‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 2)Chapitre 172 sur 289 · I. ASPIDORHYNCHUS ACUTIROSTRIS AgaSS · texte numérisé non relu

I. ASPIDORHYNCHUS ACUTIROSTRIS AgaSS

Vol. 2 , Tab. U6.

Syn. £sox acutirostris de Blainv. Ichtli. p. 28. ^ KnoiT. Tom. I. Tab. 23 et 29.

Cette espèce que j'envisage comme le type du genre Aspidorhynchus a été décrite pour la première fois par M. de Blainville, qui la range parmi les Brochets. C'est un poisson Irès-élancé dont la longueur est de deux pieJs sur une hauteur d'à peine trois pouces. Parmi les exemplaires connus, il en est plusieurs dont la tête est très-bien conservée, ensorte que nous sommes à même d'en donner une description détaillée. Le maxillaire supérieur déborde le maxillaire inférieur d'au moins un pouce et demi à deux pouces , formant une espèce de dard très-pointu et très-grèle, même à sa base. Le maxillaire inférieur est sensiblement plus large, surtout en arrière, où il prend une forme arquée. Les deux mâchoires sont armées de dents coniques de grandeur variable et très-acérées; cependant il paraît que celles du fond de la gueule sont les plus grandes et qu'elles diminuent sensiblement d'arrière en avant. Je n'ai pas pu m'assurer d'une manière positive si la partie du maxillaire qui déborde la mâchoire inférieure est garnie de dents ou non. Cependant je crois qu'il y en a de très-petites au bord inférieur du rostre. Une autre particularité de cette espèce consiste dans l'orbite, qui est très-grande et plus rapprochée de l'angle de la bouche que du bord supérieur de la tête. On distingue, dans la plupart des exemplaires, des traces des rayons branchiostègues qui sont très-petits et très-grèles en avant, mais qui vont eh s'allongeant et en sélargissant e^n arrière ; leur nombre est considérable. L'opercule se fait remarquer par sa largeur. Le préopercule a une forme presque rhomboïdale. La disposition des écailles mérite une attention toute particulière. Au milieu des flancs se trouve la rangée delà ligne latérale dont les écailles, quoique fort hautes, n'atteignent cependant pas tout-à-fait les dimensions de la rangée qui est audessous. Cette dernière frappe d'autant plus qu'elle est adjacente à plusieurs séries de très-petites écailles qui forment avec elle un contraste frappant. Au-dessus de la ligne latérale se trouvent deux rangées de moyenne grandeur, dont les écailles ont à-peu-près la moitié des dimensions qu'acquièrent celles de la ligne latérale. Pour mieux faire ressortir ce singulier arrangement, j'ai représenté au-dessus de la figure principale deux groupes d'écaillés . montrant la manière dont elles se combinent entre elles ; l'une des figures représente leur face interne et l'autre leur face externe. A côté se voient deux écailles isolées de la rangée principale : l'une montre la face interne avec la carène longitudinale dont l'onglet est le prolongement et l'entaille destinée à recevoir le crochet de l'écaillé sous-jacente ; l'autre se voit par la face externe, on la reconnaît facilement aux rugosités de sa surface. Il est digne de remarque que , tandis que le bord inférieur est plus ou moins arrondi, le bord supérieur présente, à côté de l'onglet, une pointe très-allongée; ce qui nous explique pourquoi la rangée

principale au-dessous de la ligne latérale, est troncpiée en bas et pointue en haut. Les écailles du dos et celles du ventre ne se font pas seulement remarquer par leur petitesse ; elles se distinguent encore par un autre caractère non moins frappant; c'est d'être marquées de fortes rides longitudinales qui sont surtout développées vers la région caudale et qu'on distingue d'une manière très-nette dans le grand exemplaire de notre planche. Ce même exemplaire est le seul aussi qui ait conservé ses nageoires dans toute leur intégrité. La caudale est largement fourchue ; ses rayons sont plus divisés que dans beaucoup d'autres genres et trèsrapprochés. à lexceplion des cinq rayons qui se ti-ouvent au milieu de la nageoire et qui sont plus espacés et flabelliformes. La dorsale est très-petite , tronquée verticalement en arrière; ses rayons sont grêles et nombreux. L'anale qui leur est directement opposée a des rayons plus gros et en général plus vigoureux. Les ventrales sont beaucoup plus rapprochées de l'anale que des pectorales, mais également petites. Les pectorales sont un peu plus longues et composées de gros rayons divisés un grand nombre de fois.

Tous les exemplaires connus proviennent de Solenhofen. Les deux beaux exemplaires représentés sur ma planche se trouvent au musée de Munich ; la tête séparée qui est placée sur le second rang s'y trouve également ; celle de l'angle supérieur m'a été communiquée par M. Hermann de Meyer et se trouve au musée de Francfort.

IL AsPmORHYNCHUS SPECIOSUS x\gass.

Vol. 2, Tab.45.

Nous retrouvons dans cette espèce une disposition des écailles analogue à celle que nous avons décrite dans l'espèce précédente. La rangée de la ligne latérale et celle qui lui est immémédialement sous-jacente ont aussi ici les plus grandes écailles ; leur hauteur égale deux fois leur largeur. Les rangées supérieures, au contraire, ont des écailles à-peu-près aussi longues que hautes et à l'origine de la caudale toutes les écailles , à quelques rangées qu'elles appartiennent, sont à-peu-près égales. Mais ce qui distingue surtout notre espèce, ce sont les rides ondulées dont toutes ces écailles sont ornées et dont l'empreinte se reproduit distinctement sur la roche , lorsque les écailles sont enlevées. Ces rides sont obliques et presques verticales sur les écailles de la partie antérieure du tronc; sur celles de la partie postérieure, elles sont presque longitudinales. Il est en outre à remarquer que le nombre des séries ventrales, à écailles étroites, est moins considérable que dans VJ. acutirostris. Les nageoires sont assez grêles. La caudale est composée de rayons fins , divisés jusqu'à la base , mais dont les articulations ne s'étendent pas jusqu'à l'origine. La dorsale et l'anale sont à-peu-près d'égale grandeur; mais les rayons de cette dernière sont plus nombreux. Les ventrales sont très-étroites et ne comptent qu'un petit nombre de gros rayons.

C'est un poisson du calcaire lithographique de Kehiheim. L'original se trouve dans la collection de M. le comte de Munster.

TOM. II. 2^ Part. ** 18

m. ASPIDORHYNCHUS ORNATISSIMUS AgaSS.

Vol. 2, Tab. hl.

Le caractère des Aspidorhynchus se trahit au premier coup-d'fieil dans la squammation de cette espèce. C'est la même forme des écailles et la même disposition des rangées principales, relativement aux rangées secondaires. Les <>cailles de la ligne latérale sont aussi ici les plus grandes ; celles de la rangée adjacente inférieure ne sont qu'un peu plus petites. Celles en revanche des rangées ultérieures, près du bord inférieur, sont beaucoup plus étroites. Les rangées supérieures à la ligne latérale décroissent d'une manière plus graduelle vers le bord dorsal , ce qui fait que celles du dos sont bien moins étroites que celles du ventre ; elles sont à-peuprès aussi hautes que larges. Mais ce qui caractérise surtout ces écailles , c'est la structure de leur émail qui , au lieu d'être lisse, présente un réseau très-serré de rides entrelacées qui ont valu à l'espèce le nom d'oriiatissimus. Cette structure ridée des écailles se voit également bien sur toutes les parties du corps ; sur le devant comme sur le derrière , sur le dos comme sur le ventre.

Quoique l'exemplaire figuré soit loin d'être complet , on voit cependant p*ar ce qu'il en reste, qu'il provient d'un poisson élancé , puisque la partie du tronc située en avant de la dorsale est triple de' la largeur du corps , abstraction faite de la tête et de ce qui peut manquer du tronc en avant. Si nous cherchons à reconstruire notre poisson d'api'ès VJ. acutirostris , nous trouverons que VAsp. ornatissimiis devait atteindre une longueur égale, sinon supérieure à celle de cette dernière espèce et qu'il était en tout cas plus large. Il n'est resté des nageoires que la dorsale et l'anale qui sont opposées comme dans les autres espèces du genre. L'une et l'autre sont composées de rayons fort larges qui se divisent un grand nombre de fois. Il n'y a que le premier rayon de l'anale qui soit indivis. Le nombre total des rayons est de dix dans l'anale et d'à-peu-près autant dans la dorsale. On voit sous l'abdomen une nageoire détachée, composée de cinq rayons très-divisés , qui , d'après sa position et sa forme , est probablement l'une des ventrales.

C'est une espèce propre au calcaire lithographique de Kehlheim. L'original se trouve dans la collection de M. le comte de Munster.

J'aurai encore à décrire et à figurer par la suite les espèces suivantes : 1° Aspidorhynchus mandibularis Agass. Espèce voisine de VA.speciosus , mais plus élancée et à écailles lisses. La mâchoire inférieure est sensiblement plus étroite que dans VJsp. acutirostris. Les écailles du ventre sont si étroites qu'elles ressemblent à de fines stries. Les dents sont longues , irrégulières et très-acérées. Du calcaire lithographique d'Eichslsedt.

2" AsPiDORHYNciius LEPTURUS Agass. Espèce voisine de VA. manitihidaris , mais plus petite; peut-être n'est-ce qu'une variété d'âge. Du calcaire lithograpliique de Kehliieini.

3" AspiiH)RHYNCHUS, ANGLicus Agass. Espèce du lias de Whitby.

k° AspiDORHYNOHus EUODUS Egert. Espèce découverte par sir Philipp Egerton dans l'argih; d'Oxford de Chippenham.

5° AsPiDURHYNCHUs Walchneri Agass. Espèce du lias de l'Oberland badois.

6° Asph)(>rhynchus Comptoisi /Vgass. Grande espèce de la collection de M. le marquis de Norfhampton. Les écailles qui contiennent la ligne latérale sont de beaucoup les plus grandes. La surface des écailles est ornée de petites granulations coniques. Elle provient d'un terrain probablement crétacé de l'Amérique du sud ; M. Gardner en a rapporté de nombreux exemplaires en Angleterre ; j'en ai du d'autres à l'obligeance de M. Elie de Beaumont. M. Célestin JNicolet en a aussi reçu quelques fragmens de Fernambouc.

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