‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 2)Chapitre 24 sur 289 · II. P.VL.EONiscus DuvERNov Agass · texte numérisé non relu

II. P.VL.EONiscus DuvERNov Agass

Vol. 2. Tal). 7. f. I. •>. 3. 4 et 5.

Palœotlirissum brève Agass. Catal. maniiscr., (d'après un mauvais exemplaire). — Palœotlirissum phractonotum Agass. Catal. mamiscr. J'ai supprimé ce nom qui désigne un caractère que j'ai retrouvé dans toutes les espèces du genre, pour lui substituer celui de M. Duvernoy à qui je dois le premier exemplaii-e complet que j'aie examiné. — De Blainville rapporte les exemplaires qu'il a vus, au Palœoniscus Freieslebeni; mais c'est à tort. Le P. Duvernoy a les écailles lisses et ne se trouve que dans le terrain houiller des environs de Rreutznach, tandis que le P. Freieslebeni a les écailles sculptées et se trouve dans le Zechstein du Mansfeld,

La fig. I. représente un exemplaire qui se trouve au Musée de Munich et sur lequel on voit assez distinctement la ligne latérale, quoiqu'il ne reste aucune trace des écailles et qu'elles n'aient laissé que leur empreinte sur la plaque. L'exemplaire de la collection deM. le professeur Broun, à Heidelberg, représenté dans la fig. 2. , est surtout instructif, parce qu'il lui est resté une bonne partie de ses écailles, et parce qu'on peut les étudier par leurs deux faces. C'est le plus grand de tous ceux qiie j'ai vus. Au Musée de Strasbourg, il y en a aussi un, très-bien conservé. 3Ion ami, M. Alex. Braun, à Carlsruhe, en possède un petit, qui peut donner une idée exacte des formes de cette espèce, quoiqu'il ne reste absolument que l'empreinte de ses parties. J'ignorais d'où provient ce fossile jusqu'à ce que j'en aie trouvé, au Muséum de Paris, plusieurs plaques, dont deux correspondantes , portant l'étiquette de « Poissons fossiles pénétrés de mercure , » renfermés dans un schiste bitumineux de la commune de 31unster-Appel , dans le » duché de Deux-Ponts; » Du reste, ils ne m'ont rien présenté de neuf, si ce n'est qu'en les voyant, j'ai acquis la conviction que l'exemplaire de ma fig. 2. , celui de M. Bronn, est un peu trop arqué et plus large que dans son état naturel, et que sa véritable forme est plutôt celle de l'exemplaire de 3Iunich, fig. i.

C'est, en effet, des mines de mercure de Munster- Appel, à quelques lieues de Rreutznach, que proviennent tous ces poissons. M. Bronn, qui m'en a de nouveau adressé plusieurs, en automne 1882, s'en est assuré, en voyant dans la collection de 31. le conseiller Geiger, à Rreutznach, un exemplaire de cette espèce en tout semblable aux siens. Les mines d'où ils proviennent se trouvent dans le terrain houiller ; elles ont été décrites par Beurard dans le Journal des mines , et sont mentionnées dans Leonhard Taschenbuch 1807. ï- P- ^9-

Le Palaeoniscus Duvernoy est caractérisé par des proportions peu communes dans les espèces de ce genre. La forme du tronc est, en général, celle d'un fuseau fortement renflé dans sa partie antérieure. Le dos est plus arrondi que dans les autres et l'ab-

domenplus saillant, tandis que la queue, considérablement rétrécie, est plus allongée. Les écailles impaires, placées en avant des nageoires verticales et surtout devant la dorsale, forment une voûte plus étendue. La tête proportionnellement petite, courte et obtuse, a le profil très-élevé et arrondi. La gueule est assez grande et s'étend jusqu'au dessous de l'œil, qui paraît avoir été plus petit que dans les autres espèces. Dans la fig. 2., on distingue très-bien la mâchoire inférieure, le maxillaire supérieur, et plus haut, en arrière de ces pièces, on voit des fragmens d'os de l'arcade temporale et palatine qui occupent le milieu de la tête. Quant aux rayons branchiostègues qui, dans ce genre, acquièrent un développement prodigieux, il n'en est resté que l'empreinte qui borde la partie inférieure et postérieure de la tête; ces rayons sont trèscourts, mais très-larges, et, d'après l'impression qu'ils ont laissée, ils paraissent également avoir été très-gros. Jusqu'ici je n'ai vu aucune partie de la colonne vertébrale de cette espèce; il n'est resté du système osseux que les os de la tête, dont il vient d'être fait mention, la ceinture thoracique et les rayons des nageoires.

La ceinture thoracique forme un demi-cercle qui borde la partie postérieure et supérieure de la tête ; on voit distinctement l'empreinte du suprascapulaire et en dessous l'humérus; il est peu échancré au-dessus de l'insertion des pectorales ^ mais il a un léger prolongement arrondi en arrière d'elles. C'est à peine si l'on distingue cette insertion des pectorales, parce qu'elles sont presque entièrement enlevées et froissées. Dans l'exemplaire de M. Braun, elles n'atteignent pas , à beaucoup près, les ventrales. Celles-ci, assez reculées , ne sont bien conservées que dans l'exemplaire fig. 2., encore y sont-elles en partie disloquées; il paraît qu'elles ont cinq rayons antérieurs suivis d'une quinzaine d'autres plus longs, et qui deviennent insensiblement plus petits, vers l'extrémité postérieure de la nageoire. De toutes les espèces du genre, le P. Duvernoy est celle qui ressemble le plus aux Amblypterus. La dorsale est très-reculée ; son extrémité postérieure est même , en partie , opposée à l'anale ; mais sa partie antérieure correspond à l'espace qu'il y a entre l'anale et les ventrales; elle a, à son bord antérieur, sept rayons insensiblement plus grands, avant celui qui atteint son extrémité supérieure ; elle paraît du reste avoir vingt-quatre à vingt-cinq rayons, dont les derniers vont en diminuant. L'anale qui est très-large aussi, dont le bord postérieur s'étend jusqu'à l'insertion de la caudale, et dont les rayons jjaraissent même plus allongés que ceux de la dorsale, a cinq ou six rayons courts à son bord antérieur, suivis de vingt-cinq à vingt-six autres, dont les premiers sont les plus longs, et qui vont en diminuant de taille. La caudale, dont les lobes sont très-inégaux, est de plus caractérisée par l'insertion très-oblique de ses nombreux rayons. Le lobe inférieur en a, à la base de son bord, une douzaine de petits, qui s'étendent insensiblement vers sa pointe, et qui sont suivis d'une quinzaine de grands rayons, fendus et refendus à l'infini à leur

extrémité; le lobe supérieur en a plus de cinquante. Quant à la disposition des nageoires, la ressemblance des poissons de ce genre avec les Esturgeons est frappante; aussi ne doit-on pas être surpris de ce que Germar a fait un Acipenser du Palœoniscus Freieslebeni.

On ne voit distinctement la ligne latérale que dans la fig. i , et dans l'exemplaire de M. Alex. Braun; elle s'étend de l'angle supérieur de l'opercule, en ligne droite, vers le milieu de la caudale. Les écailles, de forme très-variée suivant la place qu'elles occupent sur le poisson , sont en proportion plus grandes dans cette espèce que dans les autres du même genre. Elles sont constamment rhomboïdales ; mais plus on moins allongées ou plus on moins raccourcies, suivant qu'elles sont insérées sur la partie la plus effilée ou la plus large du ti'onc. Voyez les fig. 3. 4 et 5. Comme les écailles de tous les poissons , elles s'accroissent par lamelles superposées; mais ce qu'elles ont de particulier dans cette espèce , c'est qu'elles forment sur leur surface extérieure des lignes rhomboïdales concentriques, visibles à l'œil nu. Dans la partie antérieure du tronc, les écailles sont disposées par séries presque perpendiculaires, mais qui deviennent toujours plus inclinées en s'approchant de la queue, oii elles sont entièrement horizontales le long du lobe supérieur de la caudale. Celles des séries antérieures sont presque carrées et légèrement recouvertes, dans leur bord antérieur, par celles des séries qui précèdent ; maisenarrière, plus les séries s'inclinent et plus les écailles s'allongent, et le bord qui dans une série antérieure est dirigé droit en avant, devient le bord inférieur dans celles des dernières rangées. Leur imbrication reste la même, avec cette seule différence, qu'en arrière le bord supérieur est également tant soit peu recouvert, ensorte qu'une écaille postérieure paraît enchâssée entre et sous deux écailles antérieures. La surface des écailles est légèrement bombée sur leur milieu, ce qui fait que l'empreinte qu'elles laissent sur la pierre, là oli elles se détachent entièrement, est lisse, et présente au milieu un léger enfoncement.

Cette espèce a beaucoup de rapports de détail avec le Palœoniscus minutus.

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