‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 2)Chapitre 228 sur 289 · IV. Gyrodus umbilious Agass · texte numérisé non relu

IV. Gyrodus umbilious Agass

Vol. 2, Tab. 69 a, fig. 27 et 28.

En examinant avec quelque attention ce fragment de mâchoire avec ses cinq rangées de dents très-bien conservées , on ne peut guère douter que les dents ne soient implantées sur un os impair, qui n'est autre chose que le vomer. Cette dentition du vomer paraît être commune à tous les genres de la famille ; tandis que l'os intermaxillaire et la partie antérieure du maxillaire supérieur ne portent qu'une rangée de petites dents en forme de cônes obtus , ainsi que j'ai pu m'en assurer dans les Gijrodm macrophthahmis et frontatiis décrits ci-dessus. Ces cinq rangées de dents vomériennes , quoique construites sur le même plan . offrent cependant des différences notables dans leur forme et leurs dimensions. On remarque qu'en général les dents antérieures sont plus petites et plus irrégulières que les postérieures. Le sillon circulaire qui entoure le sommet de la couronne et qui constitue le principal caractère du genre est fort large ; le sonnnet lui-même est étroit et légèrement convexe , mais il s'aplatit souvent par l'usure ; dans ce cas sa surface présente un très-fin pointillé , qui n'existe pas sur les côtés et qui indique la terminaison des canaux médullaires. Les plus grosses dents se trouvent dans la ran-

gée médiane. Il y en a sept qui vont en décroissant d'arrière en avant. Les postérieures ont les plus larges sillons ; les antérieures en ont de bien moins accusées ; aussi leur couronne est-elle beaucoup plus unie. De chaque côté de cette rangée médiane, il y a une autre rangée , composée de dix dents , qui sont à-peu-près de moitié plus petites que celles de la rangée principale , de forme allongée , ovale , et à couronne moins bombée ; en revanche , les ondulations de la surface, moins sujettes à l'usure, sont beaucoup plus distinctes; elles ne s'effacent en partie que sur les deux dents antérieures, qui sont les plus petites. Au bord antérieur, ces dents commencent à la même hauteur que celles de la rangée médiane , et les débordent un peu en arrière. Leur position n'est cependant pas symétrique ; car il faudrait pour cela que leur nombre fût ou égal à celui des dents de la rangée moyenne , ou double ; ce qui n'est pas. De là vient qu'il y en a qui correspondent à l'espace intermédiaire entre deux dents médianes, et d'autres qui sont placées côte à côte avec ces dernières. Mais coumie les rangées médiane et externe sont de beaucoup les plus saillantes , il en résulte que la rangée que nous venons de décrire s'use moins vite, par cela même qu'elle occupe le fond d'une rainure.

Les dents des rangées externes ont une forme différente. Elles sont fortement tronquées au bord externe et connue coupées par le milieu . comme si elles s'étaient usées contre les dents de la mâchoire inférieure ; et ce qui tendrait à prouver que c'est bien de cette manière que les choses se passent , c'est qu'il existe des mâchoires inférieures où celle des rangées latérales qui devait rencontrer la rangée externe du vomer dans l'acte de la mastication , est usé de la même manière , ensorte qu'il y a réellement eu frottement. Mais malgré cela , je ne pense pas qu'il faille attribuer à l'usure seule cette forme tronquée de la rangée externe ; je pense, au contraire , qu'elle est originaire chez ces poissons , et qu'elle ne fait que se compléter par l'usure. La surface de la couronne présente au reste des sillons concentriques comme celles des autres rangées, avec cette particularité cependant, qu'au lieu d'être circulaires, ils ne sont que semi-circulaires et décurrens au bord externe de chaque dent. Le nombre des dents de ces rangées latérales est , de chaque côté , de neuf , qui alternent régulièrement avec celles de la rangée contiguë.

Quant au rapport des dents avec l'os sur lequel elles sont insérées , il est très-difficile, de s'en faire une juste idée ; et quoique notre exemplaire présente une brisure transverse oblique entre la dernière et l'avant-dernière grande dent moyenne, toutes les parties osseuses sont tellement spathisées . que leur structure en devient des plus diffuses. On voit cependant que chaque couronne dentaire est portée sur un tube osseux creux, qui doit être envisagé comme la racine de la dent, et dont la base fait corps avec l'os sur lequel elle repose. Les parois de ce tube, métamorphosées en une substance opalisante, sont faciles à distinguer de la cavité, ordinairement remplie de spath cristallisé. La couronne émaillée qui repose sur ce tube est beaucoup plus grosse que le tube lui-même, dont l'extrémité supérieure forme cependant le noyau osseux de la couronne. Les racines des rangées latérales sont obliques, et c'est ce qui fait que les couronnes qui les surmontent peuvent être proportionnellement plus grandes, sans

que les racines soient aussi éloignées qu'elles devraient nécessairement l'être, si elles étaient perpendiculaires. Lorsque la couronne est tombée , on voit à sa place un large enfoncement dans le calcaire occasionné par la couronne, et à l'intérieur de celui-ci un second cercle moins étendu , qui est formé par la cassure horizontale de la racine et qui indique le diamètre de celte dernière.

Le vomer que je >iens de décrire en détail et que j'ai représenté dans la fig. 27, fait partie de la collection de M. le baron d'AIlhaus. Il provient de l'oolite de Durrhein» , dans le grand duché de Bade. Fig. 28 représente son pronl vu par derrière. La même espèce se trouve aussi dans la collection de M. Regley ; elle provient probablement du calcaire de Caen.

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