CHAPITRE XVII
DU GENRE MEGALL'RUS Agass.
Le nom de ce genre en indique le caractère essentiel , qtii consiste dans une queue trèsample, jointe a un squelette assez trapu, ce qui lui donne une apparence très-massive. La caudale, au lieu d'être bilobée comme dans la plupart des genres que nous venons d'examiner, est à-peu-près uniformément arrondie ; elle rappelle à cet égard le Polyptère du Nil que nous avons décrit ci-dessus. Cependant cette ressemblance est plus apparente que réelle , attendu que dans le Sauroïde du Nil, les rayons qui s'attachent aux apophyses inférieures des vertèbres caudales sont aussi nombreux et aussi considérables que ceux qui dépendent des apophyses supérieures. Dans notre genre , au contraire, la colonne vertébrale, au lieu d'être droite, se relève sensiblement à son extrémité, et la portion la plus notable de la caudale est supportée par les apophyses inférieures. Les rayons de cette nageoire sont aussi en général plus grêles et moins divisés. Ceux du lobe supérieur sont même souvent indivis. La dorsale est assez grande , composée de rayons également grêles et peu divisés. Son insertion est opposée à celle des ventrales qui sont elles-mêmes beaucoup plus rapprochées de l'anale que des pectorales. L'anale ne compte qu'un petit nombre de rayons, mais ils sont assez allongés et semblables aux rayons de la dorsale. Le squelette est très-robuste ; la colonne vertébrale surtout est forte , composée de vertèbres très-grosses et beaucoup plus hautes que longues, du moins dans la partie antérieure du tronc. Les apophyses et notamment les côtes sont courtes ci grosses. Les apophyses supérieures ne s'articulent pas directement avec les corps de vertèbre; mais elles sont supportées par des processus très-distincts et fort gros , et comme elles s'articulent à l'angle postérieur de ces processus, il en résulte qu'elles sont inclinées en arrière dès les premières vertèbres abdominales. Toutefois on n'en reconnaît pas moins les vertèbres caudales à leurs apophyses qui s'allongent de plus en plus vers la queue. Il y a des osselets interapophysaires tout le long du dos ; mais les inermes qui précèdent la dorsale sont bien moins développés que les autres; et ils sont loin d'atteindre le bord dorsal. La tête est assez courte ; la gueule n'est pas très-fendue , mais les mâchoires sont armées de grosses dents coniques qui prouvent assez que nous avons à faire à un genre particulier de la famille des Sauroïdes. Les écailles sont lisses, et leur bord postérieur uni et arrondi , ensorte qu'elles ressemblent beau- TOM. IJ , 2" Part. 19
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coup à des écailles de Cycloïdes avec lesquelles elles pourraient en effet être confondues si elles n'étaient recouvertes d'émail.
Les espèces connues jusqu'ici proviennent toutes des étages récens de la formation jurassique.