IV. Belonostomus cinctus Agass
Vol. 2, Tab. 66a, fig. 10-13.
.Je rapporte au genre Belonoslomus, un fragment de la collection de M. Mantell, dont' les écailles présentent à-peu-près le même arrangement que nous avons reconnu dans les espèces précédentes. Ce sont d'énormes écailles , ayant un pouce de long et au-delà, sur un quart de pouce de large. Or pour peu qu'il y ait une seconde rangée d'écaillés pareilles, comme elles existent dans toutes les espèces connues jusqu'à ce jour, il faut admettre que le poisson dont proviennent ces fragmens, était de taille colossale; car en évaluant ses dimensions d'après ses écailles, il devait avoir au moins trois à quatre pieds de long. La partie du tronc qui est conservée est recouverte d'écaillés très-uniformes, dont les bords antérieur et postérieur sont parallèles, tandis que leur sommet se termine en une pointe obtuse en arrière (fig. 13). Les lig. 10, 11 et 12 représentent des mâchoires isolées qui ont été trouvées avec le fragment de
— I'i5 — lîg. i3. La figure H est une mâchoire inférieure qui a tous les caractères que nous avons reconnus aux mâchoires des Bélonostomes. D'un autre côté, le fragment de tig. 13 ne pouvan provenir que d'un Bélonostome ou d'un Aspidorhynchus , rien de plus naturel que de le rapporter au premier de ces genres, attendu (jue la mâchoire en question ne saurait être une mâchoire d'Aspidorhynchus. On ne saurait méconnaître la grande analogie qui existe entre celte mâchoire et celle du Lepidosteus vivant que nous avons décrit en détail, au commencement de la seconde partie de ce volume, page k. Les dents sont inqjlantées dans une rainure du bord extérieur de la mâchoire , et chaque dent est en outre enfoncée dans une alvéole particulière de manière que lorsque les dents sont tombées , le fond de la rainure présente une série de creux des plus remarquables (fig 12). A côté de ces dents principales se voit une rangée de petites dents en brosse qui régnent tout le long du bord interne de la mâchoire (fîg. H) et qui se retrouvent également dans le Lépidostée (Tab. B', fig. 3).
La fig. 10 représente les deux branches d'une mâchoire inférieure. Si, comme j'ai tout lieu de le croire, ce fragment provient de la même espèce que ceux de fig. 11, 12 et 13, ce serait une autre preuve que notre poisson est bien réellement un Bélonostome ; car il n'y a aucun Aspidorhynchus qui ait une mâchoire inférieure aussi allongée.
Tous ces fragmens proviennent de la craie de Lewes.
Espèces qui seront décrites par la suite :
1° Belonostomus Anningiae Agass. (B. tenellus dans quelques collections). Du Lias de Lyme-Regis.
2° Belonostomlts tenuirostris Agass. Espèce à bec très-long , égalant le tiers de la longueur totale et plus grêle que le bec du B. sphyraenoides. La mâchoire supérieure est plus longue que l'inférieure. Les vertèbres sont plus longues que hautes. Les dents sont acérées, irrégulières et espacées. Du calcaire lithographique de Solenhofen. C'est l'espèce que j'ai étiquetée dans quelques collections du nom d\hpi(lorhynchus temdrostris et de Belone temiirostris.
3° Belonostomus subulatus Agass. Espèce très-grêle, voisine du B.Munsleri. La mâchoire supérieure d'un cinquième plus longue que l'inférieure. Du calcaire lithographique de Solenhofen.
h" Belonostomus ventralis Agass. Espèce très-allongée, à tête grosse et large. Rayons des ventrales courts et larges. Cette nageoire est très-reculée.. Du calcaire lithographique de Solenhofen.
5° Belonostomus Kochii Miinst. Espèce voisine à certains égards du B. Munsteri, mais moins allongée, à mâchoires grêles et d'égale longueur; la tête est comprise quatre fois dans la longueur totale. Du calcaire lithographique de Kehlheim.
6° Belonostomus leptosteus Agass. Espèce de Stonesfield , dont je ne connais encore que des os détachés de la tête.
7° Belonostomus brachysomus Agass. N'est qu'une variété du B. spityrcenoïdes. (Voir celte espèce ci-dessus.) ,
— m — CHAPITRE XVI.
DU GENRE SAUROSTOMUS Agass.
M, le professeur Walchner de Cqrlsruhe a découvert dans le lias de l'Oberland badois une mâchoire armée d'une longue série de dents comprimées et tranchantes, assez semblables à des dents de Saurien , mais qui cependant appartiennent évidemment à la classe des poissons et dont j'ai fait le type de mon genre Saurostonius. On n'en connaît encore qu'une seule espèce, le Saurostomus esocinm. Peut-être faut-il rapporter à ce genre quelques mâchoires figurées dans les Transactions de la société géologique de Londres, seconde série, vol. 2, Tab. k, et qui proviennent du Lias de Lincolnshire.
Saurostomus esocinus Agass.
Vol. 2, Tab. S8 6,fîg. 4.
Tout ce que l'on connaît jusqu'ici de cette espèce se borne à la pièce figurée, qui est une mâchoire inférieure. Le poisson dont elle provient devait être de grande taille et avoir le museau très-allongé. Cependant l'os qui porte les dents est trop vigoureux pour provenir d'une espèce de Bélonostome , et trop allongé pour appartenir au genre Eugnathe , sans compter que les dents sont beaucoup plus uniformes que dans ce dernier type. Du reste on reconnaît bien évidemment la famille des Sauroïdes à la forme des dents, ainsi qu'à la manière dont elles sont implantées. A ce dernier égard, elles rappellent même d'une manière frappante les dents du genre Lépidostée, car elles sont implantées dans une gouttière qui est bordée par le bord de la mâchoire; de façon que lorsque ce bord est intact, il n'y a guère que la pointe émaillée des dents qui la dépasse. A l'intérieur des dents de la rangée principale, on en découvre de plus petites qui garnissent probablement le bord interne de la mâchoire et que l'on reconnaît à travers les intervalles des dents principales.
La plaque qui porte cette mâchoire provient d'un massif du lias de l'Oberland badois, bien caractérisé par son aspect particulier et par les fossiles qu'il renferme. Elle fait partie de la collection de M. Walchner,