‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 2)Chapitre 201 sur 289 · IV. Pyckodus gigas Affass · texte numérisé non relu

IV. Pyckodus gigas Affass

Vol. 2, Tab. 71 . fig. i^ et Tab. 72a fig. 56-58.

Bourguet, Traité des Pétrilications , Tab. 57, n" 396.

Les dents de cette espèce, dont Bourguet a représenté une dent isolée dans son traité des Pétrifications, sont ju.squ'ici les plus grandes du genre Pycnodus , et s'il faut en juger d'après les rapports qui existent dans le P. Platessus , (Tab. 72, fig. 1) entre la dentition et les dimensions du corps, elles doivent provenir d'un poisson vraiment gigantesque. Notre Tab. 71 , fig. 13, représente un fragment de mâchoire sur lequel on distingue une série de six grosses dents, flanquées , de chaque côté,- de dents plus petites, qui, sans être disposées par séries régulières comme les grandes dents, sont cependant plus nombreuses d'un côté que de l'autre. II est difficile, d'après ces seuls indices, de dire si notre fragment appartient à la mâchoire supérieure ou à la mâchoire inférieure. Je crois cependant , à cause de l'inégalité des rangées secondaires, que c'est plutôt à la mâchoire inférieure qu'il faut le rapporter.

Les grosses dents sont en forme de demi-cylindres plus ou moins réguliers, ordinairement un peu arquées en avant. Les deux extrémités sont arrondies et d'égale largeur, mais elles n'ont pas toujours exactement les mêmes contours. Leur hauteur égale à-peu-près le tiers et quelquefois près de la moitié de leur longueur , lorsqu'elles sont parfaitement dégagées (Tab. 72 o, fig. 56 '' et 57 '). La surface de l'émail est assez lisse; mais elle devient luisante par suite de l'usure. La racine est beaucoup plus étroite que la couronne; elle n'a guère que la moitié de sa largeur (fig. 56). La couronne s'en détache facilement et alors on voit distinctement la cavité qu'elle occupait , du moins son contour. Les personnes qui ne sont pas encore très-familiarisées avec les dents de poissons fossiles, devront surtout avoir égard à ce caractère, parce qu'il sert à distinguer les dents de ce type de certaines dents de Requins, telles que les Acrodm et les Psammodiis, qui ont la même forme, mais dont la racine n'est pas enfoncée dans la couronne. Les petites dents latérales sont plus irrégulières et en général plus circulaires. Leur surface est souvent très-rugueuse, voire môme plissée. Elles sont aussi bien moins hautes que les dents principales , et ordinairement déprimées au milieu ; il est rare qu'elles présentent des

traces d'usure, ce qui nous fait penser qu'elles servaient peu à la mastication, mais plutôt à retenir les alimens en présence des grandes dents de trituration.

C'est au Musée de Stuttgart que j'ai vu les premiers exemplaires de cette espèce; c'est là que se trouve entre autres le fragment de mâchoire de Tab. 71 , fig. 13, ainsi que les dents isolées de Tab. 72 «, fig. 56-58. Depuis lors, j'en ai vu de nombreux exemplaires dans les collections suisses, et en particulier au Musée de Soleure. M. C. Nicolet, de la Chaux-de-Fonds, en a trouvé plusieurs dans le Portlandien de nos montagnes. Je possède moi-même un beau fragment de mâchoire, provenant des environs de Neuchâtel. Il en existe aussi dans plusieurs collections d'Allemagne et d'Angleterre , entre autres dans celles de Lord Enniskillen et de sir Pliilipp Egerton.

Cette espèce est caractéristique du portlandien du Jura suisse; on en trouve du moins partout des fragmens, alors même que les mâchoires plus ou moins parfaites sont extrêmement rares.

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