‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 2)Chapitre 19 sur 289 · III. Amblypterus latus Agass · texte numérisé non relu

III. Amblypterus latus Agass

Vol. 2. Tab. 4. f. 2. 3. 4. 5 et 6.

Palœothrissum latum Agass. Catalog. manuscr.

Il y a , au Musée de Strasbourg , deux plaques correspondantes de cette espèce , qui m'ont été confiées par M. Voltz. Ce sont les originaux de mes figures. Leur état de conservation est si parfait, qu'elles ne laissent rien à désirer, excepté quelques détails sur les os du crâne. Elles proviennent du terrain houiller des environs de Saarbriick. Au Musée de Paris, on en voit aussi une plaque, provenant des houilles de Lebach, dans le duché de Saarbriick.

Ces exemplaires sont renfermés dans des boules marneuses de fer oxydé carbonate.

L'Amblypterus latus ressemble beaucoup au macropterus par sa forme, et par les proportions relatives de ses parties. C'est un gros poisson trapu, court, très-large dans la partie antérieure du tronc , rétréci sur le pédicule de la queue, qui est proportionnellement plus mince que dans les autres espèces du genre.

La tète est aussi plus courte et plus étroite, à cause de la chute rapide de son profil. Les os sont plus lisses; on y voit bien aussi quelques stries, mais outre qu'elles sont moins marquées , elles proviennent des lames d'accroissement des os , et sont par conséquent concentriques les unes aux autres; tandis que dans l'Amblypterus eupterygius, ce sont les rayons d'ossification divergens les uns des autres, qui sont plus saillans. Les os supérieurs de la ceinture thoracique, le suprascapulaire et le scapulaire sont trèslarges; il en est de même de l'humérus qui forme une faible saillie arrondie au-dessus de l'insertion des pectorales. L'opercule, en revanche, est étroit, mais le subopercule est très-haut. L'os maxillaire inférieur, sifr le bord supérieur duquel on voit quelques traces des dents, est plus étroit que dans les autres espèces; tandis que les rayons branchiostègues sont plus longs et plus larges.

On voit distinctement le point d'insertion des pectorales, au bas de l'angle inférieur de l'humérus, sans qu'il soit cependant possible d'en compter les rayons. Ce qu'il y a

de certain, c'est qu'ils sont plus minces que ceux des autres nageoires, et notamment plus fins et à articulations plus rapprochées que ceux de l'anale et de la dorsale; ces pectorales paraissent n'avoir pas atteint tout-à-fait l'insertion des ventrales en se repliant en arrière. Celles-ci ont une base très-large, et comme toutes les autres nageoires elles sont formées de rayons moins grêles que ceux des Amblypterus macropterus et eupterygius; mais leurs articulations transverses sont beaucoup plus rapprochées, et les divisions longitudinales de leurs extrémités moins nombreuses que celles de l'eupterygius. Un autre caractère frappant, c'est que tous les rayons sont plus distincts et évidemment osseux , tandis que ceux des espèces citées se fondent en quelque sorte dans la membrane qui les lie. L'anale et la dorsale ont exactement la même forme et la même grandeur ; le milieu de cette dernière correspond exactement au bord antérieur de la première. En avant de chacune d'elles, il y a quelques grosses écailles impaires, échancrées à leur bord postérieur, et accolées contre la base des nageoires. Sur le point d'insertion des ventrales il y a ime longue écaille lancéolée, comme on en voit chez quelques genres de la famille des Chipes, des Cyprins et surtout des Salmones. Le lobe inférieur de la caudale est plus étroit , et formé de moins de rayons que dans les autres Amblypterus. Les petits rayons en V, accolés sur le bord antérieur de toutes les nageoires, le long de leur rayon externe, sont visibles à l'œil nu.

Les écailles fournissent encore un caractère important de cette espèce. Les flg. 4 et 5 représentent celles des flancs, la fig. 6. celles du lobe de la caudale. Elles sont toutes parfaitement lisses, et beaucoup plus grandes que celles des autres espèces; c'est à peine si l'on distingue, sur le bord, les lignes concentriques des dernières lames d'accroissement. Cependant elles diffèrent considérablement de grandeur entr'elles, suivant la place qu'elles occupent sur le corps : celles du dos et de la queue sont plus petites , celles qui s'étendent sur le lobe supérieur de la caudale sont, en outre, en forme de losange plus allongée; mais celles qui recouvrent les parois de la cavité abdominale, et qui sont aussi hautes que larges sont de beaucoup les plus grandes. Les séries d'écaillés vont donc en s'élargissant du dos vers la partie inférieure de l'abdomen. La ligne latérale s'étend dans toute sa longueur, à peu près sur le milieu du corps. L'Amblypterus lateralis a aussi de grandes écailles lisses; mais il suffit, pour distinguer cette espèce, de faire remarquer qu'elles sont presque égales sur toutes les parties du corps, et un peu moins hautes que longues.

Le caractère des grandes écailles lisses rapproche ces deux espèces d'Amblypterus de celles du genre Palœoniscus, que l'on trouve dans le schiste marno-bitumineux de la montagne de Muse près d'Autun.

Page 1