PyCNODITS ORBICULAKIS Affass
SvN. Diodon orhicularis Itl. ver. T;ib. 40. Palœobalistum orbiciilatum DeBl: Ich. p. ;Vi. — Bron». It. n* -iô.
Ce beau poisson n'est encore connu que d'après un seul exemplaire qui se trouve au Muséum de Paris, et qui provient de Monte-Bolca. Pour examiner avec tout le soin nécessaire celte intéressante plaque, il faudrait en déplacer quelques parties qui me paraissent avoir été mal ajustées. C'est ainsi que toutes les apophyses épineuses supérieures des vertèbres sont dirigées en avant , sans doute parce qu'on a formé une seule plaque de deux empreintes opposées de ce poisson. L'empreinte de la colonne vertébrale n'est pas non plus dans toute sa longueur, dans la même direction ni à la même hauteur, et les fissures ne se correspondent pas. Enfin les épines nuchales étant dirigées en avant me font également présumer qu'elles ont été transposées. Du reste , tout le tronc est mal conservé; à peine peut-on reconnaître çà et là quelque trace de la colonne vertébrale. Les nageoires sont toutes enlevées , à l'exception dune portion de la caudale et de la partie antérieure de l'anale ; le reste est factice.
Mais malgré ces imperfections , on reconnaît néanmoins dans l'ensemble des parties l'affinité intime de ce poisson avec le soi-disant Corijphœna apoda^ et même leur identité générique. La tête et les parois de l'abdomen sont assez bien conservées, et les dents presque intactes démontrent évidemment que c'est à ce genre que doivent être rapportées une pai'tie des dents décrites par les anciens Gryctographes sous les noms de Buffonites ou de Crapaudines.
Les côtes sont très-bien conservées ; on reconnaît aussi les côtes sternales et même leurs épines imbriquées. Un autre fait très-curieux, c'est qu'on voit sur tout le corps des aspérités semblables à celles qui existent sur les écailles et sur les os de la tête des Dapedium et des Lepidotus. Il est très-probable que ce sont ces empreintes que les auteurs de l'ichlliyologie véronaise auront prises pour des piquans semblables à ceux du Diodon, ce qui les aura engagés à placer ce fossile parmi les Gymnodontes. J'ignore quels sont les motifs qui ont déterminé M. de Blainville à en faire un genre particulier. Comme il ne rend pas compte de ce qu'il y a de controuvé dans la plaque du Musée, on pourrait être tenté de croire que ce savant a pris le change sur l'aspect singulier qui résulte des transposiîions que nous avons signalées. Du moins. le fait qu'il en sépare le Coryphœna apoda , fait bien voir qu'il n'a pas reconnu son propre
genre dans les différentes espèces qu'il a examinées. Ce qui est certain, c'est que tout le milieu du corps, depuis l'occiput jusqu'à la fin des épines dorsales, est entièrement factice. Il se pourrait aussi que la queue ait été tronquée et renversée. La portion apopliysaire dorsale est certainement ajustée à rebours, puisque les apophyses épineuses supérieures et antérieures sont les plus faibles ; ce qui ne pourrait pas avoir lieu à l'état naturel.
Les plus grosses dents sont parfaitement semi-cylindriques et arrondies à leur extrémité : les moyennes sont tant soit peu ovales et déprimées au milieu; les plus petites se rapprochent de la forme hémisphérique déprimée.