemps sans me douter de cette différence , et je rangeais alors les Bélonostomes parmi les Aspidorhynchus. Mais du moment que j'ai reconnu ce caractère important, j'ai dû séparer les espèces de ce type des vrais Aspidorhynchus, pour en faire un genre à part auquel je donne le nom de Belonostomus. Aujourd'hui que je connais plusieurs espèces dont la lète est conservée , j'ai pu me convaincre que les Bélonostomes sont en général plus grêles et plus élancés que les vrais Aspidorhynchus, ensorte qu'alors même que la tête manque, on peut encore savoir, d'après les dimensions relatives du corps , auquel des deux genres il faut rapporter tel ou tel poisson. La gueule est profondément fendue. Les mâchoires sont armées de dents acérées , mais d'inégale grosseur. L'orbite est très-grande. Le squelette est vigoureux ; il ne diffère de celui des Aspidorhynchus que par la plus grande longueur des corps de vertèbres, proportionnellement à leur hauteur. La disposition des nageoires est la'Tnême. Enfin , j'ai pu m'assurer sur une espèce que les séries dorso-ventrales des écailles s'engrènent entre elles au moyen d'onglets assez robustes , comme cela a lieu dans la plupart des autres Sauroïdes.

Les Bélonostomes ont existé, pour la plupart , simultanément avec les Aspidorhynchus: on les trouve depuis le lias jusqu'au portlandien et même dans la craie. Le nom du genre est emprunté à la ressemblance extérieure que ces fossiles ont avec le genre Bélone de la famille des Esoces , avec lequel on les a confondus jusqu'ici. On les a aussi quelquefois pris pour des Sphy rênes.

!. Belonostomus sph\raf,koides Agass.

Vol. 2, Tab. h7a, fig. 5\

Cette espèce a été déterminée à plusieurs reprises comme une Sphyrène ; et l'on ne saurait disconvenir qu'elle n'ait une certaine ressemblance avec ce genre de poissons vivans. C'est un poisson très-élancé. La tête égale presque le tiers de la longueur totale, mais elle n'est pas plus

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large que le corps. Les mâchoires sont d'égale longueur , très-robusles , et ne s'atténuent <jue d'une njanière très-insensible vers la pointe ; ensorte que tout en étant fort longues , elles sont cependant vigoureuses. On remarque dans notre exemplaire quelques-unes des dents de la mâchoire inférieure; elles sont petites, irrégulières et assez espacées; les canines se distinguent par leurs dimensions plus fortes. Toutes les nageoires sont conservées ; les pectorales sont assez longues , mais fort étroites. La dorsale est très-reculée et opposée à l'anale ; l'une et l'autre sont petites. Les ventrales sont un peu plus grandes et plus triangulaires ; elles sont encore plus rapprochées de l'anale que celle-ci ne l'est de la caudale. La caudale elle-même est profondément échancrée , du reste de moyenne grandeur, et à-peu-près équilobe. Ses rayons sont très-grèles. La colonne vertébrale doit être assez robuste ; les vertèbres sont plus hautes que longues. Les écailles ne s'aperçoivent dans notre exemplaire que par la face interne; aussi sontelles assez confuses ; cependant on voit q\ie les deux séries du milieu des flancs sont les plus considérables. Au-dessus sont deux rangées d'écaillés à-peu-près carrées, et au-dessous une suite de rangées très-étroites qui recouvrent la région abdominale.

C'est une espèce propre au calcaire lithographique de Solenhofen. L'original se trouve dans la collection de M. le comte de Miinster. J'ai reconnu que l'espèce que j'ai désignée dans le Feuilleton jde l'une de mes précédentes livraisons sous le nom de B, bnichysomus, n'est qu'une variété du B. sphyrcenoides.

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