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CHAPITRE III

DES GENRES PERIODUS, GYRONCHUS ET ACROTEMNIIS Agass.

1° Du GENRE Periodus Agass.

C'est encore dans la dentition que réside le caractère distinctif de ce genre. D'après tout ce que nous en connaissons , les dents ont la disposition et les contours généraux de celles des Pycnodus ; mais elles en diffèrent en ce que leur couronne est entourée d'un large sillon , de manière que leur coupe transversale au lieu d'être simplement semi-circulaire , présente au contraire la forme d'un chapeau à larges bords relevés. Ce sillon ne doit pas être confondu avec celui des dents de Gyrodus, attendu qu'il se trouve à la base des dents, tandis que celui des Gyrodus est près du sonmiet. Je ne connais encore qu'une espèce de ce type ; c'est le :

Periodus Koenigii Agass.

Vol. 2, Tab. 72 a, fig. 61 et 62.

Cette espèce, d'après laquelle nous avons établi le genre Periodus , n'est encore connue que par un fragment de la branche droite de la mâchoire inférieure. A en juger d'après les rapports qui existent , dans les Pycnodontes en général , entre la grandeur des dents et les dimensions de l'animal , ce fragment a dû appartenir à un poisson de grande taille. Nous distinguons trois rangées de dents; la première ou la plus extérieure est composée de quatre dents très-allongées, à-peu-près toutes d'égale forme, en général deux fois aussi longues que larges. La seconde rangée est composée de dents plus petites et moins allongées , du reste régulièrement elliptiques. La troisième rangée a des dents encore plus petites et plus irrégulières.

La fig. 62 représente le profil de fig. 61, vu par derrière. On remarque entre le bord de l'os, qui se présente ici sous la forme d'une arête saillante et la dent de la première rangée, un sillon large et assez profond qui est tout-à-fait caractéristique. Il ne paraît pas qu'il y ait eu dans ce sillon une rangée particulière de dents, du moins n'en ai-je remarqué aucune trace dans l'exemplaire figuré. De cette manière, le nombre des rangées de la mâchoire inférieure se trouverait réduit à trois, au lieu de quatre de chaque côté; ce qui serait un nouveau caractère à ajouter à la diagnose du genre. La surface de la couronne est marquée d'un fin pointillé, qui indique l'extrémité des canaux médullaires mise à découvert par l'usure.

ToM. 11. 2' Paut. 26

L'espèce dont il est ici question provient de l'argile de Londres de Sheppy. L'original se trouve dans la collection du D"^ Buckland.

2° Du GENRE Gyronchus Agass.

Ce genre dont on ne connaît encore que la mâchoire supérieure, a la plus grande ressemblance avec les Pycnodus. On peut le définir de celte manière : c'est un Pycnodus dont les dents de la rangée principale ou médiane du vomer sont allongées dans le sens du diamètre longitudinal, au lieu de l'être transversalement. Ce caractère est-il suffisant pour constituer un genre à part, ou bien ne doit-on y voir qu'une modification peu importante du type des Pycnodus? Telle est la question qui reste à résoudre , et qui ne pourra l'être qu'autant que l'on découvrira des fragmens plus complets présentant cette disposition remarquable. Je pense cependant que le genre Gyronchus devra être maintenu, parla raison que la surface de ses dents a une conformation particulière qui tient en quelque sorte le milieu entre les Pycnodus et les Gyrodus. Il existe en effet une légère dépression, comme un petit sillon, à la périphérie de la couronne, et le nfilieu des dents principales est relevé en une sorte de quille dont la pointe est

dirigée en arrière.

Gyronchus oblongus Agass.

Vol. 2-, Tab. 69 a, fig. 10 et H.

Cette espèce était un poisson de petite taille ; c'est ce que l'on peut conclure non-seulement de la petitesse des dents, mais encore de l'espace rétréci qu'elles occupent. Il y a sans doute des Pycnodus dont la dentition vomérienne n'occupe pas beaucoup plus d'espace, mais il n'en est aucun dans lecjuel l'espace couvert de dents se rétrécisse d'une manière aussi graduelle. La rangée médiane compte sept dents allongées d'arrière en avant, à l'exception des deux premières dont la forme est plutôt irrégulièrement carrée. Les rangées secondaires ne comprennent que de très-petites dents de forme assez irrégulière. La rangée externe est composée de dents à-peu-près aussi grosses que celles de la rangée principale, mais plus serrées et tronquées au bord extérieur, comme c'est le cas de plusieurs espèces de Pycnodus et de Gyrodus. La fig. 11 montre le profil des dents de la rangée extérieure, pour faire voir leur hauteur.

C'est une espèce propre, à ce qu'il paraît, au calcaire de Stonesfield. Je n'en connais encore qu'un exemplaire qui est ici figuré ; il se trouve dans la collection de l'Institut philosophique de Bristol.

3° Du GENRE ACROTEMNUS AgaSS.

Ce genre n'est encore connu que par quelques dents molaires qui ont la forme de grandes dents de Pycnodus, mais qui se distinguent par un caractère particulier; c'est que leur surface, au lieu d'être plane ou régulièrement bombée, présente une arête saillante, semblable à un pli

(ju'on y aurait pincé. Ce caractère qui donne à ces dents une physionomie particulière , tn"a paru suffisant pour distinguer provisoirement cette forme des autres types de la famille des Pvcnodontes.

AcROTEMNHS Faba AgasK.

Vol. 2, Tab. 66 fl. lig. 16-18.

D'après leur position oblique , les dents que je désigne ici sous le nom de A. Faba ont dû faire partie d'une rangée principale de la mâchoire inférieure ; du moins est-ce là un indice de cette position dans le genre des vrais Pycuodus. L'échantillon de fig. 16 représente quatre dents ; trois d'entre elles montrent de la manière la plus distincte le pli apicial que nous envisageons comme caractéristique du genre et qui s'étend assez uniformément sur toute la longueur de la dent. La dent antérieure est un peu plus unie, sans doute par l'efTet de l'usure : cependant on n'en remarque pas moins des traces distinctes d'une quille obtuse au sommet de la couronne. 11 y a tout lieu de croire , d'après les dimensions des dents que nous venons de décrire , qu'elles proviennent d'un poisson de grande taille.

Les fig. 1 7 et 18 représentent le profil, de manière à faire voir le pli apicial (fig. 18).

Je ne connais encore que le fragment figuré , il provient de la craie de Kent et se trouve dans la collection de M. Mantell.

Le genre Scrobodus v. Miinster me parait reposer sur de bons caractères. C'est le premier Pycnodonte fusiforme qui ait été décrit ; tous ceux que j'ai appris à connaître jusqu'ici étaient larges et plats. L'espèce appelée Sct'ohodus subovatus par M. le comte de Munster, Beitrœge . IV. Fasc, Tab. I , fig. U , provient du calcaire lithographique de Solenhofen.

Le genre Globulodusv. Munster et l'espèce G.elexjans pourraient bien n'être fondés que sur la dentition du genre Platysomus. Nous connaissons du moins dans la famille des Lépido'ides les genres Tetragonolepis et Dapedius , dont les dents également petites sont plus ou moins renflées au sommet ; mais je ne connais point de Pvcnodontes qui aient des dents pédiculées comme celles du genre Globulodus.

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