XIII. Sphaerodus truncatiis Aarass
Vol. 2, Tab. 73, fig. 19.
Si cette dent appartient réellement au genre Sphœrodus , ce ne peut être qu'une dent antérieure. Elle est rcn)arquable par sa forme massive et élevée et par conséquent tronquée. On remarque à la base de la couronne quelques gros plis irréguliers. Ce qui me fait croire que c'est bien réellement une dent antérieure, c'est sa ressemblance avec les dents antérieures des Placodus, qui sont en place sur la mâchoire.
L'original se trouve dans la collection de M. le comte de Munster, et provient du terrain tertiaire d'Osnabruck.
Je décrirai plus tard plusieurs autres espèces, sur lesquelles je ne possède, pour le moment, que des renseignemens très-incomplets ; telles sont :
i" Sphaerodits MiNiMus Agass. De la brèche coprolitique de Twbingen en Wurtemberg.
2° Sphaerodus NEOCOMENSis Agass. Espèce de la taille du Sph. gigas . provenant du calcaire néocomien de Neuchàtel et des environs.
Mon Sphaerodus rhomboidalis d'autrefois est un Gyrodus de Solenhofen , de taille trèsconsidérable , que l'on conserve au Musée de Munich. Ayant pu examiner les dents , je me suis convaincu qu'il devait passer du genre Sphterodus au genre Gyrodus.
Les dents d'après lesquelles j'ai établi mon Sphaerodus mammillaris proviennent pour la plupart du Lepidolus Mantelli que j'ai déjà décrit dans la première partie de ce volume. J'ai en outre confondu sous le nom de Sphœrodus mauimillaris , Tab. 73 , fig. 4 et 2 , quelques dents à surface légèrement rugueuse , qui proviennent de la craie blanche de Kent et qui sont peut-être des dents de Gyrodus.
Mon Sphaerodus microdon de Lyme Régis et mon Sph. minor de Stonesfield devront encore être examinés avec plus de soin que je n'ai pu le faire jusqu'ici.
CHAPITRIi VI.
DU GENRE PLACODIJS Agass.
La place que j'assigne à ce genre dans la famille des Pycnodonles doit être envisagée en quelque sorte comme provisoire , attendu que n'en connaissant point le squelette , nous ne pouvons savoir s'il participe de cette même structure compliquée que nous avons décrite dans les genres Pycnodus et Mkrodon. Sa dentition elle-même, bien que construite sur le même plan général , présente des variations notables dans la forme extérieure ; mais d'un autre côté, la structure microscopique des dents est la même que chez les autres genres . en sorte que je ne crois pas me tromper en plaçant ce genre aux confins de la famille des Pycnodontes.
Nous avons ici , comme dans le genre Pycnodus , deux sortes de dents , des dents molaires à couronne large et plate, tapissant le fond de la gueule et des dents incisives destinées à retenir ou à saisir une proie. Les dents molaires présentent ce caractère commun , d'être plates et peu saillantes ; mais il existe entre elles des différences considérables dans les contours et dans les dimensions, suivant la position qu'elles occupent. Les plus grandes sont placées au milieu du plancher dentaire , et accompagnées parfois d'une rangée latérale de chaque côté. Les incisives, quoique fort différentes des molaires, sont cependant moins acérées et plus massives que dans beaucoup d'autres genres. Celles de la mâchoire supérieure sont implantées dans une sorte de rostre élargi. J'ignore quelle est leur position exacte dans la mâchoire inférieure, et s'il y en a le même nombre qu'à la mâchoire supérieure. Ce qui est certain, c'est que la plus grande variété paraît régner à cet égard entre les espèces que nous rapportons à ce genre. Il y en a même qui paraissent en être complètement dépourvues, le PL Munsteri, par exemple ; du moins la mâchoire se rétrécit tellement en avant , qu'on comprend à peine où elles auraient été placées. Si l'on parvient jamais à constater d'une manière directe cette absence d'incisives, il conviendra peut-être de faire de cette espèce le type d'un genre à part . d'autant plus que la forme des mâchoires et la disposition des molaires elles-mêmes présentent des différences notables que nous signalerons dans la description spécifique.
Quoi qu'il en soit de ces différences , toujours est-il que les Placodus sont un type très-remarquable, et, comme on ne les a trouvés jusqu'ici que dans la formation triasique, on peut, jusqu'à un certain point, les envisager comme les représentans et les précurseurs des vrais TOM. II. 2' Part. 2S
Pycnodus , qui , comme nous l'avons vu plus haut , apparaissent pour la première fois dans la formation jurassique.
Le nombre des espèces connues jusqu'à ce jour est de cinq ; dans ce nombre il y en a quatre dont on connaît la mâchoire ; la cinquième n'est connue que par des dents isolées.
Je ne puis terminer ces remarques génériques sans ajouter que c'est à l'obligeance de M. le comte de Miinster que je dois la connaissance des belles mâchoires que j'ai figurées, ainsi que la plupart des détails que je vais donner sur leurs affinités, n'ayant eu occasion de voir moimême que des dents isolées. Les plus remarquables de ces pièces font partie de la collection de M. le comte de Munster, et ont été décrites dans ses Beytrage.
l. Placodus GiGAs Agass.
Vol. 2, Tab. 70, fig. 14-21.
Syn. Placodus gigas Agnss. — Broun Lelliœa geogn. Tab. 13 , fig. 13.
M. le comte de Miinster a fait connaître cette espèce remarquable dès 1830 ; mais comme il ne connaissait à cette époque que la mâchoire de fig. 14, il jugea, d'après le contour des bords, que le museau se terminait en pointe arrondie. Ce n'est que plus tard, après avoir découvert le PL Andriani, avec ses alvéoles d'incisives, qu'il fut conduit à admettre que l'espèce dont il est ici question en avait probablement de semblables. Cette supposition fut confirmée plus tard par la découverte qu'il fit d'une branche de la mâchoire inférieure, dont une des incisives est conservée (fig. IS).
Le PI. gigas est la plus grande espèce du genre. A en juger d'après le fragment du crâne représenté dans la fig. 14, il a même dû atteindre des dimensions considérables. Le nombre des dents molaires est de quatorze , formant entre elles quatre rangées dont deux externes qui compreiment les petites dents , et deux internes qui sont composées de dents beaucoup plus grandes. Ces dernières sont en outre disposées par paires ayant chacune une forme particulière. Les dents de la paire postérieure sont en forme de carrés irréguliers, aussi longs que larges ; celles de la paire du milieu sont rétrécies à l'intérieur, et élargies à l'extérieur ; celles de la paire antérieure, un peu plus petites, ont à-peu-près la même forme , seulement elles sont placées obliquement au lieu d'être transversales. Les dents latérales ou externes sont de moitié plus petites, en forme de carrés irréguliers à angles émoussés. Il y en a quatre de chaque côté. La première ou l'antérieure, qui est la plus petite, est placée en face de la première grande dent ; la seconde , entre la première et la seconde grande dent ; la troisième , en face de la seconde grande dent . et la quatrième entre la seconde et la troisième grande dent. Il est probable que toutes ces dents sont implantées sur les os palatins et sur le vomer. Les deux branches qui se prolongent en arrière sont sans doute les os ptérygoïdes. La face supérieure du crâne n'a pas pu èlre dégagée complètement de la roche, ensorte qu'elle n'offre pas de caractère bien précis.
On ne saurait douter, d'après la forme des dents, que les fig. d5 et 1 6 ne représentent la même espèce : mais les contours de los cpii les porte nous apprennent en même temps (jue nous avons à l'aire ici à une mâchoire inférieure. Il est évident, d'après cela, que chaque branche de la mâchoire n'avait qu'une rangée de larges molaires, et que les rangées externes manquaient complètement. Du reste , les grandes molaires ont la même forme que celles de la mâchoire supérieure. Fig. 15 montre, outre ses trois molaires, une incisive; ce qui est remarquable , c'est que cette dent soit implantée en quelque sorte au bord externe de la mâchoire. Elle est très-peu éloignée de la première molaire , d'où nous concluons que le rostre antérieur de la mâchoire était moins proéminent que dans le PL Andriani.
Les fig. 17-19 représentent des dents incisives isolées. Leur grosseur très-considérable me fait supposer qu'elles appartiennent à notre espèce ; cependant je n'ai aucune certitude à cet égard. Toutes ces dents sont très-émoussées. Il y en a de différentes formes : l'une est à-peuprès cylindrique (fig. 17, 17' et 17"); une autre est longue et arquée au sommet (fig. 18) : une troisième est conique et trapue (fig. 20) ; une autre encore est petite , courte et très-arquée (fig. 19). Je rapporte également à cette espèce la dent de fig. 21 , qui est l'analogue de celle de fig. 19. Sa racine est très-longue et en même temps trop grosse pour s'adapter aux alvéoles de la mâchoire de fig. 8.
Les originaux se trouvent dans la collection de M. le comte de Munster, et proviennent du Muschelkalk de Laineck, près de Bamberg en Bavière. M. Mougeot a trouvé une grande dent molaire et une incisive de la même espèce dans le Muschelkalk de Lunéville (Bull, de la Soc. géol. Tom. VI, pag. 20). La même espèce se trouve aussi dans la collection de M. le professeur Braun , à Bayreuth.